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N°
3320
______
ASSEMBLÉE
NATIONALE
CONSTITUTION
DU 4 OCTOBRE 1958
ONZIÈME
LÉGISLATURE
Enregistré
à la Présidence de l'Assemblée nationale le 11 octobre 2001.
RAPPORT
FAIT
AU NOM
DE LA COMMISSION DES FINANCES, DE L'ÉCONOMIE GÉNÉRALE ET DU PLAN (1)
SUR LE PROJET DE
loi de finances pour 2002
(n° 3262),
PAR
M.
Didier MIGAUD
Rapporteur
Général
Député
--
ANNEXE
N° 21
EMPLOI ET SOLIDARITÉ
RAPATRIÉS
Rapporteur
spécial : M.
Marc
LAFFINEUR
Député
____
(1) La composition de cette commission figure au verso de la présente
page.
Lois de finances.
La Commission des finances, de l'économie générale et du plan
est composée de :
INTRODUCTION
I.- L'ÉVOLUTION DES CRÉDITS BUDGÉTAIRES ET EXTRABUDGÉTAIRES
A.- LA DIMINUTION DES CRÉDITS BUDGÉTAIRES
1.- La
baisse de l'ensemble des crédits destinés aux rapatriés
2.- L'ajustement,
pour des raisons techniques, des crédits destinés à l'indemnisation, à
certains dispositifs maintenant résiduels liés à la réinstallation et aux
retraites
a) Les crédits destinés à
l'indemnisation
b) Les crédits de l'Agence
nationale pour l'indemnisation des français d'outre-mer (ANIFOM)
c) Les dispositifs, largement résiduels,
de moratoire des dettes, d'effacement des prêts de réinstallation, de
bonification des prêts de reclassement et de financement des prêts de
consolidation
d) La contraction, en raison de
facteurs structurels, de la contribution de l'Etat à l'amélioration des
retraites
e) Les crédits liés au statut
de victime de la captivité en Algérie
3.- Les
crédits destinés aux travaux forestiers
4.- L'insuffisance
prévisible des crédits d'intervention prévus à la section Santé et
Solidarité du budget de l'Emploi et de la Solidarité
B.- LES FINANCEMENTS EXTRABUDGÉTAIRES IMPUTÉS SUR LA
DOTATION VERSÉE EN 1988 PAR L'ETAT À GROUPAMA
1.- Les
allocations spéciales servies par la SORAVIE : un financement extrabudgétaire
pérenne
2.- La rente viagère en faveur des harkis : un financement extrabudgétaire arrivé à épuisement en 2002
II.- LES AMÉLIORATIONS SUSCEPTIBLES D'ÊTRE APPORTÉES AUX ACTIONS EN FAVEUR DES RAPATRIÉS
A.- LES IMPASSES ET INSUFFISANCES DES ACTIONS ACTUELLES EN FAVEUR DES HARKIS
1.- La
perspective d'un achèvement définitif du plan en faveur des harkis le 31 décembre
2002 apparaît prématurée
a) Le plan en faveur des harkis a eu des effets très positifs
b) La fin du plan en faveur des harkis au 31 décembre 2002 apparaît certainement prématurée
2.- L'amélioration du dispositif de la rente viagère
3.- La nécessité de poursuivre et d'améliorer les opérations de réhabilitation des logements situés dans des anciens sites d'accueil
a) Le bilan des opérations de Bias et de Mas-Thibert
b) La faculté de réaliser d'autres projets
4.- La poursuite de l'effort de mémoire et de vérité commencé lors de la Journée d'hommage national du 25 septembre 2001
5.- L'approfondissement du dialogue et de la politique en faveur des rapatriés d'origine nord-africaine
6.- La
« décristallisation » des retraites et pensions perçues par
certains harkis en qualité d'anciens combattants
B.- LES LENTEURS DU TRAITEMENT DES DOSSIERS ADRESSÉS À LA COMMISSION NATIONALE DE DÉSENDETTEMENT DES RAPATRIÉS RÉINSTALLÉS DANS UNE PROFESSION NON SALARIÉE
1.- Le
dispositif de désendettement
2.- Le rythme d'examen des dossiers : un deuxième bilan aussi décevant que le premier
C.- LES QUESTIONS QUI
N'ONT PAS ENCORE ÉTÉ RÉGLÉES
1.- L'indemnisation
a) La question de l'article 46
b) La réparation des préjudices
subis par les fonctionnaires rapatriés d'Afrique du Nord, en raison de la
Seconde guerre mondiale
c) La question des anciens détenus
et exilés politiques de l'Algérie française
2.- Les
retraites
a) La prise en compte des déclarations
sur l'honneur
b) La situation des médecins
rapatriés au regard du régime des allocations supplémentaires vieillesse géré
par la Caisse autonome de retraite des médecins français (CARMF)
c) Une nouvelle levée de
forclusion pour l'accès aux prestations servies par la SORAVIE
3.- La
réinstallation
a) L'accès de certaines catégories
de rapatriés aux prêts de consolidation
b) La gestion des conséquences
de la mise en jeu de la garantie de l'Etat dans le cadre du dispositif des prêts
de consolidation
4.- La
Mémoire, la culture et la vérité historique
5.- La
question des subventions aux associations
6.- L'aménagement du Centre d'accueil des Français d'Indochine (CAFI) de Sainte-Livrade
7.- Le
dialogue avec la communauté rapatriée
EXAMEN
EN COMMISSION
INTRODUCTION
Les événements d'Algérie se sont achevés au milieu du siècle
précédent, et pourtant bien des difficultés qui en sont la conséquence ne
sont pas encore réglées.
Certes des actions ont été engagées par les gouvernements
successifs pour prendre en compte les blessures et les déchirements de
l'Histoire, certes trois lois d'indemnisation () ont été votées
par le Parlement, lois auxquelles se sont ajoutées, entre autres, la loi n° 82-4
du 6 janvier 1982 portant diverses dispositions relatives à la réinstallation
des rapatriés et la loi n° 94-488 du 11 juin 1994 relative aux
rapatriés anciens membres des formations supplétives et assimilées ou
victimes de la captivité en Algérie, certes d'importants crédits ont été
consacrés à des actions en faveur des rapatriés, mais cet empilement de
mesures, parfois incohérent, n'a pas tout résolu et ce règlement inachevé
n'a rien d'honorable pour l'Etat.
Pourtant celui-ci se doit d'une considération particulière et
d'une interprétation pragmatique du principe d'égalité en faveur de ceux qui,
au nombre d'environ 1,5 million, ont dû aller se réfugier, après avoir
tout perdu, dans une métropole qu'ils ne connaissaient le plus souvent pas,
mais que les troupes qui avaient été levées à partir de 1943 dans les
territoires qu'ils habitaient, avaient contribué à délivrer de l'occupation
étrangère, moins de vingt ans auparavant.
Cette situation est d'autant moins tolérable que les problèmes encore en souffrance sont au demeurant peu nombreux et, pour la plupart d'entre eux, objectivement peu coûteux.
En outre, lorsque l'on fait le bilan de la législature qui s'achève,
il est difficile de ne pas se demander si celle-ci n'a pas été largement
perdue, et ainsi de ne pas constater que tel est le cas, tant les choses ont peu
évolué au-delà des trois mesures qui s'imposaient le plus : la
reconduction du plan en faveur des harkis, la création de la rente viagère en
faveur des harkis et la mise en place de la Commission nationale de désendettement
des rapatriés réinstallés dans une profession non salariée.
C'est dommage, car ce n'est que lorsque la réinsertion des
rapatriés dans la communauté métropolitaine sera totale et complète que l'on
pourra considérer que les actions en leur faveur auront réussi, et chacun
s'accorde à penser que le plus tôt sera, en la matière, nécessairement le
mieux.
Votre Rapporteur spécial l'a bien constaté dans le cadre des
deux missions effectuées sur place, l'une le 11 juillet 2001, dans le département
du Lot-et-Garonne, l'autre, le 18 juillet 2001, dans le département des
Bouches-du-Rhône.
I.- L'ÉVOLUTION
DES CRÉDITS BUDGÉTAIRES ET EXTRABUDGÉTAIRES
A.- LA
DIMINUTION DES CRÉDITS BUDGÉTAIRES
1.- La baisse
de l'ensemble des crédits destinés aux rapatriés
Les crédits budgétaires demandés au titre des actions en faveur
des rapatriés (), dans le cadre du projet de loi de finances
pour 2002, font une nouvelle fois l'objet d'une réduction significative, de - 9,6%.
Ils s'établissent à 176,27 millions d'euros (1,16 milliard de francs)
contre 195 millions d'euros (1,28 milliard de francs) en loi de
finances pour 2001 ().
Cette évolution s'inscrit dans la continuité des tendances antérieures
et s'explique largement par des facteurs structurels :
- les indemnisations prévues, tant par la loi n° 87-549
du 16 juillet 1987 relative au règlement de l'indemnisation des rapatriés,
que par la loi n° 94-488 du 11 juin 1994 relative aux rapatriés
anciens membres des formations supplétives et assimilées ou victimes de la
captivité en Algérie, sont arrivées chacune à leur terme ;
- le dispositif d'aide au rachat des cotisations de retraite,
prévu par la loi n° 85-1274 du 4 décembre 1985 portant amélioration
des retraites des rapatriés, exige des crédits moindres que par le passé,
pour des raisons techniques. Ces crédits, qui représentent l'essentiel des
dotations en faveur des rapatriés, sont toujours ajustés aux besoins.
Le tableau suivant récapitule l'évolution de l'ensemble des crédits
budgétaires destinés aux rapatriés.
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TABLEAU
RÉCAPITULATIF DES CRÉDITS OUVERTS (en
millions d'euros) |
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|
Chapitre
budgétaire |
LFI
2001 |
PLF
2002 |
|
|
I.- Charges
communes : |
30,64 |
21,21 |
|
|
14-01 Art.90
§16: Garanties diverses |
0,91 |
0,61 |
|
|
46-91 :
Diverses aides en faveur des rapatriés prises en charge par l'Etat
|
29,73 |
20,60 |
|
|
Art.
10 : Moratoire des dettes |
0,00 |
0,00 |
|
|
Art.
20 : Indemnisation |
6,10 |
0,00 |
|
|
Art.
30 : Financement des prêts de reclassement
|
0,00 |
0,00 |
|
|
Art. 40 :
Participation de l'Etat au rachat de cotisations vieillesse
|
16,14 |
13,70 |
|
|
Art.
50 : Versements de l'Etat à la CNRACL
|
0,02 |
0,01 |
|
|
Art.
60 : Caisse de retraite des régies ferroviaires d'outre-mer
|
7,47 |
6,89 |
|
|
II.- Economie,
finances et industrie |
26,74 |
25,46 |
|
|
36-10 :
Art. 12 : Subvention à l'ANIFOM
|
3,66 |
3,66 |
|
|
46-93 :
Art. 30 : Garanties de retraite des anciens agents français
des établissements publics, offices et sociétés concessionnaires de
services publics d'Algérie, du Maroc, de Tunisie et d'Outre-mer
|
|
|
|
|
III.- Emploi
et solidarité - II.- Santé et solidarité
|
14,64 |
14,79 |
|
|
46-32 :
Actions en faveur des rapatriés |
14,64 |
14,79 |
|
|
Art.
10 : Dépenses non déconcentrées
|
2,21 |
2,13 |
|
|
Art.
20 : Dépenses déconcentrées
|
11,20 |
6,86 |
|
|
Art.
30 : Rente viagère |
1,22 |
5,79 |
|
|
57-05 :
Préservation et développement du patrimoine culturel (CP)
|
0,00 |
0,00 |
|
|
57-05 :
Préservation et développement du patrimoine culturel (AP)
|
0,00 |
0,00 |
|
|
IV.- Anciens
combattants |
8,56 |
5,16 |
|
|
46-20 :
Pensions d'invalidité, allocations et indemnités diverses
|
4,66 |
2,12 |
|
|
46-24 :
Sécurité sociale des invalides de guerre |
1,52 |
1,52 |
|
|
46-27 :
Soins médicaux gratuits |
2,38 |
1,52 |
|
|
V.- Equipement,
Transports et Logement - III.- Transports et sécurité routière
|
99,55 |
95,02 |
|
|
47-41
: Art. 40 : Garanties de retraite des anciens des services
publics d'Afrique du Nord et d'outre-mer |
|
|
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|
VI.- Agriculture
et Pêche |
14,87 |
14,63 |
|
|
35-92
: Art. 10 : Forêts : Travaux d'entretien, anciens
harkis |
8,54 |
8,54 |
|
|
46-32
: Art. 40 : Subvention caisse des cadres
d'exploitations agricoles rapatriés |
6,33 |
6,09 |
|
|
Total
général |
195,00 |
176,27 |
|
|
Source :
Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie. |
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2.- L'ajustement,
pour des raisons techniques, des crédits destinés à l'indemnisation, à
certains dispositifs maintenant résiduels liés à la réinstallation et aux
retraites
a) Les crédits destinés à l'indemnisation
Les opérations d'indemnisation prévues par la loi du 16 juillet
1987 et, s'agissant des harkis, les versements de l'allocation complémentaire
prévue par la loi de 1994 sont maintenant achevés depuis plusieurs années et
n'appellent pas l'inscription de crédits nouveaux. Les quelques dossiers
restant à traiter sont soit des dossiers contentieux, soit des nouveaux
dossiers qui seraient éventuellement déposés, étant donné que la loi ne prévoit
pas de forclusion tant pour l'indemnité complémentaire prévue à l'article 1er
de la loi de 1987 que pour l'allocation complémentaire versée aux anciens
harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives en
application de l'article 9 de la loi de 1994.
|
LES
ACCORDS INTERNATIONAUX ET LES DISPOSITIFS SPÉCIFIQUES EN MATIÈRE D'INDEMNISATION Une disposition législative spécifique concernant le Vanuatu a
été prise par la loi de finances pour 1988, dont l'article 100 prévoit
que : « les rapatriés des Nouvelles-Hébrides, qui y
avaient résidé habituellement pendant une période d'au moins trois
ans avant la date d'accession à l'indépendance de ce pays, perçoivent
une indemnité forfaitaire de 45.000 francs pour la perte de biens
de toute nature dont ils étaient propriétaires ». 878 demandes ont été déposées dans les délais prévus. 658
ont été acceptées et ont donné lieu à des versements d'un montant
total de 29 millions de francs (4,42 millions d'euros). En application d'une convention passée en 1988 entre les
gouvernements français et zaïrois, une indemnité d'un montant de 12 millions
de francs (1,8 millions d'euros) a été répartie entre 13 ressortissants
français dépossédés à la suite d'événements ayant suivi
l'accession à l'indépendance de ce pays. Les accords franco-tunisiens des 23 février 1984 et 4 mai
1989 sont d'une autre nature puisqu'ils fixent les conditions générales
du transfert progressif à l'Etat tunisien des biens immobiliers
construits ou acquis en Tunisie avant 1956 et appartenant à des
nationaux français. Il s'agit d'un rachat et non d'une indemnisation au
sens strict, car les personnes intéressées ont pu refuser l'offre
d'achat du Gouvernement tunisien et rester ainsi propriétaires. Le premier accord concerne le seul gouvernorat de Bizerte. Un
total de 605 locaux ou immeubles intéressant 2.025 personnes a été
concerné, pour une somme de 88 millions de francs (13,4 millions
d'euros). Le deuxième accord, l'accord particulier du 4 mai 1989,
a étendu cet accord à l'ensemble du territoire. Il a permis à environ
3.160 personnes de percevoir le prix de vente de 531 immeubles
ou locaux pour une somme globale de 91 millions de francs (13,9 millions
d'euros). En ce qui concerne la Russie, l'article 48 de la loi de finances
rectificative pour 1999 et le décret de n° 2001-1091 du 9 novembre
2000 ont fixé les modalités d'indemnisation des français détenteurs
de certaines créances avec la Russie. Ce dispositif ne concerne pas
seulement les porteurs d'emprunts russes mais également les victimes
des spoliations de patrimoine subies en 1917 ou lors de l'annexion de
territoires passés sous la souveraineté soviétique lors de la seconde
guerre mondiale. Une somme de 22 millions de francs (3,4 millions
d'euros) doit être répartie entre les 189 dossiers reconnus éligibles,
correspondant à 225 patrimoines d'origine. S'agissant de Madagascar, un accord a été signé le 1er
octobre 1998 entre le gouvernement français et le gouvernement
malgache, destiné à régler les conséquences financières des mesures
de nationalisation et d'expropriation prises entre 1975 et 1978 à l'égard
de biens et intérêts appartenant à des sociétés ou particuliers
français. En ce qui concerne, enfin, le Cambodge, l'accord du 15 mars
1995 régit les spoliations intervenues entre 1970 et 1975. Ces accords
doivent faire l'objet de mesures législatives d'application. |
|
Source : Etabli d'après les éléments
communiqués par la Délégation aux rapatriés. |
Le tableau suivant, qui montre l'évolution des crédits de
l'article 20 du chapitre 46-91 du budget des Charges communes depuis 1997,
permet de constater qu'il est tout à fait justifié de ne prévoir aucune
dotation.
Compte tenu d'une dépense de 0,72 million d'euros (5 millions
de francs) en 2000, on constate que les crédits ouverts en 2001 devraient être
suffisants pour couvrir les besoins des années 2001 et 2002.
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ÉVOLUTION DES DOTATIONS
DE L'ARTICLE 20 DU CHAPITRE 46-91 DU BUDGET DES CHARGES COMMUNES, DESTINÉ
À L'INDEMNISATION DES RAPATRIÉS, DEPUIS 1994 (en millions d'euros) |
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|
Années |
Crédits ouverts |
Dépenses constatées |
|
|
1997 |
LFI |
533,37 |
526,62 |
|
Total |
533,37 |
||
|
1998 |
LFI |
39,64 |
10,72 |
|
Total |
46,59 |
||
|
1999 |
LFI |
12,20 |
2,62 |
|
Total |
48,07 |
||
|
2000 |
LFI |
0 |
0,72 |
|
Total |
45,45 |
||
|
2001 |
LFI |
6,10 |
|
|
Total |
11,60 |
|
|
|
Source :
Direction du Budget. |
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Cette dernière appréciation, suivant laquelle des inscriptions
supplémentaires ne sont pas nécessaires, ne vaut naturellement que si l'on
considère que l'indemnisation est arrivée à son terme.
Cette position est fortement contestée par certaines associations
de rapatriés.
Celles-ci réclament l'adoption d'un nouveau dispositif, une « quatrième
et ultime » loi d'indemnisation.
b) Les crédits de l'Agence nationale pour l'indemnisation
des français d'outre-mer (ANIFOM)
L'achèvement de l'indemnisation pose la question du devenir de
l'Agence nationale pour l'indemnisation des Français d'outre-mer (ANIFOM). Créé
par la loi du 15 juillet 1970, cet établissement public a été chargé de
l'exécution des opérations liées à l'indemnisation des rapatriés dépossédés
de leurs biens (), et s'est également vu confier la mise en
_uvre de l'indemnisation des anciens membres des formations supplétives ayant
servi en Algérie. Il a, par ailleurs, été chargé de différentes opérations
spécifiques, comme l'instruction des demandes d'aide de l'Etat en matière d'amélioration
des retraites des rapatriés (loi du 4 décembre 1985), ou la mise en _uvre
des accords immobiliers franco-tunisiens des 23 février 1984 et 4 mai
1989 ainsi que de l'accord de 1995 entre la France et le Cambodge pour les
spoliations intervenues entre 1970 et 1975.
