Présidentielles

2007

 

 

   

Réveil démocratique de l'électorat harki

Dimanche 6 mai 2007, Nicolas SARKOZY a été élu Président de la République. Il lui revient donc de mener à bien les destinées de la France pour les cinq prochaines années. Reste qu'au cours de la campagne électorale, à l’instar de Ségolène ROYAL, Nicolas SARKOZY a pris toute une série d’engagements à destination de l’électorat harki. La question des harkis ayant fait partie des thèmes de débat, l’électorat harki s’est passionné comme beaucoup de français pour cette campagne présidentielle, un véritable réveil démocratique.
Ce réveil démocratique de l'électorat harki n'aurait pas eu lieu sans tout le travail de sensibilisation mené par les associations de harkis auprès des différents candidats. Pour la première fois, les deux principaux candidats à la présidence de la République ont pris des engagements forts à destination des harkis et de leurs enfants.
Les urnes ont désigné
Nicolas SARKOZY. Il lui revient donc désormais de mettre en oeuvre ses promesses faites à l'électorat harki de reconnaître cette responsabilité tant attendue, de réparer et d'intégrer pleinement les enfants de harkis à la communauté nationale. Dans le domaine de l'insertion et de l'emploi, Nicolas SARKOZY devra mettre en oeuvre cette "double discrimination positive" promise aux enfants de harkis.
Le Comité "Harkis et Vérité" souhaite bonne chance au nouveau Président de la République en espérant que les cinq prochaines années ne se résumeront pas à des engagements non tenus.  Les harkis et plus particulièrement leurs enfants de harkis ne doivent pas être une nouvelle fois déçus. ¢

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Ségolène ROYAL, mes engagements

Harkis et Vérité, le 26 mars 2007

Lundi 26 mars 2007, Ségolène ROYAL, candidate à la présidence de la République, a publié ses engagements en faveur des rapatriés pour les cinq années à venir. Dans le cadre d'une lettre ouverte, la candidate à la présidence de la République entend rompre avec l'amnésie qui a prévalu jusqu'à maintenant au sujet de ce drame.
Trois importantes propositions retiennent tout particulièrement l'attention. Ségolène ROYAL propose l'ouverture des archives, la création d'une commission indépendante sur les massacres de harkis et la fusillade de la rue d'Isly. Ségolène ROYAL propose également l'ouverture d'un droit à répration aux enfants de harkis ayant transité par les camps.
La rédaction de harkisetverite.info ayant pris connaissance du texte de la candidate, cette lettre ouverte est dès à présent publiée sur le site.

 

Le pacte présidentiel

   Paris, le 26 mars 2007       

 

Lettre ouverte aux associations de rapatriés et de harkis

 

Dans le cadre de cette élection présidentielle, vous avez souhaité interroger les différents candidats sur les questions concernant le traitement des conséquences de la Guerre d’Algérie.
Je suis sensible à vos interrogations qui me relient à mon histoire personnelle et à celle de ma famille.
La Guerre d’Algérie et, plus largement la longue période de la colonisation, puis celle, plus courte, et souvent plus dramatique de la décolonisation, ont marqué le destin de nombreux Français.
Je souhaite répondre à leurs interrogations et proposer à la France une politique globale de réconciliation avec son histoire. Le calendrier nous dicte nos responsabilités. Le prochain Président de la République achèvera son mandat en 2012, année du 50ème anniversaire de la fin de la Guerre d’Algérie. Cette année-là doit être celle de la mémoire apaisée. A cette fin, et durant le quinquennat et la législature, je m’engage à mettre en oeuvre une politique structurée autour de quatre grands thèmes.

Mon premier engagement est celui du devoir de la Connaissance

Le Gouvernement, sous mon impulsion, s’engagera à favoriser la recherche historique sur l’ensemble de la période de la colonisation par l’attribution de bourses de recherche, l’ouverture des archives, le soutien aux publications et l’organisation de colloques.

Une commission indépendante sera créée pour traiter les grandes questions qui divisent aujourd’hui les Français :
-  le rôle de la colonisation française
-  les drames liés à la fin de la Guerre d’Algérie (le massacre des Harkis, la fusillade de la rue d’Isly, les tueries d’Oran, le rapatriement des Pieds noirs…).

Chaque année, le ministre des Anciens Combattants présentera au Parlement, dans le cadre du débat budgétaire, l’état de ces recherches.

Mon deuxième engagement est celui du travail de Mémoire

Celui-ci doit pouvoir se développer sans repentance, ni amnésie. Ni la mémoire de la colonisation, ni celle de la guerre d’Algérie n’ont vocation à développer la repentance franco-française mais, au contraire, elles doivent renforcer le partenariat franco-africain et avec les pays de l’ancienne Indochine.
Le Gouvernement, sous mon impulsion, s’engagera à créer une Fondation pour la Mémoire de la colonisation et de la décolonisation. Cette fondation devra fédérer l’ensemble des acteurs qui oeuvrent pour cette mémoire – associations de rapatriés, de harkis, d’anciens combattants et historiens.
Elle recevra la charge de la sauvegarde de l’ensemble des lieux du souvenir de cette période historique dans l’ensemble des pays concernés par cette histoire.
Elle sera également chargée de superviser la création des centres mémoriaux à vocation pédagogique. Enfin, elle aura compétence pour proposer les différents éléments historiques qui pourraient légitimement se retrouver dans les programmes scolaires.

Mon troisième engagement est celui de la solidarité et de la reconnaissance de la Nation.

Je m’engage, tout au long de ce quinquennat, à conduire une politique qui doit approfondir ces droits inaliénables.
Dès ma prise de fonction, je demanderai la création d’une commission du bilan chargée de faire une étude exhaustive des interventions mises en oeuvre par l’État depuis 1962 en faveur des harkis, des rapatriés et des anciens combattants.
Cette commission, présidée par le président de la Cour des Comptes, fera des propositions afin de corriger ou de compléter les droits ouverts.
Je demanderai que ce rapport soit présenté au Gouvernement en novembre 2007 afin d’inscrire au budget 2008 les propositions qu’il retiendra et qui seront présentées au Parlement.
Dès à présent, je m’engage pour que ce Droit à Réparation s’exerce en particulier pour les enfants des harkis ayant transités au moins trois ans dans les camps d’hébergement temporaire, pour les harkis prisonniers de l’ALN, dont le statut devra être celui de prisonnier de guerre, pour les rapatriés oubliés par les différentes lois d’indemnisation et pour l’ensemble des rapatriés pour lesquels des correctifs seront apportés aux lois d’indemnisation.

