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N°
3320
______
ASSEMBLÉE
NATIONALE
CONSTITUTION
DU 4 OCTOBRE 1958
ONZIÈME
LÉGISLATURE
Enregistré
à la Présidence de l'Assemblée nationale le 11 octobre 2001.
RAPPORT
FAIT
AU NOM
DE LA COMMISSION DES FINANCES, DE L'ÉCONOMIE GÉNÉRALE ET DU PLAN (1)
SUR LE PROJET DE
loi de finances pour 2002
(n° 3262),
PAR
M.
Didier MIGAUD
Rapporteur
Général
Député
--
ANNEXE
N° 21
EMPLOI ET SOLIDARITÉ
RAPATRIÉS
Rapporteur
spécial : M.
Marc
LAFFINEUR
Député
____
(1) La composition de cette commission figure au verso de la présente
page.
Lois de finances.
La Commission des finances, de l'économie générale et du plan
est composée de :
INTRODUCTION
I.- L'ÉVOLUTION DES CRÉDITS BUDGÉTAIRES ET EXTRABUDGÉTAIRES
A.- LA DIMINUTION DES CRÉDITS BUDGÉTAIRES
1.- La
baisse de l'ensemble des crédits destinés aux rapatriés
2.- L'ajustement,
pour des raisons techniques, des crédits destinés à l'indemnisation, à
certains dispositifs maintenant résiduels liés à la réinstallation et aux
retraites
a) Les crédits destinés à
l'indemnisation
b) Les crédits de l'Agence
nationale pour l'indemnisation des français d'outre-mer (ANIFOM)
c) Les dispositifs, largement résiduels,
de moratoire des dettes, d'effacement des prêts de réinstallation, de
bonification des prêts de reclassement et de financement des prêts de
consolidation
d) La contraction, en raison de
facteurs structurels, de la contribution de l'Etat à l'amélioration des
retraites
e) Les crédits liés au statut
de victime de la captivité en Algérie
3.- Les
crédits destinés aux travaux forestiers
4.- L'insuffisance
prévisible des crédits d'intervention prévus à la section Santé et
Solidarité du budget de l'Emploi et de la Solidarité
B.- LES FINANCEMENTS EXTRABUDGÉTAIRES IMPUTÉS SUR LA
DOTATION VERSÉE EN 1988 PAR L'ETAT À GROUPAMA
1.- Les
allocations spéciales servies par la SORAVIE : un financement extrabudgétaire
pérenne
2.- La rente viagère en faveur des harkis : un financement extrabudgétaire arrivé à épuisement en 2002
II.- LES AMÉLIORATIONS SUSCEPTIBLES D'ÊTRE APPORTÉES AUX ACTIONS EN FAVEUR DES RAPATRIÉS
A.- LES IMPASSES ET INSUFFISANCES DES ACTIONS ACTUELLES EN FAVEUR DES HARKIS
1.- La
perspective d'un achèvement définitif du plan en faveur des harkis le 31 décembre
2002 apparaît prématurée
a) Le plan en faveur des harkis a eu des effets très positifs
b) La fin du plan en faveur des harkis au 31 décembre 2002 apparaît certainement prématurée
2.- L'amélioration du dispositif de la rente viagère
3.- La nécessité de poursuivre et d'améliorer les opérations de réhabilitation des logements situés dans des anciens sites d'accueil
a) Le bilan des opérations de Bias et de Mas-Thibert
b) La faculté de réaliser d'autres projets
4.- La poursuite de l'effort de mémoire et de vérité commencé lors de la Journée d'hommage national du 25 septembre 2001
5.- L'approfondissement du dialogue et de la politique en faveur des rapatriés d'origine nord-africaine
6.- La
« décristallisation » des retraites et pensions perçues par
certains harkis en qualité d'anciens combattants
B.- LES LENTEURS DU TRAITEMENT DES DOSSIERS ADRESSÉS À LA COMMISSION NATIONALE DE DÉSENDETTEMENT DES RAPATRIÉS RÉINSTALLÉS DANS UNE PROFESSION NON SALARIÉE
1.- Le
dispositif de désendettement
2.- Le rythme d'examen des dossiers : un deuxième bilan aussi décevant que le premier
C.- LES QUESTIONS QUI
N'ONT PAS ENCORE ÉTÉ RÉGLÉES
1.- L'indemnisation
a) La question de l'article 46
b) La réparation des préjudices
subis par les fonctionnaires rapatriés d'Afrique du Nord, en raison de la
Seconde guerre mondiale
c) La question des anciens détenus
et exilés politiques de l'Algérie française
2.- Les
retraites
a) La prise en compte des déclarations