La plupart des missions de l'ANIFOM sont en voie d'achèvement
complet. L'indemnisation, notamment, ne requiert plus qu'une équipe réduite.
Les effectifs de l'agence ont évolué en conséquence : le nombre de ses
agents est passé de 147 en 1991 à 68 au 1er août 2001.
Ses moyens de fonctionnement ont également diminué. Le montant
de la subvention qui lui est allouée chaque année, imputée sur l'article 12
du chapitre 36-10 du budget de l'Economie, des finances et de l'industrie,
est passé de 55 millions de francs (8,38 millions d'euros) en
1991 à 3,66 millions d'euros (24 millions de francs) en 2001. Le
projet de loi de finances propose de reconduire ce montant de 3,66 millions
d'euros pour 2002. Si cette subvention ne s'avérait pas suffisante, un prélèvement
serait opéré sur le fonds de roulement de l'Agence. Un tel prélèvement,
de l'ordre de 10% du fonds de roulement, a déjà été prévu par le budget
rectificatif adopté par le conseil d'administration de l'Agence le 12 juin
2001.
Une réflexion sur le devenir de cet établissement public, auquel
les rapatriés sont particulièrement attachés, est donc nécessaire.
Les nouvelles missions confiées à l'Agence, qu'il s'agisse du
recensement des personnes privées de biens situés dans l'ex-URSS, en
application de l'article 73 de la loi n° 98-546 du 2 juillet
1998 portant diverses dispositions d'ordre économique et financier, de la
gestion des indemnisations versées dans le cadre d'un dispositif de l'ONU aux
victimes des spoliations intervenues pendant la Guerre du Golfe (1990-1991), de
son concours à la Commission pour l'indemnisation des victimes de spoliations
intervenues du fait des législations antisémites en vigueur pendant
l'Occupation, de la gestion de l'accord précité d'indemnisation des victimes
des spoliations, conclu en 1995 entre la France et le Cambodge, ou de celle de
l'accord franco-malgache, aussi importantes soient-elles, devraient avoir une
durée et une ampleur limitées.
Le ministre de l'économie a d'ailleurs adressé le 23 août dernier, une lettre de mission au directeur général de l'Agence, lui demandant d'explorer les différentes voies possibles et de lui faire des propositions sur les évolutions envisageables.
c) Les dispositifs, largement résiduels, de moratoire des
dettes, d'effacement des prêts de réinstallation, de bonification des prêts
de reclassement et de financement des prêts de consolidation
Les crédits de l'article 10 du chapitre 46-91 du budget des
charges communes, relatif au moratoire des dettes, aux remises de prêts de réinstallation
et au financement des prêts de consolidation en faveur des rapatriés, ne
font l'objet d'aucune inscription. Les besoins, estimés à 5 millions d'euros
(32,80 millions de francs) pour 2002, devraient être couverts
par les reports. Ces crédits concernent, notamment, les engagements relatifs à
la mise en _uvre du dispositif, maintenant résiduel, d'effacement des prêts de
réinstallation (prêts principaux et complémentaires), des prêts contractés
pour les besoins de l'exploitation (1.300 dossiers non échus), ainsi que
la bonification des prêts de consolidation accordés par la BDPME et la Caisse
nationale de Crédit agricole.
Les crédits correspondant aux charges afférentes à la
bonification des prêts de reclassement accordés par le Crédit agricole
(article 30 du chapitre 46-91 du budget des Charges communes) ne
font l'objet d'aucune demande. Il s'agit, là encore, d'un dispositif résiduel
pour lequel les paiements devraient s'élever à 170.000 euros (1,12 million
de francs) en 2002. Ces derniers devraient être couverts par les reports.
d) La contraction, en raison de facteurs structurels, de la
contribution de l'Etat à l'amélioration des retraites
Depuis presque quarante ans, plusieurs mesures ont été prises
pour assurer aux rapatriés des pensions de retraite satisfaisantes, afin de
tenir compte, notamment, des insuffisances, des défaillances, voire de
l'inexistence des régimes de retraite dans les territoires où ils étaient
installés. L'intervention de l'Etat repose naturellement sur une contribution
à l'équilibre de différents régimes spéciaux, mais aussi, et surtout, sur
une aide au rachat de cotisations.
· L'évolution d'ensemble des crédits relatifs aux
retraites.
En ce qui concerne les retraites, on observe une certaine réduction,
de 6,04%, des crédits demandés avec 143,51 millions d'euros (941,36 millions
de francs) pour 2002 contre 152,59 millions d'euros (1 milliard de
francs) en loi de finances pour 2001. Le tableau suivant récapitule ces crédits
par ligne budgétaire, et notamment le détail du total de 20,60 millions
d'euros inscrit au budget des charges communes :
CRÉDITS
RELATIFS AUX RETRAITES DES RAPATRIÉS
(en
millions d'euros)
|
|
|
|
|
|
|
|
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|
Budget |
LFI 2001 |
PLF 2002 |
|||
|
Charges
communes 46-91 art. 40 |
16,14 |
13,70 |
||||
|
Charges
communes 46-91 art.50 |
0,02 |
0,01 |
||||
|
Charges
communes 46-91 art.60 |
7,47 |
6,89 |
||||
|
Economie
46-93 art.30 |
23,08 |
21,80 |
||||
|
Transports
terrestres 47-41 art.40 |
99,55 |
95,02 |
||||
|
Agriculture
et pêche 46-32 art.40 |
6,33 |
6,09 |
||||
|
Total
|
152,59 |
143,51 |
|
|||
Cette évolution s'explique par l'ajustement de ces crédits aux
besoins. La dépense est, en effet, calculée sur des bases purement techniques
et correspond aux charges constatées par les différents régimes de retraite
concernés. Les ajustements sont ainsi automatiques. On observera que les crédits
relatifs aux retraites représentent 81% du total des crédits consacrés aux
rapatriés, contre un tiers en 1997.
● La diminution de l'aide au rachat des
cotisations tient à des éléments techniques
La contribution apportée par l'Etat à l'amélioration des
retraites des rapatriés est fondée, avant tout, sur le principe du rachat des
cotisations afférentes à certaines périodes d'activité. Les rachats de
cotisations ne portent que sur certaines périodes d'activité, allant, généralement,
du 1er juillet 1930 au rapatriement. Les modalités précises de
ces dispositifs figurent dans l'encadré figurant ci-après.
|
LES
DISPOSITIFS EN MATIÈRE D'AIDE AU RACHAT DE COTISATIONS DE RETRAITE · La loi du 22 décembre 1961 a prévu
l'accession au régime de l'assurance volontaire vieillesse pour les
salariés ayant travaillé dans les territoires anciennement placés
sous la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la France. Celle
du 13 juillet 1962 concernait les personnes dont l'affiliation
à un régime de sécurité sociale applicable en Algérie a été
rendue obligatoire par voie législative ou réglementaire. Enfin, la
loi du 10 juillet 1965 a posé, dans un cadre plus général,
le principe d'une validation à titre onéreux des périodes d'activité
(salariée ou non salariée) accomplies dans les territoires antérieurement
placés sous la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la
France. · La loi du 26 décembre 1964,
s'agissant du cas très particulier de l'Algérie, a été plus loin, en
prévoyant la validation gratuite de certaines périodes précises. Sont
notamment concernées les périodes d'activité salariée accomplies
avant le 1er juillet 1962 (sous réserve d'une affiliation au
régime vieillesse algérien institué en 1953), les périodes d'activité
comprises entre le 1er avril 1938 et l'entrée en vigueur de
ce régime, ainsi que les périodes de présence dans les forces supplétives. · L'objectif de la loi du 4 décembre 1985
a été de favoriser le rachat de cotisations prévu dans le cadre de la
loi du 10 juillet 1965, en accordant une aide de l'Etat à tout
Français concerné pouvant justifier de sa qualité de rapatrié.
Sont notamment intéressés par ce texte : - les rapatriés ayant exercé une activité
professionnelle dans un des territoires visés, et qui n'ont pu cotiser
à un régime obligatoire de protection sociale de base ; - ceux ayant exercé une activité professionnelle en Algérie
avant le 1er juillet 1962 et qui sont exclus de la loi
du 26 décembre 1964 ; - les étrangers dont le dévouement à la France leur a
valu de bénéficier de la qualité de rapatrié ; - les conjoints survivants des personnes citées ci-dessus. L'aide de l'Etat varie selon les revenus du demandeur. Elle est
de 100% lorsque les revenus sont inférieurs au SMIC, de 50% lorsqu'ils
sont supérieurs à deux fois le SMIC, et d'un taux égal au rapport du
SMIC et du revenu pour les autres cas. La part du rachat prise en charge
par l'Etat est versée à chacune des institutions des régimes
obligatoires d'assurance vieillesse. |
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Source : établi d'après les
éléments communiqués par la Délégation aux rapatriés. |
98.321 notifications de demandes d'aides avaient été traitées
au 9 août 2001. Le montant des cotisations susceptibles d'être rachetées,
calculé par les différentes caisses de retraites, s'élève globalement à 980 millions
d'euros, soit 6.428,38 millions de francs.
Le total des aides de l'Etat est de 874 millions d'euros
(5,73 milliards de francs), soit 89,15% du total des rachats proposés par
les caisses. Le montant moyen de l'aide par dossier est de 8.893 euros
(58.332 francs).
La liquidation des demandes s'est poursuivie à un rythme soutenu
jusqu'en 1992, mais un tassement s'est dessiné depuis le début de l'année
1993. Ce tassement s'est accentué depuis 1996, et connaît une forte chute en
2001.
Les aides de l'Etat ne sont pas versées directement, mais font
l'objet d'une compensation budgétaire auprès des organismes verseurs, calculée
chaque année, dans le cas où les pensions versées excèdent les cotisations
reçues.
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BILAN D'EXÉCUTION DE LA
LOI N° 85-1274 DU 4 DÉCEMBRE 1985 (au 9 août 2001) (en euros) |
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Début d'activité avril 1987 |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
Totaux cumulés |
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Demandes
d'aide de l'Etat reçues |
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100.606 |
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Demandes
traitées |
4.398 |
3.842 |
3.094 |
2.849 |
2.091 |
1.722 |
942 |
98.321 |
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Montant
des rachats proposés par les caisses |
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Montant
de l'aide de l'Etat susceptible d'être accordée |
46.910.382 |
43.929.681 |
37.098.847 |
30.135.656 |
24.159.803 |
19.221.265 |
10.903.547 |
874.333.749 |
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Source :
Délégation aux rapatriés. |
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· La contribution au financement des régimes spéciaux
connaît également un ajustement technique
L'Etat participe également au financement de certains régimes spéciaux.
Les crédits, qui sont répartis en fonction des ministères compétents, sont récapitulés
ci-après.
· Versements de l'Etat à la Caisse nationale de
retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) au titre des parts
contributives dues par les caisses de retraites d'Algérie, du Maroc et de
Tunisie (article 50 du chapitre 46-91 du budget des Charges communes) :
10.000 euros (65.595,70 francs) pour 2002, contre 15.245 euros
(100.000 francs) en 2001 (-34,4%).
· Participation de l'Etat aux dépenses des caisses
de retraite des régies ferroviaires d'outre-mer (article 60 du chapitre 46-91
du budget des Charges communes : 6,89 millions d'euros (45,20 millions
de francs), soit une réduction de 7,8% par rapport à 2001 (7,47 millions
d'euros, soit 49 millions de francs).
· Prise en charge et garanties de retraite des
anciens agents français des établissements publics, offices, sociétés
concessionnaires de services publics d'Algérie, du Maroc, de Tunisie et
d'outre-mer (article 30 du chapitre 46-93 des crédits de l'Economie, des
finances et de l'industrie) : 15,25 millions d'euros (100 millions
de francs), contre 22,87 millions d'euros (151,38 millions de
francs) pour 2001, soit une baisse de 33,3%.
· Garantie de retraite des anciens agents des
services publics d'Afrique du Nord et d'outre-mer (article 40 du chapitre
47-41 du budget des Transports) : 95,02 millions d'euros (623,29 millions de francs).
Ce montant est en diminution de 4,6% par rapport à 2001 (99,55 millions
d'euros, soit 653 millions de francs).
· Subvention versée à la Caisse de prévoyance des
cadres d'exploitations agricoles rapatriés (article 40 du chapitre 46-32
du budget de l'Agriculture et de la pêche) : 6,09 millions d'euros
(39,95 millions de francs). Ce montant est en diminution de
3,8% par rapport à 2001 (6,33 millions d'euros, soit 41,5 millions de
francs).
Au total, les crédits prévus, pour 2002, au titre de ces
participations de l'Etat, s'élèvent à 123,35 millions d'euros (809,12 millions de francs),
soit une baisse de 5,2% par rapport à 2001 (130,11 millions d'euros, soit
853,48 millions de francs).
Cette évolution traduit l'extinction progressive de ces régimes
spéciaux.
e) Les crédits liés au statut de victime de la captivité
en Algérie
Une somme de 5,16 millions d'euros (33,85 millions de francs)
est inscrite au budget des Anciens combattants, notamment pour les
personnes ayant le statut de victime de la captivité en Algérie. Il s'agit,
d'une part, des crédits du chapitre 46-20 relatif aux pensions
d'invalidité et allocations y rattachées ainsi qu'aux pensions des
ayants-cause et, d'autre part, des crédits inscrits au chapitre 46-24 relatifs
à la sécurité sociale des invalides de guerre ainsi qu'au chapitre
46-27 relatifs aux soins médicaux gratuits. Néanmoins, cette somme est
indicative et ses modalités de calcul sont très incertaines, les dépenses
relatives aux rapatriés ne faisant l'objet d'aucune individualisation. Si réduction
il y a, les crédits restant sont cependant adaptés aux besoins.
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LE STATUT DE VICTIME DE LA CAPTIVITÉ EN ALGÉRIE La loi n° 94-488 du 11 juin 1994 relative aux rapatriés
anciens membres des forces supplétives et assimilés ou victimes de la
captivité en Algérie a créé un statut de « victime de la
captivité en Algérie ». Le statut de « victime de la captivité en Algérie »
est attribué aux personnes de nationalité française à la date de la
demande, internées au moins trois mois en Algérie après le 2 juillet
1962 en raison des services qu'elles ont rendus à la France, et rapatriées
avant le 10 janvier 1973. Aucune durée de détention n'est exigée
des personnes qui se sont évadées ou qui présentent du fait d'une
blessure ou d'une maladie, une infirmité dont le taux atteint le minimum
indemnisable et dont l'origine est reconnue imputable, par preuve, à la
captivité. Cette qualité est également reconnue, quelle que soit la durée
de la détention, et sur leur demande, aux ayants-cause des personnes décédées
en détention, dès lors que les conditions précédentes de nationalité
et de rapatriement sont remplies. Ce statut donne lieu à l'attribution du titre de « victime
de la captivité en Algérie », traduisant la reconnaissance de la
Nation et constituant la réparation d'un préjudice moral. Il ouvre droit
à une conversion des allocations viagères en pensions de victimes de la
captivité en Algérie ; celle-ci permet aux intéressés de bénéficier
des soins médicaux et de l'appareillage gratuits pour les infirmités
pensionnées ainsi que pour les détenus les plus atteints dans leur intégrité
physique, au versement de l'allocation aux grands mutilés. Ces prestations relèvent du secrétariat d'Etat à la défense
chargé des anciens combattants. Il a été attribué 876 cartes de « victime de la
captivité en Algérie ». |
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Source : Délégation
aux rapatriés. |
3.- Les crédits
destinés aux travaux forestiers
Avec une dotation de 8,54 millions d'euros (56 millions
de francs), comme l'année précédente, les crédits inscrits à l'article 10
du chapitre 35-92 du budget de l'Agriculture et de la pêche,
consacré aux harkis employés par l'Office national des forêts (ONF) pour
effectuer des travaux forestiers, font l'objet d'une reconduction
On peut se demander si le niveau de ces crédits est adapté aux
besoins et s'il ne conviendrait pas de prévoir une majoration, dans la mesure où
les ressortissants de la communauté harkie sont très demandeurs de ce type de
programme, comme a pu le constater votre Rapporteur spécial lors de son déplacement
dans le département des Bouches-du-Rhône, le 18 juillet dernier.
Les représentants des associations a rencontré sur place
souhaitent, en effet, qu'un plus grand nombre de postes soit prévu par l'ONF,
pour les harkis.
4.- L'insuffisance
prévisible des crédits d'intervention prévus à la section Santé et
Solidarité du budget de l'Emploi et de la Solidarité
Seuls véritables crédits d'intervention à la disposition
du Gouvernement, les crédits inscrits au chapitre 46-32 du budget de la Santé
et de la solidarité, intitulé Actions en faveur des rapatriés,
doivent faire l'objet de la plus grande attention. Ils servent à financer, en
premier lieu, les dépenses courantes de l'action en faveur des rapatriés
(notamment les subventions aux associations et les secours exceptionnels
susceptibles d'être délivrés), en deuxième lieu, les actions en faveur du désendettement
des rapatriés réinstallés dans des professions non salariées, en troisième
lieu, les mesures prévues par le plan en faveur des anciens supplétifs et de
leurs familles, le « plan harki », qui fait l'objet de sa deuxième
prolongation et, en quatrième lieu, le versement de la rente viagère en faveur
des harkis, rente dont il faut rappeler qu'elle est réversible au conjoint
survivant depuis le début de l'année 2001.
Les crédits demandés pour 2002 s'établissent à 14,79 millions
d'euros (97 millions de francs). La répartition de cette somme entre les
différents articles est la suivante :
CRÉDITS
INSCRITS AU CHAPITRE 46-32 DU BUDGET DE LA SANTÉ ET DE LA SOLIDARITÉ :
ACTIONS EN FAVEUR DES RAPATRIÉS
(en
millions d'euros)
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LFI 2001 |
PLF 2002 |
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Art.
10 : dépenses non déconcentrées
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2,210 |
2,134 |
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Art.
20 : dépenses déconcentrées
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11,205 |
6,860 |
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Art.
30 : rente viagère |
1,220 |
5,794 |
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Total
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14,635 |
14,788 |
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Par rapport à la dotation de 14,64 millions d'euros (96 millions
de francs) prévue pour 2001, on constate une légère augmentation, de 1,02%.
Néanmoins, cette évolution n'est pas significative. Il convient,
en effet, de la corriger des variations imputables à l'inscription, en 2002,
sur ce budget, des sommes relatives au versement de la rente viagère en faveur
de harkis.
