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Dernière minute

Harkis : un sénateur PS appelle à la reconnaissance de la responsabilité de la France

Harkis et Vérité - 12 novembre 2005 - Au Sénat, le 6 octobre 2005, le sénateur PS du Tarn Jean-Marc PASTOR a rappelé au Premier ministre Dominique de VIllepin "le souhait de reconnaissance par la population harkie de l'attitude indigne de la France à son égard en raison de l'abandon des combattants et de leurs familles à un destin qui entraîna la mort dans des conditions atroces pour nombre d'entre eux ; et en raison de leur relégation, pour les harkis qui avaient pu rejoindre la France, dans des camps ou des hameaux de forestage où leur intégration était très difficile. Si notre pays veut assumer son histoire, comme le déclarait récemment M. le Président de la République lors de sa visite à Madagascar, et s'il compte demander légitimement à d'autres Etats de reconnaître leurs propres responsabilités dans des drames passés qui les impliquent, nul ne comprendrait qu'il ne s'impose le même effort de vérité. IL lui demande donc ce qu'il entend faire pour que son gouvernement reconnaisse solennellement que la République française a été responsable de l'abandon des harkis à l'occasion de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie." ¢

Expulsion de la veuve d'un harki : la préfecture fait du zèle

Libération -  Gilbert LAVAL - Jeudi 03 novembre 2005 - «Il n'y a même pas les vis pour remonter les meubles...» Expulsée jeudi de sa maison à Pïa (Pyrénées-Orientales), dont la propriété lui est contestée par la justice, la veuve de Harki Fattoum Ameur, fonctionnaire territorial à Perpignan, est perdue dans le bric-à-brac déposé dans un appartement HLM voisin par les déménageurs. Aucun de ses recours auprès de la Commission nationale des rapatriés n'a abouti. Sa fille Nadia a entamé une grève de la faim. La cour d'appel de Montpellier doit rendre le 7 novembre sa décision quant au droit de Fattoum Ameur d'occuper cette maison. La préfecture des Pyrénées-Orientales a préféré ne pas attendre.¢

Plainte en diffamation de harkis : l'amiral de Gaulle et Midi Libre relaxés

MONTPELLIER (AFP) - Le tribunal correctionnel de Montpellier a relaxé jeudi l'amiral Philippe de Gaulle, qui était poursuivi pour diffamation par des harkis pour des propos rapportés par le Midi Libre.

Le quotidien a également été relaxé.

Dans un article du quotidien régional daté du 2 avril 2004, le fils du général de Gaulle s'était indigné qu'on accuse ce dernier d'avoir "abandonné les Français d'Algérie" et "laissé massacrer plus d'un million de personnes", affirmant que "tout le monde ne voulait pas partir, comme ces 100.000 harkis qui ont rejoint l'armée algérienne".

Philippe de Gaulle avait fait ces déclarations peu après la sortie de son livre intitulé "De Gaulle, mon père".

Trois harkis s'étaient dits "profondément choqués" par ces propos et avaient porté plainte pour "diffamation publique à l'encontre d'agents d'une autorité publique", demandant notamment 10.000 euros de dommages et intérêts.

A l'audience du 8 septembre à laquelle assistaient une soixantaine de harkis et de proches, trois témoins, cités par la partie civile, avaient souligné "la responsabilité" du général de Gaulle à cette époque.

Les harkis "ont été abandonnés, désarmés et laissés à la merci des rebelles, il y a eu beaucoup de massacres", avait affirmé l'un d'eux.

L'avocat des plaignants, Me Pierre Courbis, avait qualifié les propos "insensés et inédits" de Philippe de Gaulle de "diffamatoires", demandant "une juste condamnation" dans cette affaire.

Pour Me Jean-Claude Zylberstein, l'avocat de M. de Gaulle, cette affaire était un "mauvais procès" pour lequel "il aurait été préférable que les deux parties s'expliquent dans une publication ou lors d'un débat" public.