Mon quatrième engagement est celui de l’avenir.

Le Gouvernement, sous mon impulsion, mettra en place des mesures d’aide systématique aux descendants de harkis qui s’investissent dans la vie économique, la vie sociale et culturelle de la France.
Cet engagement pour l’avenir se traduira également par la proposition de la création d’une année de « la France dans le Monde » en 2012, année dont les rapatriés, les harkis, les anciens combattants seront les acteurs principaux.
« L’obligation de l’avenir » c’est aussi mettre la connaissance des hommes et des femmes qui ont construit les pays et les départements qui étaient sous la responsabilité politique de la France au XIXème et XXème siècle au service de la politique méditerranéenne et plus largement mondiale de la France d’aujourd’hui. 

Élue Présidente de la République, j’aurai besoin de tous celles et ceux qui ont construit la France universelle.

                                                               

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L'association GMH envisage des poursuites en justice aprés les propos de l'UMP Pierre Lellouche

Communiqué de GMH -27 avril 2007 - "M. Bayrou fera ce qu'il voudra. (...) En revanche, les députés qui vont nous rejoindre auront leur place. Ce ne seront pas des harkis ou des chaouch de la majorité présidentielle. Ils seront soutenus au moment des législatives. Ceux qui se mettront contre Nicolas Sarkozy en tireront les conséquences", a résumé le député UMP de Paris Pierre Lellouche.
Ces propos sont confirmés dans un article signé de l’agence Reuters et paru notamment dans le Nouvel observateur. S’agissant des tractations d’appareils, il est devenu de notoriété publique depuis dimanche soir 22 avril, que les Députés UDF sont soumis à une très importante pression pour apporter leurs soutiens au candidat à la présidentielle, en la personne de  monsieur Nicolas SARKOSY. Que monsieur Pierre LELLOUCHE pratique la politique avec l’insulte envers ses homologues hommes politiciens de son rang, ou appartenant au groupe de l’UDF est dégradant pour la démocratie.
Mais, lorsque monsieur Pierre LELLOUCHE, avocat de formation, Député, Délégué général d’une grande organisation politique qu’est l’UMP vient s’attaquer et associer le titre identitaire « Harkis » sans que ceux-ci soient parties prenantes dans l’échange, relève de l’insulte et de la discrimination gratuite. Est-ce cela la fonction d’un député de la nation qui use de sa liberté de parole, voire de son prestige parlementaire pour diffamer l’identité de toutes celles et ceux qui se reconnaissent sous cette appellation de communauté historique que sont les anciens Harkis ?
Cette particulière discrimination de « sous citoyen » est un acte indigne et déloyal d’un responsable politique.
Il n’est nullement permis de faire une autre lecture que celle comprise comme ci-dessus. Le texte et le contexte sont clairs : « M. Bayrou fera ce qu'il voudra. (...) En revanche, les députés qui vont nous rejoindre auront leur place. Ce ne seront pas des harkis ou des chaouch de la majorité présidentielle » Monsieur Pierre LELLOUCHE menace les députés UDF  et porte atteinte à l’honneur et à la considération de l’identité « des harkis » lorsqu’il illustre son propos politique par l’exemple : « Ce ne seront pas des harkis ou des chaouch de la majorité présidentielle ».
Générations Mémoire Harkis ne peut laisser passer de telles dérives du langage qui consistent à imprégner l’opinion publique que les anciens Harkis et leurs descendants sont voués à être des éternels « sous citoyens restés des supplétifs à jamais » comme à l’ époque coloniale.
Monsieur Pierre LELLOUCHE tente de se défendre et se pose en victime dans un communiqué adressé à l’Agence France Presse daté du 25 avril et apporte cette précision : « …J’ai simplement voulu dire que les élus de l’UDF concernés ne seraient pas traités comme des supplétifs de l’UMP, et qu’ils seraient au contraire pleinement reconnus ».
Pour celles et ceux qui n’avaient pas saisi le véritable sens du propos, cette précision enfonce désormais l’auteur des propos dans l’injustifiable ! Peut-être que l’agression n’était pas suffisamment caractérisée ! En effet, en Algérie les anciens Harkis étaient justement des supplétifs de l’armée française et n’étaient pas pleinement reconnus par l’Etat, d’où leur abandon et massacres en 1962 que de nombreux candidats déclarent enfin reconnaître. C’est cette discrimination et insulte qui ont été proférés par monsieur Pierre LELLOUCHE !
 En conséquence, Générations Mémoire Harkis prend acte des regrets formulés par monsieur Pierre LELLOUCHE mais se réserve tous les droits de poursuite y compris judiciaires afin que  de telles insinuations ne se reproduisent plus.¢ 

Smail BOUFHAL

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Des associations de harkis s'indignent de l"insulte" de M. Lellouche

