|
Une
fille de harki honorée d'un prix littéraire
Harkis
et Vérité - 3 novembre 2005 - Le prix Françoise Seligmann contre
le racisme et pour la paix a été attribué le 20 octobre à Mme Fatima
Besnaci-Lancou pour son livre Fille de harki (Editions de l'Atelier). Une
cérémonie officielle de remise du prix à la lauréate sera organisée
le 7 décembre prochain, à la Sorbonne, sous la présidence de Maurice
Quenet, recteur chancelier des universités de Paris.
Le
prix Françoise Seligmann récompense chaque année les écrits ou
les actions visant à faire reculer le racisme, l'injustice et l¹intolérance.
Fatima Besnaci-Lancou succède
aux deux protagonistes du Pacte de Genève, le Palestinien Yasser Abed
Rabo et l¹Israélien Yossi Beilin, qui l’avaient obtenu en 2004 pour
leur combat pour une paix juste et durable au Proche-Orient. ¢
|
|
|
Le
coup de cœur de Harkis et Vérité pour: |
|
par Fatima
BESNACI-LANCOU
Prix
Françoise Seligmann 2005
contre
le racisme et pour la paix
Éditions
de l'Atelier février 2003 128 p. 13 € |
|
Fatima
Besnaci-Lancou livre le témoignage jamais écrit de la guerre
d'Algérie à travers les yeux
d'une enfant d'Algérie dont la famille a été prise entre deux feu.
C'est aussi le témoignage d'une femme qui aura passé quatorze années
dans les camps d'internement du sud de la France. "De toutes
les tragédies collectives qui ont affligé notre temps depuis la
shoah, celle qu'ont vécue les harkis d'Algérie est peut-être pour
nous la plus douloureuse - parce que rien en paraît marquer la fin,
rien ne semble ouvrir la voie à la rédemption ou au pardon, ou plus
justement à un réexamen équitable de ce qui fut, en l'occurrence,
faute, crime, hasard, malchance, poids du destin aveugle" déclarent
Jean Daniel et Jean Daniel en préface de l'ouvrage.
Ce livre retranscrit la complexité de la guerre d'Algérie et bat en
brèche toute vision simplificatrice et manichéenne. Une contribution
à la vérité de l'histoire récente de l'Algérie, étape nécessaire
pour une réconciliation du peuple algérien et un avenir de paix pour
ce pays.¢ |
|
par Dalila
KERCHOUCHE
Éditions
du Seuil septembre 2003 19 € |
|
Bias. Le Camp de Bias.
Pour tous celles et ceux qui ont transité par cet endroit, le seul
fait d'entendre ces mots, et c'est tout un passé douloureux qui
ressurgit. Rares
sont les enfants de harki ayant songé à parler ou écrire sous le
prisme du père ou de la mère. Dalila KERCHOUCHE nous propose dans
son livre "Mon père, ce harki", de revisiter
l'histoire d'un destin haut combien commun à bien des harkis; celui
de son père.
C'est l'histoire d'un exil et d'un transit de camp en camp sous le
signe de l'injustice et du non droit. Tout est dit et écrit sous
une plume qui entend rompre avec le silence, les contradictions, les
paradoxes, les blessures et les passions qui ont façonné quarante
ans de tragédie pour les harkis et leurs enfants. A travers ce
vécu paternel, beaucoup y trouve un peu de leur propre histoire. A
commencer par toutes les personnes qui ont connu ce père, le père
de Dalila. Malheureusement, le temps a fait son oeuvre. Beaucoup de
harkis ne sont plus de ce monde pour s'abreuver de ce très beau
travail d'enquête et de témoignage. Toutefois, le travail de
mémoire débute par des démarches comme celle initiée par Dalila
KERCHOUCHE.¢
|
|
« Les
Français musulmans en Vaucluse 1962-1991 »
par
Abderahmen Moumen
Éditions
L’Harmattan février 2003 208 pages 16,80 € |
|
Abderahmen Moumen prépare une thèse pour le
doctorat en histoire. Son thème de recherche est axé
principalement sur l es rapatriés d’Algérie dans la vallée
du Bas-Rhône. Chercheur, Abderahmen Moumen n’a pas attendu
d’achever ses travaux pour entamer la publication de ses premiers
résultats de recherche. En 2003, il est déjà l’auteur d’une
étude sur les « Français musulmans en Vaucluse ».
On y trouvera le parcours de familles de harkis de la région en
terme de logement, d’engagement associatif, d’emploi ou d’intégration…
Par ailleurs, on lira avec intérêt son dictionnaire
bibliographique sur les rapatriés d’Algérie. C'est en ayant une
information complète sur le sujet étudié que l'on parvient à
aboutir. Abderahmen Moumen nous invite pour un voyage dans ce qui a
fait l'histoire des harkis.¢
Et
aussi « Les
Rapatriés d’Algérie » Dictionnaire
bibliographique
Éditions Jacques Gandini
mars 2003 103 pages |
|
"Mohand
le harki"
par Hadjila
KEMOUM
Éditions
Anne Carrière février 2003 232 pages 16 € |
|
Évoquer
le drame des harkis sous la forme romanesque, c'est ce que nous
propose la
fille de harki Hadjida KEMOUM, auteur du récent roman "Mohand
le harki". A travers l'histoire romancée du harki Mohand et
du ministre gaulliste Philippe JANARD, tout y est. Les conditions
d'engagement, les massacres et l'exil vers la France expliquent la
tragédie de cette frange de la population algérienne.
C'est aussi le cynisme des ministres négociateurs des Accords d'Evian
qui est mis en lumière. Philippe JANARD était le principal négociateur
des accords d'Evian pour le compte du gouvernement français de l'époque.
Il s'est lavé les mains du sort des harkis et de leurs familles.
Cette page de l'histoire de la guerre d'Algérie devient un sujet
tabou. Néanmoins, Philippe JANARD est contraint de revenir sur cette
épisode au début des années 2000, soit 40 ans après la fin de la
guerre d'Algérie.
A travers "Mohand le harki", c'est le cynisme des
gouvernants de l'époque qui est mis en accusation. Mais ce livre ne
relève pas de l'esprit de revanche mais du roman. Il permet au
lecteur de mieux comprendre la destinée des harkis et de leurs
enfants.¢ |
|