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Dernier numéro de la Revue "Harkis et Vérité" de décembre 2004

Retrouvez l'actualité harkis dans votre boîte au lettre :

Une fresque peinte par des enfants juifs en 1942 vandalisée à Rivesaltes

RIVESALTES (Pyrénées-Orientales), 12 juin 2004 (AFP) - Une fresque réalisée par des enfants juifs en 1942 sur le mur de la baraque du Secours suisse de l'ancien camp de concentration de Rivesaltes, près de Perpignan, a été vandalisée à coups de burin, a-t-on appris samedi auprès de la préfecture des Pyrénées-Orientales.
La fresque, retrouvée dans un bâtiment en ruine, représente sur plusieurs mètres des paysages bucoliques de montagne et met en scène des personnages et des animaux.
Destinée à faire partie du futur Mémorial aux populations étant passées par le camps de Rivesaltes (républicains espagnols, juifs, tziganes, harkis), elle avait été protégée par du grillage.
Le ou les auteurs des dégradations ont écarté le grillage à l'aide d'outils avant de marteler à coups de burin la fresque, en particulier les personnages, a-t-on précisé en préfecture.
"C'est un acte prémédité", a estimé le préfet des Pyrénées-Orientales, Thierry Lataste, qui a fait part de son "émotion" et de "indignation" après s'être rendu dès samedi après-midi sur place. Lors de sa visite, un bref hommage a été rendu aux 110 enfants juifs qui ont vécu dans ce camp avant d'être déportés.
"Aucune inscription n'a été relevée", a-t-on ajouté de même source.
"Cette fresque représente un paysage très bucolique, très beau, qui a été laissé par des enfants qui ont connu un destin tragique. C'est chargé d'émotions et on ne peut pas comprendre ce qui a pu motiver quelqu'un pour procéder à des dégradations, qui sont une véritable profanation", a déclaré M. Lataste.

En compagnie du maire de Rivesaltes, André Bascou, et de M. Benguigui, délégué départemental de l'Association des filles et fils de déportés juifs, le préfet a déposé une gerbe, à une centaine de mètre de la fresque, au pied d'un monument à la mémoire des populations ayant vécu dans ce camp.
Cette sculpture avait d'ailleurs fait l'objet de dégradations il y a environ un an, a indiqué M. Lataste.
Durant la Seconde guerre mondiale, le camp de Rivesaltes a accueilli 4.500 juifs et tziganes (2.313 d'entre eux seront ensuite exterminés à Auschwitz).
La baraque abritant la fresque, numéro 12 de l'îlot K, avait été affectée par l'administration à un organisme humanitaire, le Secours suisse, et servait de foyer, d'infirmerie et de réfectoire.
Des enfants avaient peint cette fresque à l'initiative d'une infirmière suisse, Friedel Reiter.
Le bâtiment qui abrite cette fresque, comme les autres baraquements encore debout, sont aujourd'hui à l'abandon.
La fresque avait d'ailleurs été oubliée pendant de nombreuses années, car elle avait été recouverte de chaux, avant qu'elle ne soit redécouverte en 1999.
Une enquête a été ouverte et les gendarmes ont notamment recueilli samedi les fragments de la fresque qui étaient tombés au sol.
C'est un historien de passage sur le site qui a constaté vendredi l'acte de vandalisme et alerté le quotidien L'Indépendant.

Le maire de Paris favorable à la mémoire des harkis

20 avril 2004 - Le maire de Paris Bertrand Delanoë a défendu la mémoire des harkis dans le cadre de l'inauguration d'une place commémorant la fin de la guerre d'Algérie. Avec une place du 19 mars 1962, "Je n'ignore aucune des morts survenues après cette date", a dit le maire : harkis ou Français d'Algérie. Je suis un Français né en Afrique du Nord, comment pourrais-je ignorer la souffrance de mes parents ?" a déclaré le maire de Paris lors de la cérémonie ayant eu lieu prés de la gare de Lyon à Paris.

Journée de dialogue et d'échange à Grenoble

19 avril 2004 - Le groupe "Femmes et filles de harkis" La ligue des Droits de l'Homme Le Mrap
L'école de la Paix L'association Coup de soleil L'Odti de Grenoble Le Musée Dauphinois se réunissent autour des enfants de harkis, le samedi 24 avril 2004 à Grenoble - Espace St Martin, 93 cours Berriat de 9 h 30 à 17 h 30.
Le  thème  est  : "LES ENFANTS DE HARKIS A LA RECONQUÊTE DE L'ESPÉRANCE".

Des harkis manifestent à Toulouse contre le projet de loi sur les rapatriés

TOULOUSE, 20 mars 2004 (AFP) - Une centaine de harkis selon la police, 500 selon les organisateurs, ont manifesté samedi à Toulouse pour marquer leur opposition à un projet de loi sur l'indemnisation des rapatriés.

Les manifestants, habitants de Midi-Pyrénées et présidents d'associations de harkis du Grand Sud, ont défilé derrière une banderole où il était écrit "42 ans d'indifférence, justice pour les harkis", scandant des slogans tels que "Chirac trahison, Mekachera démission".

Abdallah Krouk, porte-parole des harkis de Midi-Pyrénées, a expliqué que "le gouvernement en place n'a pas tenu ses promesses faites avant l'élection présidentielle, au sujet notamment du logement, de l'aide à l'emploi et la création d'entreprise".

"Nous contestons fortement la date du 5 décembre pour célébrer la fin du conflit en Algérie et nous rejetons le projet de loi qui a été élaboré sans nous consulter une fois de plus", a-t-il ajouté.

 

La permanence d'une député UMP occupée par des harkis à Toulon

TOULON, 18 mars (AFP) - Une dizaine de harkis selon la police, une vingtaine selon les organisateurs, occupaient pacifiquement jeudi dans la matinée la permanence d'une députée UMP de Toulon, Geneviève Lévy, pour protester contre le projet de loi adopté le 10 mars sur les rapatriés qu'ils qualifient d'"inacceptable".

"Nous voulons le retrait de ce projet de loi inacceptable", a déclaré Salah Baadache, le président du collectif des harkis du Var.