AFP 27 avril 07 -15h31 - Trois associations de harkis se sont indignées vendredi de récents propos du député UMP Pierre Lellouche jugés insultants à leur égard.
L'élu avait déclaré mardi que les députés UDF qui vont rejoindre Nicolas Sarkozy pour le second tour de l'élection présidentielle "ne seront ni des harkis ni des chaouch (domestiques, factotums) de la majorité présidentielle, ils auront pleinement leur place et seront soutenus au moment des législatives".
Ces propos relèvent de "l'insulte et de la discrimination gratuite", a réagi Générations Mémoire Harkis, association basée en Seine-Maritime.
L'association "ne peut laisser passer de telles dérives de langage, qui consistent à imprégner l'opinion publique de l'idée que les anciens harkis et leurs descendants sont voués à être d'éternels sous-citoyens restés supplétifs à jamais", ajoute-t-elle, en annonçant qu'elle "se réserve le droit de poursuites".
La Coalition nationale des Harkis, rassemblant 14 associations du Nord-Pas-de-Calais, s'étonne sur son site internet que "l'auteur d'une loi contre le racisme et l'antisémitisme (un texte adopté en février 2003 visant à aggraver les peines punissant les infractions à caractère raciste, ndlr) puisse "tenir des propos quasi-racistes".
"La Coalition Nationale des Harkis et des Associations de Harkis condamne, fermement, les présentes dérives et, exhorte Nicolas Sarkozy à (...) le sanctionner de manière exemplaire", poursuit-elle. "Nous demandons à Monsieur Lellouche de faire des excuses publiques devant les caméras de la chaîne sur laquelle il s'est exprimé", a exigé l'Union nationale des Harkis (UNH), basée en Seine-Saint-Denis, après avoir estimé que ses propos étaient "blessants".
Selon l'historien Philippe Denoix, 91.000 harkis, ces supplétifs de l'armée française en Algérie et leurs familles, s'étaient installés en France au lendemain de la guerre d'Algérie entre 1962 et 1968.
Après les accords d'Evian du 19 mars 1962, plusieurs dizaines de milliers de harkis avaient été massacrés par le FLN.
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"Des harkis ou des chaouch..."

.PARIS (Reuters) - 24.04.07 | 17h58 - Rassembler sans se renier pour Nicolas Sarkozy, tendre la main sans rogner sur sa gauche pour Ségolène Royal : l'inconnue centriste pèse sur la campagne du candidat de l'UMP et de sa rivale socialiste, à la recherche de l'équation la plus efficace pour une victoire le 6 mai. Quand Nicolas Sarkozy refuse les "combinaisons d'appareils" en proposant un rassemblement à ses conditions, Ségolène Royal invite François Bayrou à "prendre ses responsabilités" en vue d'"un dialogue ouvert et public" sur le programme socialiste.
La candidate socialiste a été sans détour mardi : elle veut que "les choses aillent vite", même si elle se défend de toute "pression" ou "ultimatum" envers le président de l'UDF, qui fera connaître ses intentions mercredi lors d'une conférence de presse à 15h30 dans un grand hôtel parisien. Ségolène Royal a décidé de multiplier les signaux en direction du pôle centriste, recevant mardi l'ancien président de la Commission européenne Jacques Delors, qui a validé sa "démarche d'ouverture". Vendredi à Lyon, le président du Conseil italien Romano Prodi, autre figure du centre-gauche européen, participera à un meeting de la candidate socialiste.
Durant la campagne, François Bayrou avait déclaré que son Premier ministre idéal serait un Jacques Delors "en plus jeune".
Le candidat centriste a fédéré 6,8 millions de suffrages (18,57%) lors du premier tour de la présidentielle. Une manne précieuse pour Ségolène Royal, qui dispose d'un réservoir naturel de voix inférieur à 37%.
Contraint à la neutralité s'il veut pérenniser sa stratégie "anti-système" et conforter son indépendance, François Bayrou devrait annoncer la création d'une grande formation du centre et inviter ses électeurs à reprendre leur liberté : certains pourraient choisir de rejoindre leur famille d'origine, droite ou gauche, d'autres de poursuivre sur la voie de l'iconoclasme en se livrant à un "tout sauf Royal" ou un "tout sauf Sarkozy" ou opter pour le bulletin blanc ou l'abstention.

"DES HARKIS OU DES CHAOUCH..."

Les sondages réalisés depuis dimanche sur le report des voix bayrouistes offrent des prédictions contrastées. Selon une enquête Ipsos-Dell pour SFR et Le Point diffusée mardi, l'électorat de François Bayrou se reporterait davantage sur Ségolène Royal que sur Nicolas Sarkozy, dans une proportion de 38%-35%; 27% s'abstiendraient ou ne s'exprimeraient pas.
A l'UMP, où l'on aime à souligner avec le candidat que "c'est le fort qui tend la main", on taxe la stratégie socialiste de "marchandage" et on fait valoir l'impossible "grand écart" de Ségolène Royal "entre François Bayrou et Olivier Besancenot".
Le Premier ministre, Dominique de Villepin, a souligné mardi à l'issue d'un déjeuner à Matignon avec Nicolas Sarkozy la "volonté" et l'"ambition" de rassemblement du candidat de l'UMP dans une démonstration d'unité soigneusement mise en scène.
Pour Nicolas Sarkozy, "la formule, c'est pas de négociations d'appareils mais parler aux Français et aux élus", a résumé Bernard Accoyer, président du groupe UMP de l'Assemblée, à l'issue d'une réunion des parlementaires UMP avec le candidat.
Sans négliger un soupçon de menace en vue des élections législatives des 10 et 17 juin, au fil de tractations qui ne disent pas leur nom.
François Fillon, présenté comme l'un des favoris pour Matignon si Nicolas Sarkozy est élu, s'est chargé du rappel à l'ordre à l'adresse des élus UDF.
L'ancien ministre prévient dans Le Figaro qu'il y aura "un problème aux élections législatives" si François Bayrou n'apporte pas un soutien clair au candidat de l'UMP. Dans cette hypothèse, l'UMP présenterait un candidat contre chaque sortant centriste. Mais l'UDF pourrait riposter en provoquant des triangulaires - dans 469 circonscriptions, selon Le Monde.
"M. Bayrou fera ce qu'il voudra. (...) En revanche, les députés qui vont nous rejoindre auront leur place. Ce ne seront pas des harkis ou des chaouch de la majorité présidentielle. Ils seront soutenus au moment des législatives. Ceux qui se mettront contre Nicolas Sarkozy en tireront les conséquences", a résumé le député UMP de Paris Pierre Lellouche. Six députés, deux sénateurs et l'unique ministre UDF du gouvernement, Gilles de Robien, se sont ralliés à Nicolas Sarkozy avant le premier tour. André Santini précise dans Le Figaro qu'"une douzaine d'autres" pourraient franchir le pas. L'UDF compte 29 députés et 33 sénateurs.
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Narbonne : les fils de harkis tentés par la gauche