sur l'honneur
b) La situation des médecins
rapatriés au regard du régime des allocations supplémentaires vieillesse géré
par la Caisse autonome de retraite des médecins français (CARMF)
c) Une nouvelle levée de
forclusion pour l'accès aux prestations servies par la SORAVIE
3.- La
réinstallation
a) L'accès de certaines catégories
de rapatriés aux prêts de consolidation
b) La gestion des conséquences
de la mise en jeu de la garantie de l'Etat dans le cadre du dispositif des prêts
de consolidation
4.- La
Mémoire, la culture et la vérité historique
5.- La
question des subventions aux associations
6.- L'aménagement du Centre d'accueil des Français d'Indochine (CAFI) de Sainte-Livrade
7.- Le
dialogue avec la communauté rapatriée
EXAMEN
EN COMMISSION
INTRODUCTION
Les événements d'Algérie se sont achevés au milieu du siècle
précédent, et pourtant bien des difficultés qui en sont la conséquence ne
sont pas encore réglées.
Certes des actions ont été engagées par les gouvernements
successifs pour prendre en compte les blessures et les déchirements de
l'Histoire, certes trois lois d'indemnisation () ont été votées
par le Parlement, lois auxquelles se sont ajoutées, entre autres, la loi n° 82-4
du 6 janvier 1982 portant diverses dispositions relatives à la réinstallation
des rapatriés et la loi n° 94-488 du 11 juin 1994 relative aux
rapatriés anciens membres des formations supplétives et assimilées ou
victimes de la captivité en Algérie, certes d'importants crédits ont été
consacrés à des actions en faveur des rapatriés, mais cet empilement de
mesures, parfois incohérent, n'a pas tout résolu et ce règlement inachevé
n'a rien d'honorable pour l'Etat.
Pourtant celui-ci se doit d'une considération particulière et
d'une interprétation pragmatique du principe d'égalité en faveur de ceux qui,
au nombre d'environ 1,5 million, ont dû aller se réfugier, après avoir
tout perdu, dans une métropole qu'ils ne connaissaient le plus souvent pas,
mais que les troupes qui avaient été levées à partir de 1943 dans les
territoires qu'ils habitaient, avaient contribué à délivrer de l'occupation
étrangère, moins de vingt ans auparavant.
Cette situation est d'autant moins tolérable que les problèmes encore en souffrance sont au demeurant peu nombreux et, pour la plupart d'entre eux, objectivement peu coûteux.
En outre, lorsque l'on fait le bilan de la législature qui s'achève,
il est difficile de ne pas se demander si celle-ci n'a pas été largement
perdue, et ainsi de ne pas constater que tel est le cas, tant les choses ont peu
évolué au-delà des trois mesures qui s'imposaient le plus : la
reconduction du plan en faveur des harkis, la création de la rente viagère en
faveur des harkis et la mise en place de la Commission nationale de désendettement
des rapatriés réinstallés dans une profession non salariée.
C'est dommage, car ce n'est que lorsque la réinsertion des
rapatriés dans la communauté métropolitaine sera totale et complète que l'on
pourra considérer que les actions en leur faveur auront réussi, et chacun
s'accorde à penser que le plus tôt sera, en la matière, nécessairement le
mieux.
Votre Rapporteur spécial l'a bien constaté dans le cadre des
deux missions effectuées sur place, l'une le 11 juillet 2001, dans le département
du Lot-et-Garonne, l'autre, le 18 juillet 2001, dans le département des
Bouches-du-Rhône.
I.- L'ÉVOLUTION
DES CRÉDITS BUDGÉTAIRES ET EXTRABUDGÉTAIRES
A.- LA
DIMINUTION DES CRÉDITS BUDGÉTAIRES
1.- La baisse
de l'ensemble des crédits destinés aux rapatriés
Les crédits budgétaires demandés au titre des actions en faveur
des rapatriés (), dans le cadre du projet de loi de finances
pour 2002, font une nouvelle fois l'objet d'une réduction significative, de - 9,6%.