 

Le Sénat examine le projet de loi sur les rapatriés

Harkis et Vérité, le 15 décembre  2004

     Le jeudi 16 décembre, le Sénat examine le projet de loi sur les rapatriés. Le sénateur Alain GOURNAC a été chargé de rapporter le texte au sein de l'hémicycle. Le texte du projet de loi a été examiné par la commission des affaires sociales du Sénat le mercredi 8 décembre dernier.

     Cinquante sept amendements ont été déposés sur ce texte. Les amendements déposés sur les premiers articles devraient provoquer de vifs débats. En effet, la reconnaissance de la responsabilité de France devrait être à l'ordre du jour. Parmi les amendements déposés, trois concernent la reconnaissance de responsabilité de la France dans le drame des harkis. L'amendement le plus élaboré vise à une reconnaissance de responsabilité dans les massacres et dans la politique des camps. Cet amendement n° 35 de Gisèle PRINTZ, sénateur PS de Moselle, est ainsi rédigé : "La Nation reconnaît ses responsabilités envers les Français rapatriés et dans l'abandon des supplétifs et assimilés. Elle reconnaît l'ampleur des massacres commis après les accords d'Evian à l'égard des civils français, des militaires et des civils algériens engagés à ses côtés, ainsi qu'à l'égard de leur famille." 

       Pour cette dernière, "le présent projet de loi doit donner l'occasion de reconnaître la responsabilité de la Nation qui n'a pas protégé ses ressortissants des massacres, des enlèvements, et des disparitions qui ont suivi le cessez-le-feu du 19 mars 1962. A la suite des accords d'Evian, les Français résidant en Algérie et les Musulmans français, notamment les harkis, ont été laissés sans protection véritable malgré la présence de l'armée française. Des milliers de personnes ont été enlevées, emprisonnées, tuées, souvent après de terribles tortures, et parfois par familles entières. Il faut que dignité et justice soient enfin reconnues aux rapatriés de toutes origines et aux harkis" déclare madame Gisèle PRINTZ dans l'exposé des motifs de son amendement.

        Toujours sous la houlette de cette élue socialiste de Moselle, un amendement n°38 a été déposé afin de défendre le droit à la rente revalorisée à 2800€ avec versement du capital de 30000€ aux harkis. Pour Gisèle PRINTZ, "le projet de loi n'apporte aucune amélioration financière, et remet en cause de manière subreptice l'acquis de la rente viagère allouée aux anciens supplétifs et assimilés. Il apparaît plus juste et protecteur de prévoir que cette rente viagère continuera, comme l'État s'y est engagé, à être versée régulièrement. Par ailleurs, l'indemnité en capital doit venir, conformément aux engagements oraux pris, s'ajouter à l'allocation de reconnaissance, et non s'y substituer". En l'état, le projet de loi remet en cause la pérennité d'un des droits acquis pour les harkis, à savoir le maintient de la fameuse rente instituée en 1999 par le gouvernement JOSPIN. 

        Par ailleurs, le groupe des sénateurs socialistes a déposé plusieurs amendements axés sur les enfants de harkis dont un vise à ouvrir le droit à une réparation financière pour les enfants de harkis.

        Aussi, il faut noter un amendement déposé par la sénateur PS de Paris Bariza KHIARI à propos de l'aide prioritaire que les pouvoirs publics doivent mobiliser en faveurs des enfants de harkis : "Les enfants d'anciens supplétifs ou assimilés sont prioritaires à ce titre pour l'entrée dans les dispositifs d'aide à l'insertion sociale, à l'orientation et à la formation professionnelle, à la validation des acquis de l'expérience et à la création d'entreprise" précise l'amendement de cette élue parisienne. "Cet amendement tend à prendre en compte les difficultés spécifiques auxquelles se sont heurtées dans leur scolarité et leur insertion professionnelle nombre d'enfants de harkis, et qui ont trop souvent abouti à des situations d'exclusion. Il est donc nécessaire de prendre en compte cette spécificité afin de les inscrire en tant que tels parmi les publics prioritaires des actions d'insertion et de formation professionnelle" précise-t-elle dans l'exposé des motifs.

       Parmi la soixantaine amendements déposés, une bonne partie émane de la majorité actuelle. Ces derniers sont essentiellement des amendements rédactionnels visant à améliorer la rédaction du texte. Reste que si le projet de loi est modifié au cours des débats, l'Assemblée Nationale sera saisie du projet de loi en deuxième lecture.¢

Le maire de Paris, son projet en faveur des harkis 

Harkis et Vérité, le 1er décembre  2004

           Lors du Conseil de Paris du 15 novembre 2004, la municipalité de Paris a annoncé un projet d’hommage au drame des harkis. La mairie Bertrand Delanoë, maire de Parisde Paris prévoit en effet de sceller dans Paris une plaque en hommage aux victimes de cette tragédie. Cette démarche confirme les propos tenus par Bertrand DELANOË lors de la premier journée nationale d’hommage aux harkis le 25 septembre 2001. A l’époque, interrogé par une association de rapatriés sur ce qu’il entendait faire pour honorer la mémoire des harkis, Bertrand DELANOË avait déclaré « je veux le faire..., c'est à dire que si je veux que ce soit bien fait, je dois le faire avec ceux qui portent cette histoire et cette mémoire. » Et de finir par conclure: « je suis évidemment très disponible pour concevoir avec eux les gestes qui conviennent ».

             Depuis son élection à la tête de la mairie de Paris, cet ami de l’Afrique du Nord a souhaité que toutes les victimes de la Guerre d’Algérie soient honorées par la capitale. En ce sens et au terme de sa première mandature, Bertrand DELANOË aura permis à Paris d’avoir un regard sur les victimes de la répression du 17 octobre 1961, sur les anciens appelés souhaitant commémorer le 19 mars et enfin sur la mémoire du drame des harkis. Au cours des 20 dernières années, aucun maire de Paris n’avait osé une telle démarche en faveur de toutes ces victimes.