Journal Le Midi libre le 8 avril 2007- A. PERNIA - « Nous étions des racailles avant l'heure ». Il y a seize ans, sur ce même terrain de la cité des Oliviers de Narbonne, Abdelkader Bouaziz affrontait les CRS avec d'autres fils de harkis. Jets de pierre, barricades, voitures incendiées, arrestations. Les revendications : dignité pour les pères, travail pour les fils. Et puis, plus rien. « Tout cela nous a finalement causé du tort. Aujourd'hui, nous sommes dans la même situation sur le plan de l'emploi et du logement », poursuit Abdelkader, 44 ans, intérimaire, père de deux enfants et toujours locataire de cette cité gérée par la Sonacotra. A l'image de Mohamed, 80 ans, qui porte une veste de treillis comme pour rappeler son passé militaire au service de la France et qui égrène ses choix électoraux depuis 1964 : « De Gaulle, Pompidou, Giscard, Chirac », Abdelkader votera à droite le 22 avril prochain. Mais ce choix n'est plus vraiment celui des plus jeunes de la cité. "Ils voteront pour Ségolène", croit-il savoir.
"Ils voient qu'avec la droite rien n'a vraiment changé depuis trente ans et maintenant, ils se mélangent avec les beurs et prennent pour eux ce que dit Sarkozy sur la racaille ou le kärcher." Le drame des harkis a toujours tenu au fait qu'ils étaient considérés comme des étrangers par les « Européens » et comme des traîtres par les immigrés. En seize ans, ce qui a changé, c'est peut-être l'oubli chez les jeunes beurs de l'histoire de la guerre d'Algérie. Le passé s'est estompé, fils de harkis et fils d'immigrés finiraient par se trouver des points communs, dont un pourrait être dans deux semaines le rejet de la droite. 
Un vote socialiste malgré les propos de Frêche sur les sous-hommes ? « Les harkis de Montpellier sont des mendiants. La ville les a aidés et ils vont dans le camp adverse, Frêche a eu raison », soutient Abdelkader, rejoint en cela par Dali Krim le président de l'Union des harkis de Narbonne qui ne cache pas ses préférences à gauche. Lui aussi a participé aux événements de 1991 : « Aujourd'hui, c'est un retour au point zéro. On a beau faire, on n'est toujours pas considéré comme des Français à part entière, seul compte le faciès. » Dali Krim votera à gauche.
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SARKOZY sur les pas de CHIRAC

Harkis et Vérité le 1er avril 2007 : Samedi 31 mars, le président de l’UMP et candidat à la présidence de la République Nicolas SARKOZY a présenté, comme Jacques CHIRAC en 1995 et en 2002, une série de promesses à destination de l’électorat harki.
Après avoir été ministre d’Etat des gouvernements RAFFARIN et VILLEPIN et président de la formation politique de droite qui a combattu avec fermeté toute reconnaissance de responsabilité dans le drame des harkis, Nicolas SARKOZY découvre subitement la situation des harkis et de leurs enfants en cette période électorale. Le président de l’UMP promet aujourd’hui aux familles de harkis ce qu’il leur a refusé hier.
Une telle versatilité doit-elle être prise avec sérieux à la veille d’échéances électorales majeures ? 
Si l’on veut bien comprendre, Nicolas SARKOZY promet de reconnaître la responsabilité du pouvoir gaulliste de l’époque dans l’abandon et les massacres de harkis en 1962 ainsi que dans l’accueil des familles de harkis rescapées dans des camps entre 1962 et 1981. Une droite qui se revendique encore aujourd’hui de l’héritage gaulliste est-elle prête à faire son mea culpa ? On peut fortement en douter.
Pour l’heure, Nicolas SARKOZY s’en tient aux décevants propos de Jacques CHIRAC de 2001 en se comptant de les répéter : "La France, en quittant le sol algérien, n’a pas su empêcher les massacres". Ces propos sonnent comme de mauvaises augures pour les familles de harkis.
Nicolas SARKOZY s’inscrit dans les pas de Jacques CHIRAC. Au lendemain de chacune de ses deux élections à la présidence de la République, Jacques CHIRAC s’était empressé de ranger au placard ses promesses aux harkis et à leurs enfants. Le traitement des harkis durant tout ce quinquennat ne peut être que très éclairant sur le sort prochain des promesses du candidat SARKOZY.
Bizarrement, le candidat n’a pas évoqué le bilan d
e l’UMP à propos des harkis et de leurs enfants après cinq années de pouvoir. Il est vrai que le bilan est difficile à assumer.¢ 

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Parti socialiste a reçu les associations de harkis

Paris le 13 mars 2007 - Plusieurs associations de harkis ont été auditionné au siège du Parti socialiste rue de Solférino à Paris. Le directeur de cabinet de François Hollande et député européen Stéphane Lefoll accompagné de Robert Gaia, responsable national du PS chargé des rapatriés et des harkis et de Jacques Bascou, député de l'Aude chargé de la question harkie au groupe socialiste à l'Assemblée Nationale ont dialogué durant prés deux heures avec les responsables associatifs de la communauté harkie. 
En perspective de l'élection présidentielle, un certain nombre de propositions ont été étudiées et proposées aux responsables de Parti socialiste. " La loi du 23 février 2005 vous a fortement déçu. Il nous faut répondre à cette déception" a déclaré Robert Gaia. Pour le président du Comité "Harkis et Vérité", " cette rencontre nous a permis de présenter des propositions en vue de l'obtention d'avancées importantes en matière de vérité sur ce drame, de réparation et d'insertion des enfants de harkis. Nous avons eu en face de nous des dirigeants politiques mesurant bien les attentes et surtout le mécontentement exprimé par les rapatriés au cours du quinquennat ". A l'issue de la réunion, Stéphane Lefoll, directeur de cabinet de François Hollande, a salué la qualité de ces échanges. Après avoir auditionné les responsables associatifs de la communauté harkie, la candidate soutenue par le parti socialiste Ségolène Royal devrait prochainement présenter ses engagements sur ce dossier.
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Au fil des mois

Le CHV appelle à voter le 6 mai Ségolène ROYAL

Harkis et Vérité, le 18 avril 2007

Dimanche 6 mai 2007, l’électorat harki et « rapatriés » sera appelé à faire un choix décisif. C’est pourquoi le Comité « Harkis et Vérité » appelle l’ensemble du monde « rapatriés » à se mobiliser autour de Ségolène ROYAL pour qu’un travail de vérité soit mené au cours du prochain quinquennat.