Ils s'établissent à 176,27 millions d'euros (1,16 milliard de francs)
contre 195 millions d'euros (1,28 milliard de francs) en loi de
finances pour 2001 ().
Cette évolution s'inscrit dans la continuité des tendances antérieures
et s'explique largement par des facteurs structurels :
- les indemnisations prévues, tant par la loi n° 87-549
du 16 juillet 1987 relative au règlement de l'indemnisation des rapatriés,
que par la loi n° 94-488 du 11 juin 1994 relative aux rapatriés
anciens membres des formations supplétives et assimilées ou victimes de la
captivité en Algérie, sont arrivées chacune à leur terme ;
- le dispositif d'aide au rachat des cotisations de retraite,
prévu par la loi n° 85-1274 du 4 décembre 1985 portant amélioration
des retraites des rapatriés, exige des crédits moindres que par le passé,
pour des raisons techniques. Ces crédits, qui représentent l'essentiel des
dotations en faveur des rapatriés, sont toujours ajustés aux besoins.
Le tableau suivant récapitule l'évolution de l'ensemble des crédits
budgétaires destinés aux rapatriés.
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TABLEAU
RÉCAPITULATIF DES CRÉDITS OUVERTS (en
millions d'euros) |
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|
Chapitre
budgétaire |
LFI
2001 |
PLF
2002 |
|
|
I.- Charges
communes : |
30,64 |
21,21 |
|
|
14-01 Art.90
§16: Garanties diverses |
0,91 |
0,61 |
|
|
46-91 :
Diverses aides en faveur des rapatriés prises en charge par l'Etat
|
29,73 |
20,60 |
|
|
Art.
10 : Moratoire des dettes |
0,00 |
0,00 |
|
|
Art.
20 : Indemnisation |
6,10 |
0,00 |
|
|
Art.
30 : Financement des prêts de reclassement
|
0,00 |
0,00 |
|
|
Art. 40 :
Participation de l'Etat au rachat de cotisations vieillesse
|
16,14 |
13,70 |
|
|
Art.
50 : Versements de l'Etat à la CNRACL
|
0,02 |
0,01 |
|
|
Art.
60 : Caisse de retraite des régies ferroviaires d'outre-mer
|
7,47 |
6,89 |
|
|
II.- Economie,
finances et industrie |
26,74 |
25,46 |
|
|
36-10 :
Art. 12 : Subvention à l'ANIFOM
|
3,66 |
3,66 |
|
|
46-93 :
Art. 30 : Garanties de retraite des anciens agents français
des établissements publics, offices et sociétés concessionnaires de
services publics d'Algérie, du Maroc, de Tunisie et d'Outre-mer
|
|
|
|
|
III.- Emploi
et solidarité - II.- Santé et solidarité
|
14,64 |
14,79 |
|
|
46-32 :
Actions en faveur des rapatriés |
14,64 |
14,79 |
|
|
Art.
10 : Dépenses non déconcentrées
|
2,21 |
2,13 |
|
|
Art.
20 : Dépenses déconcentrées
|
11,20 |
6,86 |
|
|
Art.
30 : Rente viagère |
1,22 |
5,79 |
|
|
57-05 :
Préservation et développement du patrimoine culturel (CP)
|
0,00 |
0,00 |
|
|
57-05 :
Préservation et développement du patrimoine culturel (AP)
|
0,00 |
0,00 |
|
|
IV.- Anciens
combattants |
8,56 |
5,16 |
|
|
46-20 :
Pensions d'invalidité, allocations et indemnités diverses
|
4,66 |
2,12 |
|
|
46-24 :
Sécurité sociale des invalides de guerre |
1,52 |
1,52 |
|
|
46-27 :
Soins médicaux gratuits |
2,38 |
1,52 |
|
|
V.- Equipement,
Transports et Logement - III.- Transports et sécurité routière
|
99,55 |
95,02 |
|
|
47-41
: Art. 40 : Garanties de retraite des anciens des services
publics d'Afrique du Nord et d'outre-mer |
|
|
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|
VI.- Agriculture
et Pêche |
14,87 |
14,63 |
|
|
35-92
: Art. 10 : Forêts : Travaux d'entretien, anciens
harkis |
8,54 |
8,54 |
|
|
46-32
: Art. 40 : Subvention caisse des cadres
d'exploitations agricoles rapatriés |
6,33 |
6,09 |
|
|
Total
général |
195,00 |
176,27 |
|
|
Source :
Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie. |
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2.- L'ajustement,
pour des raisons techniques, des crédits destinés à l'indemnisation, à
certains dispositifs maintenant résiduels liés à la réinstallation et aux
retraites
a) Les crédits destinés à l'indemnisation
Les opérations d'indemnisation prévues par la loi du 16 juillet
1987 et, s'agissant des harkis, les versements de l'allocation complémentaire
prévue par la loi de 1994 sont maintenant achevés depuis plusieurs années et
n'appellent pas l'inscription de crédits nouveaux. Les quelques dossiers
restant à traiter sont soit des dossiers contentieux, soit des nouveaux
dossiers qui seraient éventuellement déposés, étant donné que la loi ne prévoit
pas de forclusion tant pour l'indemnité complémentaire prévue à l'article 1er
de la loi de 1987 que pour l'allocation complémentaire versée aux anciens
harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives en
application de l'article 9 de la loi de 1994.