           Les enfants de harkis seront sensibles à cette démarche du maire de Paris, favorisant, par la même le dialogue entre les différentes mémoires et une écriture sereine et apaisée de l’histoire de la Guerre d’Algérie.■

  Les députés socialistes réclament une commission d'enquête parlementaire sur le drame des harkis

Harkis et Vérité, le 20 juin 2004

     Le 11 juin 2004, lors du débat parlementaire ayant précédé le vote du projet de loi sur les rapatriés, les parlementaires socialistes avaient annoncé leur intention de créer une commission d'enquête parlementaire sur les responsabilités de l'Etat dans le massacre de nombreuses victimes civiles, rapatriés et harkis aprés la date officielle du cessez le feu de la Guerre d'Algérie. Une résolution en ce sens a été déposé sur le bureau de l'Assemblée Nationale. "Harkis et Vérité" publie le texte de cette résolution tendants à la création d'un commission d'enquête parlementaire sur le drame des harkis.

Texte de la commission d'enquête parlementaire

Dans un communiqué dont notre rédaction a pu prendre connaissance, le président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale Jean-Marc AYRAULT a déclaré que "le groupe socialiste regrette que ce projet de loi prétendant solder les contentieux postérieurs aux accords d'Evian du 18 mars 1962 au profit des harkis et des rapatriés, ne porte pas les dispositions nécessaires pour clore définitivement ce dossier".

     Lors de la discussion du projet de loi, tous les amendements qui auraient pu répondre aux attentes légitimes de la communauté harkis ont été refusé par la majorité de Droite à l'Assemblée Nationale. Quelques jours avant le débat du 11 juin, Jean-Marc AYRAULT avait déclaré à "Harkis et Vérité" : "Les députés socialistes ont choisi de faire des propositions concrètes en déposant des amendements pour améliorer le texte en matière de mémoire, de réparation et d'indemnisation des harkis et des rapatriés". Au cours de la discussion parlementaire du projet de loi, les députés socialistes ont présenté toute une série d'amendements. Notre rédaction est en mesure de vous présenter le texte des principaux amendements du groupe socialiste:

¤ Reconnaissance des responsabilités de la nation dans le drame des harkis Texte de l'amendement
¤ Pour les harkis ou leurs veuves, le versement d'un capital de 30 000 € avec maintient de la rente Jospin à hauteur de 2 800 €/an Texte de l'amendement
¤ Pour les enfants de harkis, la généralisation de la rente Jospin (1830 €/an) Texte de l'amendement

     Tous ces amendements ont été soumis au vote de l'Assemblée. Le gouvernement et sa majorité UMP ont repoussé tous les amendements du groupe socialiste. Le texte adopté après les débats à l'Assemblée ne peut suscite que déception et colère. Le 11 juin à la sortie de l'Assemblée, un fils de harki résumait bien les débats et le vote de ce projet de loi par ces quelques mots : "Aujourd'hui, la droite nous montre son vrai visage". Afin de permettre à ceux qui n'ont pas pu suivre les débats à l'Assemblée Nationale, retrouvez l'ensemble des débats sur le site de "Harkis et Vérité".¢

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Compte rendu AN 11/06/04 matin

Compte rendu AN 11/06/04 après-midi

 

 

 

  Le gouvernement et la majorité UMP refusent d'aborder la responsabilité de la France dans le drame des harkis

Harkis et Vérité, le 12 juin 2004

     L'Assemblée a adopté vendredi 11 juin, en première lecture, un texte en faveur de l'ensemble des rapatriés qui exprime la "reconnaissance" de leur "oeuvre" en Outre-mer et de leurs "souffrances", et institue une fondation destinée à mener une "politique de mémoire" sur la guerre d'Algérie.

     Le projet de loi, défendu par Hamlaoui Mékachéra (Anciens combattants), a été adopté par l'UMP et l'UDF, le PS votant contre. Pour assister au débat, les représentants d'associations s'étaient déplacés en nombre.

     Ce texte présenté comme devant parachever l'édifice législatif en faveur des rapatriés, 42 ans après la signature des accords d'Evian, a suscité une certaine déception chez les députés. Déception pour le PS de la non reconnaissance de la responsabilité de l'État français à l'égard des harkis victimes de massacres après le cessez-le-feu du 19 mars 1962. Déception pour l'UDF concernant le niveau des indemnisations. 

     Comme l'avait averti le matin Kléber Mesquida, les socialistes ont déposé une proposition de résolution pour la création d'une commission d'enquête "sur les responsabilités dans les massacres des victimes civiles rapatriées et harkis après le cessez-le feu". Pour ce qui est du groupe UDF,"malheureusement, nous n'avons pas terminé notre débat (...) et je vous dis à la prochaine fois", a lancé le député UDF Francis Vercamer .

      "Il est nécessaire que l'ensemble de la communauté harkie sache que l'on est passé à deux doigts de la résolution du drame des harkis. Le groupe socialiste, emmené par le député de l'Hérault Kléber Mesquida, a présenté toute une série d'amendements dont le plus symbolique se résumait à ce ceci : "la nation reconnaît ses responsabilités dans l'abandon des harkis et dans les conditions d'accueil en France". Par ailleurs, la généralisation de la rente Jospin aux enfants de harkis a été proposée par les socialistes au vote de l'assemblée. Finalement, tous les amendements qui auraient permis à ce texte d'être un texte historique ont été combattus et rejetés par le gouvernement et sa majorité UMP. En l'état, ce texte est plus que décevant a déclaré Charles TAMAZOUNT, président du Comité "Harkis et Vérité" à la sortie de l'Assemblée Nationale.

     Le texte adopté par l'Assemblée Nationale a été transmis au Sénat. Il devrait être prochainement débattu au Palais du Luxembourg. Notre rédaction se mobilise pour vous apporter toutes les informations importantes sur ce triste épisode parlementaire.¢

Avec l'AFP

  Le Comité "Harkis et Vérité" dépose un recours  devant le Conseil d'État contre les circulaires gouvernementales du 15 mars 2004

  Harkis et Vérité, le 10 juin 2004

      Au lendemain de l'adoption du projet de loi par la commission des affaires sociales de l'Assemblée Nationale, un communiqué du Comité "Harkis et Vérité" annonce le dépôt d'un recours devant le Conseil d'État contre les circulaires gouvernementales du 15 mars 2004 relatives à la communauté harkie. Pour le président du Comité, ce recours vise à faire constater par le Conseil d'État que les mesures en faveur des enfants de harkis relèvent de la loi et non pas de simples circulaires. "Jusqu'à preuve du contraire, le projet de loi qui va être débattu ne traite pas du tout des enfants de harkis. Ils sont les grands oubliés que l'actuelle majorité refuse de regarder" précise le Comité dans son communiqué.