Il est temps aujourd’hui de mettre un terme à 40 ans d’hypocrisie de la droite à destination des harkis. Cette hypocrisie est actuellement exprimée par le candidat de l’UMP à la présidence de la République. Nicolas SARKOZY promet aujourd’hui de reconnaître la responsabilité de la France après l’avoir refusé hier au Parlement.

Harkis, enfants de harkis et rapatriés en général, les quarante dernières années de promesses de la droite nous ont conduit qu’à des déceptions et des souffrances. L’UMP se revendique encore aujourd’hui de l’époque gaulliste. Or, qui a abandonné et parqué les harkis dans des camps en France ? Cette droite dont se revendique le candidat Nicolas SARKOZY n’est pas prête à faire son mea culpa vis à vis du drame des harkis et des rapatriés. Faut-il évoquer les ambiguïtés de la droite au sujet de la commémoration 19 mars ? L’UMP donne l’illusion d’être opposée à cette date alors que dans le même temps, nombreux sont les élus UMP a inauguré des places, avenues et rues en hommage au 19 mars 1962. De qui se moque-t-on ? Le temps est venu de rompre avec le double discours de la droite dans le domaine de la reconnaissance et de la réparation.

A l’égard des enfants de harkis, Nicolas SARKOZY promet une double discrimination positive. Ces promesses rappellent les engagements de Jacques CHIRAC prévoyant de créer des quotas d'emplois en faveur des enfants de harkis. Personne n’y croit plus, sauf l’UMP au moment des élections. Ces dernières années ont été terribles pour les enfants de harkis. Fichés et gérés dans l’illégalité la plus totale, les enfants de harkis ont été cantonnés dans un quotidien qui s’est résumé à du chômage et de la précarité.

Désabusés, trompés, méprisés par la droite, les harkis ont tout de même gardé espoir. Aujourd’hui, au delà du discours mensonger de la droite, les harkis et leurs enfants ont le choix de saisir la main tendue de Ségolène ROYAL afin qu’une grande politique de vérité, de justice et de réparation soient  mise en œuvre dans le cadre de la future grande loi en faveur des harkis et des rapatriés qu’entend porter le Parti Socialiste.

Tous celles et ceux qui souhaitent voir la droite sanctionnée sur la politique honteuse des camps qu’elle a fait subir aux familles de harkis doivent saisir le bulletin de Ségolène ROYAL pour exprimer leur rejet de la droite. C’est pour cela que le Comité Harkis et Vérité appelle à la mobilisation autour de Ségolène ROYAL. Pour le Comité Harkis et Vérité, la jeunesse harkie sait que ce n’est pas le général de Gaulle qui a sauvé les harkis. Et parce que l’accueil des harkis et de leurs enfants en France par les gouvernement de droite a été indigne, le 6 mai prochain, ils sanctionneront le candidat de la droite Nicolas SARKOZY.

Avec le soutient des enfants de harkis et des rapatriés, Ségolène ROYAL deviendra la prochaine présidente de la République !¢

Charles TAMAZOUNT
Président du Comité "Harkis et Vérité"
Juriste, diplômé en science politique
Enseignant à l'Université

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Ségolène ROYAL, son désir d’avenir pour les harkis