|
LES
ACCORDS INTERNATIONAUX ET LES DISPOSITIFS SPÉCIFIQUES EN MATIÈRE D'INDEMNISATION Une disposition législative spécifique concernant le Vanuatu a
été prise par la loi de finances pour 1988, dont l'article 100 prévoit
que : « les rapatriés des Nouvelles-Hébrides, qui y
avaient résidé habituellement pendant une période d'au moins trois
ans avant la date d'accession à l'indépendance de ce pays, perçoivent
une indemnité forfaitaire de 45.000 francs pour la perte de biens
de toute nature dont ils étaient propriétaires ». 878 demandes ont été déposées dans les délais prévus. 658
ont été acceptées et ont donné lieu à des versements d'un montant
total de 29 millions de francs (4,42 millions d'euros). En application d'une convention passée en 1988 entre les
gouvernements français et zaïrois, une indemnité d'un montant de 12 millions
de francs (1,8 millions d'euros) a été répartie entre 13 ressortissants
français dépossédés à la suite d'événements ayant suivi
l'accession à l'indépendance de ce pays. Les accords franco-tunisiens des 23 février 1984 et 4 mai
1989 sont d'une autre nature puisqu'ils fixent les conditions générales
du transfert progressif à l'Etat tunisien des biens immobiliers
construits ou acquis en Tunisie avant 1956 et appartenant à des
nationaux français. Il s'agit d'un rachat et non d'une indemnisation au
sens strict, car les personnes intéressées ont pu refuser l'offre
d'achat du Gouvernement tunisien et rester ainsi propriétaires. Le premier accord concerne le seul gouvernorat de Bizerte. Un
total de 605 locaux ou immeubles intéressant 2.025 personnes a été
concerné, pour une somme de 88 millions de francs (13,4 millions
d'euros). Le deuxième accord, l'accord particulier du 4 mai 1989,
a étendu cet accord à l'ensemble du territoire. Il a permis à environ
3.160 personnes de percevoir le prix de vente de 531 immeubles
ou locaux pour une somme globale de 91 millions de francs (13,9 millions
d'euros). En ce qui concerne la Russie, l'article 48 de la loi de finances
rectificative pour 1999 et le décret de n° 2001-1091 du 9 novembre
2000 ont fixé les modalités d'indemnisation des français détenteurs
de certaines créances avec la Russie. Ce dispositif ne concerne pas
seulement les porteurs d'emprunts russes mais également les victimes
des spoliations de patrimoine subies en 1917 ou lors de l'annexion de
territoires passés sous la souveraineté soviétique lors de la seconde
guerre mondiale. Une somme de 22 millions de francs (3,4 millions
d'euros) doit être répartie entre les 189 dossiers reconnus éligibles,
correspondant à 225 patrimoines d'origine. S'agissant de Madagascar, un accord a été signé le 1er
octobre 1998 entre le gouvernement français et le gouvernement
malgache, destiné à régler les conséquences financières des mesures
de nationalisation et d'expropriation prises entre 1975 et 1978 à l'égard
de biens et intérêts appartenant à des sociétés ou particuliers
français. En ce qui concerne, enfin, le Cambodge, l'accord du 15 mars
1995 régit les spoliations intervenues entre 1970 et 1975. Ces accords
doivent faire l'objet de mesures législatives d'application. |
|
Source : Etabli d'après les éléments
communiqués par la Délégation aux rapatriés. |
Le tableau suivant, qui montre l'évolution des crédits de
l'article 20 du chapitre 46-91 du budget des Charges communes depuis 1997,
permet de constater qu'il est tout à fait justifié de ne prévoir aucune
dotation.