En 2001, seuls les crédits relatifs à la réversion de la rente
viagère aux veuves ont été inscrits au budget, en loi de finances, puisque le
service des rentes principales, versées aux harkis et anciens supplétifs, a été
assuré sur des fonds extrabudgétaires gérés par Groupama (ce point fait
l'objet d'un développement complet au B qui suit). Ces fonds venant à épuisement
au cours de l'année 2002, une rebudgétisation du service de la rente viagère
aux harkis est cette année nécessaire ().
Les crédits demandés au titre des actions autres que la rente
viagère, pour 2002, s'établissent ainsi à 9 millions d'euros (59,04 millions
de francs) contre 13,42 millions d'euros (88 millions de francs) en
loi de finances initiale pour 2001, soit une diminution de 32,9%. La portée de
cette diminution doit s'apprécier au regard du montant des reports de crédits
et des perspectives de consommation des crédits. Les reports de crédits de
l'exercice 2000 sur l'exercice 2001 se sont élevés à 18,626 millions d'euros
(122,18 millions de francs).
Comme le montre le tableau suivant, qui récapitule l'évolution
des crédits destinés aux actions en faveur des rapatriés depuis 1997, ces
reports proviennent, pour l'essentiel, du report d'une somme de 15,244 millions
d'euros (100 millions de francs) prévue pour le financement des actions de
désendettement des rapatriés réinstallés dans des professions non salariées
par la loi de finances rectificative pour 1998 et de la somme de 4,573 millions
d'euros (30 millions de francs) prévue par la deuxième loi de finances
rectificative pour 2000 au titre du versement de la rente aux harkis.
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CRÉDITS CONSACRÉS AUX
ACTIONS EN FAVEUR DES RAPATRIÉS DEPUIS 1997 (millions d'euros) |
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Mouvements exercices |
LFI |
Annulations |
Reports |
LFR |
Fonds de concours du
Fonds social européen (FSE) |
Total ouvert |
Consommations |
Crédits reportés |
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1997 |
22,87 |
|
15,83 |
|
|
38,70 |
30,57 |
8,13 |
|
|
1998 |
20,58 |
|
8,13 |
15,24 |
1,27 |
45,22 |
24,28 |
20,94 |
|
|
1999 |
20,58 |
|
20,94 |
|
2,67 |
44,19 |
22,87 |
21,32 |
|
|
2000 |
15,25 |
|
21,32 |
4,57 |
1,47 |
42,62 |
23,99 |
18,63 |
|
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2001 |
14,64 |
|
18,63 |
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|
33,26 |
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Source :
Ministère de l'emploi et de la solidarité. |
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Pour l'exercice 2001, les perspectives de consommation des crédits
sont, selon les informations communiquées à votre Rapporteur spécial, de 18,6 millions
d'euros (122 millions de francs), soit un montant supérieur à la dotation
initiale de 14,64 millions d'euros (96 millions de francs), ce qui
permet de prévoir un reliquat de 14,66 millions d'euros, soit 96,15 millions
de francs.
Pour l'exercice 2002, on constate ainsi, en dépit de ces
importants reports, une difficulté à financer les actions du plan en faveur
des harkis et les aides au désendettement des rapatriés réinstallés dans des
professions non salariées.
On observera préalablement que les sommes nécessaires au
financement de la rente viagère apparaissent correctement calibrées et ne
laissent espérer aucune marge de man_uvre. En effet, les besoins sont estimés
à 1,08 million d'euros (71 millions de francs), en l'état actuel de
la législation. Ils devraient être couverts à raison de 1,07 million d'euros
(7 millions de francs) par le reliquat du financement extrabudgétaire, de
5,79 millions d'euros (38 millions de francs) par les crédits prévus
à cet effet par le présent projet de loi de finances et, à concurrence, de
4,57 millions d'euros (30 millions de francs) par le report des crédits
inscrits par la deuxième loi de finances rectificative pour 2000. Le total de
ces financements, égal 11,43 millions d'euros (75 millions de
francs), fait apparaître un petit excédent de 0,61 million d'euros (4 millions
de francs) par rapport aux charges prévisibles.
Ainsi, l'enveloppe disponible pour les deux autres actions s'établirait
en 2002 à 19,08 millions d'euros (125,16 millions de francs), à
raison de 9 millions d'euros (59,04 millions de francs) de dotations
nouvelles et de 10,08 millions d'euros (66,15 millions de francs) de
reports de crédits ().
Le plan en faveur des harkis devrait se traduire par une dépense budgétaire de 11,28 millions d'euros (74 millions de francs) en 2001, selon les dernières estimations transmises à votre Rapporteur spécial par la délégation aux rapatriés, sans tenir compte de la somme de 1,22 million d'euros (8 millions de francs) au titre de l'aide du conjoint survivant, mesure à caractère pérenne et non temporaire, et l'objectif communiqué à votre Rapporteur spécial, d'un règlement de 200 dossiers par an au titre de l'aide au désendettement des rapatriés réinstallés dans des professions non salariées, exige, pour l'instant, une enveloppe de 16,97 millions d'euros (111,32 millions de francs). Pour 2002, on constate ainsi un besoin de l'ordre de 28,25 millions d'euros (185,3 millions de francs), supérieur aux crédits prévus, sans même tenir compte des autres postes de dépenses, tels que les subventions aux associations, les secours exceptionnels, l'aide au conjoint survivant des anciens harkis ainsi que certaines participations complémentaires au financement des retraites, estimés à 1,42 million d'euros (9,3 millions de francs), en 2002, par la délégations aux rapatriés.
Pour faire face à cette situation, le Gouvernement ne pourra, une
nouvelle fois, que réajuster à la baisse les actions du plan en faveur des
harkis. Il a d'ailleurs été précisé à votre Rapporteur spécial que la
politique d'adossement aux dispositifs de droit commun, déjà engagée en 2001,
serait poursuivie en 2002. La délégation aux rapatriés a ainsi prévu une
enveloppe de 6,36 millions d'euros (41,7 millions de francs) pour le
plan harki, en 2002, hors aide spécifique au conjoint survivant, soit une réduction
de 43,6%.
Le Gouvernement ne pourra pas, non plus, faire procéder à l'accélération
massive du traitement des dossiers déposés devant la Commission nationale de désendettement
des rapatriés réinstallés dans une profession non salariée, telle qu'il déclare
l'envisager. Si les simulations communiquées par la délégation aux rapatriés
s'avèrent exactes, le montant des crédits disponibles pour le désendettement
en 2002 sera égal au montant des reports prévisibles, hors reports destinés
au financement de la rente viagère, à savoir 10,08 millions d'euros
(66,15 millions de francs). Cette enveloppe permet de financer entre 100 et
120 dossiers de désendettement, et non les 200 annoncés.
Faute de crédits supplémentaires dans le projet de loi de
finances rectificative pour 2001, qui devrait être déposé au cours de ce mois
de novembre, on ne peut avoir d'autre conclusion que celle suivant laquelle le
Gouvernement ne souhaite prévoir ainsi en faveur des rapatriés, de tous les
rapatriés, que les moyens financiers d'une politique a minima.
B.- LES
FINANCEMENTS EXTRABUDGÉTAIRES IMPUTÉS SUR LA DOTATION VERSÉE EN 1988 PAR L'ETAT
À GROUPAMA
1.- Les
allocations spéciales servies par la SORAVIE : un financement extrabudgétaire
pérenne
Afin de compléter la retraite des anciens salariés d'outre-mer,
l'Etat a versé, dans le cadre de la convention du 20 avril 1988 conclue
par l'Etat et la SORAVIE, dépendant de GROUPAMA, une somme forfaitaire de 94,5 millions
d'euros (620 millions de francs), destinée à financer des prestations
viagères de retraite complémentaire.
Le dépôt des dossiers par les bénéficiaires éventuels a fait
l'objet d'une première date de forclusion au 30 septembre 1990, reportée
une première fois au 30 juin 1991, puis, une deuxième fois, à la demande
des rapatriés, au 31 décembre 1998, par un avenant du 22 avril 1999.
Le nombre des personnes titulaires d'une rente était de 12.940 en 1991 et
de 13.618 en 2000, après un maximum de 14.945 personnes en 1997. La
dernière levée de la forclusion a rouvert 2.342 dossiers.
308 dossiers resteraient encore à traiter, selon les
informations communiquées à votre Rapporteur spécial. Celui-ci considère que
cette situation n'est pas admissible, compte tenu du fait que la date de
forclusion remonte maintenant à trois ans.
A la fin de l'année 2000, les engagements s'établissaient à
71,42 millions d'euros (468,5 millions de francs) et le fonds
collectif faisait apparaître un disponible de 31,19 millions d'euros
(204,6 millions de francs). Toutefois, ce dernier chiffre ne correspond pas
au montant effectivement disponible, car il convient de tenir compte des éventuelles
nouvelles demandes et des revalorisations supplémentaires qui pourraient
intervenir dans le futur. Il est, en revanche, net du prélèvement qui a été
opéré pour financer la mise en place de la rente viagère prévue en faveur
harkis, évoquée ci-dessous.
Par ailleurs, les rapatriés souhaitent une nouvelle levée de la
forclusion dans la mesure où certains d'entre eux, qui prennent actuellement
leur retraite, ne peuvent bénéficier de la prestation.
Cette demande n'est pas illégitime. Elle ne saurait, de plus,
remettre en cause l'équilibre financier du dispositif, dès lors que les
conventions prévoient que l'Etat contribuera, si nécessaire, au financement du
régime, si la dotation initiale augmentée des produits s'avérait
insuffisante.
2.- La rente
viagère en faveur des harkis : un financement extrabudgétaire arrivé à
épuisement en 2002
L'article 47 de la loi de finances rectificative pour 1999 a prévu
une rente viagère en faveur des anciens supplétifs âgés d'au moins soixante
ans et dont les ressources ne sont pas supérieures au plafond requis pour bénéficier
du minimum vieillesse. Cette rente s'intègre dans le cadre de la réparation
des préjudices subis pendant la Guerre d'Algérie et lors du rapatriement. Elle
a été rendue réversible par l'article 61 de la deuxième loi de finances
rectificative pour 2000.
Le montant de cette rente, non imposable et exclue de l'assiette
des revenus pris en compte pour bénéficier des prestations sociales sous
condition de ressources, est de 9.000 francs par an lorsqu'elle est versée
à taux plein. Il s'agit, en effet, d'une allocation différentielle, dont le
montant est réduit pour les personnes proches du plafond de ressources.
Il a été prévu d'assurer, à titre temporaire, le service de
cette rente, dans la limite de 18,29 millions d'euros (120 millions de
francs), sur la dotation versée Groupama pour le financement des allocations spéciales
de retraite des rapatriés, créé par la convention précitée du 20 avril
1988, et de procéder ensuite à son imputation sur des crédits budgétaires,
une fois ce plafond atteint.
Après réévaluation à raison du montant des intérêts constatés
après le 1er janvier 1999, la somme ainsi disponible s'est
établie à 20,36 millions d'euros (133,5 millions de francs). Les
frais de gestion, contractuellement fixés à 0,7% du montant des prestations
servies, sont imputés sur cette enveloppe.
Contrairement aux prévisions établies à l'automne 2000, ce
plafond n'a pas été atteint au cours de l'année 2001, mais il le sera
seulement au cours de l'année 2002. En effet, les montants versés au titre des
années 1999 et 2000 se sont établis à 69,48 millions de francs (10,59 millions
d'euros). 4.745 personnes avaient bénéficié d'une décision
d'attribution au 31 décembre 2000, représentant 67% des demandes. Les
deux-tiers seulement des anciens supplétifs avaient déposé une demande à
cette date, malgré une forte mobilisation des préfectures et des associations
pour les informer de leurs droits.
Les sommes versées au titre de l'année 2001 devraient représenter
8,7 millions d'euros (57 millions de francs), soit une forte augmentation
de la dépense qui s'explique par un rattrapage dans le dépôt des demandes.
Les paiements effectués au titre des années 1999 à 2001
devraient ainsi s'établir à 19,30 millions d'euros (126,6 millions
de francs), laissant un solde de 1,1 million d'euros (7,1 millions de
francs) sur lequel s'imputerait une partie du service de la rente en 2002. Le
reste serait imputé sur les crédits prévus à l'article 30 du chapitre
46-32 de la section « santé et solidarité » du budget de
l'emploi et de la solidarité, doté des sommes évoquées au I ci-dessus.
En ce qui concerne la rente versée aux conjoints survivants, au
titre de la réversibilité prévue par l'article 61 de la deuxième loi de
finances rectificative pour 2000, on rappellera que son service a été imputé
dès l'exercice 2001 sur les crédits budgétaires gérés par la délégation
aux rapatriés.
Le fait d'avoir prélevé une somme de 20,36 millions d'euros
(133,5 millions de francs) sur les fonds gérés par Groupama appelle deux
observations déjà émises par le prédécesseur de votre Rapporteur spécial,
M. Francis Delattre, (cf. Rapport n° 2624, annexe n° 21) :
« - d'une part, le fait d'imputer une dépense sur des fonds
extrabudgétaires, au statut d'ailleurs des plus incertains, constitue une débudgétisation,
opération toujours critiquable au regard d'un strict respect du principe de la
sincérité budgétaire ;
« - d'autre part, votre Rapporteur spécial considère
qu'il n'aurait pas été messéant, une fois la décision envisagée au niveau
du Gouvernement, de procéder à cette opération après information des
associations de rapatriés, notamment des représentants des neuf associations
siégeant au comité de suivi du régime d'allocation spéciale des retraites
des rapatriés, même si aucune disposition ne rend obligatoire une telle
information.
« Cela aurait permis d'éviter toute accusation de
« hold-up ». »
II.- LES
AMÉLIORATIONS SUSCEPTIBLES D'ÊTRE APPORTÉES AUX ACTIONS EN FAVEUR DES
RAPATRIÉS
A.- LES
IMPASSES ET INSUFFISANCES DES ACTIONS ACTUELLES EN FAVEUR DES HARKIS
Le plan en faveur des harkis, présenté lors de l'adoption de la
loi n° 94-488 du 11 juin 1994 relative aux rapatriés anciens membres
des formations supplétives et assimilées ou victimes de la captivité en Algérie,
a représenté un effort important, et spécifique, à l'égard de la communauté
harkie, vis-à-vis de laquelle une des dettes les plus importantes, la dette du
sang, a été contractée.
Cet effort s'est traduit par d'importants résultats, complétés
par ceux des mesures prises par le Gouvernement depuis 1997 :
- la prolongation, par deux fois, de ce plan, une première
fois jusqu'à la fin de l'année 2000, une deuxième fois jusqu'à la fin de
l'année 2002, et le fait d'avoir mis l'accent sur la formation et l'emploi, en
ce qui concerne la deuxième génération ;
- la création, en 1999, de la rente viagère, prestation
versée sous condition de ressources, et son extension, en 2001, aux conjoints
survivants ;
- la poursuite et l'achèvement des opérations ponctuelles de
transfert de propriété et de réhabilitation du logement sur les sites du
Mas-Thibert et du camp de Bias, prévues avant le changement de Gouvernement de
1997 ;
- un effort de Mémoire, avec la Journée d'hommage national
aux anciens supplétifs, le 25 septembre dernier.
Par ailleurs, un comité national de suivi, chargé d'évaluer les
mesures gouvernementales a été créé par un arrêté du 12 janvier 2000.
Cet effort ne doit pas se relâcher d'une manière prématurée.
Aussi la perspective de l'arrêt définitif du plan en faveur des
harkis le 31 décembre 2002 peut apparaître prématurée, l'amélioration
du dispositif de la rente viagère doit-elle être envisagée et les opérations
ponctuelles d'amélioration de l'habitat doivent-elles être poursuivies et
leurs modalités d'exécution améliorées.
Un important travail de mémoire et de vérité historique est, en
outre, nécessaire, dans la perspective tracée par la Journée d'hommage
national du 25 septembre 2001. Le dialogue avec la communauté harkie
doit être poursuivi pour définir des mesures complémentaires à celles
actuellement en vigueur.
1.- La
perspective d'un achèvement définitif du plan en faveur des harkis le 31 décembre
2002 apparaît prématurée
a) Le plan en faveur des harkis a eu des effets très
positifs
· Le plan initial
La loi précitée n° 94-488 du 11 juin 1994, a été adoptée
à l'unanimité par l'Assemblée nationale. Le plan prévu par cette loi et par
les textes réglementaires en découlant, ou plan « harkis », s'est
traduit par un ensemble de mesures échelonnées sur cinq années et mises en
_uvre à compter du 1er janvier 1995 :
- le versement d'une allocation forfaitaire dite « complémentaire »
de 110.000 francs, en supplément de l'allocation forfaitaire de 60.000 francs
prévue par la loi de 1987 ;
- une aide spécifique de 12.196 euros (80.000 francs)
pour l'accession à la propriété ;1.028 familles en ont bénéficié
entre 1995 et 2000 ;
- un dispositif de résorption du surendettement
mis en place au 1er janvier 1995, pour ceux d'entre eux qui
sont déjà propriétaires et qui sont confrontés à une situation de
surendettement immobilier. Une commission départementale, la commission d'aide
au désendettement immobilier des anciens membres des formations supplétives et
assimilés (COMADEF), a été instituée en lieu et place de la commission
centrale jusque-là compétente en ce domaine. De plus, pour que le traitement
des situations d'endettement immobilier s'effectue sereinement, la mesure de
suspension des poursuites adoptée dans le cadre de l'article 101 de la loi
de finances pour 1998, tend à éviter la saisie des biens par les créanciers
pour ceux qui ont déposé un dossier en vue de bénéficier d'un secours
exceptionnel pour résorber un surendettement immobilier. Entre 1995 et 2000, on
constate 472 bénéficiaires ;
- une aide à l'amélioration de l'habitat de 2.287 euros
(15.000 francs), pouvant être portée exceptionnellement à 7.622 euros
(50.000 francs) pour les propriétaires occupants.
De plus, une attention toute particulière est apportée à deux
catégories de personnes :
- une aide spécifique a été prévue pour les
conjoints survivants des anciens membres des formations supplétives qui
ne disposent pas de ressources supérieures ou égales à certains seuils. 485
en ont bénéficié en 1995, 502 en 1996, 531 en 1997, 525 en 1998, 524 en 1999, 541 en
2000 ;
- les victimes de la captivité en Algérie bénéficient
d'un statut ouvrant droit à pension d'invalidité, déjà évoqué.
On observera que toutes ces aides sont insaisissables et ne
peuvent être assujetties à l'impôt.
En ce qui concerne les enfants des harkis, plusieurs mesures ont
été prévues. Elles sont un complément, en règle générale, des dispositifs
de droit commun. L'accent a été mis sur l'emploi.
Le plan initial a pris effet au 1er janvier 1995 et
devait s'arrêter pour certaines mesures à la fin de l'année 1998 et pour
d'autres mesures, telles que les aides au logement, en juin 1999.