      "Nous avons de sérieux motifs juridiques à présenter à la plus haute juridiction administrative pour obtenir l'annulation des circulaires du 15 mars 2004. La réparation qui est due aux enfants de harkis doit relever du domaine de la loi. Un texte sur les harkis va être voté à l'Assemblée sans traiter de cette question. Le Comité regrette que les enfants de harkis, une nouvelle fois, ne soient pas entendus. Espérons que la justice les entendra prochainement" conclut le texte du communiqué.

      Depuis plusieurs mois, le Comité "Harkis et Vérité" travaille à l'élaboration de plusieurs propositions sous forme d'amendements sur le thème de la réparation des enfants de harkis, notamment la généralisation de la rente Jospin en leur faveur. Il semble que cette thématique n'entre pas dans les priorités de ce gouvernement. Le débat parlementaire du vendredi 11 juin devrait être très révélateur des intentions gouvernementales.¢

   Le groupe socialiste à l'Assemblée Nationale auditionne le Comité Harkis et Vérité 

Harkis et Vérité, le 30 mai 2004

         Les députés du groupe socialiste ont auditionné le Comité "Harkis et Vérité" le mardi 11 mai. L'objet de cette audition était le projet de loi sur les rapatriés présenté par le gouvernement en mars dernier. Le texte gouvernemental élaboré sans concertation suscite déception et mécontentement au sein de la communauté harkie. La reconnaissance des massacres et des conditions d'accueil dans des camps sont totalement ignorés par le projet de loi. Par ailleurs, en l'état, la question de la réparation des enfants de harkis de la deuxième génération n'est pas du tout abordée.

         Dans le cadre de l'audition organisée par le groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, les dirigeants du Comité "Harkis et Vérité" ont fait part aux parlementaires des inquiétudes réelles qui traversent actuellement la communauté harkie. Un sentiment de duperie habite aujourd'hui les enfants de harkis. Face à cette situation difficile pour les familles de harkis, les parlementaires de l'opposition peuvent être un recours pour faire entendre leur voix. C'est pourquoi le Comité a proposé des pistes permettant aux harkis et à leurs enfants de retrouver le chemin de l'honneur, de la justice et de la dignité. "Nous avons posé comme première revendication, la reconnaissance de la responsabilité de l'État français dans l'abandon et les massacres de harkis après  la fin de la guerre d'Algérie, ainsi que dans l'installation des rescapés dans des camps en France. Il n'y pas de réparation des préjudices sans responsable" a déclaré Charles TAMAZOUNT, président du Comité "Harkis et Vérité". 

         Après avoir admis le principe de la reconnaissance de responsabilité, il reviendra au parlement de déterminer les modalités de réparation pour les harkis et pour leurs enfants."Nous défendons le principe du maintient de la rente JOSPIN avec versement du capital pour les harkis de la première génération. Pour les enfants de harkis de la seconde génération, dont une bonne partie est née dans des camps, le projet de loi doit leur ouvrir le droit à réparation. Nous avons clairement abordé cette question avec les députés de l'opposition." La généralisation de la rente JOSPIN aux enfants de harkis est proposée par le Comité "Harkis et Vérité". 

         Au groupe socialiste, quarante-deux ans après la fin de la guerre d'Algérie, il y a une réelle volonté pour résoudre ce drame. Pour le député Jean-Paul BACQUET, "en l'état, le projet de loi ne répond pas à vos attentes. Il faut donc le faire évoluer pour résoudre enfin ce drame qui a trop longtemps perduré". Le groupe socialiste déposera donc des amendements afin de modifier le projet de loi. "Les harkis doivent être entendus. On sera dans le concret, dans le juste afin d'œuvrer pour le devoir de mémoire" a souligné le député PS de l'Hérault Kléber MESQUIDA.

         Encore faut-il que le gouvernement ne s'aventure pas à verrouiller le débat parlementaire lors de l'examen du texte. A l'issue de la réunion et au nom du groupe socialiste, le député Jean-Paul BACQUET a déclaré solennellement : "Si les amendements que nous présenterons sont pris en compte, nous voterons le texte. Si nos amendements ne sont pas pris en compte, nous ne voterons pas le texte. Nous ne serons pas complice d'une loi qui ne servira à rien, pas complice d'une polémique qui permette de s'exonérer d'un choix". Aujourd'hui, il est évident que le gouvernement est confronté à un choix simple : répondre ou ne pas répondre aux attentes de la communauté harkie.

         Le projet de loi sera examiné le mardi 8 juin par la commission des affaires sociales de l'Assemblée. Christian KERT, député UMP, sera rapporteur du texte lors de son examen dans l'hémicycle le 11 juin. A l'issue de la réunion avec le groupe parlementaire, le Président Charles TAMAZOUNT a déclaré : " Nous avons été auditionné par des députés ouverts et animés par une volonté d'écouter et d'avancer sur ce dossier. Nous avons proposé toute une série d'amendements aux parlementaires. Toutefois, nous trouvons regrettable que le gouvernement est choisi de faire examiner ce projet de loi par l'hémicycle, deux jours seulement après son examen en commission. Pourquoi cette précipitation?Le choix du vendredi 11 juin n'est pas dû au hasard, deux jours avant les élections européennes...". Reste que la mobilisation des harkis et de leurs enfants est toujours d'actualité.¢

  Les harkis  bloquent  un TGV  à  la gare Saint-Charles de Marseille

Harkis et Vérité, le 22 avril 2004

      Un TVG Paris-Toulon a été bloqué ce jeudi 22 avril pendant près d'une heure à la gare Saint-Charles de Marseille par une quinzaine de harkis manifestant leur opposition au projet de loi gouvernement relatif aux rapatriés. Les manifestants, qui se sont mobilisés à l'appel d'association du Var et des Bouches-du-Rhône, ont quitté les lieux sans incident à l'arrivée d'une vingtaine de CRS. 