Me Zylberstein avait demandé la relaxe de son client tout comme Me Laurent Salleles, l'avocat du Midi Libre.
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 La LDH interpelle sur la responsabilité de la France

Harkis et Vérité - 23  septembre 2005 -- Par un courrier daté du 20 septembre 2005, le Président de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), Jean-Pierre DUBOIS, a interpellé le Président de la République sur la situation des harkis et de leurs familles. Après avoir rappelé les conditions de leur abandon en 1962, le Président de la LDH a souligné "les discriminations inouïes infligées ensuite en France aux rescapés et à leur famille, parqués dans des camps, maintenus en marge de la société, condamnés à des emplois médiocres ou à l’assistanat pur et simple, tandis que leurs enfants subissaient une scolarité amputée."  En conclusion de sa lettre, l'association de défense des droits de l'homme invite le Président de la République à "reconnaître publiquement les responsabilités de la France" dans le drame des harkis.¢  

La loi du 23 février 2005 : une erreur colossale

Harkis et Vérité - 16 septembre 2005 -- D'après le magazine l'Express, l'Hôtel Matignon aurait qualifié d' "erreur colossale"  l'adoption de la loi du 23 février 2005 relative aux rapatriés. Sur le terrain de la réparation comme sur le volet de la mémoire, ce texte a suscité un fort mécontentement dans le monde rapatrié ainsi que parmi les universitaires. Pour Matignon, "ce n'est pas au Parlement de légiférer sur la mémoire, c'est au peuple et aux historien de l'entretenir". Malgré ce désaveu gouvernemental vis à vis de cette loi, le gouvernement demeure toutefois chargé de mettre en application la loi du 23 février 2005. Comprenne qui pourra.¢  

Alger tend la main aux harkis

ALGER (AP) -- Alger tend la main aux harkis. Au cours d'un meeting jeudi, à Oran, dans le cadre de "la Charte sur la paix et la réconciliation nationale" soumise à référendum le 29 septembre prochain, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a affirmé que parmi les erreurs commises dans le passé figurait le traitement du dossier des familles de harkis.
Il s'agit d'Algériens engagés par l'armée française comme supplétifs durant la guerre d'Algérie et qui sont devenus français après l'indépendance. Avec leurs descendants, ils forment une communauté de 400.000 personnes, vivant en majorité dans le Sud de la France.
"Nous avons commis des erreurs à l'encontre des familles et des proches des harkis et n'avons pas fait preuve de sagesse. Nous avons suscité en eux un sentiment de haine et de rancoeur, portant ainsi un préjudice au pays", a reconnu le président Bouteflika. Il a ajouté qu' "une grande partie de la crise qu'avait connue le pays était due à cette très grave erreur; et aujourd'hui nous faisons face à une problématique similaire".
Cette déclaration constitue un adoucissement considérable du langage des autorités algériennes puisque lors d'une visite en France, le président Bouteflika avait qualifié les harkis de "collabos". On estime que plusieurs milliers de ceux qui n'ont pu franchir la Méditerranée en 1962 et ont été abandonnés à leur sort par la France après l'indépendance ont été massacrés.
Concernant le projet de Charte sur la réconciliation nationale, le chef de l'Etat a affirmé qu'il proposait aux Algériens "d'être tolérants" et "de pardonner" aux égarés ayant subi l'influence de ceux qui ont falsifié la religion.
Dans cet esprit et rappelant encore une fois qu'il ne proposait pas une amnistie générale, le président Bouteflika a appelé les Algériens réfugiés à l'étranger à revenir.
"S'ils veulent rentrer au pays, je serais le plus heureux des hommes", a affirmé M. Bouteflika en précisant que son appel s'adressait à ceux qui sont "à l'étranger, condamnés par contumace, qui n'ont pas commis d'actes de violences, n'ont pas participé à des actes de violence" mais que "des idées politiques ont conduit en Europe et en Amérique".
Le président algérien a annoncé, à la mi-août, le
référendum sur "un projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale", destiné à "faire cesser l'effusion du sang" en Algérie, qui a vécu, durant les années 90, une décennie de violence qui a fait plus de 150.000 morts, selon une estimation officielle. AP¢  