Les mesures étaient les suivantes :
- l'aide à la réservation de logements, destinée aux
anciens supplétifs et assimilés ainsi qu'à leurs enfants, descendants au
premier degré, d'un montant maximum de 7.622 euros (50.000 francs)
pouvant être porté à 12.196 euros (80.000 francs) en région d'Ile-de-France,
et à 15.245 euros (100.000 francs) dans les villes de 100.000 habitants
et plus ;
- les aides en matière de formation : des bourses d'études,
et sur le terrain, un accompagnement scolaire et une animation socio-culturelle
par des éducateurs du contingent répartis dans 41 départements ;
des contrats de qualification et d'apprentissage, avec une aide à l'embauche ;
des places réservées à l'école de Dieppe, pour les formations paramédicales
ou administratives des jeunes filles, où les stagiaires bénéficient du
versement d'une allocation de scolarité à laquelle s'ajoute une « allocation
de fin de scolarité » à l'issue des études ; la convention conclue
avec les écoles professionnelles de l'Office national des anciens combattants (ONAC),
pour la formation d'enfants d'anciens harkis, qui reçoivent également une
allocation ; des stages de formation au permis poids-lourds (transports en
commun, produits dangereux et licences de caristes) financés, à raison de 90%
du coût total de la formation, sous réserve d'être assortis d'une promesse
d'embauche ; la faculté pour la Délégation aux rapatriés de soutenir,
à raison de 50%, des stages de formation qui ne sont pas pris en compte dans le
cadre de droit commun ;
- l'emploi, avec le dispositif de la convention-emploi qui a prévu
le versement d'une subvention de 7.622 euros (50.000 francs) aux employeurs
de Français musulmans rapatriés, l'aide à la création ou reprise
d'entreprises destinée aux personnes âgées de 18 ans et plus, se traduisant
par une subvention plafonnée à 50% du coût du projet dans une limite de
12.196 euros (80.000 francs) ;
- l'aide à la mobilité, octroyée lorsqu'un changement d'emploi
entraîne un changement de résidence. Cette aide a été également accordée
aux personnes suivant une formation professionnelle agréée d'une durée
minimale de 12 mois ;
- les actions sociales, éducatives et culturelles, avec les
contrats d'action sociale éducative et culturelle (CASEC) conclus entre l'Etat
et une collectivité locale (ville ou département).
Une première prolongation du plan, jusqu'au 31 décembre
2000, a été prévue par la circulaire interministérielle du 31 mai 1999
et, s'agissant des mesures d'aide au logement, qui nécessitent un support législatif,
par l'article 47 de la loi de finances rectificative pour 1999.
Au-delà de la simple prolongation, certaines mesures ont été améliorées.
Ont ainsi été prévus, s'agissant du logement, l'attribution d'une aide de
10.000 francs (1.524,49 euros) à chaque locataire d'un appartement
relevant du parc social, public ou privé, destinée à permettre la prise en
charge de la caution et des frais liés à l'entrée dans les lieux, et, en
ce qui concerne la formation, l'octroi de subventions pouvant représenter 90%
du coût de la formation, contre 50% auparavant, ainsi que le renforcement des
dispositifs en faveur de l'emploi.
La convention-emploi est devenue subordonnée à une condition de recherche d'emploi de longue durée ou à la mise en place d'un plan de formation. La clause d'embauche multiple a été supprimée. Pour permettre à cette mesure de garder son attractivité, le montant de l'aide a été porté à 70.000 francs (10.671,43 euros) (contre 50.000 francs [7.622,45 euros] précédemment plus 20.000 francs [3.048,98 euros] pour la formation). L'appui des conseils régionaux a été sollicité, en particulier dans le cadre des actions préqualifiantes.
Le dispositif de l'aide à la création d'entreprises a
fait l'objet d'aménagements. L'aide à la mobilité a été modulée
selon la distance.
En outre, l'action en faveur de l'emploi s'est traduite, à partir
de 1998, par la détermination d'objectifs d'emplois jeunes (1.800 au
total) réalisés à plus de 80% ainsi que par la création et le développement
de cellules pour l'emploi dans 29 départements en 2000 (12 départements
étaient concernés en 1998) et le soutien de projets de développement intégrant
notamment des chantiers d'insertion. On rappellera que les cellules pour
l'emploi fonctionnent selon les modalités prévues pour les cabinets de
conversion. Elles sont rémunérées en fonction du travail effectué et du
nombre des reclassements réalisés. La durée de la première convention signée
entre l'Etat et l'organisme est de l'ordre d'un semestre, ce qui oblige un
traitement soutenu et un suivi rigoureux. La rémunération des cellules est
modulée en fonction des contrats signés, selon le barème suivant, en général :
152 euros, soit 1.000 francs par personne suivie ; 609.7 euros,
soit 4.000 francs pour un contrat à durée déterminée ; 1.524 euros,
soit 10.000 francs pour un contrat à durée indéterminée lié à une
convention emploi ; 3.048 euros, soit 20.000 francs, pour un
contrat à durée indéterminé sans convention emploi. Le coût moyen par
personne réinsérée est de 1.067 euros (7.000 francs).
Ce sont ainsi, selon la délégation aux rapatriés, 12.600
personnes qui ont été insérées ou réinsérées dans des emplois du secteur
marchand, dont 42% par contrat à durée indéterminée et 17% par des
formations qualifiantes permettant un accès direct à l'emploi. L'objectif que
s'était fixé le Gouvernement, à savoir ramener le taux de chômage de la
communauté au plus près de celui de la population aurait été atteint dans
plusieurs départements.
Dans l'ensemble, ce plan a eu des effets positifs, ainsi que
l'indique le tableau suivant :
|
|
|
|
BILAN 1998-2000 DES
MESURES EN FAVEUR DES RAPATRIÉS MUSULMANS |
|
|
Mesure |
Nombre de dossiers
acceptés |
|
Rente
viagère |
4.745 |
|
Aide
au conjoint survivant |
1.545 |
|
Aides
à l'habitat |
3.486 |
|
Insertions
sur le marché du travail |
12.600 |
|
Source :
Délégation aux rapatriés. |
|
D'une manière plus détaillée, le bilan des mesures prévues par
le plan en faveur des harkis, entre 1997 et 2000, est le suivant :
|
|
|
|
|
|
|
BILAN DU PLAN EN FAVEUR
DES HARKIS DE 1997 À 2000 |
||||
|
Secteurs |
Nombre de dossiers |
|||
|
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
|
|
Logement |
|
|
|
|
|
Acquisition |
170 |
177 |
128 |
108 |
|
Amélioration |
577 |
665 |
173 |
152 |
|
Réservation |
183 |
133 |
142 |
100 |
|
Aide au locataire |
0 |
0 |
499 |
869 |
|
Sous-total Logement |
930 |
975 |
942 |
1.229 |
|
Formation |
|
|
|
|
|
Formation initiale -
Bourses |
9.196 |
8.610 |
6.647 |
6.013 |
|
Formation professionnelle |
799 |
641 |
435 |
535 |
|
. Entrée dans la vie professionnelle |
34 |
16 |
32 |
62 |
|
. Contrat d'apprentissage |
31 |
6 |
35 |
11 |
|
. Permis poids lourds |
18 |
16 |
33 |
124 |
|
. Ecole de Dieppe |
10 |
0 |
4 |
3 |
|
. Ecoles de l'ONAC |
474 |
376 |
73 |
76 |
|
. Stages divers |
232 |
227 |
2458 |
259 |
|
Sous-total Formation |
9.995 |
9.251 |
7.082 |
6.548 |
|
Emploi |
|
|
|
|
|
Cellule pour l'emploi (a) |
|
|
|
|
|
Conventions emploi |
863 |
734 |
576 |
697 |
|
Création ou reprise d'entreprise |
348 |
333 |
308 |
140 |
|
Aides à la mobilité |
314 |
331 |
285 |
560 |
|
Sous-total Emploi |
1.525 |
1.398 |
1.169 |
1.397 |
|
Actions socioculturelles |
|
|
|
|
|
Actions de développement local |
|
|
12 |
18 |
|
CASEC |
19 |
12 |
17 |
12 |
|
Associations |
103 |
74 |
55 |
46 |
|
Sous-total Actions socioculturelles |
122 |
86 |
84 |
76 |
|
Total
|
12.572 |
11.710 |
9.277 |
9.250 |
|
(a) Insertions réalisées |
0 |
724 |
1.002 |
889 |
|
Source :
Délégation aux rapatriés. |
||||
Sur le plan financier, on constatera, à la lecture du tableau
suivant, que les dépenses correspondant aux mesures temporaires du plan en
faveur des harkis (à l'exclusion des allocations forfaitaires dites complémentaires,
de l'aide au conjoint survivant et des dépenses correspondant au statut de
victime de la captivité en Algérie) ont représenté, de 1995 à 2000, entre
17,074 millions d'euros (112 millions de francs) et 19,050 millions
d'euros (125 millions de francs) par an :
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
BILAN FINANCIER DU PLAN
EN FAVEUR DES HARKIS DE 1995 À 2000 (en euros) |
|
|||||||
|
|
|
Consommés |
||||||
|
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
|||
|
Logement |
|
|
|
|
|
|
||
|
Comadef |
458.109 |
113.575 |
103.351 |
1.981.837 |
2.866.042 |
1.172.260 |
||
|
Aide au locataire |
|
|
|
|
399.410 |
726.442 |
||
|
Acquisition |
2.652.613 |
2.681.791 |
2.073.888 |
2.162.992 |
1.559.497 |
1.319.692 |
||
|
Amélioration |
1.690.699 |
1.522.417 |
1.320.260 |
1.521.665 |
1.319.328 |
1.161.300 |
||
|
Réservation |
1.443.468 |
1.326.131 |
1.670.841 |
1.219.592 |
1.296.344 |
914.063 |
||
|
Sous-total |
6.244.889 |
5.643.913 |
5.168.340 |
6.886.086 |
7.440.620 |
5.293.756 |
||
|
Formation |
|
|
|
|
|
|
||
|
ONAC |
1.219.592 |
853.714 |
1.680.905 |
274.408 |
1.395.976 |
792.735 |
||
|
Bourses |
2.885.590 |
2.606.356 |
2.450.444 |
2.301.670 |
1.931.482 |
1.654.706 |
||
|
Appelés |
748.861 |
771.441 |
740.846 |
1.068.123 |
530.058 |
317.634 |
||
|
Contrats aidés |
66.708 |
52.299 |
51.138 |
18.476 |
49.719 |
42.073 |
||
|
Permis |
20.440 |
20.218 |
29.469 |
28.225 |
71.161 |
187.890 |
||
|
Ecoles |
157.641 |
140.558 |
136.480 |
143.051 |
76.045 |
31.557 |
||
|
Divers |
57.858 |
253.101 |
397.382 |
270.043 |
176.297 |
408.443 |
||
|
Sous-total |
5.156.690 |
4.697.688 |
5.486.665 |
4.103.996 |
4.230.737 |
3.435.038 |
||
|
Emploi |
|
|
|
|
|
|
||
|
Conventions |
3.741.912 |
3.571.899 |
3.367.074 |
3.553.856 |
3.714.957 |
3.160.492 |
||
|
Création entreprise |
2.286.670 |
2.066.306 |
2.100.098 |
2.276.695 |
1.523.311 |
1.658.151 |
||
|
Mobilité |
539.060 |
517.107 |
412.070 |
399.112 |
664.353 |
1.281.305 |
||
|
Cellules emploi |
|
|
|
171.200 |
690.257 |
1.393.897 |
||
|
Sous-total |
6.567.643 |
6.155.312 |
5.879.241 |
6.400.863 |
6.592.878 |
7.493.845 |
||
|
Socio-culturel |
|
|
|
|
|
|
||
|
CASEC |
255.561 |
242.972 |
300.219 |
195.722 |
268.094 |
185.454 |
||
|
Associations |
257.553 |
32.4828 |
314.437 |
224.625 |
167.356 |
139.701 |
||
|
Projets développement locaux |
|
|
17.160 |
|
248.641 |
374.664 |
||
|
Sous-total |
513.114 |
567.800 |
631.816 |
420.347 |
684.091 |
699.819 |
||
|
Autres |
314.241 |
9.532 |
324.702 |
386.264 |
102.034 |
186.280 |
||
|
TOTAL
DU PLAN |
18.796.577 |
17.074.245 |
17.490.764 |
18.197.556 |
19.050.360 |
17.108.739 |
||
|
Mesures
hors plan |
|
|
|
|
|
|
||
|
Mesures
pérennes |
3.203.048 |
3.383.958 |
3.088.637 |
2.746.260 |
2.546.646 |
2.638.585 |
||
|
Opérations ponctuelles
(acquis. Bias et Mas-Thibert) |
|
|
|
|
|
|
||
|
TOTAL
GÉNÉRAL |
21.999.625 |
20.458.203 |
2.117.386 |
20.943.816 |
21.597.005 |
25.204.998 |
||
|
Source :
Délégation aux rapatriés. |
||||||||
· Les modalités de la deuxième reconduction en 2001
et 2002 : une réduction de l'ampleur du plan, fondée sur la perspective
d'une entrée dans le droit commun le 1er janvier 2003
La diminution des crédits inscrits au chapitre 46-32 du budget
des rapatriés en 2001 a entraîné une diminution de l'ampleur du plan en
faveur des harkis, lors de sa deuxième reconduction, qui couvre les années
2001 et 2002.
Cette réduction de l'ampleur du plan ne concerne cependant pas
les mesures relatives au logement qui sont d'ordre législatif : l'aide à
l'accession à la propriété ; l'aide à l'amélioration de l'habitat,
pour la résidence principale ; l'aide au désendettement immobilier dans le
cadre de la procédure des COMADEF. L'article 115 de la loi de finances pour
2000 a reconduit ces dispositifs.
Pour les mesures d'ordre réglementaire, la circulaire
d'application du plan d'action en faveur des anciens membres des formations
supplétives et assimilés ou victimes de la captivité en Algérie et de leurs
familles, du 15 mai 2001, a prévu que l'engagement de l'Etat au cours des
années 2001 et 2002 se traduirait par « un adossement systématique
des mesures spécifiques sur celles de droit commun, en particulier dans le
domaine de l'emploi-formation. »
D'une manière concrète, les actions relatives au logement ainsi
qu'à l'emploi et à la formation ont été affectées.
S'agissant du logement, la convention liée à la réservation de
logements aux sociétés gestionnaires de logements sociaux a été supprimée.
Le principe du versement d'une somme forfaitaire, alors même que l'égalité
des droits est de droit en matière de logement, était contesté par les
associations et par le comité national de suivi. Sur ce point, la réduction du
format du plan en faveur des harkis n'appelle donc pas de critique.
En ce qui concerne l'emploi et la formation, le montant prévu
dans le cadre du dispositif de la convention emploi a été abaissé de 10.671 euros
(70.000 francs) à 3.048 euros (20.000 francs) et les critères
d'éligibilité ont été alignés sur ceux du droit commun, puisque la
convention en constitue un complément, comme c'est le cas pour les contrats de
formation en alternance, ou bien une suite, comme c'est le cas pour les
conventions de sortie d'un contrat aidé.
L'aide à la création d'entreprises a été réservée aux
personnes éligibles à l'aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs
d'entreprise (ACCRE). Elle complète le dispositif de droit commun par une somme
de 6.097 euros (40.000 francs). La circulaire prévoit qu'aucune
demande ne pourra être déposée après le 30 juin 2002.
S'agissant de l'aide à la mobilité, la circulaire a rétabli le
montant de 1.829 euros (12.000 francs) antérieur à 1999 et a supprimé
le cumul avec l'aide au locataire. Deux dates de suppression de la mesure sont
prévues, selon le cas, le 1er janvier 2002 pour les aides
liées à la formation et le 30 juin 2002 pour les aides à la mobilité
professionnelle.
Cette réduction de l'ampleur du plan en faveur des harkis, dont
il est trop tôt pour mesurer les effets, constitue les premiers signes d'une
extinction du plan, dont le Gouvernement prévoit qu'elle doit être
progressive. Les CASEC ou les cellules pour l'emploi ne pourront plus donner
lieu à conclusion ou à renouvellement après le 31 décembre 2001. La fin
des mesures d'aide à la mobilité et d'aide à la création d'entreprises est
également prévue pour l'année 2002, comme on vient de le voir. En ce qui
concerne les bourses, il est prévu que celles-ci ne seront plus en vigueur pour
l'année scolaire 2002-2003.
On peut s'interroger sur la pertinence d'une entrée dans le droit
commun dès le 31 décembre 2002.
b) La fin du plan en faveur des harkis au 31 décembre 2002
apparaît certainement prématurée
Lorsque l'on entend les demandes de prolongation du plan en faveur
des harkis ou de certaines mesures spécifiques de la part des associations, on
ne peut être que sceptique sur l'objectif affiché par la circulaire du 15 mai
2001, suivant laquelle l'entrée dans le droit commun est « définitivement
fixée au 1er janvier 2003 ».
Nul ne disconvient de ce que la réussite de la politique en
faveur des harkis et anciens supplétifs se manifestera par l'application du
droit commun. Certaines associations de harkis souhaitent d'ailleurs cette
application.
Néanmoins, il ne faudrait pas déduire du consensus sur cet
objectif que c'est cette entrée dans le droit commun qui apportera ipso
facto une solution définitive aux difficultés de cette communauté, cette
entrée fût-elle accompagnée, comme le prévoit le Gouvernement, d'une prise
en compte de la spécificité des difficultés des harkis dans les procédures
de droit commun ou de mentions spécifiques dans le cadre des contrats de plan
Etat-régions.
La réponse qui sera apportée à cette interrogation sur une éventuelle
prolongation du plan en faveur des harkis, sous une forme éventuellement adaptée
et renouvelée, après le 1er janvier 2003, est d'autant plus
importante que le Gouvernement a prévu de transférer à l'Office national des
anciens combattants (ONAC), à partir du 1er janvier 2002, la mission
de l'accueil des harkis pour les questions relatives à la rente viagère, aux
secours exceptionnels et à l'aide au conjoint survivant, afin de tenir compte
de la baisse des effectifs des personnels des préfectures et des conséquences
de la fin du service national, de nombreux appelés du contingent étant affectés,
jusqu'à cette année, à cette mission. Si les préfectures peuvent garder, à
titre temporaire et résiduel, certaines compétences, comme ce sera nécessairement
le cas en 2002 pour les mesures techniques du plan en faveur des harkis, la
logique et la simplicité commandent de transférer l'ensemble des compétences
relatives au harkis l'ONAC. Or, la direction de cet organisme estime qu'un
transfert de moyens devrait alors être prévu, dans le cas où ses compétences
seraient ainsi étendues au-delà des trois missions actuellement prévues, pour
les quelques départements où les ressortissants de la communauté harkie sont
nombreux.
Il est ainsi difficile de ne pas constater que le Gouvernement
fait l'impasse sur plusieurs questions essentielles.
Par ailleurs, dans un tout autre domaine, votre Rapporteur spécial
tient à rappeler que l'impossibilité constatée, en pratique, de bénéficier
des crédits du Fonds d'actions sociale (FAS), pour financer des actions en
faveur des harkis, n'est pas admissible. Cette impossibilité est même ubuesque
lorsque la demande émane de la délégation aux rapatriés, comme cela a été
le cas pour le camp de Bias.
Il convient de mettre fin sans délai à cette situation, car il
s'agit d'un fonds sur lequel le pouvoir de l'Etat doit s'exercer pleinement.