Harkis et Vérité, le 6 mars 2007

Les harkis et leurs enfants ont beaucoup souffert de la guerre d’Algérie. Construire une enfance et une destinée avec une tel héritage historique ne fut pas chose facile. Si l’issue tragique de la guerre d’Algérie a frappé terriblement les harkis, le conflit algérien a aussi bouleversé la trajectoire de certaines françaises et français. Parmi eux,  Ségolène Royal. Candidate à la présidence de la République, celle que beaucoup de médias présentent de façon caricaturale comme une parisienne aisée et éloignée des difficultés du français moyen, a été marquée par les tragédies humaines nées lors la fin de la guerre d’Algérie.
          Durant tout le conflit algérien, le père de la candidate, Jacques ROYAL, servit en Algérie comme officier de l'armée française. Après le 19 mars 1962, l’officier ROYAL rentra en France complètement bouleversé par la sortie gaulliste du conflit algérien. D’après le journal Le Monde, « il reviendra se sentant floué, angoissé d'avoir laissé les harkis qu'il sait voués à une mort inévitable. Antigaulliste absolu. Crachant sur l'hypocrisie des politiques. Marqué par une amertume profonde ». C’est avec un père fortement bouleversé par la tragédie de la guerre d’Algérie que Ségolène ROYAL affronte l’adolescence et les études supérieures. Intelligente et brillante, aidée par des bourses universitaires, elle intégre l’ENA à la fin des années 70.
          A sa sortie de l’École, elle embrasse une carrière politique qui la conduit à être aujourd’hui candidate à la présidence de la République. Sa pensée politique tout comme ses thèmes de campagne sont nécessairement imprégnés de son histoire personnelle. Sur la question de la mémoire de la guerre d’Algérie, Ségolène ROYAL déclarait en mai 2006 : « ce qui compte, c'est que la France soit au clair avec son histoire et toutes celles et ceux qui la composent et qui ont souffert... parce qu'ils étaient engagés avec leurs convictions. Je pense aux Algériens qui ont vécu la répression mais je pense aussi aux harkis et à leurs souffrances. Étant fille d'un officier qui a été engagé dans la guerre d'Algérie, avec les ordres qu'il avait reçus et ses convictions, je mesure l'importance de la prise de parole récente sur cette période de l'histoire » déclarait-elle.
          Sur ce sujet, son ambition vise à accorder à chacune des mémoires issues de la guerre d’Algérie toute la place qu’elles méritent au sein de la vie nationale. C’est ainsi que lors d'un de ses premiers meetings de campagne, le 17 janvier 2007 à Toulon, Ségolène ROYAL affirma avec solennité : « je veux une France qui assume avec lucidité une histoire partagée, respectueuse de toutes les mémoires et accueillante à tous les siens. (…) Ni amnésie, ni repentance, je veux une France capable de porter un regard apaisé et de poser des mots justes sur son histoire. (…) Je veux que les enfants des harkis et ceux des militants du FLN, ceux qui vont à la synagogue, à la mosquée, au temple, à l'église et ceux qui n'y vont pas fassent vivre entre eux cette valeur de fraternité qui est le plus beau message de la République… ».
          Cette ambition, la candidate à l’élection présidentielle l’a réaffirmé dans son « pacte présidentiel » et notamment lors de son grand discours de Villepinte le 11 février 2007 : «  Je veux une république de la reconnaissance et de la responsabilité… L'histoire des outre-mer n'est pas périphérique, c'est notre histoire commune, l'esclavage et la colonisation en font partie et doivent trouver toute leur place dans les programmes scolaires ». Ses prises de positions au sujet de la mémoire de la guerre d’Algérie permettent à Ségolène ROYAL de présenter désormais une alternative à la politique de la droite dans le domaine de la mémoire.
           Son désir d’avenir pour les harkis l’avait déjà conduit en 2003 à interpeller le gouvernement  à l’Assemblé Nationale sur la situation des harkis et des rapatriés en général. Députée des Deux Sèvres, le 15 décembre 2003, Ségolène ROYAL s’inquiétait de « la situation des anciens combattants rapatriés d'Algérie, pieds-noirs ou harkis, qui attendent toujours une véritable et totale reconnaissance de sa responsabilité par l'État. Certes, des lois d'indemnisation, bien tardives, ont permis de couvrir une partie des pertes subies en capital, mais l'État n'a pas rempli la totalité de ses obligations. (..) Pour ce qui est de la situation des harkis, l'État doit renforcer les aides et les moyens mis en place, notamment pour l'acquisition d'un logement, la revalorisation et le versement global de l'indemnisation forfaitaire, mais aussi prendre des mesures d'envergure pour les deuxième et troisième générations. Plus qu'une date de commémoration symbolique imposée par décret gouvernemental, je demande donc de leur assurer une réparation morale et matérielle en complétant les dispositions d'indemnisation, en corrigeant les inégalités et en réparant les oublis ». Malgré cette interpellation de Ségolène ROYAL, le gouvernement demeura sourd aux attentes des harkis et des rapatriés en général. Pour la candidate de « Désirs d’avenir », cette surdité gouvernementale doit prendre fin le 6 mai 2007 avec l’arrivée d’une présidente de la République à l’Élysée.
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L'UMP Pierre LELLOUCHE sera-t-il sanctionné ?

Harkis et Vérité, le 26 avril 2007

Le porte-parole de Ségolène ROYAL Arnaud MONTEBOURG (en photo) a vivement réagi auprès de l'AFP  ce jeudi 26 avril après les propos tenus par l'UMP Pierre LELLOUCHE à destination des députés UDF (voir la dépêche AFP Arnaud Montebourgpubliée sur notre site). Proche collaborateur du candidat Nicolas SARKOZY, le député UMP de Paris Pierre LELLOUCHE a déclaré mardi 25 avril 2007 sur France 3 que "M. Bayrou fera ce qu'il voudra. (...) En revanche, les députés qui vont nous rejoindre auront leur place. Ce ne seront pas des harkis ou des chaouch de la majorité présidentielle. Ils seront soutenus au moment des législatives. Ceux qui se mettront contre Nicolas Sarkozy en tireront les conséquences". Ces propos de l'UMP Pierre LELLOUCHE ont choqué et blessé l'électorat harki.
Lors d'un forum organisé par le Nouvel Observateur ce jeudi 26 avril, l'éminent historien et spécialiste de la Guerre d'Algérie Benjamin STORA s'est interrogé sur la pratique du double discours de l'UMP au sujet des harkis.  Benjamin STORA a déclaré qu' "il est regrettable que ces mots, "harkis" ou " chaouchs", continuent d´être utilisés dans le vocabulaire politique actuel car cela renvoie à un temps révolu, celui de la colonisation, décidément qui n´arrive pas à passer. Cela est effectivement surprenant dans la mesure où Nicolas Sarkozy dans ses discours de Toulon, de Nice, de Montpellier, de Marseille, a expliqué qu´il fallait redonner leur place sociale, politique et culturelle, aux harkis dans la société française. On peut s´interroger sur cette pratique de double langage".
Porte-parole de Ségolène ROYAL Arnaud MONTEBOURG exige aujourd'hui des "excuses immédiates et publiques aux harkis" et demande que l'UMP prenne ses responsabilités afin que Pierre LELLOUCHE soit sanctionné pour ces propos indignes et blessants.
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Montebourg proteste contre des déclarations de Lellouche évoquant des harkis

  PARIS (AFP) -26 avril 2007- 19:37 - AFP Général - Arnaud Montebourg, porte-parole de Ségolène Royal, a protesté contre des déclarations trahissant du "mépris" à l'égard des harkis faites par Pierre Lellouche mardi et diffusées sur France 3, au sujet des députés UDF qui appelleraient à voter pour le candidat de l'UMP.
Le député UMP de Paris avait déclaré que les députés UDF qui vont rejoindre Nicolas Sarkozy pour le second tour de la présidentielle "ne seront ni des harkis ni des cheouch de la majorité présidentielle, ils auront pleinement leur place et seront soutenus au moment des législatives".
Pour M. Montebourg, "cette façon de parler trahit le mépris dans lequel ce député UMP tient nos compatriotes harkis, qu'il assimile dans son langage courant à des domestiques, ce que signifie en arabe le mot "cheouch".
Il demande au député UMP de "faire des excuses immédiates et publiques aux harkis".
Il s'interroge aussi : "M. Lellouche recevra-t-il une sanction de la part de l'UMP, sa formation politique, à l'instar de Georges Frêche sanctionné par le Parti socialiste ?".
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Benjamin STORA : " "harkis" ou " chaouchs" renvoie à un temps révolu, celui de la colonisation "

Forum du Nouvel Observateur, le 26 avril 2007

Question d'un internaute : Bonjour. Quand le député UMP Pierre Lellouche dit que les députés de l´UDF qui rejoignent l´UMP ne seront "ni Harkis et ni chaouchs", je comprend dans cette sémantique l´idée qu´il se font à l´UMP de harkis et chaouchs : à savoir des traitres. Alors que Sarkozy est allé leur faire une danse à Toulon et à Nice. Pour moi c´est très parlant. Qu´en pensez-vous ?