Plainte contre l'Amiral de Gaulle, jugement le 6 octobre

MONTPELLIER-  France 3 - 8 septembre 2005  Le tribunal de grande instance de Montpellier a mis jeudi en délibéré au 6 octobre le jugement concernant une plainte en diffamation de harkis contre l'amiral Philippe de Gaulle auquel ils reprochent ses propos dans un entretien au Midi Libre. Dans un article du quotidien régional daté du 2 avril 2004, le fils du général de Gaulle s'était indigné qu'on accuse ce dernier d'avoir "abandonné les Français d'Algérie" et "laissé massacrer plus d'un million de personnes", affirmant que "tout le monde ne voulait pas partir, comme ces 100.000 harkis qui ont rejoint l'armée algérienne". Trois harkis s'étaient dits "profondément choqués" par ces propos et avaient porte plainte. Ils ont demandé notamment 10.000 euros de dommages et intérêts. Trois témoins, cités par la partie civile, ont souligné "la responsabilité du général de Gaulle à cette époque. Les harkis "ont été abandonnés désarmés et laissés à la merci des rebelles", a affirmé l'un d'eux. L'avocat des plaignants Me Pierre Courbis a qualifié les propos "insensés et inédits" de Philippe de Gaulle de "diffamatoires", demandant "une juste condamnation" dans cette affaire. Une soixantaine de harkis assistaient à l'audience. Le jugement a été mis en délibéré au 6 octobre.¢  

Report de l'examen d'une plainte de harkis contre l'amiral de Gaulle

MONTPELLIER, 9 juin 2005 (AFP) - Le tribunal correctionnel de Montpellier a reporté au 8 septembre l'examen, prévu jeudi, d'une plainte en diffamation de harkis contre l'amiral Philippe de Gaulle auquel ils reprochent ses propos dans un entretien au Midi Libre. Dans un article du quotidien régional daté du 2 avril 2004, le fils du général de Gaulle s'était indigné qu'on accuse ce dernier d'avoir "abandonné les Français d'Algérie" et "laissé massacrer plus d'un million de personnes", affirmant que "tout le monde ne voulait pas partir, comme ces 100.000 harkis qui ont rejoint l'armée algérienne". Cinq harkis originaires de Charente, Charente-Maritime et des Vosges s'étaient dits "profondément choqués" par ces propos.¢  

L'Assemblée Nationale examine le projet de loi sur les rapatriés le 10 février 2005

Le 3 février 2005 - La conférence des présidents de l'Assemblée Nationale a annoncé pour le jeudi 10 février 2005 l'examen en deuxième lecture du projet de loi sur les rapatriés.

La commission des affaires culturelles et sociales de cette assemblée a étudié  le texte mardi 21 décembre 2004, soit quelques jours après l'adoption du projet de loi par le Sénat. Adopté à la va-vite et à la veille des fêtes de fin d'année, le travail des députés en commission n'a pas été facilité. Dès lors, le projet de loi n'a pu être amélioré en commission. 

Par ailleurs, le gouvernement semble souhaiter une adoption de ce projet de loi conforme au texte voté par le Sénat. A cette fin, les députés de droite ont repoussé tous les amendements proposés en commission. Le projet de loi finalement adopté par la commission des affaires culturelles et sociales est conforme à celui du Sénat.

Seuls des amendements présentés lors de l'examen dans l'hémicycle le 10 février pourront faire évoluer le texte.¢   

 

 


 

L'Assemblée Nationale se saisit de l'article 4 de la loi du 23 février 2005 

Harkis et Vérité, le 20 novembre 2005

Le 10 novembre dernier, le député socialiste du Nord Bernard DEROSIER a déposé sur le bureau de l'Assemblée Nationale, une proposition de loi visant à abroger l'article 4 de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés. Cet article de loi dispose notamment que "les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer". Au lendemain de l'adoption de la loi du 23 février 2005, cette disposition n'a cessé de provoquer stupeur et mécontentement au niveau international, au sein du monde enseignant, des historiens et universitaires de France, tout comme dans le tissu syndical et associatif dont des associations de défense des harkis. En lieu et place du fameux débat sur le drame des harkis lié à la décolonisation et à ses tragiques dénouements, l'actuelle majorité a préféré orienter le débat sur les "bienfaits de la colonisation". Quel gâchis!

     Pour le Président du groupe socialiste de l'Assemblée Nationale Jean-Marc AYRAULT, "il n'appartient pas au législateur d'écrire l'histoire". Et de rappeler que cette mesure était "inacceptable" et "constituait une réhabilitation de la colonisation française". Pour le député-maire de Nantes, l'Assemblée Nationale va se saisir de cette proposition de loi dans la cadre du mécanisme de la niche parlementaire qui permet aux différents groupes parlementaire d'inscrire à l'ordre du jour des assemblées certaines de leurs propositions de loi.