En l'espèce, en outre, il n'y aurait pas de meilleur symbole que
l'accès à ce fond, destiné à l'intégration, pour des actions en faveur des
rapatriés d'origine nord-africaine.
2.- L'amélioration
du dispositif de la rente viagère
S'agissant de la rente viagère, les associations de rapatriés
d'origine musulmane demandent la suppression de toute condition de ressources
ainsi que la revalorisation de son montant, actuellement fixé à 1.0372 euros
(9.000 francs) pour ceux qui la perçoivent à taux plein.
Une association souhaite également que les femmes de harkis bénéficient
de plein droit de cette prestation, en raison des préjudices subis en Algérie.
L'extension de la réversion de la rente viagère aux veuves qui n'ont pas opté
pour la nationalité française est également souhaitée.
La revalorisation de la rente viagère et la suppression de toute
condition de ressource pour son octroi s'imposent sans aucun doute.
On rappellera que la suppression de la condition de ressources
entraînerait, en 2002, un coût budgétaire de 4,4 millions d'euros, soit
29 millions de francs.
Suivant les informations communiquées à votre Rapporteur spécial,
cette mesure pourrait être inscrite dans le projet de loi de finances
rectificative pour 2001.
Celui-ci estime qu'elle devrait l'être dans la mesure où la
rente relève d'une logique de réparation des préjudices subis et que le
Gouvernement devrait également annoncer un plan de revalorisation de la rente,
dont le montant actuel, de 114,34 euros (750 francs) par mois, est des
plus modestes.
3.- La nécessité
de poursuivre et d'améliorer les opérations de réhabilitation des logements
situés dans des anciens sites d'accueil
a) Le bilan des opérations de Bias et de Mas-Thibert
· Le camp de Bias
La réalisation du plan règlement global du camp de Bias a permis
le transfert de propriété et la réhabilitation de logements habités par des
harkis. Ce site se divise en trois sections voisines : Cara, Astor et
Paloumet.
Avant ce plan, la propriété du site se répartissait entre la
commune de Bias, pour les deux premières parties, et la SA HLM de
Villeneuve-sur-Lot (devenue depuis la SA Habitat de la Vallée du Lot) pour la
dernière, qui avait réalisé ses logements en 1983.
En raison de la tension entre la société HLM et les rapatriés,
puisque la première avait engagé des procédures d'expulsion de ses locataires
pour impayés de loyers, un opérateur tiers a été chargé d'une opération de
portage du foncier dans l'attente de sa cession aux ayants droit. Il s'agit de
la Société nationale immobilière (SNI) (), une société d'économie
mixte détenue par l'Etat pour les trois-quarts de son capital et par la Caisse
des dépôts et consignations pour le quart restant.
En application du plan, plusieurs conventions ont été signées
et ont donné lieu à transferts financiers.
Une première convention conclue le 30 mai 1997 entre l'Etat
et la SNI a prévu :
- l'acquisition, par transfert de l'actif (terrains et
pavillons individuels) et du passif (emprunt PLA restant dû), par la SNI du
site de Paloumet (33 logements) auprès de la SA HLM de Villeneuve-sur-Lot
et l'achat au franc symbolique des terrains et constructions du site d'Astor (22
logements) à la commune de Bias ;
- le morcellement du site (découpage en parcelles
individuelles) ainsi que la pose de compteurs individuels par les soins de la
SNI ;
- la cession aux ayants-droit des logements, en contrepartie
de la perception des aides aux logements dont ces derniers pourraient bénéficier,
à savoir l'aide à l'acquisition d'un logement, d'un montant 80.000 francs
(12.195 euros), prévue par la loi de 1994 en faveur des harkis.
Cette convention est échue le 9 juillet 1999. Elle n'a pas
été réalisée, entre autres, à cause de la non-réalisation des travaux de
remise aux normes d'habitabilité, dont la nécessité a été constatée par un
cabinet spécialisé, la SOCOTECH.
Une deuxième convention, conclue le 12 mai 2000 entre l'Etat et
la SNI, a repris les dispositions de la convention précédente et a, en outre,
prévu que la SNI opérerait des travaux de mise aux normes d'habitabilité.
Ces deux conventions ont entraîné les charges suivantes pour la
SNI, qui en facture ensuite le remboursement à la délégation aux rapatriés :
- une somme de 11,855 millions de francs (1,81 million
d'euros) correspondant au remboursement, le 9 août 2001, par la SNI, du prêt
PLA antérieurement conclu entre la SA HLM et la Caisse des dépôts, à raison
de 9,904 millions de francs (1,51 million d'euros) pour le capital
restant dû et de 1,95 millions de francs (0,30 million d'euros) pour
les intérêts compensateurs. Ce remboursement anticipé a été financé grâce
à plusieurs subventions de la délégation aux rapatriés, pour un montant
global de 9 millions de francs (1,37 million d'euros) ainsi que par la
perception par la SNI des aides à l'acquisition d'un logement prévues par la
loi de 1994, pour un total de 2,8 millions de francs (0,43 million d'euros)
à raison de 80.000 francs (12.195 euros) pour chacun des foyers
concernés ;
- une somme de 7,010 millions de francs (1,07 million
d'euros) pour les travaux de remise aux normes des maisons des sites de Paloumet
et Astor ;
- des frais de structure, pour un montant de 1,9 million
de francs (0,29 million d'euros). Ces frais ont été calculés selon des
modalités annexées aux conventions et correspondent au temps passé à la
gestion du dossier ainsi qu'à la conception et à l'organisation des travaux
par le personnel de la société.
Si l'on ajoute les autres frais (frais d'actes, déplacements,
frais financiers - on observera notamment des frais financiers pour un
montant de 280.000 francs, soit 42.685,72 euros), le coût total de
l'opération s'élève à 22,226 millions de francs (3,39 millions d'euros)
pour la partie afférente à la SNI.
Pour ce qui est des relations entre l'Etat et la SA HLM, une première
convention du 16 mai 1997, conclue par l'Etat et la SA HLM de
Villeneuve-sur-Lot, a prévu le versement par l'Etat, en application d'un
protocole d'accord du 29 janvier 1996, des sommes suivantes :
- 2,22 millions de francs (0,34 million d'euros), au
titre de l'indemnisation, pour solde de tout compte, représentant les loyers
impayés (l'indemnisation d'un montant initial de 2,1 millions de francs
(0,32 million d'euros) fixée en 1996 a été majorée d'une somme
forfaitaire de 120.000 francs [18.293 euros] en 1997). La SA HLM a
informé votre Rapporteur spécial que la somme de 2,1 millions de francs
(0,32 million d'euros) correspond à 50% des loyers perdus depuis la mise
en service des logements en 1983 ;
- 70.000 francs (10.671 euros) au titre de certains
frais de procédure ;
- 3,358 millions de francs (0,51 million d'euros), au
titre de l'indemnité de compensation du déficit d'exploitation de la cité
Paloumet dans les livres de la SA HLM de Villeneuve-sur-Lot, jusqu'à la vente
de celle-ci à la SNI. Cette indemnité, mensuelle, s'est élevée à 73.000 francs
(11.128,78 euros) par mois. Elle a été, selon la délégation aux rapatriés,
destinée à compenser l'absence de paiement des loyers par les occupants.
Dans l'ensemble, un total de 5,648 millions de francs (0,86 million
d'euros) a été ainsi versé par l'Etat à la SA HLM, selon les informations
communiquées à votre Rapporteur spécial, au titre de la convention de 1997.
Une somme complémentaire de 524.000 francs (79.883 euros) serait en
cours de règlement.
Le coût global de la première convention entre l'Etat et la SA
HLM s'établirait ainsi à 6,188 millions de francs (0,94 million d'euros).
La deuxième convention, conclue le 12 mai 2000, a prévu le
rachat par la SA HLM, au franc symbolique, de cinq logements occupés par des
familles n'ayant pas droit au régime spécifique d'accession à la propriété,
situés à Paloumet, et qui doivent être cédés, au fur et à mesure de leur
libération, à des ayants droit. Les personnes qui occupent actuellement ces
logements devraient bénéficier de propositions de relogements et d'emplois.
Le coût définitif de cette convention, dont le coût prévisionnel maximal s'établit à 1,17 million de francs (0,18 million d'euros) pour l'Etat, n'est pas encore connu. Cette convention n'a en effet pas encore été engagée.
L'opération du règlement global du camp de Bias était nécessaire
et justifiée. Néanmoins, à bien des égards, elle est caractéristique des
insuffisances des actions en faveur des rapatriés.
En premier lieu, elle s'avère coûteuse, puisque l'on totalise
une somme 22,226 millions de francs (3,39 millions d'euros) pour la
SNI, qui, même si elle n'est pas totalement réglée à cette société, sera
à la charge de l'Etat, son actionnaire principal, et une somme de 6,188 millions
de francs (0,94 million d'euros) versée à la SA HLM, soit 28,41 millions
de francs (4,33 millions d'euros) au total. Une somme de 1,17 million
de francs (0,18 million d'euros) versée à la SA HLM peut venir
s'ajouter à ce total, ce qui porterait le coût de l'opération à 29,584 millions
de francs (4,51 millions d'euros).
En moyenne, cela représente ainsi, pour 55 logements,
puisque les immeubles de Cara sont tous détruits, 537.000 francs
(81.865,12 euros) par logement.
Ce coût n'est pas en rapport avec le résultat final.
Il a été, en effet, fortement majoré par le manque de réaction
de l'Etat.
C'est après dix ans de relations conflictuelles entre un bailleur
et ses locataires, seulement, que la solution, de bon sens, d'un transfert de
propriété accompagné d'une opération de réhabilitation du bâti, a été
envisagée.
L'opération a duré longtemps, puisque les dernières opérations
sont intervenues en 2001, alors que le plan de règlement global date de 1996.
Le choix d'un opérateur qui n'avait pas d'implantation sur place, a majoré les
frais de structure.
Ceux-ci se sont établis à 1,9 million de francs (0,29 million
d'euros), mais comme l'a indiqué à votre Rapporteur spécial le président de
la SNI, M. André Yché, contrôleur général des armées, le niveau de
ces frais a été augmenté par la durée exceptionnelle de l'opération,
puisque, dans un environnement courant, celle-ci n'aurait pas excédé un an,
par la nécessité de mettre en place une équipe entièrement dédiée à l'opération,
à Limoges, même si cette équipe a été rapidement ramenée à l'effectif
minimal, c'est-à-dire un cadre supérieur, et par la complexité, rare, du
dossier. Le président de la SNI estime d'ailleurs que cette société
n'obtiendra pas in fine la prise en charge de tous les coûts
directs ou indirects qu'elle aura dû supporter.
Le transfert de propriété entre la SA HLM et la SNI s'est
traduit par le versement d'indemnisations importantes, sur lesquelles il est
clair que l'Etat avait d'autant moins de prise que la SA HLM détenait, avec la
propriété du site de Paloumet, la clef de la solution du problème.
En deuxième lieu, la population concernée n'a pas été
totalement satisfaite. En effet, les travaux de remise aux normes d'habitabilité
ont été à certains égard, chichement mesurés. Les revêtements extérieurs
des maisons ont été effectués, mais pas ceux des garages ce qui donne à ce
qui pourrait être une cité coquette, l'aspect d'un chantier inachevé, pour le
moins malvenu, comme a pu le constater votre Rapporteur spécial, lors de sa
mission sur place, le 11 juillet dernier.
Il appartient à l'Etat d'être irréprochable lorsqu'il s'engage
dans des opérations de ce type.
Fort heureusement, il a été précisé à votre Rapporteur spécial
que cette situation serait corrigée à la suite de ses observations et que les
travaux de revêtement seraient réalisés.
S'agissant de Bias, on observera d'ailleurs, a contrario,
que les opérations en faveur de l'emploi, menées au plan local, ont donné des
résultats satisfaisants.
· Le Mas-Thibert
S'agissant du Mas-Thibert, la SA d'HLM Logirem, dont le siège est
situé à Marseille, a réalisé pour le compte de l'Etat une opération pour
permettre l'accession à la propriété de 27 foyers de rapatriés d'origine
musulmane (27 logements permettant le relogement de 152 personnes).
Au total, le coût de l'opération s'élève à 14,2 millions
de francs (2,16 millions d'euros).
Une somme de 12,3 millions de francs (1,88 million d'euros),
à la charge de l'Etat représente l'indemnité versée à la Logirem au titre
des loyers impayés, du versement des aides à l'accession à la propriété
prévues par le plan harkis de la loi de 1994 (aide de 80.000 francs
[12.195 euros] par foyer, ce qui revient en pratique, pour les habitants,
à un coût d'acquisition de 80.000 francs par logement), du solde des
prêts PLA en cours sur les 27 logements dont la propriété est
transférée (10,468 millions de francs, soit 1,60 million d'euros),
des frais de structure, de l'expertise immobilière et du bornage, ainsi que des
frais de notaire.
Il faut y ajouter ce qui concerne la réhabilitation, environ
1,9 million de francs (0,29 million d'euros), à la charge
d'intervenants autres que l'Etat, à raison d'une somme de 200.000 francs
(30.489 euros) payée par la Logirem, d'une somme de 800.000 francs
(121.959 euros) versée par le Conseil régional de la région
Provence-Alpes-Côtes-d'Azur et d'une somme de près de 900.000 francs
(137.204 euros) versée par le Conseil général des Bouches-du-Rhône.
b) La faculté de réaliser d'autres projets
Les sites de Mas-Thibert et de Bias ne sont pas les seuls sites
d'accueil de rapatriés d'origine nord-africaine. D'autres opérations de
réhabilitation de logements seraient envisagées, sur d'autres sites.
Que ces opérations concernent des logements locatifs, des
logements destinés à être cédés aux harkis ou des logements dont les
occupants sont propriétaires, elles sont fort utiles et tout à fait
justifiées dès lors qu'elles interviennent dans des conditions qui n'appellent
pas de contestation.
4.- La
poursuite de l'effort de mémoire et de vérité commencé lors de la Journée
d'hommage national du 25 septembre 2001
Une demande exprimée d'une manière très générale par les
associations de harkis relève pour la France du devoir de reconnaissance. Il
s'agit de la pérennisation de la journée du 25 septembre 2001, qui
rappellerait ainsi chaque année la place et l'importance de ceux qui ont fait
le choix de la France, de ses couleurs, de ses valeurs et de la République, et
devrait s'accompagner d'une démarche de vérité historique. La nécessité
d'accéder à ce souhait est indiscutable, de manière que l'oubli ne recouvre
pas la mort, le désarroi et la souffrance. C'est une question d'honneur et de
fidélité pour la France.
Le bilan de la Journée nationale d'hommage national aux forces
supplétives ou assimilées ayant servi en Algérie, qui s'est traduite par
l'apposition de 28 plaques commémoratives dans 22 départements, dont
Paris, est très positif.
Dans le tableau qui suit, on observera que les sites les plus
marquant de l'histoire immédiate des rapatriés musulmans ont été
retenus : Rivesaltes, le camp de Bias, le Mas-Thibert, mais aussi les
Invalides.
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|
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SITES RETENUS POUR L'APPOSITION
DES PLAQUES COMMÉMORATIVES (Journée d'hommage
national aux forces supplétives ou assimilées ayant servi en Algérie
- |
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1.
Alpes -Maritimes |
Un
hameau forestier (sur les 5 implantés dans le département) |
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2.
Bas-Rhin |
Strasbourg |
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3.
Bouches-du-Rhône |
Mas-Thibert |
|
4. Cher |
Bourges
(stèle dédiée aux Harkis) |
|
5.
Doubs |
Besançon
(Coq du monument d'El Achour) |
|
6.
Drôme |
Valence
(monument dédié aux Harkis) |
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7.
Eure |
Louviers
(salle des plaques à la mairie) |
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8.
Gard |
Camp
de Saint-Maurice-l'Ardoise |
|
9.
Gironde |
Bordeaux
(monument rapatrié de Bougie) |
|
10.
Haute-Garonne |
Toulouse
(monument de Philippeville) |
|
11.
Haute-Savoie |
Sur
futur monument AFN départemental inauguré en 2002 |
|
12.
Hérault |
1° Cournonterral
(monument d'Aïn-el-Turk ; |
|
13.
Indre-et-Loire |
Amboise
(monument de la commune mixte d'Arris) |
|
14.
Lot-et-Garonne |
Camp
de Bias |
|
15.
Morbihan |
Calmon
(monument aux Harkis) |
|
16.
Nord |
Lille |
|
17.
Pyrénées-Orientales |
1° Port-Vendres
(monument de Sidi-Ferruch) ; |
|
18.
Rhône |
Lyon 2° Monument
rapatriés d'Oran. |
|
19.
Seine-Maritime |
Rouen
(monument aux morts) |
|
20.
Var |
1° Saint-Aygulf
(monument rapatrié de Tlemcem) ; |
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21.
Yonne |
Auxerre |
|
Source :
Délégation aux Rapatriés. |
|
A Paris, la cérémonie des Invalides a été suivie par une
réception à l'Elysée, où le discours du Président de la République, a
été apprécié pour son esprit sincère de reconnaissance, sa chaleur et son
humanité, et par une réception de la ministre de l'emploi et de solidarité.
Cette journée est l'acte de reconnaissance nationale de la
part des plus hautes autorités de la République, tant attendu par les harkis
et les anciens supplétifs et assimilés.
L'article premier de la loi du 11 juin 1994, qui a apporté un
premier témoignage officiel de la reconnaissance de la France, a été, enfin,
inscrit dans la pierre et le « marbre » de la République :
« La République française témoigne de sa
reconnaissance envers les rapatriés anciens membres des formations supplétives
et assimilés ou victimes de la captivité en Algérie pour les sacrifices
qu'ils ont consentis ».
Dans un autre domaine, force est de reconnaître que les anciens
supplétifs et assimilés se sont sentis bien seuls, après les propos tenus par
le Chef de l'Etat algérien, lors de sa visite en France, au printemps 2000.
Le Rapporteur spécial des crédits des rapatriés,
M. Francis Delattre, a certes souhaité un témoignage en faveur des harkis
alors que le Chef de l'Etat algérien n'avait pas souhaité manifester « la
générosité propre aux grands hommes d'Etat, ni même se départir de la
conception très personnelle qu'il a de la réserve qui sied à toute
manifestation diplomatique », selon ses propres termes (cf.
Rapport n° 2624, annexe 21, projet de loi de finances pour 2001), et le
Président de la République a, pour sa part, indiqué, lors de la journée du
25 septembre, dans son discours au Palais de l'Elysée qu'il comprenait
l'amertume provoquée par certains propos. Mais, le Gouvernement, ni même aucun
de ses membres, n'a fait de déclaration.
Aussi votre Rapporteur spécial souhaite-t-il également
témoigner de toute sa gratitude aux membres de la communauté harkie et aux
anciens supplétifs, pour les immenses sacrifices qu'elle a consentis, et
tient-il à lui exprimer son soutien et sa plus profonde fidélité à une
époque où ceux qui gouvernent la terre dont elle est issue ne souhaitent, pour
des raisons que l'on est obligé de considérer comme peu dignes d'intérêt,
panser les blessures et les déchirements de l'Histoire, après un demi-siècle.