     Quelques heures plus tôt, les manifestants avaient envahi le hall de la mairie de Marseille pour obtenir une audience avec le maire Jean-Claude Gaudin, également vice-président de l'UMP. Les harkis dénoncent contre ce projet de loi du gouvernement "de ne pas aborder la reconnaissance de responsabilité dans les massacres des harkis" et de "s'attaquer à un droit acquis" des familles harkis : le dispositif de rente Jospin.

      Le collectif des harkis du Var avait déjà fait remettre le dimanche de Pâques au président de la République, en week-end privé au Fort de Brégançon (Var), un courrier dénonçant le projet de loi. La colère des harkis et de leurs enfants tend à prendre une nouvelle dimension.
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   Dans la presse française, des harkis expriment leur mécontentement 

  Harkis et Vérité, le 13 avril 2004

      D'après les quotidiens "Le Parisien" et "Les Dernières Nouvelles d'Alsace" datés du 12 avril 2004, la communauté harkie ne décolèrent pas après la présentation, juste avant les élections régionales, d'un projet de loi largement en deçà des attentes et promesses faites. D'après le journal "Les Dernière Nouvelles d'Alsace" "le collectif des associations de harkis du Var a fait remettre hier au président de la République, en week-end privé au Fort de Brégançon (Var), un courrier dénonçant le projet de loi sur les mesures de réparation et d'indemnisation des rapatriés. Pour les harkis, le projet de loi présenté le 10 mars en conseil des ministres « s'attaque à un droit acquis des familles de harkis, la rente Jospin, (...) menacée de disparition ». Le collectif souhaite le retrait du projet de loi, exige la démission d'Hamlaoui Mékachéra, secrétaire d'État aux Anciens combattants, et la dissolution de la mission interministérielle aux rapatriés".

      "Le Parisien" relate l'épisode de Brégançon avec un titre résumant la situation actuelle "Les harkis en veulent à Chirac". On peut lire aussi dans ce grand quotidien que " les Harkis sont furieux. Hier, ils espéraient bien le dire de vive voix au président de la République, qui comme chaque année passe le week-end de Pâques au Fort de Brégançon (Var). Mais, exceptionnellement, Jacques Chirac n'a pas accompagné son épouse Bernadette à la messe en l'église de Bormes-les-Mimosas. Le chef de l'État a boudé le rituel bain de foule qui suit chaque année cette messe. Du coup, le Collectif des associations de harkis du Var a dû se contenter de transmettre à l'aide de camp de Jacques Chirac, Joël Rode, un courrier qui dénonce le projet de loi sur les mesures de réparation et d'indemnisation des rapatriés et « exige » la démission d'Hamlaoui Mékachéra, secrétaire d'État aux Anciens combattants. La lettre a été remise sur la route, à quelque trois kilomètres du Fort, par le président du Collectif 83 des associations de harkis Salah Baadache.

Défense des droits acquis
Pour les harkis, le projet de loi, présenté le 10 mars dernier en Conseil des ministres, est « un nouveau rendez-vous de tristesse et de charité ». Le texte, qui, selon Hamlaoui Mékachéra, pourrait être examiné au Parlement d'ici à l'été, concerne à la fois les rapatriés et les harkis. Présenté comme une « réponse définitive » sur le plan matériel aux demandes de ces deux communautés, le projet comporte un certain nombre de mesures d'indemnisation. Ainsi, pour les harkis, il prévoit le relèvement de l'allocation de reconnaissance à 2 800 € (contre 1 830 € actuellement) et des aides spécifiques au logement. « Le projet de loi n'aborde pas la principale revendication de la communauté, à savoir la reconnaissance de responsabilité dans le massacre de harkis, s'indigne Salah Baadache. En outre, il s'attaque à un droit acquis des familles de harkis, le dispositif Jospin de rente viagère est menacé de disparition. » Les associations dénoncent des indemnisations réservées aux seuls harkis âgés de 60 ans et plus, et qui ne bénéficieront pas aux représentants des générations suivantes. « Nous souhaitons le retrait du projet de loi, nous exigeons également la démission d'Hamlaoui Mékachéra, secrétaire d'État aux Anciens combattants, et la dissolution de la mission interministérielle aux rapatriés, la prise en compte des veuves et des orphelins, martèle Baachache. Nous ne lâcherons pas le combat. »."
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Le socialiste Christian BOURQUIN  défend la mémoire des harkis dans les Pyrénées Orientale à Rivesaltes

  Harkis et Vérité, le 20 mars 2004

       Le mois de mars 2004 est marqué par deux grands événements. Le 19 mars annonce le 42ème anniversaire de la signature des accords d’Evian et le 21 mars, les élections cantonales et régionales. Deux mots peuvent résumer ce mois de  mars : mémoire et collectivité locale. En fusionnant ces mots, une  problématique apparaît : les collectivités locales sont-elles investies dans une politique de mémoire à l’égard du drame des harkis? Après enquête, une seule collectivité, le Conseil Général des Pyrénées-Orientales, peut vraiment se revendiquer d’une politique de  mémoire envers les harkis. Un mémorial va voir le jour sur le site du camp de Rivesaltes. Son président, le socialiste Christian BOURQUIN, a bien voulu accordé un entretien à « Harkis et Vérité » pour évoquer le travail de sa collectivité dans ce projet de mémorial pour les victimes ayant transité par le camp de Rivesaltes.

Harkis et Vérité: Monsieur le Président, beaucoup de familles de harkis connaissent le département des Pyrénées Orientales à travers Rivesaltes. Un de vos objectifs à la tête du Conseil Général des Pyrénées Orientales est de faire de  l'ancien camp de Rivesaltes, un lieu de mémoire. Où en est ce projet actuellement ?

Christian BOURQUIN : Le projet de Mémorial historique de Rivesaltes suit son cours et a fait ces dernières semaines une avancée considérable dans la définition même  des espaces, la scénographie retenue…. Le comité de pilotage présidé par l'historien Denis Peschanski se réunit régulièrement en présence des responsables de l'agence Jean Saint-Brice retenue pour conduire la réalisation de ce projet. Dès 2006, il y a aura finalisation et inauguration de ce mémorial. Je vous rappelle que celui-ci sera le plus important lieu de mémoire au sud de la France, dédié à tous les "indésirables du Xxè siècle.