    La proposition de loi du député du Nord Bernard DEROSIER a été renvoyée en commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Le 16 novembre, la commission des affaires culturelles, familiales et sociales a chargé le même Bernard DEROSIER de rapporter le texte. La proposition de loi sera étudiée en commission le mercredi 23 novembre à 9h30 avant d'être ensuite examinée dans l'hémicycle en séance plénière le mardi 29 novembre 2005.

    Quelle est l'opinion du gouvernement face à cette proposition de loi ? Depuis le dépôt du texte sur le bureau de l'Assemblée Nationale, aucun membre du gouvernement n'a souhaité s'exprimer de manière officielle pour préciser la position qu'adoptera le gouvernement le 29 novembre dans l'hémicycle face à cette proposition de loi. Toutefois, la presse a récemment fait état de la position du Premier Ministre et du Président de la République sur cette sensible affaire d'article 4 de la loi du 23 février 2005. D'après le magazine l'Express du 22 août dernier, Matignon aurait qualifié l'article 4 de cette loi "d'erreur colossale". Pour sa part, le Président de la République Jacques CHIRAC aurait, d'après le journal Le Monde du 18 octobre 2005, qualifié l'article 4 de la loi du 23 février 2005 de "grosse connerie" à l'approche de la signature d'un traité d'amitié franco-algérien.

     A la lumière de ces éléments, l'article 4 de la loi du 23 février 2005 sera-t-il abrogé? Réponse le 29 novembre prochain... ¢

Dépôt d'un recours devant le Conseil d'État contre le décret du 17 mai 2005

Harkis et Vérité, le 10 septembre 2005

        Le vendredi 9 septembre, à l'issue de son bureau exécutif de rentrée réuni à Paris, le Comité "Harkis et Vérité" a annoncé qu'un recours pour excès de pouvoir a été déposé devant le Conseil d'État contre le décret du 17 mai 2005 édicté par le gouvernement en application de l'article 6 de la loi du 23 février 2003 relative aux rapatriés. Le décret du 17 mai 2005 a organisé et imposé aux familles de harkis des modalités de choix entre la rente Jospin et la sortie du dispositif de rente Jospin par le versement d'un capital de 30 000€.

        D'après le texte de la requête dont harkisetverite.info a pu prendre connaissance, le Comité "Harkis et Vérité" demande au Conseil d'État d'annuler le décret du 17 mai 2005 et d'enjoindre au gouvernement de prendre les mesures nécessaires au maintien de la rente avec le versement du capital de 30 000€. Le texte de la requête réclame également que cette injonction au gouvernement soit assortie d'une astreinte de 10 000€ par jour de retard.

       Pour obtenir l'annulation du décret du 17 mai 2005, le Comité développe dans sa requête d'une dizaine de pages, toute une série d'arguments juridiques notamment fondés sur les atteintes à la Convention européenne des droits de l'homme qu'engendre l'application de la loi du 23 février 2005 et son décret d'application du 17 mai à l'égard des familles de harkis. "La rente Jospin est un droit acquis pour les harkis et leurs veuves. En modifier son régime juridique comme l'a fait l'actuelle majorité avec la loi du 23 février 2005 en instaurant un tel dispositif de choix quand on connaît l'âge avancé des personnes concernées, c'est une remise en cause pure et simple d'un droit acquis. Or la convention européenne prohibe ce genre de remise en cause des droits acquis" a déclaré le Président du Comité "Harkis et Vérité". 

        Le gouvernement présentera ses observation au cours de la procédure. "Nous sommes confiants. Le Droit est avec nous. A la Justice de se prononcer maintenant" a déclaré le secrétaire général du Comité à l'issue de la réunion. Réponse dans quelques mois. ¢

Les harkis après la loi sur les rapatriés

Harkis et Vérité, le 14 mai 2005

    Le projet de loi sur les rapatriés est devenu la loi du 23 février 2005. L'examen de ce texte par le parlement avait suscité beaucoup d'espoirs chez les familles de harkis. En ce sens, les débats parlementaires sont riches d'enseignement. 