Compte tenu d'une dépense de 0,72 million d'euros (5 millions
de francs) en 2000, on constate que les crédits ouverts en 2001 devraient être
suffisants pour couvrir les besoins des années 2001 et 2002.
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ÉVOLUTION DES DOTATIONS
DE L'ARTICLE 20 DU CHAPITRE 46-91 DU BUDGET DES CHARGES COMMUNES, DESTINÉ
À L'INDEMNISATION DES RAPATRIÉS, DEPUIS 1994 (en millions d'euros) |
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|
Années |
Crédits ouverts |
Dépenses constatées |
|
|
1997 |
LFI |
533,37 |
526,62 |
|
Total |
533,37 |
||
|
1998 |
LFI |
39,64 |
10,72 |
|
Total |
46,59 |
||
|
1999 |
LFI |
12,20 |
2,62 |
|
Total |
48,07 |
||
|
2000 |
LFI |
0 |
0,72 |
|
Total |
45,45 |
||
|
2001 |
LFI |
6,10 |
|
|
Total |
11,60 |
|
|
|
Source :
Direction du Budget. |
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Cette dernière appréciation, suivant laquelle des inscriptions
supplémentaires ne sont pas nécessaires, ne vaut naturellement que si l'on
considère que l'indemnisation est arrivée à son terme.
Cette position est fortement contestée par certaines associations
de rapatriés.
Celles-ci réclament l'adoption d'un nouveau dispositif, une « quatrième
et ultime » loi d'indemnisation.
b) Les crédits de l'Agence nationale pour l'indemnisation
des français d'outre-mer (ANIFOM)
L'achèvement de l'indemnisation pose la question du devenir de
l'Agence nationale pour l'indemnisation des Français d'outre-mer (ANIFOM). Créé
par la loi du 15 juillet 1970, cet établissement public a été chargé de
l'exécution des opérations liées à l'indemnisation des rapatriés dépossédés
de leurs biens (), et s'est également vu confier la mise en
_uvre de l'indemnisation des anciens membres des formations supplétives ayant
servi en Algérie. Il a, par ailleurs, été chargé de différentes opérations
spécifiques, comme l'instruction des demandes d'aide de l'Etat en matière d'amélioration
des retraites des rapatriés (loi du 4 décembre 1985), ou la mise en _uvre
des accords immobiliers franco-tunisiens des 23 février 1984 et 4 mai
1989 ainsi que de l'accord de 1995 entre la France et le Cambodge pour les
spoliations intervenues entre 1970 et 1975.
La plupart des missions de l'ANIFOM sont en voie d'achèvement
complet. L'indemnisation, notamment, ne requiert plus qu'une équipe réduite.
Les effectifs de l'agence ont évolué en conséquence : le nombre de ses
agents est passé de 147 en 1991 à 68 au 1er août 2001.
Ses moyens de fonctionnement ont également diminué. Le montant
de la subvention qui lui est allouée chaque année, imputée sur l'article 12
du chapitre 36-10 du budget de l'Economie, des finances et de l'industrie,
est passé de 55 millions de francs (8,38 millions d'euros) en
1991 à 3,66 millions d'euros (24 millions de francs) en 2001. Le
projet de loi de finances propose de reconduire ce montant de 3,66 millions
d'euros pour 2002. Si cette subvention ne s'avérait pas suffisante, un prélèvement
serait opéré sur le fonds de roulement de l'Agence. Un tel prélèvement,
de l'ordre de 10% du fonds de roulement, a déjà été prévu par le budget
rectificatif adopté par le conseil d'administration de l'Agence le 12 juin
2001.
Une réflexion sur le devenir de cet établissement public, auquel
les rapatriés sont particulièrement attachés, est donc nécessaire.