Je suis très attentif à la conduite de ce projet qui, comme vous le savez, me tiens particulièrement à cœur et ce depuis mon arrivée au Conseil Général et mon élection à sa présidence. La gestation d'un tel mémorial est forcément longue… Les très vives inquiétudes provoquées par l'État qui voulait construire à proximité du camp Joffre un centre de rétention sont levées… rien désormais ne devrait entraver le planning de réalisation du Mémorial.

Harkis et Vérité : Aujourd'hui, pour l'ensemble de nos concitoyens, une politique de la mémoire harkie apparaît comme nécessaire pour redonner toute sa place à une histoire trop longtemps occultée. La construction de ce mémorial à Rivesaltes est le premier grand projet de politique de mémoire menée par une collectivité locale. Pouvez-vous dire qu'avec ce projet de mémorial, le devoir de mémoire à l'égard du drame des harkis devient réalité ?

Christian BOURQUIN : Dans la démarche qui est la nôtre de préservation de bâtiments de l'ancien camp Joffre et de création d'un site permettant tout à la fois le recueillement et "la pédagogie" ; le devoir de mémoire est au cœur de notre action… Oui, il est nécessaire d'honorer les anciens, dont les harkis, qui ont souffert ou sont morts, pour leurs idéaux, pour les choix qu'ils ont osé faire ou parce que leur confession, leur origine ethnique n'avaient pas l'heur de plaire… Oui, il est nécessaire de montrer aux générations suivantes, les monstruosités auxquelles cela a conduit durant ce XX ème siècle… Si ce travail -que j'appelle « de pédagogie »- pouvait contribuer, par la prise de conscience des plus jeunes, à ce que l'histoire ne puisse jamais se répéter, il y aurait bien évidemment lieu d'être plus que satisfait d'un tel « passage de relais » entre générations...

Harkis et Vérité : L'histoire des harkis et de leurs enfants fut douloureuse. Comme vous nous l'avez rappelé, votre département se mobilise pour le devoir de mémoire. Toutefois, si vous aviez un message à adresser aux harkis, quel serait-il ?

Christian BOURQUIN : Les harkis ont malheureusement représentés ensemble une des  communautés qui a transité par le camp Joffre. Ce fait indéniable justifie à lui seul que les harkis aient au sein du mémorial des espaces qui leurs soient entièrement consacrés, qu'une scénographie spécifique de leur histoire particulière soit pensée et créée afin qu'elle ne sombre jamais dans l'oubli. Retracer cette histoire, qui vous avez raison, a été trop longtemps occultée, fait partie de nos préoccupations et de notre devoir collectif de mémoire. Oui ce site sera probablement un des tous premiers lieux de mémoire en France, si ce n'est le premier, a évoquer leur drame.

Si je suis autorisé à adresser un message aux harkis, c'est avant tout pour leur dire que même si l'action de la collectivité territoriale que je représente, ne comblera pas les attentes qui subsistent à l'égard d'une république qu'ils ont servie, notre action doit contribuer ici à dessiner notre avenir commun. Je fais partie de ceux qui sont convaincus que le développement durable d'un territoire ne peut se faire sans prendre en compte des valeurs de fraternité, de solidarité, sans reconnaître la richesse que représente la présence de personnes autrefois étrangères à ce pays catalan et qui en deviennent des acteurs, quand ce n'est de véritables ambassadeurs…¢

Propos recueillis par Ch. TAMAZOUNT 

 Photos du camp de Rivesaltes  Crédits Michel JAUZAC

   Le Parti socialiste se mobilise pour l'emploi des enfants de harkis

  Harkis et Vérité, le 18 mars 2004

Dans le cadre des élections régionales, Harkis et Vérité a souhaité sensibiliser les différents partis politiques sur la question de l'emploi des enfants de harkis. La majorité des partis politiques ne semblent guère vouloir s'engager sur ce thème à l'exception du Parti socialiste qui a fait part de sa mobilisation sur le sujet.

 L'emploi des enfants de harkis, une priorité

             Par Éric BESSON

         Pour le Parti Socialiste, l'emploi doit être une priorité. Les enfants de harkis connaissent actuellement de réelles difficultés d'accès à l'emploi. Comme leurs aînés, les jeunes de la troisième génération ne sont malheureusement pas épargnés par un marché du travail qui n'a pas cessé de se dégrader depuis l'arrivée de l'actuel gouvernement.

         Pour autant, les enfants de harkis ne doivent pas se résoudre à être frappés par un taux de chômage sensiblement supérieur à la moyenne nationale. Le gouvernement de Lionel Jospin avait fait de l'emploi des enfants de harkis, une priorité gouvernementale. Ces derniers ont pu massivement bénéficier des emplois-jeunes. Pour les enfants de harkis les plus fragiles, un dispositif de cellules de reclassement, d'accompagnement et de retour à l'emploi avait été mis en oeuvre.

         Aujourd'hui, l'actuel gouvernement est revenu sur l'ensemble de ces dispositifs. Le démantèlement des emplois-jeunes a conduit les enfants de harkis bénéficiaires de ces emplois à renouer avec la spirale du chômage. Par ailleurs, qu'adviendra-t-il des plus fragiles lorsque la précarité créée par le RMA et le contrat de mission aura fait ses ravages?

         Pour rompre avec cette politique de régression sociale, le Parti Socialiste propose de mobiliser les régions et les départements à travers notamment, les « EMPLOIS TREMPLINS ». Au nombre de 100 000, ils seront créés en direction des collèges, des lycées et des associations à vocation sociale, culturelle et sportive. La jeunesse harkie pourra prétendre à ces nouveaux emplois.

          Aussi, le Parti Socialiste entend donner corps au droit au reclassement régional. Pour cela, des missions régionales de reclassement seront créées dans les régions gérées par les élus socialistes. Les enfants de harkis les plus fragiles pourront naturellement mobiliser ces structures dans le cadre de leur parcours d'emploi.