    La responsabilité de l'État dans le drame des harkis, l'instauration d'une véritable réparation pour les harkis et l'ouverture d'un droit à réparation en faveur des enfants de harkis ayant transité par les camps avaient été proposés par les parlementaires de l'opposition, notamment les députés socialistes. Avec l'adoption de ces amendements, des avancées auraient pu être saluées.

     Reste que le gouvernement n'a pas souhaité répondre aux attentes des harkis et de leurs enfants. Le principal argument avancé par le gouvernement pour repousser ces avancées reposait sur le fait qu'il serait nécessaire de laisser les historiens travailler sur le drame des harkis avant de légiférer sur les avancées proposées par les parlementaires socialistes.

     Alors même qu'il existe aujourd'hui un consensus sur le drame des harkis, le gouvernement et sa majorité ont finalement préféré légiférer sur des thèmes tels que le rôle de la colonisation ou la fixation de la date de la fin de la guerre d'Algérie.

    Élaborée unilatéralement et sans concertation, la loi sur les rapatriés n'a finalement pas suscité de consensus parlementaire et n'a pas été adoptée à l'unanimité des députés. Comme l'ont souligné les parlementaires socialistes lors du vote final du projet de loi,  voter contre ce texte est un non d'espoir et d'avenir pour faire évoluer un texte qui ne répond pas aux attentes des principaux intéressés.¢

L'amiral Philippe de Gaulle poursuivi pour diffamation par des harkis

(AFP) Montpellier, 14 avril 2005 

      L'amiral Philippe de Gaulle est poursuivi pour diffamation par des harkis à la suite d'un entretien accordé au quotidien régional Midi Libre, a-t-on appris jeudi de source judiciaire. L'audience au tribunal correctionnel de Montpellier a été fixée au 9 juin.

      Dans un article de Midi Libre daté du 2 avril 2004, le fils du général de Gaulle s'indignait qu'on accuse ce dernier d'avoir "abandonné les Français d'Algérie" et "laissé massacrer plus d'un million de personnes", affirmant que "tout le monde ne voulait pas partir, comme ces 100.000 harkis qui ont rejoint l'armée algérienne". Cinq harkis, originaires des départements de Charente, Charente-Maritime et des Vosges, ont été "profondément choqués" par ces propos, a indiqué à l'AFP leur avocat Me Pierre Courbis. Selon lui, l'amiral de Gaulle laisse entendre que "les harkis ont rallié en masse l'armée ennemie et qu'ils seraient responsables de leur propre massacre survenu après l'indépendance en Algérie, alors que nombre d'entre eux se sont vus refuser le droit de venir en France".

       Contacté par l'AFP, l'avocat de M. de Gaulle, Me Jean-Claude Zylberstein, a estimé que les magistrats "n'ont pas à se faire juge de l'histoire". "La justice a mieux à faire qu'à trancher des querelles historiques", a-t-il souligné, estimant en outre que son client n'avait "pas jeté l'opprobre sur les harkis en général".¢

Les sénateurs réclament un bilan de la politique de l'emploi pour les enfants de harkis

Harkis et Vérité, le 4 février 2005

          Le chômage frappe durement les enfants de harkis. Ce qui devrait être une priorité des pouvoirs publics fait aujourd'hui l'objet de simples circulaires. Le quota d'emplois publics promis aux enfants de harkis par l'actuel président de la République semble être passé aux oubliettes. Aujourd'hui, sous l'appellation "d'accompagnement renforcé vers l'emploi", le gouvernement prétend avoir une politique pour l'emploi des enfants de harkis.  Pourtant, trois ans après son arrivée, le chômage des enfants de harkis semble toujours d'actualité.

          C'est pourquoi, au Sénat, des parlementaires s'inquiètent de la situation de l'emploi des enfants de harkis. Claude HAUT, sénateur socialiste du Vaucluse a interpellé, en fin d'année, le gouvernement sur ce sujet et demandé un bilan de la politique des circulaires et notamment sur "la circulaire interministérielle qui mobilise, depuis juillet 2003, les services préfectoraux, le service public de l'emploi et les services de la formation professionnelle en faveur de l'emploi des enfants de harkis. Ce dispositif doit permettre de faire bénéficier à de nombreux jeunes d'un accompagnement renforcé pour compléter leur formation ou trouver un emploi." Et le sénateur socialiste de finir par demander au gouvernement "de lui transmettre un bilan " étape " de ce dispositif et le nombre de jeunes qui ont pu bénéficier d'un emploi au sein de nos services publics."