Benjamin STORA : Il est regrettable que ces mots, "harkis" ou " chaouchs", continuent d´être utilisés dans le vocabulaire politique actuel car cela renvoie à un temps révolu, celui de la colonisation, décidément qui n´arrive pas à passer. Cela est effectivement surprenant dans la mesure où Nicolas Sarkozy dans ses discours de Toulon, de Nice, de Montpellier, de Marseille, a expliqué qu´il fallait redonner leur place sociale, politique et culturelle, aux harkis dans la société française. On peut s´interroger sur cette pratique de double langage.¢

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"Des harkis ou des chaouch"

  PARIS (Reuters) - 24.04.07 | 17h58 - Rassembler sans se renier pour Nicolas Sarkozy, tendre la main sans rogner sur sa gauche pour Ségolène Royal : l'inconnue centriste pèse sur la campagne du candidat de l'UMP et de sa rivale socialiste, à la recherche de l'équation la plus efficace pour une victoire le 6 mai. Quand Nicolas Sarkozy refuse les "combinaisons d'appareils" en proposant un rassemblement à ses conditions, Ségolène Royal invite François Bayrou à "prendre ses responsabilités" en vue d'"un dialogue ouvert et public" sur le programme socialiste.
La candidate socialiste a été sans détour mardi : elle veut que "les choses aillent vite", même si elle se défend de toute "pression" ou "ultimatum" envers le président de l'UDF, qui fera connaître ses intentions mercredi lors d'une conférence de presse à 15h30 dans un grand hôtel parisien. Ségolène Royal a décidé de multiplier les signaux en direction du pôle centriste, recevant mardi l'ancien président de la Commission européenne Jacques Delors, qui a validé sa "démarche d'ouverture". Vendredi à Lyon, le président du Conseil italien Romano Prodi, autre figure du centre-gauche européen, participera à un meeting de la candidate socialiste.
Durant la campagne, François Bayrou avait déclaré que son Premier ministre idéal serait un Jacques Delors "en plus jeune".
Le candidat centriste a fédéré 6,8 millions de suffrages (18,57%) lors du premier tour de la présidentielle. Une manne précieuse pour Ségolène Royal, qui dispose d'un réservoir naturel de voix inférieur à 37%.
Contraint à la neutralité s'il veut pérenniser sa stratégie "anti-système" et conforter son indépendance, François Bayrou devrait annoncer la création d'une grande formation du centre et inviter ses électeurs à reprendre leur liberté : certains pourraient choisir de rejoindre leur famille d'origine, droite ou gauche, d'autres de poursuivre sur la voie de l'iconoclasme en se livrant à un "tout sauf Royal" ou un "tout sauf Sarkozy" ou opter pour le bulletin blanc ou l'abstention.

"DES HARKIS OU DES CHAOUCH..."

Les sondages réalisés depuis dimanche sur le report des voix bayrouistes offrent des prédictions contrastées. Selon une enquête Ipsos-Dell pour SFR et Le Point diffusée mardi, l'électorat de François Bayrou se reporterait davantage sur Ségolène Royal que sur Nicolas Sarkozy, dans une proportion de 38%-35%; 27% s'abstiendraient ou ne s'exprimeraient pas.
A l'UMP, où l'on aime à souligner avec le candidat que "c'est le fort qui tend la main", on taxe la stratégie socialiste de "marchandage" et on fait valoir l'impossible "grand écart" de Ségolène Royal "entre François Bayrou et Olivier Besancenot".
Le Premier ministre, Dominique de Villepin, a souligné mardi à l'issue d'un déjeuner à Matignon avec Nicolas Sarkozy la "volonté" et l'"ambition" de rassemblement du candidat de l'UMP dans une démonstration d'unité soigneusement mise en scène. Pour Nicolas Sarkozy, "la formule, c'est pas de négociations d'appareils mais parler aux Français et aux élus", a résumé Bernard Accoyer, président du groupe UMP de l'Assemblée, à l'issue d'une réunion des parlementaires UMP avec le candidat. Sans négliger un soupçon de menace en vue des élections législatives des 10 et 17 juin, au fil de tractations qui ne disent pas leur nom. François Fillon, présenté comme l'un des favoris pour Matignon si Nicolas Sarkozy est élu, s'est chargé du rappel à l'ordre à l'adresse des élus UDF.
L'ancien ministre prévient dans Le Figaro qu'il y aura "un problème aux élections législatives" si François Bayrou n'apporte pas un soutien clair au candidat de l'UMP. Dans cette hypothèse, l'UMP présenterait un candidat contre chaque sortant centriste. Mais l'UDF pourrait riposter en provoquant des triangulaires - dans 469 circonscriptions, selon Le Monde.
"M. Bayrou fera ce qu'il voudra. (...) En revanche, les députés qui vont nous rejoindre auront leur place. Ce ne seront pas des harkis ou des chaouch de la majorité présidentielle. Ils seront soutenus au moment des législatives. Ceux qui se mettront contre Nicolas Sarkozy en tireront les conséquences", a résumé le député UMP de Paris Pierre Lellouche. Six députés, deux sénateurs et l'unique ministre UDF du gouvernement, Gilles de Robien, se sont ralliés à Nicolas Sarkozy avant le premier tour. André Santini précise dans Le Figaro qu'"une douzaine d'autres" pourraient franchir le pas. L'UDF compte 29 députés et 33 sénateurs.¢

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Vives protestations dans la communauté harkie après l'appel lancé à voter Sarkozy

PARIS (AFP) -19/04/2007 - 19:03

L'appel lancé jeudi à la communauté harkie par le Comité national de liaison des harkis (CNLH) à voter pour Nicolas Sarkozy au premier tour de la présidentielle a suscité, vendredi, de vives protestations parmi la nébuleuse des associations harkies. "Nous avons le sentiment désagréable, une fois de trop, d'une prise en otage, par des représentants autoproclamés, de toute une partie de la population que l'on enferme dans un déterminisme électoral sans possibilité d'en sortir jamais", écrit ainsi dans un communiqué adressé à l'AFP le président des harkis de Reims, Ali Aissaoui.
 