Enfin, un important effort de Mémoire et de vérité historique
doit être fait. Il est inconcevable que les harkis soient oubliés et que leur
histoire, qui est une page de l'histoire de notre pays, certes peu glorieuse à
biens des égards, soit enfouie dans quelque repli des travaux des historiens.
5.- L'approfondissement
du dialogue et de la politique en faveur des rapatriés d'origine nord-africaine
Le renforcement des actions en faveur des rapatriés d'origine
nord-africaine s'avère nécessaire, dès lors que l'objectif de toute politique
en faveur de cette communauté est de réussir une intégration qui n'a pas
été réalisée suffisamment tôt. Ce renforcement passe nécessairement par le
développement du dialogue et de la concertation. Les associations ont en effet
d'importantes revendications à formuler.
En ce qui concerne la réparation des préjudices subis, certaines
d'entre elles souhaitent porter le montant de l'indemnisation en capital à
500.000 francs (76.224,51 euros), ce qui impliquerait le versement
d'une somme de 330.000 francs (50.308,18 euros) en complément des
170.000 francs (25.916,33 euros) déjà versés (à raison de
l'allocation forfaitaire de 60.000 francs [9.146,94 euros] au titre de
la loi de 1987 et de l'allocation dite « complémentaire » de
110.000 francs [16.769,39 euros] au titre de la loi de 1994), afin de
permettre à chacun de détenir un logement.
Des associations demandent également l'absence totale de
forclusion pour les procédures d'indemnisation. Les demandes sont, en effet,
forcloses depuis le 31 décembre 1997 pour l'allocation forfaitaire prévue
par la loi de 1987.
En ce qui concerne les rapatriés de la deuxième génération, si
une association a fait part à votre Rapporteur spécial de la demande du
versement d'une somme de 200.000 francs (30.489,80 euros) pour chaque
enfant né en Algérie, au titre de l'indemnisation des préjudices qu'il a
subis, les demandes concernent essentiellement le logement, l'accès à
l'emploi, avec notamment la question, quelquefois évoquée, d'un accès
préférentiel aux emplois publics, et les bourses.
Cette revendication s'exprime parfois, d'une manière générale,
sous la forme de la demande d'une nouvelle prolongation du plan harki, et
parfois sous la forme de demandes plus spécifiques.
L'idée la plus novatrice est, certainement, celle de la création
d'une fondation, qui _uvrerait en faveur des descendants de harkis à partir des
produits d'une dotation calculée sur la base du montant total des
indemnisations versées à l'ensemble des rapatriés.
Le dialogue avec la communauté harkie est d'autant plus
nécessaire qu'il convient d'éviter que ne s'installe l'incompréhension et
l'indifférence, et que ne puisse se développer à terme des comportements
radicaux.
A cet égard, le fait que certaines associations harkis aient
déposé une plainte avec constitution de partie civile, pour crime contre
l'humanité, est le signe d'un malaise persistant dont il convient de combattre
les causes, et non pas seulement les effets.
Elle rappelle à chacun de ceux qui ont à connaître de la
politique en faveur des rapatriés d'origine nord-africaine, que leurs
problèmes ont une importance qui interdit de « surfer » sur eux, et
exigent d'être réellement réglés.
A cet égard, votre Rapporteur spécial regrette que la
proposition de résolution (n° 1879) présentée par MM. François
Goulard, Alain Madelin et José Rossi, tendant à la création d'une commission
d'enquête sur la situation actuelle des harkis en France et, plus
particulièrement, leurs enfants, rejetée par la commission des affaires
culturelles, familiales et sociales, le 8 décembre 1999, n'ait pas eu la suite
qu'elle eût très certainement méritée.
Cela aurait permis confirmer que la politique en faveur des harkis
est une succession de lourdes erreurs.
Les harkis ont cru à la parole de la France dont les dirigeants
déclaraient qu'elle se maintiendrait en Algérie. Ils n'ont pas été repliés
en métropole malgré les menaces qui pesaient sur eux, ce qui fait que nombre
d'entre eux, ainsi que des membres de leurs familles, ont été massacrés. La
directive aux armées, « très secrète », du 12 mai 1962, de
Louis Joxe, ministre d'Etat aux affaires algériennes, menaçant de sanctions
les militaires français qui organiseraient le repli en métropole de leurs
alliés musulmans « en dehors du plan général de rapatriement »,
qui n'existait que sur le papier, et ordonnant le renvoi en Algérie des
supplétifs débarqués en France, a lourdement pesé.
Ceux qui sont venus en France ont dû attendre 1974, et plus
précisément la promulgation de la loi donnant vocation à la qualité de
combattant aux personnes ayant participé aux opérations effectuées en Afrique
du Nord entre le 1er janvier 1952 et le 2 juillet
1962, pour bénéficier des avantages liés à la qualité d'anciens combattant,
notamment des pensions d'invalidité. Tout aurait pourtant été beaucoup plus
simple si la qualité d'anciens combattants avait été reconnue plus tôt,
permettant l'accès à des emplois réservés, ou bien si un plus grand nombre
de harkis avait été intégré dans l'armée française.
L'exemple des harkis installés en Allemagne avec les forces
françaises stationnées en République fédérale est là pour nous le prouver.
La première génération a eu un emploi et a bénéficié de conditions
matérielles correctes. La deuxième génération a un taux de réussite
scolaire tout à fait appréciable.
Enfin, il a fallu attendre les lois de 1987 et de 1994 pour que
des indemnisations et des mesures spécifiques soient prévues en faveur des
harkis. Même si le geste est apprécié, force est de constater qu'il est venu
bien tard.
6.- La
« décristallisation » des retraites et pensions perçues par
certains harkis en qualité d'anciens combattants
Lors des auditions qu'il a menées dans le cadre des travaux
préparatoires au présent rapport, votre Rapporteur spécial a pu observer que
les retraites et pensions perçues par certains harkis en qualité d'anciens
combattants étaient cristallisées, dès lors que ceux-ci n'avaient pas opté
pour la nationalité française ou avaient opté pour celle-ci trop tardivement.
De toute évidence, la suppression de cette
« cristallisation », qui concerne un très petit nombre de
personnes, mais serait éminemment symbolique à tous les égards, s'impose.
B.- LES
LENTEURS DU TRAITEMENT DES DOSSIERS ADRESSÉS À LA COMMISSION NATIONALE DE
DÉSENDETTEMENT DES RAPATRIÉS RÉINSTALLÉS DANS UNE PROFESSION NON SALARIÉE
1.- Le
dispositif de désendettement
Afin de résoudre, selon un dispositif similaire à celui des
CODAIR, les difficultés économiques et financières des rapatriés
réinstallés ou ayant cédé leur exploitation, le décret n° 99-469 du
4 juin 1999 relatif au désendettement des rapatriés réinstallés dans
une profession non salariée, a mis en place un nouveau dispositif d'aide aux
rapatriés, reposant sur la création de la Commission nationale de
désendettement des rapatriés réinstallés dans une profession non salariée (CNDRR).
L'objectif de cette procédure est d'abord de permettre aux
quelques centaines de dossiers qui n'ont pu être examinées par les CODAIR de
bénéficier d'une mesure similaire, et de résoudre ainsi les difficultés
imputables aux mauvaises conditions de la réinstallation dans les années 1960.
La CNDRR est présidée par un magistrat de la Cour des comptes et
comprend, en outre, un représentant du ministre chargé des rapatriés, le
préfet du département où est déposée la demande d'admission ou son
représentant et une représentation des rapatriés désignée par le ministre.
Le champ est plus large que celui des CODAIR. En effet, la
procédure concerne non seulement les rapatriés réinstallés en activité ou
ayant cédé leur exploitation, leurs héritiers ou leurs légataires, mais
également, en application de l'article 2 du décret, les pupilles de la Nation,
les orphelins de père et de mère en raison des événements ayant précédé
le rapatriement, les orphelins ayant repris l'entreprise d'un grand-parent, de
même que les personnes dont le père ou la mère exerçant une profession
non-salariée n'a pu se réinstaller en raison de son décès intervenu dans la
période de cinq ans suivant le rapatriement.
En outre, on observera que les dossiers déclarés éligibles au
précédent dispositif organisé dans le cadre des CODAIR, mais qui n'ont pas
fait l'objet d'une décision, sont également éligibles au nouveau dispositif
(article 13 du décret) et que les personnes ayant bénéficié de cette
procédure peuvent, à titre dérogatoire, bénéficier de la nouvelle
procédure (article 6 du décret).
La commission se prononce sur la recevabilité et l'éligibilité
des dossiers, examine les plans d'apurement des dettes et, si cela s'avère
nécessaire, soumet à la décision du Délégué aux rapatriés l'octroi d'une
aide exceptionnelle de l'Etat d'un montant maximum de 500.000 francs
(76.225 euros) dans la limite de 50% du passif.
Ces limites peuvent cependant être dépassées, à titre exceptionnel, lorsque le règlement du dossier le nécessite. Cette faculté de dérogation est appréciable, la règle selon laquelle l'aide de l'Etat ne peut excéder 500.000 francs (76.225 euros) ou 50% de l'aide versée devant vraisemblablement faire l'objet d'une application pragmatique, compte tenu de ce que les dossiers qui relèvent de la commission nationale sont les dossiers les plus difficiles et pour lesquels les passifs sont souvent très élevés...
La deuxième phrase de l'article 5 du décret précité a prévu
une forclusion au 31 juillet 1999.
2.- Le rythme
d'examen des dossiers : un deuxième bilan aussi décevant que le premier
Un total de 2.049 dossiers déposés auprès des préfectures
ou directement auprès de la délégation aux rapatriés, doit être examiné
par la commission.
Ce nombre se décompose de la manière suivante : 127
dossiers repris en application de l'article 13 du décret précité du 4 juillet
1999 (demandes qui, bien que reconnues éligibles par une CODAIR, n'ont pas été
traitées dans le cadre de la procédure précédente et sont, en conséquence,
considérées comme éligibles dans le cadre de la nouvelle procédure) ;
160 demandes dites dérogatoires, au titre de l'article 6 du décret
(demande de financement complémentaire pour les rapatriés ayant déjà obtenu
une aide de l'Etat accordée dans le cadre de la procédure des CODAIR) ;
1.762 nouvelles demandes.
Le rythme de traitement des dossiers apparaît beaucoup trop lent,
comme
l'indiquent les éléments chiffrés mentionnés ci-après, qui correspondent à
la situation au 31 octobre 2001.
|
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ACTIVITÉ DE LA
COMMISSION NATIONALE DU 15 OCTOBRE 1999 AU 31 OCTOBRE 2001 INCLUS |
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Dossiers |
Désistement |
Dérogations rejetées |
Dérogations Acceptées |
Eligibilité reconnue ou |
Rejet d'éligibilité |
Total des dossiers
examinés en 1ère phase |
Plans d'apurement passés
en commissions |
|
Dossiers
repris en application de l'article 13 du décret |
|
|
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|
|
|
|
Dossiers de
dérogation déposés |
160 |
35 |
33 |
92 |
(89) |
|
160 |
4 |
|
Nouvelles
demandes |
1.762 |
354 |
|
|
69 |
54 |
477 |
10 |
|
Total
|
2.049 |
389 |
33 |
92 |
285 |
54 |
764 |
56 |
|
Source :
Délégation aux rapatriés. |
||||||||
En effet, depuis octobre 1999, la commission a statué sur
l'admission au dispositif de 764 dossiers, soit un peu plus des deux-cinquièmes
- la note de présentation a annoncé un total de 858 dossiers examinés au
titre de l'éligibilité, mais les éléments communiqués le 31 octobre à
votre Rapporteur spécial ont permis de détecter un double compte dont il
convient de corriger les effets. Un an auparavant, on en était à 590 dossiers,
soit un peu plus du quart.
On constate donc que, pour ce qui est de l'éligibilité, seuls
174 dossiers ont été examinés cette année. Comme il reste encore 1.285
demandes nouvelles dont il convient d'examiner l'éligibilité, faut-il en
conclure que la commission aura statué sur l'admissibilité de tous les
dossiers dans seulement sept ans ?
En outre, on peut juger que cette évaluation donne une image très
optimiste du rythme de travail de la Commission, puisque plus de la moitié des
dossiers a fait l'objet d'un désistement ou d'une forclusion (389 sur 764).
Le nombre des dossiers effectivement examinés a ainsi été de
375, dont 285 cas d'éligibilité reconnue ou confirmée (parmi lesquelles
92 dossiers ont également donné lieu à décisions acceptant une dérogation),
54 décisions de rejet d'éligibilité, et 33 rejets de demandes de dérogation.
Comme sur ces 375 dossiers, 127 dossiers ont été repris de la
procédure des CODAIR, le nombre des dossiers effectivement examinés au titre
de l'éligibilité a été de 248 en deux ans.
Ce même constat de lenteur excessive se retrouve au niveau des
plans d'apurement. Seuls 56 plans d'apurement avaient été examinés par
la commission au 31 octobre dernier, contre 11 un an auparavant, soit 45 en
un an.
A ce rythme, s'il y a encore comme certains observateurs le
pensent encore 550 plans d'apurement à examiner, il faudra onze ans à la
Commission pour venir à bout de la tâche qui lui a été confiée.
En outre, sur les 55 plans d'apurement examinés par la commission
au 30 septembre dernier, 22 d'entre eux avaient fait l'objet d'un report
pour complément. Ce sont seulement 33 plans d'apurement qui avaient pu être
mis en application à cette date, ce qui engage 2,8 millions d'euros (18,4 millions
de francs), soit 84.850 euros (556.000 francs), en moyenne, par
dossier.
Ces aides sont en cours de paiement, mais deux plans seraient
encore en instance devant le contrôle financier, dans l'attente de pièces
complémentaires. Le fond du problème est de savoir si le décret de juillet
1999 est ou non respecté puisque le dépassement du plafond de 500.000 francs
(76.225 euros) pour l'aide de l'Etat, qui devait rester exceptionnel,
semble devenir la norme...
Suivant les informations communiquées à votre Rapporteur spécial,
le règlement de 17 des 33 dossiers précédemment évoqués, s'accompagne d'une
aide de l'Etat supérieure à 76.225 euros (500.000 francs), dont 4 bénéficient
d'une aide supérieure à 152.450 euros (1 million de francs).
Certes, les difficultés pratiques auxquelles se heurte le règlement
de ces dossiers de désendettement sont importantes, mais on ne peut que
constater, avec regret, que le Gouvernement n'a réagi que fort tard face à une
situation de goulet d'étranglement, en doublant l'effectif de fonctionnaires de
cadre A affecté à ces dossiers, porté de deux à quatre, cet été seulement,
en prévoyant maintenant, et non antérieurement, d'instituer un deuxième président
pour que la commission siège plus souvent - elle ne tient qu'une séance par
mois actuellement - et de conférer au délégué aux rapatriés la compétence
d'un ordonnateur principal, ainsi qu'en envisageant cet automne, et non l'année
dernière, une modification du dispositif de 1999, pour que l'aide de l'Etat
soit acquise d'emblée à raison de 50% du passif déclaré éligible par la
commission dans la limite de 0,23 million d'euros (1,5 million de
francs). Cette proposition n'a d'ailleurs pas été retenue, en définitive.
Ce retard dans les réactions du Gouvernement est d'autant plus
dommageable que si les poursuites des créanciers sont suspendues vis-à-vis des
rapatriés et de leurs cautions, les intérêts n'en continuent pas moins de
courir ce qui augmente l'effort financier exigé de chacune des parties par le
plan d'apurement...
C'est sur cette base que le Gouvernement fixe un objectif de 200 plans
d'apurement par an.
Cet objectif apparaît trop ambitieux, et même très peu réaliste,
et cela d'autant plus que, comme on l'a vu, les crédits prévus pour financer
les aides de l'Etat ne sont pas, pour l'instant, suffisants pour l'atteindre et
que l'article 21 quater du projet de loi de modernisation
sociale, encore en cours d'examen devant le Parlement, prévoit une levée de
forclusion qui devrait entraîner le dépôt de 600 dossiers supplémentaires,
dont une certaine proportion implique le versement d'une aide financière de l'Etat.
En outre, on peut se demander si les améliorations tardives
auxquelles il a été consenti permettront réellement de ranimer le
fonctionnement de la commission, le fond du problème étant, sans doute, celui
de la qualité de l'impulsion donnée à l'administration en charge des rapatriés.
Au surplus, cette lenteur dans le règlement des dossiers de
surendettement professionnel des rapatriés réinstallés dans une profession
non salariée est d'autant plus dommageable que l'environnement juridique de
l'aide au désendettement a été très sensiblement amélioré à deux points
de vue, en grande partie grâce à des initiatives parlementaires :
- d'une part, le dispositif de suspension des poursuites (),
mis en place depuis 1989, et dont l'objectif est d'attendre que soit réglée la
question du surendettement dans le cadre des procédures précédemment mentionnées,
prorogé et amélioré à plusieurs reprises, a été étendu aux dettes
fiscales, par l'article 21 de la loi de finances rectificative pour 1999,
dans des conditions favorables, avec un gel de l'intérêt de retard et la
suppression de toute pénalité de retard de paiement due à l'application de
cette suspension. Ce dispositif a même été encore amélioré par l'article 62
de la deuxième loi de finances rectificative pour 2000 ;
- d'autre part, le traitement fiscal de l'aide au désendettement
a été clarifié. Cette aide n'est plus nécessairement rapportée au revenu
imposable du non salarié, comme le prévoit l'instruction du 29 décembre 1999
(13 S-1-00, Bulletin officiel des impôts n° 3 du 5 janvier
2000), et le montant de l'impôt à acquitter ne replace ainsi plus
automatiquement l'exploitation du rapatrié dans une situation financière
difficile.
Cette instruction prévoit, par ailleurs, la désignation d'un
correspondant fiscal aux rapatriés, au sein de chaque direction des services
fiscaux concernée.
Enfin, et cette critique n'est pas la moindre, il semblerait que
de nombreux rapatriés et mandataires aient dès la publication du décret, en
1999, commencé à étudier les possibilités d'établir des plans d'apurement
avec les créanciers, or, plus les délais seront longs, plus cet important
travail préliminaire aura été inutile.
Ainsi, le premier constat établi l'an dernier, sur le
fonctionnement de la Commission nationale de désendettement, dont la création
a suscité beaucoup d'espoir, était décevant, celui établi cette année par
votre Rapporteur spécial ne l'est pas moins.
C.- LES
QUESTIONS QUI N'ONT PAS ENCORE ÉTÉ RÉGLÉES
Certaines associations représentant les rapatriés souhaitent une
quatrième, et ultime, loi d'indemnisation, considérant que les montants perçus
en application de la loi de 1970, de la loi de 1978 et de la loi de 1987, qui s'élèvent
à 8,43 milliards d'euros (55,289 milliards de francs), soit 1,74 milliards d'euros
(11,4 milliards de francs) 1962, ne couvrent par l'ensemble du préjudice.