          Cette interpellation parlementaire était d'autant plus souhaitable que la dernière circulaire en vigueur et applicable à la communauté harkie, celle du 15 mars 2004, a pris fin le 31 décembre dernier.¢

Entre colère et amertume lors de l'examen du projet de loi sur les rapatriés au Sénat 

Harkis et Vérité, le 6 janvier 2005

          Ce 16 décembre 2004, il est 17h10 quand une enfant de harki hurle depuis les tribunes du Sénat : "c'est honteux monsieur le rapporteur!". Ce cri de colère est lâché après que le sénateur UMP, rapporteur du projet de loi, ait fait part de son avis défavorable à l'amendement proposé par les sénateurs socialistes tendant à accorder une indemnisation de 20 000€ aux enfants de harkis ayant vécu dans les camps. L'avis défavorable ayant été confirmé par le ministre représentant le gouvernement, le président de séance réclame l'expulsion de cette fille de harki des tribunes ouvertes au public.

          De là, par solidarité avec cette jeune fille de harki en colère, des enfants de harkis présents dans les tribunes organisent un mouvement de protestation dans les couloirs du Palais du Luxembourg. Des slogans fusent dans les cages d'escaliers jouxtant les tribunes du public : "Justice pour les harkis! Non à un nouvel abandon!". Entre amertume et colère, les enfants de harkis souhaitent faire entendre leur voix au sein des locaux du Sénat. Après un quart d'heure de siting à proximité de l'hémicycle, les enfants de harkis sont invités par les autorités du Sénat à quitter le Palais du Luxembourg.

          Malgré cet incident, le Sénat poursuit l'examen du projet de loi. Toutefois, un certain froid a gagné les débats. Le cœur n'y est plus. L'examen des amendements donne lieu systématiquement, dans la majorité des cas, à un rejet gouvernemental. La responsabilité de l'État dans ce drame, l'emploi des enfants de harkis, leur indemnisation, la lutte contre les discriminations dont ils sont victimes, toutes ces améliorations proposées par le sénateurs socialistes n'ont pas trouvé leur place au sein du projet de loi. La majorité UMP et le gouvernement ont repoussé toutes les avancées significatives proposés par l'opposition.

          Finalement, le texte adopté par le Sénat n'a pas amélioré le projet de loi voté par l'Assemblée Nationale. Au contraire, il serait même en retrait. Le mot "harkis" disparaît de la quasi totalité des dispositions du projet de loi. Par ailleurs, la protection juridique du mot "harkis" ne semble plus être d'actualité. En faisant supprimer l'article 7 du projet de loi par le Sénat, le gouvernement a mis un terme à l'espoir de voir un jour le terme "harkis"  protégé juridiquement. 

          Pour rassurer la communauté harkie, la majorité de Droite renvoie à la lecture de l'article 1er quinquies du projet de loi, tous celles et ceux qui cherchent à comprendre. Cet article affirme tout simplement qu'il est interdit de diffamer, d'injurier les harkis ou de faire l'apologie des crimes commis à leur égard. Avec une simple interdiction morale et non juridique à  l'article 1er quinquies, le gouvernement entend donner l'impression de répondre à une attente des familles de harkis. Rien qu'une impression.

          En réalité, l'article 1er quinquies sera inapplicable dans la pratique. Juridiquement, aucun magistrat prendra le risque de réprimer d'éventuelles diffamations et injures proférées à l'égard de la communauté harkie sur la base de cet article. Tout simplement parce que cet article 1er quinquies, pour être applicable, doit relever du droit pénal. Or en droit pénal, on ne peut réprimer une interdiction sans avoir préalablement prévu légalement la sanction et la peine applicables. Interdire sans sanction pénale, cela correspond à rien interdire juridiquement.

         La question de la protection du terme juridique "harkis" démontre que ce projet de loi a été élaboré sans concertation et dans la précipitation. Les harkis et leurs enfants seront-ils un jour entendu par ce gouvernement ? Réponse lors de l'examen du projet de loi en deuxième lecture à  l'Assemblée Nationale.¢

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Ce site est dédié à la mémoire des 150 000 harkis massacrés en 1962 après la fin de la Guerre d'Algérie