    Selon plusieurs porte-parole d'associations harkies, celles-ci seraient plus de 500 sur tout le territoire, une véritable nébuleuse. Certaines représentent une communauté de plusieurs dizaines de familles, comme l'association 2ID-Harkis du Loiret qui affirme représenter quelque 80 familles. D'autres communautés sont numériquement beaucoup plus importantes, comme à Roubaix, par exemple, où la communauté compte entre 9.000 et 10.000 familles.
 
    Selon l'historien Philippe Denoix, 91.000 harkis, ces supplétifs de l'armée française, et leurs familles s'étaient installés en France au lendemain de la guerre d'Algérie entre 1962 et 1968. Aujourd'hui, les harkis et leurs descendants seraient plusieurs centaines de milliers. De très nombreuses associations ont affirmé jeudi ne pas se reconnaître dans l'appel lancé mercredi par le président du CNLH, qui affirme représenter 150 associations et appelle la communauté harkie "à voter pour Nicolas Sarkozy dès le premier tour".
 
    L'association Harkis et droits de l'homme a ainsi fait savoir: "nous n'appelons pas à voter pour Monsieur Sarkozy qui, rappelons-le, a eu cinq années pour réaliser ce qu'il promet aujourd'hui". L'Union nationale des Harkis associés et sympathisants a affirmé, elle, que M. Azni "ne représente que lui-même".

    L'association 2ID-Harkis du Loiret souligne également que "toutes les associations (...) concernées n'ont pas été consultées pour se prononcer sur cet appel qui n'engage que lui".
 
    La plupart de ces associations de harkis ne donnent pas de consigne de vote, même si certaines ne cachent pas que leurs préférences vont clairement à gauche. Des multiples communiqués d'associations reçues jeudi par l'AFP, seul le Comité "Harkis et Vérité" "appelle à la mobilisation autour de Ségolène Royal". Plusieurs associations soulignent aussi que le 10 avril, le PS a publié un communiqué dans lequel il reconnaît "la responsabilité de l'abandon volontaire des harkis par le gouvernement français en 1962". Cette affirmation répond à une des principales revendications harkies depuis 45 ans.
 
Après les accords d'Evian du 19 mars 1962, plusieurs dizaines de milliers de harkis avaient été massacrés par le FLN.
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Le Parti Socialiste reconnaît la responsabilité de l’abandon volontaire des Harkis par le gouvernement français en 1962

Harkis et Vérité, le 11 avril 2007

Le premier secrétaire du Parti Socialiste François HOLLANDE a reçu les représentants des associations de harkis ce mardi 10 avril 2007 au siège du Parti Socialiste rue de Solferino à Paris. François HOLLANDE était accompagné de Robert GAIA, responsable national  chargé des rapatriés et des harkis au Parti Socialiste, de Stéphane Le FOLL, directeur de cabinet du 1er secrétaire et député européen ainsi que de Jacques BASCOU, député socialiste de l'Aude chargé des rapatriés et des harkis au groupe socialiste à l'Assemblée Nationale. Quinze jours après que la candidate à la présidence de la République Ségolène ROYAL ait présenté ses engagements aux harkis, plusieurs dirigeants d'associations de harkis se sont félicités de la publication de la lettre ouverte du 26 mars dernier et ont souhaité faire de leurs sentiments. Après deux heures de débat, le premier secrétaire du Parti Socialiste a tenu à rappeler tout le travail parlementaire des députés socialistes au cours du quinquennat. La reconnaissance de la responsabilité avait été proposée par le Parti Socialiste lors des débats de la loi du 23 février 2005 relative aux rapatriés, la majorité UMP l'a refusé malgré la mobilisation des harkis et a voté contre l'amendement socialiste allant dans ce sens.

A l'issue de la réunion, un communiqué officiel du Parti Socialiste fut rédigé, diffusé et dont la teneur est la suivante : "François HOLLANDE a reçu ce jour, le 10 avril, plusieurs associations représentantes de Harkis. Après un large tour d’horizon, d’un commun accord et dans la continuité des engagements pris par Ségolène Royal, le Parti socialiste reconnaît la responsabilité de l’abandon volontaire des Harkis par le gouvernement français en 1962. La nouvelle majorité adoptera un texte sur cette reconnaissance explicite. Le Parti socialiste ne saurait avoir, s’il accède à la direction du pays, une position différente de celle qu’il a dans l’opposition. En effet, le groupe socialiste à l’Assemblée nationale avait déposé un amendement à la loi de février 2005 reconnaissant cet abandon. Cet amendement n’avait pas été accepté par la majorité UMP/UDF."

Le Comité "Harkis et Vérité" se félicite pleinement de la proposition du Parti Socialiste d'inscrire la responsabilité de l’abandon volontaire des Harkis par le gouvernement français en 1962 dans une loi. Au delà d'une simple déclaration sur la responsabilité, cette démarche du PS aura le mérite d'instaurer le grand débat national qu'appelle de leurs voeux les harkis et les rapatriés autour de ce drame et qu'ils leur a été refusé par la majorité UMP lors du vote de la loi du 23 février 2005.

 

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Ce site est dédié à la mémoire des 150 000 harkis massacrés en 1962 après la fin de la Guerre d'Algérie