Ce dernier est estimé par elles à 100 milliards de francs, en capital. Un
recours auprès de la Cour européenne des Droits de l'Homme a même été évoqué.
Une nouvelle loi d'indemnisation, dont le montant pourrait se
compter en dizaines de milliards de francs, ne peut raisonnablement être espérée.
Il importe, en revanche, de régler dans les meilleurs délais un
certain nombre de questions restées sans solution, ou auxquelles aucune
solution satisfaisante n'a encore été apportée.
Le Gouvernement a, en effet, montré qu'il pouvait mettre en _uvre
des solutions adaptées, comme le montre l'exemple de la question dite du numéro 99.
Le code 99, normalement réservé aux seules personnes nées hors
du territoire de la République, a été attribué aux rapatriés qui ne
pouvaient justifier de leur immatriculation antérieure aux événements de
1962, en raison de l'impossibilité pour l'INSEE de récupérer après l'indépendance
les registres tenus en Algérie.
Le décret n° 2000-910 du 14 septembre 2000 a permis à
l'INSEE de prendre individuellement contact avec les Français nés en Algérie
avant le 3 juillet 1962, en vue de leur attribuer le numéro de leur département
d'origine. 640.000 courriers ont ainsi été adressés, dont 29.000 ont été
retournés à leur expéditeur par les services postaux, soit une proportion très
faible. Environ 90.500 personnes ont souhaité modifier leur code 99 et ont
obtenu satisfaction. Ces modifications s'ajoutent aux quelque 120.000 rectifications
similaires opérées en application de la circulaire du 30 septembre 1996.
La question semble donc réglée.
Le Gouvernement a d'ailleurs conscience de l'insatisfaction de la
communauté des rapatriés, de tous les rapatriés, puisqu'un arrêté de la
ministre de l'emploi et de la solidarité, Mme Elisabeth Guigou, en date du 6 février
2001, a créé une commission consultative des rapatriés, installée le 9 février,
à Marseille.
Quatre commissions thématiques ont été instituées, sur les
sujets suivants : l'indemnisation ; les retraites ; la réinstallation ;
la Mémoire, la culture et la vérité historique.
L'ampleur de ce programme souligne l'importance de l'effort à
effectuer.
1.- L'indemnisation
a) La question de l'article 46
S'agissant de l'indemnisation, la principale question est celle
des prélèvements opérés en application de l'article 46 de la loi du 15 juillet
1970 et de l'article 3 de la loi de 1978, sur le montant des indemnisations
versées aux rapatriés. Ces prélèvements ont été effectués au titre du
remboursement anticipé des prêts de réinstallation dans une profession non
salariée antérieurement accordés au bénéficiaire d'une indemnisation.
Si la logique de l'Etat a été de faire procéder des personnes
devenues solvables à un remboursement anticipé de prêts antérieurement
accordés, l'égalité de traitement des rapatriés dans le temps, et donc l'équité,
sont invoquées à l'appui des revendications pour un remboursement de ces prélèvements.
Ces prélèvements ont, en effet, exclu de facto les
rapatriés réinstallés dans des professions non salariées qui détenaient des
biens en Algérie et qui ont fait valoir leurs droits dès les lois de 1970 et
1978, des dispositifs d'aide au désendettement et d'effacement des dettes
auxquels ils auraient pu ultérieurement avoir accès (on rappellera que les
premiers dispositifs d'aide au désendettement ont été mis en place dès la
fin des années 1970). A l'opposé, les rapatriés se trouvant dans la même
situation, mais qui ont fait valoir leurs droits à indemnisation dans le cadre
de la loi de 1987 n'ont pas subi ces prélèvements, et ont pu bénéficier, à
des degrés divers, des mesures d'effacement de dettes.
Selon les informations communiquées à votre Rapporteur spécial,
le Gouvernement n'envisage pas de prendre, d'ici la fin de la législature, la
mesure demandée de remboursement de ces prélèvements, dont le coût budgétaire
est estimé à 274,4 millions d'euros (1,8 milliard de francs).
Comme aucun obstacle d'ordre juridique ou constitutionnel n'a été
invoqué auprès de votre Rapporteur spécial, on en conclut que c'est donc pour
de pures considérations d'opportunité que cette mesure a été écartée par
le Gouvernement.
b) La réparation des préjudices subis par les
fonctionnaires rapatriés d'Afrique du Nord, en raison de la Seconde guerre
mondiale
Deux difficultés persistent sur la question de l'indemnisation
des fonctionnaires rapatriés d'Afrique du Nord et qui ont subi un préjudice
durant la Seconde guerre mondiale.
En premier lieu, l'Association des fonctionnaires d'Afrique du
Nord et d'Outre-Mer - Anciens combattants, victimes de la guerre, victimes de
Vichy (AFANOM) récuse le principe de base de la composition des commissions
administratives de reclassement (CAR) tel qu'il a été prévu par le décret n° 94-993
du 16 novembre 1994 et tel qu'il est également prévu par l'article 21 ter A,
dans la rédaction adoptée par le Sénat à l'initiative du Gouvernement, du
projet de loi de modernisation sociale encore en instance d'examen devant le
Parlement. Ce principe est celui d'une parité entre, d'une part, les représentants
de l'administration et, d'autre part, les représentants des bénéficiaires des
mesures de reclassement et ceux des organisations syndicales représentatives.
L'AFANOM ne considère même pas comme satisfaisante une solution
fondée sur le maintien de ce principe, mais souhaite un relèvement du quota
des représentants des bénéficiaires des mesures de reclassement (ses représentants
en pratique) par rapport à la composition actuelle des commissions. Pourtant,
cette solution semble avoir fait l'objet d'un consensus entre le Gouvernement et
la majorité sénatoriale, consensus qui ne devrait vraisemblablement pas être
remis en cause par lors de l'examen de cette disposition à l'Assemblée
nationale.
L'AFANOM souhaite, en effet, une parité entre les représentants
des bénéficiaires et ceux de l'Etat, c'est-à-dire à un retour à la
situation antérieure au décret de 1994. Elle juge même que si la composition
de la commission n'est pas conforme à ses observations, la levée de forclusion
prévue pour le dépôt de dossiers de reclassement par l'article 21 bis
du même projet de loi de modernisation sociale est dépourvue d'intérêt.
En deuxième lieu, cette association n'est pas satisfaite du régime
actuel d'imposition de ces indemnités. Le dispositif de lissage de l'impôt
selon le régime dit du quotient, prévu par l'article 163-0 A du code général
des impôts, pour les revenus exceptionnels ou différés, lui semble
insuffisant. Elle considère que les sommes correspondantes doivent être défiscalisées,
y compris, d'une manière rétroactive, les sommes déjà perçues par les bénéficiaires
des mesures de reclassement.
Cette demande est appuyée sur l'argument selon lequel les sommes
versées sont calculées par référence avec les pertes de traitement résultant
de retards de carrière pour des raisons purement techniques de commodité, mais
seraient, en fait, destinées à réparer un préjudice non pécuniaire... et
n'auraient donc pas le caractère de revenus. On constate donc un blocage sur ce
point.
Sur ces questions, largement débattues dans le cadre d'un projet
de loi en cours d'examen, votre Rapporteur spécial considère de son devoir de
rappeler l'existence de ce blocage.
c) La question des anciens détenus et exilés politiques de
l'Algérie française
L'article premier de la loi n° 82-1021 du 3 décembre
1982 relative au règlement de certaines situations résultant des événements
d'Afrique du Nord, de la Guerre d'Indochine, ou de la Seconde guerre mondiale, a
prévu une faculté de prise en compte des annuités correspondant à la période
comprise entre la radiation des cadres et la limite d'âge du grade ou de
l'emploi occupé, pour les fonctionnaires civils et militaires, ainsi que les
magistrats, radiés des cadres en raison des événements de la Guerre d'Algérie.
Cette mesure a également été applicable à des cas de démission et de congé
spécial pour des motifs politiques.
Cette même loi a également prévu divers dispositifs de
reconstitution de carrière pour les agents publics éloignés de leur emploi ou
sanctionnés à cette époque pour des motifs du même ordre.
Ce dispositif a concerné, entre autres, mais pas seulement, les
partisans les plus actifs de l'Algérie française.
Les structures qui représentent les intérêts des anciens détenus
et exilés politiques de l'Algérie française souhaiteraient que ceux qui se
sont éloignés de la France en raison de leurs options et actes politiques, ou
qui ont fait de la prison pour ces mêmes motifs, mais qui exerçaient des
fonctions privées, bénéficient de mesures leur permettant d'avoir une
meilleure retraite. Moins de cent dossiers seraient concernés.
Cette demande serait fondée sur le constat d'une rupture d'égalité
de traitement entre les fonctionnaires, militaires et magistrats, et les
personnes exerçant une activité privée au moment des événements, depuis
l'adoption de la loi de 1982.
Même si elle ne lui a pas paru suffisamment mûre pour devoir
faire l'objet d'un plan de règlement, cette question n'a pas paru manifestement
illégitime au Gouvernement, qui a mené quelques réflexions.
Un ancien exilé a d'ailleurs été nommé au sein de la
commission consultative des rapatriés, par un arrêté de la ministre de
l'emploi et de la solidarité, Mme Elisabeth Guigou, en date du 8 février
2001, afin de permettre à cette question d'avancer.
Pour sa part, votre Rapporteur spécial considère qu'un débat
public serait opportun.
Il y a, en effet, matière à débat puisque le principe d'une réparation
ne paraît pas nécessairement irrecevable, dès lors qu'il existerait des
situations dignes d'intérêt, donc de secours, et que la philosophie qui a
inspiré l'amnistie de 1968 et de la loi de 1982, qui a, certes, suscité de la
part de certaines sensibilités politiques les vives réactions que chacun peut
et doit comprendre, a, en définitive, été bien acceptée par l'opinion.
En outre, le pardon fait partie de l'histoire des grands peuples,
comme l'est le peuple français, et c'est à ses représentants qu'il revient de
choisir si celui-ci doit ou ne doit pas être accordé, au cas particulier.
2.- Les
retraites
a) La prise en compte des déclarations sur l'honneur
Votre Rapporteur spécial tient à rappeler que les dispositions
du décret n°65-742 du 2 septembre 1965, relatif à l'application aux
travailleurs salariés des dispositions de la loi n° 64-1330 du 26 décembre
1964, concernant la validation gratuite des périodes de salariat antérieures
à 1962 (la sécurité sociale avait été instituée en 1953 dans les départements
algériens), qui prévoient la faculté de procéder en dernier ressort par la
voie d'attestations sur l'honneur, doivent être interprétées avec
bienveillance.
Il semblerait, en effet, que cette faculté soit encore parfois
interprétée d'une manière restrictive par certains organismes de sécurité
sociale, même si, d'après les éléments qu'a pu recueillir votre
Rapporteur spécial lors de l'une de ses missions, les cas sont très peu
nombreux.
Si une circulaire de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse
des travailleurs salariés (CNAV) du 18 janvier 1994, qui laisse une faculté
d'appréciation à chaque caisse, peut alimenter des comportements de suspicion
particulièrement regrettables, la note du 4 octobre 2000, adressée par la
ministre de l'emploi, au directeur de la CNAV, qui rappelle l'état du droit et
le caractère subsidiaire des déclarations sur l'honneur, est suffisamment
claire pour que le problème soit considéré comme réglé.
Néanmoins, votre Rapporteur spécial juge que le Gouvernement
devrait procéder, comme il envisage, d'ailleurs, de le faire, à une nouvelle rédaction
du décret de 1965 de manière à supprimer toute ambiguïté et à faire
respecter ce principe de bienveillance, lequel, naturellement, n'exclut pas le
contrôle.
b) La situation des médecins rapatriés au regard du régime
des allocations supplémentaires vieillesse géré par la Caisse autonome de
retraite des médecins français (CARMF)
La question de la situation des médecins rapatriés d'Algérie au
regard du régime des allocations supplémentaires de vieillesse (ASV) n'a pas
été encore été réglée. Il faut rappeler que ces médecins n'ont pu
constituer leurs droits au titre des années passées en Algérie avant 1962,
bien qu'ils aient déjà fait l'objet à cette époque d'un conventionnement,
car l'administration leur a longtemps opposé des raisons de droit qui sont
apparues, après contentieux, infondées. Ils ne bénéficient donc pas des
prestations correspondantes.
Jusqu'en 1997 en effet, les médecins qui en avaient fait la
demande, auprès de la Caisse autonome de retraite des médecins français (CARMF),
n'ont pu procéder au rachat de ces périodes, cette dernière estimant que le
caractère conventionnel de leur activité, condition posée par la loi pour
pouvoir prétendre au rachat, ne pouvait être reconnu, puisque les conventions
départementales conclues en Algérie n'avaient pas été homologuées par la
commission nationale compétente prévue par l'ordonnance du 19 octobre
1945 portant organisation de la sécurité sociale.
Cet argument de la CARMF était fondé sur une interprétation
erronée du droit de la sécurité sociale par le ministère des affaires
sociales.
La Cour d'appel d'Aix-en-Provence, dans un arrêt du 13 janvier
1997, l'a ainsi rejetée, se fondant sur l'existence d'une procédure spéciale
d'approbation des conventions locales, prévue dans un arrêté du 10 juin
1949 paru au Journal officiel algérien.
Le Conseil d'administration de la CARMF a alors décidé, lors de
sa séance du 31 mai 1997, de permettre sans délai à tous les médecins
rapatriés d'Algérie remplissant les conditions prévues de racheter leurs années
d'exercice sous convention, avec effet au premier jour du trimestre civil
suivant leur demande.
En outre, pour les requérants qui pourraient prétendre à un
rappel d'arrérages, ce rappel interviendrait dans la limite non pas de la
prescription quinquennale prévue à l'article 2277 du code civil, mais de la
prescription générale de droit commun, c'est-à-dire en pratique jusqu'à
l'année de leur départ en retraite, si l'examen de leur dossier met en évidence
l'existence d'une première demande de rachat antérieure. Le barème du rachat
est celui en vigueur au moment du paiement effectif, l'âge pris en compte pour
le calcul du montant dû étant celui à la date de la révision des droits.
Cette décision serait conforme au statut de la caisse et respecte l'arrêt de
la Cour d'appel.
Néanmoins, cette proposition a de fortes implications financières
et deux questions sont posées :
- les modalités du rachat des points correspondants par les
bénéficiaires, puisque la valeur du point est sensiblement plus élevée
qu'elle ne l'était par le passé, notamment à date de la création de l'ASV,
en 1962, et que les médecins qui n'ont pas cotisé jusqu'en 1972, date à
laquelle la cotisation est devenue obligatoire, souhaitent un alignement des
modalités du décompte de leurs points, sur celui, plus favorable, de ceux qui
avaient cotisé volontairement entre 1962 et 1972 ;
- le financement des prestations correspondantes, étroitement
lié à la situation financière de la CARMF.
Le coût du rachat des cotisations représente 0,99 million
d'euros (6,5 millions de francs), à la valeur de 2001. Celui des
prestations serait de 10,67 millions d'euros (70 millions de francs).
Le rappel d'arrérages effectué à partir de la date de la retraite représenterait
4,97 millions d'euros (32,6 millions de francs) et le surcoût
d'allocation pour les années à venir s'établirait à 5,81 millions d'euros
(38,1 millions de francs).
En ce qui les concerne, les médecins rapatriés souhaiteraient un
effort spécifique. Cette demande n'apparaît pas déraisonnable, dans la mesure
où ils ne sont en rien responsables de la situation dans laquelle ils se
trouvent et où il convient d'éviter tout risque de contentieux qui pourrait
conduire à mettre en cause la responsabilité de l'Etat, indéniable, puisqu'il
a nié, pendant longtemps et d'une manière erronée, la validité du dispositif
conventionnel en vigueur dans les trois départements d'Algérie.
Le Gouvernement semble avoir envisagé l'inscription dans la loi
d'un droit au rachat des points pour les médecins concernés et a examiné
plusieurs hypothèses pour une participation budgétaire à ces rachats. Les
termes de cette participation ne seraient pas encore fixés.
En ce qui concerne le financement des prestations, la CARMF ne se
trouve vraisemblablement pas en mesure de supporter l'effort financier
correspondant, et il conviendrait ainsi de prévoir un financement budgétaire.
L'hypothèse d'une traduction budgétaire et législative de ces
intentions positives du Gouvernement, dans le cadre du projet de loi de finances
rectificative pour 2001 qui devrait être déposé très pochainement, a été
indiquée à votre Rapporteur spécial.
Aussi celui-ci insiste-t-il pour que cette perspective se concrétise
rapidement tant en raison de l'âge des personnes concernées, qu'il n'est pas décent
d'avoir fait patienter si longtemps, que de l'impératif de ne pas démentir les
déclarations favorables du secrétaire d'Etat chargé de la santé et de la
solidarité, lors de l'examen du projet de loi de finances pour 1999 (),
M. Bernard Kouchner (lequel est à nouveau en fonction en 2001) en réponse
à l'intervention du Rapporteur spécial de la Commission des finances, qu'il
convient de citer in extenso :
« Monsieur Delattre, vous avez parlé de l'avantage
vieillesse des médecins rapatriés, c'est-à-dire de leur retraite.
« Comme le relève le rapporteur spécial, la situation
actuelle des médecins rapatriés au regard de l'avantage social vieillesse, qui
est lui-même conditionné par le conventionnement de ces praticiens à partir
de 1952 résulte d'un dysfonctionnement administratif, c'est clair.
« En effet, la Caisse autonome de retraite des médecins
français - la CARMF - a très longtemps nié, à tort, que les médecins
rapatriés aient exercé sous convention médicale en Algérie, de 1952 -
validation des conventions, vous avez eu raison de le rappeler - à 1962.
« L'arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence du 13
janvier 1997, non contesté par la CARMF devant la Cour de cassation, a établi
le bien-fondé de la position des médecins rapatriés. Il a toutefois, conformément
au texte en vigueur, établi la valeur de rachat des cotisations nécessaires à
la constitution de l'avantage social vieillesse, à la date de la retraite des
intéressés.
« Or une information exacte - qu'ils n'ont pas eue -
aurait permis à ceux-ci de cotiser volontairement à l'avantage social
vieillesse dès 1962, date de sa création, jusqu'à 1972, date où il a pris un
caractère obligatoire - pardon, pour ces explications un peu alambiquées -, en
rachetant donc les années passées en Algérie. Ces cotisations étant bien
entendu à un niveau très inférieur à celui de l'année de la retraite des médecins
rapatriés, il apparaît donc équitable, en effet, que la CARMF propose aux médecins
rapatriés des conditions de rachat identiques à celles de la création de
l'avantage social vieillesse et leur serve les retraites supplémentaires
correspondant aux années passées en Algérie ainsi qu'à la période
1962-1972. Une modification de l'arrêté interministériel établissant les
statuts de la CARMF paraît nécessaire. Nous allons y travailler. »
Il serait regrettable que cette intention, rassurante et fondée,
d'un règlement équitable du dossier, ne soit pas encore entrée en
application, alors qu'elle aurait dû l'être depuis longtemps.
c) Une nouvelle levée de forclusion pour l'accès aux
prestations servies par la SORAVIE
Votre Rapporteur spécial a pu constater que les rapatriés
souhaitent une nouvelle levée de la forclusion, afin de permettre à ceux
d'entre eux qui prennent actuellement leur retraite de bénéficier des
allocations spéciales servies par la Soravie.