Les nouvelles missions confiées à l'Agence, qu'il s'agisse du
recensement des personnes privées de biens situés dans l'ex-URSS, en
application de l'article 73 de la loi n° 98-546 du 2 juillet
1998 portant diverses dispositions d'ordre économique et financier, de la
gestion des indemnisations versées dans le cadre d'un dispositif de l'ONU aux
victimes des spoliations intervenues pendant la Guerre du Golfe (1990-1991), de
son concours à la Commission pour l'indemnisation des victimes de spoliations
intervenues du fait des législations antisémites en vigueur pendant
l'Occupation, de la gestion de l'accord précité d'indemnisation des victimes
des spoliations, conclu en 1995 entre la France et le Cambodge, ou de celle de
l'accord franco-malgache, aussi importantes soient-elles, devraient avoir une
durée et une ampleur limitées.
Le ministre de l'économie a d'ailleurs adressé le 23 août dernier, une lettre de mission au directeur général de l'Agence, lui demandant d'explorer les différentes voies possibles et de lui faire des propositions sur les évolutions envisageables.
c) Les dispositifs, largement résiduels, de moratoire des
dettes, d'effacement des prêts de réinstallation, de bonification des prêts
de reclassement et de financement des prêts de consolidation
Les crédits de l'article 10 du chapitre 46-91 du budget des
charges communes, relatif au moratoire des dettes, aux remises de prêts de réinstallation
et au financement des prêts de consolidation en faveur des rapatriés, ne
font l'objet d'aucune inscription. Les besoins, estimés à 5 millions d'euros
(32,80 millions de francs) pour 2002, devraient être couverts
par les reports. Ces crédits concernent, notamment, les engagements relatifs à
la mise en _uvre du dispositif, maintenant résiduel, d'effacement des prêts de
réinstallation (prêts principaux et complémentaires), des prêts contractés
pour les besoins de l'exploitation (1.300 dossiers non échus), ainsi que
la bonification des prêts de consolidation accordés par la BDPME et la Caisse
nationale de Crédit agricole.
Les crédits correspondant aux charges afférentes à la
bonification des prêts de reclassement accordés par le Crédit agricole
(article 30 du chapitre 46-91 du budget des Charges communes) ne
font l'objet d'aucune demande. Il s'agit, là encore, d'un dispositif résiduel
pour lequel les paiements devraient s'élever à 170.000 euros (1,12 million
de francs) en 2002. Ces derniers devraient être couverts par les reports.
d) La contraction, en raison de facteurs structurels, de la
contribution de l'Etat à l'amélioration des retraites
Depuis presque quarante ans, plusieurs mesures ont été prises
pour assurer aux rapatriés des pensions de retraite satisfaisantes, afin de
tenir compte, notamment, des insuffisances, des défaillances, voire de
l'inexistence des régimes de retraite dans les territoires où ils étaient
installés. L'intervention de l'Etat repose naturellement sur une contribution
à l'équilibre de différents régimes spéciaux, mais aussi, et surtout, sur
une aide au rachat de cotisations.
· L'évolution d'ensemble des crédits relatifs aux
retraites.
En ce qui concerne les retraites, on observe une certaine réduction,
de 6,04%, des crédits demandés avec 143,51 millions d'euros (941,36 millions
de francs) pour 2002 contre 152,59 millions d'euros (1 milliard de
francs) en loi de finances pour 2001. Le tableau suivant récapitule ces crédits
par ligne budgétaire, et notamment le détail du total de 20,60 millions
d'euros inscrit au budget des charges communes :
CRÉDITS
RELATIFS AUX RETRAITES DES RAPATRIÉS
(en
millions d'euros)
|
|
|
|
|
|
|
|
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|
Budget |
LFI 2001 |
PLF 2002 |
|||
|
Charges
communes 46-91 art. 40 |
16,14 |
13,70 |
||||
|
Charges
communes 46-91 art.50 |
0,02 |
0,01 |
||||
|
Charges
communes 46-91 art.60 |
7,47 |
6,89 |
||||
|
Economie
46-93 art.30 |
23,08 |
21,80 |
||||
|
Transports
terrestres 47-41 art.40 |
99,55 |
95,02 |
||||
|
Agriculture
et pêche 46-32 art.40 |
6,33 |
6,09 |
||||
|
Total
|
152,59 |
143,51 |
|
|||
Cette évolution s'explique par l'ajustement de ces crédits aux
besoins. La dépense est, en effet, calculée sur des bases purement techniques
et correspond aux charges constatées par les différents régimes de retraite
concernés. Les ajustements sont ainsi automatiques. On observera que les crédits
relatifs aux retraites représentent 81% du total des crédits consacrés aux
rapatriés, contre un tiers en 1997.