Malgré la politique de régression sociale de l'actuel gouvernement, le Parti Socialiste sensibilisera les régions et les départements sur les projets sociaux-économiques ou culturels pouvant émaner de harkis ou de leurs enfants. A l'initiative du président socialiste du Conseil général des Pyrénées Orientales, le projet de création d'un mémorial sur le site du camp de Rivesaltes est en cours de réalisation. Sur le plan de la mémoire, plusieurs projets restent à mener pour la vérité et l'honneur des familles de harkis.¢

Éric BESSON

Député et Secrétaire national à l'emploi au Parti Socialiste

   Les emplois réservés :  la fin d'un mythe

  Harkis et Vérité, le 18 mars 2004

       Discrimination positive, affirmative action, emplois réservés dans la fonction publique…, tels sont les termes qui ont alimenté, en fin d’année 2003, le grand débat sur l’éventuelle instauration d’une discrimination positive au profit des enfants issus de l’immigration. Après avoir évoqué la possible nomination d’un « préfet musulman », l’actuel ministre de l’intérieur ne dissimule plus ses réflexions plutôt favorables à l’instauration d’une discrimination positive à la française.

       Mais c’était sans compter sur l’opposition du Président de la République. En voyage officiel en Tunisie, Jacques Chirac avait mis un terme au débat en déclarant « ce n’est pas convenable ». Dans cette déclaration, les médias y avaient vu seulement une réponse politique destinée au ministre de l’intérieur.

      Or cette position du Président de la République n’est pas sans conséquence à l’égard des enfants de harkis. En 1991, député de la Corrèze, Jacques Chirac avait gravé l’essentiel de ses promesses électorales envers la communauté harkie dans la mémoire du parlement avec une proposition de loi déposée le 20 novembre 1991 à l’Assemblée Nationale. Arrivée au pouvoir, la droite devait mettre en œuvre ses engagements.

      Dans le texte de sa proposition de loi, la création d’un quota d’emplois dans la fonction publique en faveur des harkis et de leurs enfants était défini à l’article 12 et devait voir le jour de la manière suivante : « il est institué au sein de l'État, des collectivités locales et leurs établissements publics, un quota d'emplois réservés en faveurs des Harkis, Moghaznis et autres personnels des diverses formations supplétives ayant servi en Algérie et, pour une durée de dix ans à compter de la date de la promulgation de la présente loi, de leurs ayants droits, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État ».

      Pour justifier cette promesse, le Président de la République écrivait dans l’exposé des motifs que « la présente proposition de loi ne voulant méconnaître aucune des règles de valeur constitutionnelle vous propose-t-elle d'introduire dans la loi, à titre de réparation, en faveur de nos compatriotes harkis ou de leurs familles, certaines discriminations juridiques positives dans le but de permettre dans les meilleurs délais la réalisation des conditions d'une véritable égalité des chances entre tous les citoyens français ». Le mot était lâché : « discriminations juridiques positives ».

       Durement frappés par le chômage avec un taux largement supérieur à la moyenne nationale, les enfants de harkis ont longtemps espéré, un jour, intégrer la fonction publique par la mise en œuvre de cette discrimination positive promise par le député Chirac.

       Attendue depuis plusieurs années, le quota d’emplois dans la fonction publique a fini par relevé du mythe plutôt que d’une réalité prochaine. Le récent débat sur la discrimination positive à la française aura au moins eu le mérité de mettre fin à ce mythe vis à vis des enfants de harkis.

        A défaut d’un quota d’emplois dans la fonction publique, les enfants de harkis doivent actuellement se contenter de circulaires sur l’emploi. En quinze ans, l’emploi des enfants de harkis a fait l’objet de pas moins de dix circulaires sans résultat significatif.

        Pour l’actuel gouvernement, la solution à l’emploi des enfants de harkis passe par une nouvelle circulaire. Encore une circulaire… Est-ce vraiment la solution ? Ne faudrait-il pas mieux mobiliser les dispositifs de droit commun avec une véritable volonté politique pour l’emploi des enfants de harkis ?

        En son temps, Lionel Jospin avait fortement mobilisé le dispositif des emplois jeunes en faveur des enfants de harkis. Sans promesse de quota, beaucoup d’enfants de harkis avaient pu quitter le chômage. Avec le dispositif des emplois jeunes, l’emploi des enfants de harkis n’était plus un mythe mais une réalité.¢

   La permanence d'un député UMP occupée par des Harkis à Arles

  ARLES, 11 mars (AFP) - Une cinquantaine de Harkis occupaient jeudi après-midi la permanence du député UMP des Bouches-du-Rhône Roland Chassain à Arles pour protester contre la nouvelle version du projet de loi sur les Harkis, a constaté un correspondant de l'AFP.

        Ces manifestants dénoncent "une révision à la baisse" des propositions examinées mercredi en Conseil des ministres. "Nous voulons obtenir une reconnaissance et non une aumône", ont expliqué les manifestants en critiquant les dispositions financières qui prévoient une allocation annuelle de 2.800 euros au 1er janvier 2005 ou un capital de 30.000 euros pour les quelques 11.200 anciens Harkis ou leurs veuves.

        Les manifestants ont prévu de rester sur place jusqu'à la venue du député, par ailleurs maire des Saintes-Maries.¢

   L'opposition parlementaire rappelle le gouvernement à tenir ses promesses

  Harkis et Vérité, le 11 mars 2004

       Avant la présentation du projet de loi sur les rapatriés, la députée PS des Bouches du Rhône Sylvie Andrieux-Bacquet avait interpellé, dans le cadre du parlement, le gouvernement "sur la situation des anciens supplétifs de l'armée française en Algérie, vis-à-vis desquels le Président de la République au cours de sa campagne électorale a pris toute une série d'engagements... Les membres de cette communauté s'interrogent sur les délais du versement de l'indemnisation forfaitaire initialement fixée à 50 400 euros pour la première génération et sur les mesures à prendre pour faciliter l'insertion économique professionnelle et sociale des seconde et troisième générations. Elle lui demande par conséquent quelles sont les décisions que son Gouvernement est susceptible de prendre pour respecter les engagements du Président de la République vis-à-vis de cette communauté..."¢

   Le gouvernement propose un  projet de loi décevant aux harkis

  Harkis et Vérité, le 11 mars 2004

         Le gouvernement Raffarin a dévoilé ce mercredi 10 mars, le projet de loi sur les rapatriés. Annoncé depuis des mois comme un texte important, ce projet de loi n'est pas à la hauteur des ambitions, des discours et des promesses faites aux familles de harkis et plus particulièrement à leurs enfants.