3.- La réinstallation
La principale question, celle du désendettement, ayant été
examinée à part au B ci-dessus, seules deux questions sont évoquées ici.
a) L'accès de certaines catégories de rapatriés aux prêts
de consolidation
L'extension du dispositif d'effacement des dettes prévu par
l'article 44 de la loi de finances rectificative pour 1986 aux catégories
nouvelles concernées par la procédure de désendettement, les mineurs au
moment du rapatriement et les pupilles de la Nation, est souhaitée par les
associations de rapatriés.
Cette extension apparaît cohérente avec le champ de la procédure
de la Commission nationale de désendettement, même si le fait que les
personnes concernées aient conclu des prêts libres et non des prêts consentis
auprès d'organismes conventionnés, contrairement aux autres catégories de
rapatriés, représente une difficulté. Cette demande semble également justifiée
si l'on tient compte du fait que le montant des prêts qui sera effacé
correspondra à une réduction à due concurrence des aides exceptionnelles versées
à chaque rapatrié concerné dans le cadre de la procédure d'aide au désendettement.
Il conviendrait donc que le Gouvernement y fasse droit dans la mesure où aucune
initiative parlementaire ne peut aboutir en la matière, en raison des règles
de recevabilité financière des amendements : le coût de cette mesure
d'harmonisation est estimé à 1,52 million d'euros (10 millions de
francs).
Aucune décision n'a été prise par le Gouvernement sur cette
importante question, encore à l'étude, suivant la réponse adressée par écrit
à votre Rapporteur spécial. Celui-ci ne peut pas ne pas remarquer qu'il y a
des études qui durent... malgré la simplicité de la question posée.
b) La gestion des conséquences de la mise en jeu de la
garantie de l'Etat dans le cadre du dispositif des prêts de consolidation
Il apparaît que la situation spécifique des personnes pour
lesquelles la garantie de l'Etat, prévue dans le cadre de la procédure des prêts
de consolidation, a été mise en jeu, n'est pas encore réglée.
On rappellera que l'Etat détient, en contrepartie de la mise en
jeu de sa garantie, une créance sur les débiteurs défaillants.
La Trésorerie générale des créances spéciales du Trésor,
située à Châtellerault, gère encore 48 dossiers à ce titre (24
auraient été réglés en 2000). Elle essaie de trouver la solution à des
situations difficiles. Elle veille, comme c'est son rôle, à ce que ces créances
ne soient pas prescrites.
En raison des hypothèques qui ont accompagné ces procédures,
certaines craintes ont été exprimées pour les « toits familiaux ».
Votre Rapporteur spécial rappelle que le règlement de cette
question appelle un traitement bienveillant, rapide et adapté, ainsi qu'une
implication efficace et opportune de la délégation aux rapatriés.
4.- La Mémoire,
la culture et la vérité historique
A cet égard, la principale question, très délicate, est celle
de la réalisation du Mémorial. Pour le Gouvernement, la question de
l'implantation a maintenant été résolue. Après l'abandon du Fort-Saint-Jean,
situé à l'entrée du vieux port de Marseille, puis du « Silo »,
situé sur le domaine du port autonome de Marseille, le Gouvernement a décidé
d'implanter le Mémorial, toujours à Marseille, dans le périmètre dévolu à
l'établissement public Euroméditerranée et, d'en ajuster le contenu. Sur la
base du constat selon lequel la francophonie résulte de la présence de la
France sur l'ensemble des continents, par le passé, le concept d'« Institut
de la France d'outre-mer et de la francophonie » (IFOMF) a été
retenu.
Il n'est cependant pas certain que ce glissement conceptuel, malgré
d'indéniables attraits, répond pleinement aux attentes de la communauté
rapatriée, qui souhaite éviter une dilution du contenu du projet initial,
lequel date de 1983. Il est d'ailleurs révélateur que la ville de Marseille
ait décidé d'implanter son propre Mémorial, consacré à l'action de la
France et des Français en Afrique et en Indochine, sur un site qui ne relève
que d'elle.
On ne saurait blâmer cette démarche municipale, qui tire les
conséquences des atermoiements et de ce qui ne peut être interprété que
comme une certaine indifférence de la part de l'Etat, même si, à terme, elle
peut se traduire par l'implantation de deux Mémoriaux distincts, ce qui serait
d'autant plus ubuesque que leurs contenus respectifs et le message qu'ils
porteraient seraient différents.
Il est particulièrement regrettable qu'aucun consensus n'ait pu
être trouvé, pour l'instant, et qu'aucune perspective d'achèvement rapide
d'une question maintenant vieille de vingt ans n'ait pu être tracée.
On rappellera que les dépenses engagées sur ce projet restent
inférieures à l'enveloppe de 50 millions de francs, en autorisations de
programme, prévue pour la part de l'Etat, à raison de 167.464 euros (1,1 million
de francs). Il s'agit de la rémunération de prestations fournies par
l'Institut national de l'audiovisuel, de l'étude menée par le cabinet « Dourdin
consultants » et de celle conduite par la société Structures ingénierie,
concernant le bâtiment industriel relevant du Port autonome.
Par ailleurs, la question du Mémorial ne doit pas conduire à
oublier, comme semble le faire actuellement le Gouvernement, que les
manifestations de la permanence d'une culture algérianiste en France mériteraient
un certain soutien budgétaire.
Elles contribuent à la richesse de notre culture, de notre littérature,
de notre cinéma.
5.- La
question des subventions aux associations
Beaucoup d'associations de rapatriés ont fait part à votre
Rapporteur spécial de la réduction du montant des subventions qui leur ont été
versées, ces dernières années. Cette question est particulièrement délicate,
car votre Rapporteur spécial ne peut juger que difficilement dans un domaine où
les subventions ont parfois une périodicité pluriannuelle, où, soit des événements
spécifiques, soit des besoins exceptionnels, peuvent faire varier leurs
montants et où la contrainte budgétaire réduit singulièrement les marges de
man_uvres.
En outre, il faut insister que le fait que l'actuelle
administration en charge des rapatriés a fait un effort de clarté en prévoyant
depuis 1999 une nouvelle procédure d'attribution des subventions accordées au
niveau national. L'instruction des demandes de subventions est assurée par le
Service central des rapatriés, implanté à Alger. La proposition est ensuite
soumise à un comité d'engagement interne à l'administration, présidé par un
inspecteur général honoraire des affaires sociales.
Néanmoins, votre Rapporteur spécial souhaite attirer l'attention
du Gouvernement sur le fait que certaines diminutions de ressources peuvent
entraîner, semble-t-il, des comportements peu conformes à l'esprit associatif,
certaines associations ayant demandé le paiement de frais pour l'envoi de
dossiers à la Commission nationale de désendettement.
Pour ces dernières années, les subventions versées aux
associations au niveau national ont été les suivantes :
|
|
|
|
|
|
|
SUBVENTIONS
AUX ASSOCIATIONS DE RAPATRIÉS |
||||
|
(en
euros) |
||||
|
ASSOCIATIONS |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
|
Chap.
46-03 |
Chap.
46-03 |
Chap.
46-03 |
Chap.
46-31 |
|
|
A.N.F.N.O.M.A.
|
45.734,71 |
30.489,80 |
27.440,82 |
30.489,80 |
|
Aide
aux Musulmans français repliés d'Algérie - A.M.F.R.A.
|
9.146,94 |
9.146,94 |
|
16.464,49 |
|
Amicale
des rapatriés d'Afrique du Nord et leurs amis
|
|
|
5.335,72 |
|
|
Amicale
des Anciens de la force de police auxiliaire - A.A.F.P.A.
|
4.573,47 |
9.146,94 |
4.573,47 |
4.573,47 |
|
A.D.E.P.
|
|
7.622,45 |
|
|
|
Association
de défense des rapatriés d'Alsace et Lorraine
|
7.622,45 |
|
|
|
|
Association
des Français musulmans de Castelnaudary
|
12.195,92 |
|
|
|
|
Association
des rapatriés mineurs au moment du rapatriement - A.R.M.R.
|
|
|
11.433,68 |
10.671,43 |
|
Association
française des Rapatriés d'Oran Nord-Africains et leurs amis -
A.F.R.O.N.A.A. |
|
|
|
|
|
Association
nationale des fonctionnaires d'Oran Nord-Africains et leurs amis -
A.N.F.O.N.A.A. |
|
|
|
|
|
Association
nationale de défense des rapatriés - ANDR
|
|
13.720,41 |
9.146,94 |
11.433,68 |
|
Association
pour la défense des biens patrimoniaux des Français tunisiens
|
|
7.622,45 |
|
|
|
Association
coup de soleil |
|
10.671,43 |
|
|
|
Association
des anciens des affaires algériennes « LES S.A.S »
|
|
|
4.421,02 |
3.811,23 |
|
Centre
Albert Camus |
48.783,69 |
|
|
|
|
Centre
de documentation historique sur l'Algérie - C.D.H.A.
|
|
7.622,45 |
7.622,45 |
4.573,47 |
|
Centre
d'études Pieds noirs - C.E.P.N. |
|
|
1.524,49 |
|
|
Cercle
algérianiste |
30.489,80 |
30.489,80 |
22.867,35 |
11.433,68 |
|
Cercle
algérianiste d'Aix-en-Provence |
7.622,45 |
|
|
|
|
Cercle
français-musulman |
9.146,94 |
|
|
|
|
Circuit
court |
7.622,45 |
|
|
|
|
Comité
d'action de défense et d'union des rapatriés - C.A.D.U.R.
|
6.097,96 |
|
|
|
|
Comité
de défense des rapatriés |
|
|
4.573,47 |
|
|
Comité
national pour les musulmans français |
|
27.440,82 |
15.244,90 |
12.958,17 |
|
Conseil
régional des Français musulmans de Picardie
|
|
22.867,35 |
27.440,82 |
22.867,35 |
|
Conseil
national des Français musulmans |
|
53.357,16 |
27.440,82 |
19.818,37 |
|
Coordination
harka au service des harkis |
|
19.818,37 |
19.818,37 |
|
|
Fédération
nationale des rapatriés - F.N.R. |
|
|
3.048,98 |
4.573,47 |
|
Fédération
des associations ADMR du Lot-et-Garonne
|
45.734,71 |
|
|
|
|
Fédération
des Français d'origine nord-africaine d'Alsace.Lorraine.
|
|
9.146,94 |
9.146,94 |
|
|
Femmes
rapatriées citoyennes d'Europe et amis
|
|
|
1.067,14 |
|
|
Français
d'Afrique du Nord et d'outre-mer... nation en l'an 2000
|
|
|
|
10.671,43 |
|
Groupement
national pour l'indemnisation - G.N.P.I.
|
4.573,47 |
|
|
|
|
Justice
pour les harkis |
|
|
11.433,68 |
|
|
Les
amis de Sidi Ferruch |
1.524,49 |
|
|
|
|
Maison
des agriculteurs français d'Algérie - M.A.F.A.
|
6.097,96 |
9.146,94 |
9.146,94 |
|
|
Mémoire
de la France d'outre-mer |
51.832,67 |
|
|
3.658,78 |
|
Mémorial
de l'Aurès |
4.573,47 |
|
|
|
|
Mouvement
pied noir deuxième génération |
3.811,23 |
|
|
|
|
Organisation
des rapatriés du Biterrois |
|
|
|
3.155,69 |
|
Organisation
des rapatriés du Biterrois-Hérault - O.R.B.H.
|
12.195,92 |
9.146,94 |
6.097,96 |
|
|
R.E.C.O.U.R.S.
France |
49.927,05 |
30.489,80 |
27.440,82 |
19.818,37 |
|
R.E.C.O.U.R.S.
Hérault |
|
|
4.573,47 |
7.622,45 |
|
Rassemblement
des rapatriés d'Afrique du Nord en Hexagone - RRANH |
|
|
762,25 |
914,69 |
|
Rasemblement
national des Français rapatriés d'Afrique du Nord et d'outre-mer -
R.A.N.F.R.A.N.O.M. |
|
|
|
|
|
Union
des comités de défense des agriculteurs rapatriés - U.C.D.A.R.
|
38.112,25 |
|
|
|
|
Union
des anciens combattants français musulmans - U.N.A.C.F.M.
|
|
11.433,68 |
5.335,72 |
11.433,68 |
|
Union
nationale des initiatives républicaines - U.N.I.R.
|
|
11.891,02 |
|
|
|
Union
nationale pour la citoyenneté, la solidarité, la dignité et la mémoire
des harkis - U.N.C.S.D.M.H. |
|
|
|
|
|
Union
nationale des travailleurs français musulmans d'outre-mer,
nord-africains et amis - U.N.T.F.M.O.N.A.A.
|
|
|
|
|
|
Union
pour les droits et devoirs des rapatriés - U.D.D.R.
|
12.195,92 |
|
6.097,96 |
|
|
Union
syndicale de défense des intérêts des Français repliés d'Algérie -
U.S.D.I.F.R.A. |
|
|
|
|
|
Vent
du Sud |
30.489,80 |
30.489,80 |
|
22.867,35 |
|
Total
|
541.575,13 |
436.461,54 |
393.775,81 |
280.765,36 |
|
(1)
Payé en 2000. |
||||
|
(2)
Payé en deux fractions de 22.867,35 euros (150.000 francs)
1998/1999. |
||||
|
Source :
Délégation aux rapatriés. |
||||
6.- L'aménagement
du Centre d'accueil des Français d'Indochine (CAFI) de Sainte-Livrade
Le Gouvernement a prévu d'améliorer les logements situés à
l'intérieur du Centre d'accueil des Français d'Indochine (CAFI), situé à
Sainte-Livrade, dans le Lot-et-Garonne. Ce centre est très vétuste, et
l'administration a déjà fait procéder à des premiers travaux. Un projet plus
vaste de réhabilitation de l'ensemble du site a été prévu. Ce projet fait
l'objet d'une étude complémentaire, de manière à ce que la sensibilité des
habitants du centre, environ 200, dont beaucoup sont âgés et qui ne
revendiquent pas d'actions spécifiques, soit bien prise en compte et que le
projet soit bien ajusté aux besoins.
Lors de sa visite du site, au cours de son déplacement dans
Lot-et-Garonne, le 18 juillet dernier, votre Rapporteur spécial a pu
mesurer l'importance de cette sensibilité au calme du cadre de vie, et la
qualité du dialogue avec cette communauté peu connue et très bien intégrée
à la société.
La délégation aux rapatriés a prévu une enveloppe de 45.700 euros
(300.000 francs) pour le CAFI, en 2002.
Il s'agit de compléter les crédits du Secrétariat d'Etat au
logement prévus pour cette opération d'amélioration de l'habitat.
7.- Le
dialogue avec la communauté rapatriée
Enfin, votre Rapporteur spécial s'associe à la
demande exprimée quatre fois par son prédécesseur, pour un débat au
Parlement sur la question des rapatriés : la représentation
nationale doit avoir l'occasion de s'exprimer et de manifester sa reconnaissance
envers les rapatriés.
Ce n'est pas l'encombrement de l'ordre du jour, où chaque
parlementaire a pu constater ces derniers mois des plages de temps disponibles,
qui empêche cette initiative.
D'une manière plus générale, le Gouvernement doit veiller à la
qualité de son dialogue avec la communauté des rapatriés, comme l'Histoire et
la Mémoire l'exigent.
En conclusion, votre Rapporteur spécial observe que la politique
actuelle en faveur des rapatriés appelle certaines critiques. Des mesures qui
s'imposent ne sont pas prises. La gestion administrative des dispositifs actuels
n'est pas toujours des meilleures, comme l'illustre d'une manière presque
caricaturale la lenteur des travaux de la Commission nationale de désendettement
des réinstallés dans une profession non-salariée.
Mais la critique la plus sévère que l'on peut faire à
l'encontre de l'action de l'Etat sur le dossier des rapatriés est plus
profonde. Faute d'avoir su apporter, en quarante ans, une solution acceptable à
l'ensemble des conséquences du rapatriement, la France doit encore disposer
d'une administration en charge des rapatriés, certes peu nombreuse, mais qui
mobilise des deniers publics, et qui continue à délivrer des secours
exceptionnels à des familles de rapatrié, sur la base ténue de la loi de
1961, laquelle visait naturellement les aides de toute première urgence.
Les plus significatives de ces aides, d'un montant supérieur à
10.000 francs (1.524,49 euros) (), sont délivrées
par le cabinet du délégué aux rapatriés, au cas par cas, sur la base d'enquêtes
sociales ou de renseignements équivalents, selon les informations communiquées
par la délégation aux rapatriés.
Il peut s'agir de secours sociaux au sens strict, ou de secours délivrés
en raison d'expulsions locatives ou à la suite de ventes à la barre de biens
immobiliers.
La délégation aux rapatriés a ainsi délivré 1,07 million
de francs (0,16 million d'euros) dans ce cadre en 1998, 547.217 francs (83 422,69 euros)
en 1999 et 955.562 francs (145.674,49 euros) en 2000.
Pour 2001, la dépense serait estimée à 2,6 millions de
francs (0,4 million d'euros).
Il n'appartient pas à votre Rapporteur spécial de se prononcer
sur l'opportunité de la délivrance de ces secours (la Cour des comptes a procédé
cette année à un contrôle de la délégation aux rapatriés), mais il lui
appartient sans aucun doute d'observer que si les problèmes des rapatriés
avaient été correctement résolus, la délivrance de tels secours n'aurait
plus lieu d'être.
On peut ainsi regretter que le Gouvernement n'ait pas su profiter
de l'actuelle législature pour régler d'une manière définitive les ultimes
problèmes des rapatriés, alors que la croissance économique des années 1998,
1999 et 2000 a pour un temps desserré la contrainte budgétaire qui avait marqué
les premières années de la décennie 1990.
Dans la logique du système parlementaire, qui est celle du contrôle
de l'Exécutif par le Législatif, il serait tout à fait fondé de recommander
un rejet des crédits des rapatriés sur la base de ces constats.
Néanmoins, votre Rapporteur spécial, considérant qu'un tel
rejet serait finalement peu utile, tant les faiblesses de la politique en faveur
des rapatriés sont importantes, préfère s'en remettre à une attitude
constructive et recommander l'adoption des crédits dont les rapatriés ont tant
besoin.
EXAMEN
EN COMMISSION
Au cours de sa séance du mardi 30 octobre 2001, la
Commission des Finances, de l'Economie générale et du Plan a examiné les crédits
relatifs aux rapatriés.
Après l'exposé liminaire de votre Rapporteur spécial,
la Commission a ensuite adopté, sur sa proposition, les crédits des
Rapatriés pour 2002 et vous demande d'émettre un vote favorable à
leur adoption.
N° 3320-21 .-
Rapport de M. Marc Laffineur (commission des finances) sur le projet de loi de
finances pour 2002 - Emploi et solidarité : Rapatriés.
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