● La diminution de l'aide au rachat des
cotisations tient à des éléments techniques
La contribution apportée par l'Etat à l'amélioration des
retraites des rapatriés est fondée, avant tout, sur le principe du rachat des
cotisations afférentes à certaines périodes d'activité. Les rachats de
cotisations ne portent que sur certaines périodes d'activité, allant, généralement,
du 1er juillet 1930 au rapatriement. Les modalités précises de
ces dispositifs figurent dans l'encadré figurant ci-après.
|
LES
DISPOSITIFS EN MATIÈRE D'AIDE AU RACHAT DE COTISATIONS DE RETRAITE · La loi du 22 décembre 1961 a prévu
l'accession au régime de l'assurance volontaire vieillesse pour les
salariés ayant travaillé dans les territoires anciennement placés
sous la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la France. Celle
du 13 juillet 1962 concernait les personnes dont l'affiliation
à un régime de sécurité sociale applicable en Algérie a été
rendue obligatoire par voie législative ou réglementaire. Enfin, la
loi du 10 juillet 1965 a posé, dans un cadre plus général,
le principe d'une validation à titre onéreux des périodes d'activité
(salariée ou non salariée) accomplies dans les territoires antérieurement
placés sous la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la
France. · La loi du 26 décembre 1964,
s'agissant du cas très particulier de l'Algérie, a été plus loin, en
prévoyant la validation gratuite de certaines périodes précises. Sont
notamment concernées les périodes d'activité salariée accomplies
avant le 1er juillet 1962 (sous réserve d'une affiliation au
régime vieillesse algérien institué en 1953), les périodes d'activité
comprises entre le 1er avril 1938 et l'entrée en vigueur de
ce régime, ainsi que les périodes de présence dans les forces supplétives. · L'objectif de la loi du 4 décembre 1985
a été de favoriser le rachat de cotisations prévu dans le cadre de la
loi du 10 juillet 1965, en accordant une aide de l'Etat à tout
Français concerné pouvant justifier de sa qualité de rapatrié.
Sont notamment intéressés par ce texte : - les rapatriés ayant exercé une activité
professionnelle dans un des territoires visés, et qui n'ont pu cotiser
à un régime obligatoire de protection sociale de base ; - ceux ayant exercé une activité professionnelle en Algérie
avant le 1er juillet 1962 et qui sont exclus de la loi
du 26 décembre 1964 ; - les étrangers dont le dévouement à la France leur a
valu de bénéficier de la qualité de rapatrié ; - les conjoints survivants des personnes citées ci-dessus. L'aide de l'Etat varie selon les revenus du demandeur. Elle est
de 100% lorsque les revenus sont inférieurs au SMIC, de 50% lorsqu'ils
sont supérieurs à deux fois le SMIC, et d'un taux égal au rapport du
SMIC et du revenu pour les autres cas. La part du rachat prise en charge
par l'Etat est versée à chacune des institutions des régimes
obligatoires d'assurance vieillesse. |
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Source : établi d'après les
éléments communiqués par la Délégation aux rapatriés. |
98.321 notifications de demandes d'aides avaient été traitées
au 9 août 2001. Le montant des cotisations susceptibles d'être rachetées,
calculé par les différentes caisses de retraites, s'élève globalement à 980 millions
d'euros, soit 6.428,38 millions de francs.
Le total des aides de l'Etat est de 874 millions d'euros
(5,73 milliards de francs), soit 89,15% du total des rachats proposés par
les caisses. Le montant moyen de l'aide par dossier est de 8.893 euros
(58.332 francs).
La liquidation des demandes s'est poursuivie à un rythme soutenu
jusqu'en 1992, mais un tassement s'est dessiné depuis le début de l'année
1993. Ce tassement s'est accentué depuis 1996, et connaît une forte chute en
2001.
Les aides de l'Etat ne sont pas versées directement, mais font
l'objet d'une compensation budgétaire auprès des organismes verseurs, calculée
chaque année, dans le cas où les pensions versées excèdent les cotisations
reçues.
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BILAN D'EXÉCUTION DE LA
LOI N° 85-1274 DU 4 DÉCEMBRE 1985 (au 9 août 2001) (en euros) |
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Début d'activité avril 1987 |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
Totaux cumulés |
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Demandes
d'aide de l'Etat reçues |
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100.606 |
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Demandes
traitées |
4.398 |
3.842 |
3.094 |
2.849 |
2.091 |
1.722 |
942 |
98.321 |
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Montant
des rachats proposés par les caisses |
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Montant
de l'aide de l'Etat susceptible d'être accordée |
46.910.382 |
43.929.681 |
37.098.847 |
30.135.656 |
24.159.803 |
19.221.265 |
10.903.547 |
874.333.749 |
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Source :
Délégation aux rapatriés. |
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· La contribution au financement des régimes spéciaux
connaît également un ajustement technique
L'Etat participe également au financement de certains régimes spéciaux.
Les crédits, qui sont répartis en fonction des ministères compétents, sont récapitulés
ci-après.
· Versements de l'Etat à la Caisse nationale de
retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) au titre des parts
contributives dues par les caisses de retraites d'Algérie, du Maroc et de
Tunisie (article 50 du chapitre 46-91 du budget des Charges communes) :
10.000 euros (65.595,70 francs) pour 2002, contre 15.245 euros
(100.000 francs) en 2001 (-34,4%).
· Participation de l'Etat aux dépenses des caisses
de retraite des régies ferroviaires d'outre-mer (article 60 du chapitre 46-91
du budget des Charges communes : 6,89 millions d'euros (45,20 millions
de francs), soit une réduction de 7,8% par rapport à 2001 (7,47 millions
d'euros, soit 49 millions de francs).
· Prise en charge et garanties de retraite des
anciens agents français des établissements publics, offices, sociétés
concessionnaires de services publics d'Algérie, du Maroc, de Tunisie et
d'outre-mer (article 30 du chapitre 46-93 des crédits de l'Economie, des
finances et de l'industrie) : 15,25 millions d'euros (100 millions
de francs), contre 22,87 millions d'euros (151,38 millions de
francs) pour 2001, soit une baisse de 33,3%.
· Garantie de retraite des anciens agents des
services publics d'Afrique du Nord et d'outre-mer (article 40 du chapitre
47-41 du budget des Transports) : 95,02 millions d'euros (623,29 millions de francs).
Ce montant est en diminution de 4,6% par rapport à 2001 (99,55 millions
d'euros, soit 653 millions de francs).
· Subvention versée à la Caisse de prévoyance des
cadres d'exploitations agricoles rapatriés (article 40 du chapitre 46-32
du budget de l'Agriculture et de la pêche) : 6,09 millions d'euros
(39,95 millions de francs). Ce montant est en diminution de
3,8% par rapport à 2001 (6,33 millions d'euros, soit 41,5 millions de
francs).
Au total, les crédits prévus, pour 2002, au titre de ces
participations de l'Etat, s'élèvent à 123,35 millions d'euros (809,12 millions de francs),
soit une baisse de 5,2% par rapport à 2001 (130,11 millions d'euros, soit
853,48 millions de francs).
Cette évolution traduit l'extinction progressive de ces régimes
spéciaux.
e) Les crédits liés au statut de victime de la captivité
en Algérie
Une somme de 5,16 millions d'euros (33,85 millions de francs)
est inscrite au budget des Anciens combattants, notamment pour les
personnes ayant le statut de victime de la captivité en Algérie. Il s'agit,
d'une part, des crédits du chapitre 46-20 relatif aux pensions
d'invalidité et allocations y rattachées ainsi qu'aux pensions des
ayants-cause et, d'autre part, des crédits inscrits au chapitre 46-24 relatifs
à la sécurité sociale des invalides de guerre ainsi qu'au chapitre
46-27 relatifs aux soins médicaux gratuits. Néanmoins, cette somme est
indicative et ses modalités de calcul sont très incertaines, les dépenses
relatives aux rapatriés ne faisant l'objet d'aucune individualisation. Si réduction
il y a, les crédits restant sont cependant adaptés aux besoins.
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LE STATUT DE VICTIME DE LA CAPTIVITÉ EN ALGÉRIE La loi n° 94-488 du 11 juin 1994 relative aux rapatriés
anciens membres des forces supplétives et assimilés ou victimes de la
captivité en Algérie a créé un statut de « victime de la
captivité en Algérie ». |