        Signe avant coureur, le décevant débat parlementaire sur les rapatriés n'était pas de bonne augure. Le projet de loi n'aborde pas et donc écarte purement et simplement la principale revendication de la communauté, à savoir la reconnaissance de responsabilité dans les massacres de harkis. Les harkis sont-ils condamnés à rester des oubliés de l'histoire? Le texte se borne à reconnaître l'œuvre positive de la France dans ses anciens territoires d'outre mer.

       Aussi, à défaut d'être ambitieux, le projet de loi s'attaque à un droit acquis des familles de harkis, la rente Jospin. Cette dernière, rebaptisée récemment "allocation de reconnaissance" est menacée de disparition par le choix que propose le projet de loi aux familles de harkis. 

        En acceptant une somme de 30 000 €, les harkis ne bénéficieront plus jusqu'à la fin de leurs jours de cette garantie qu'est actuellement le dispositif Jospin de rente viagère. Cette réparation dans la durée était pourtant, aux yeux des harkis et des veuves de harkis, la garantie d'avoir un revenu décent jusqu'à la fin de leur vie. On est loin des 50 400 € qu'avait promis le président de la République lors de la dernière présidentielle. A défaut de maintenir la rente Jospin et le versement du capital promis, ce gouvernement effectue un tour de passe passe budgétaire, donnant par la même, l'illusion de mobiliser massivement de nouveaux crédits. En somme, le gouvernement donne d'une main ce qu'il reprend de l'autre.

        Mais qui aurait pu croire que ce gouvernement irait jusqu'à remettre en cause d'un des droits acquis de la communauté harkie! Même le rapport parlementaire Diefenbacher, pourtant fraîchement accueillis par les associations harkies, n'avait pas osé remettre en cause la rente Jospin. Il avait préconisé notamment une mesure mixte, c'est à dire le versement d'un important capital avec maintient et revalorisation de la rente Jospin à hauteur de 30%. Ce projet de loi est bien en deçà des recommandations du Parlement.

        D'autre part, les grands oubliés du projet de loi sont les enfants de harkis. Pourtant, ces derniers ont été aussi victimes de la tragédie harkie. Leur naissance ou leur transit dans des camps ne semblent pas, à travers ce texte, mériter une réparation à la hauteur de leur douleur d'enfants frappés par les dures réalités de vie sociale française. Après la suppression du Plan Harkis, la jeunesse harkie est livrée à elle-même.

         Ce projet de loi est à nouveau un rendez-vous de tristesse et de charité. D'après l'AFP, des membres de la communauté harkie ont commencé à exprimer leur déception dans le sud de la France (voir la dépêche publiée). 

         Pour sa part, le Comité "Harkis et Vérité" regrette que le gouvernement, à quelques jours des élections, se soit livré à une présentation à caractère électoraliste de ce projet de loi. Il appelle l'ensemble de ses militants et amis à la vigilance et à exprimer leur mécontentement dans le cadre des élections du 21 et 28 mars. Par ailleurs, "l'Appel pour une Responsabilité Assumée" est plus que jamais d'actualité.¢

  Plainte de harkis à Paris contre des déclarations de Pierre Messmer

  PARIS, 10 fév (AFP) - Une plainte contre l'ancien ministre gaulliste Pierre Messmer a été déposée lundi à Paris, visant une déclaration dans laquelle il soutenait la position de la France sur les harkis laissés en Algérie et tués par le FLN en 1962, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

       Comme le révèle le quotidien Le Parisien mardi, la plainte avec constitution de partie civile pour "apologie de crimes de guerre" vise une déclaration radiophonique du 9 novembre de l'ancien ministre des Armées en 1962, dans laquelle il affirmait notamment que "la position de la France était la seule possible", ajoutant qu'elle était "inévitable et légitime".

       Les plaignants, notamment l'Association justice information réparation (Ajir) et Génération mémoire harkis (GMH), soutiennent que le sort des harkis massacrés par le FLN en 1962 alors que les forces françaises étaient encore présentes, était connu des autorités françaises. "Ce n'est pas la France qui a massacré les harkis, mais elle n'a rien fait pour faire cesser les exactions", a déclaré à l'AFP Mohamed Haddouche, président de l'Ajir. "Messmer n'est qu'un prétexte: nous voulons que la vérité historique soit rétablie et que la responsabilité indirecte des gouvernants de 1962 soit reconnue et déclarée officiellement", a ajouté ce fils de harki.

       Selon l'avocat de l'Ajir, Me Gilles-Jean Portejoie, la justice saisie par cette plainte avec constitution de partie civile "ne pourra pas faire l'économie d'un procès". Une plainte avec constitution de partie civile entraîne quasi automatiquement l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction. Une plainte contre X avait déjà été déposée courant 2002 pour "crimes contre l'humanité" visant à établir les responsabilités du gouvernement français dans les massacres de harkis après les accords d'Evian. Selon l'Ajir, la plainte a été jugée irrecevable.

       Français musulmans engagés comme supplétifs par l'armée française au cours de la guerre d'Algérie (1954-1962), les harkis forment aujourd'hui une communauté, descendants compris, de quelque 400.000 personnes.¢

  Le Comité "Harkis et Vérité" regrette l'approche électoraliste du gouvernement RAFFARIN sur la question des rapatriés

  Harkis et Vérité, le 30 décembre 2003

       A l'issue de la réunion du bureau exécutif du Comité "Harkis et Vérité" de fin d'année, il a été arrêté le communiqué dont la teneur suit :

       "Le Comité "Harkis et Vérité" adhère à la déception générale du monde rapatriés. Il regrette que le débat parlementaire sur les rapatriés ait été organisé à la veille d'élections régionales et européennes pour parvenir à de simples effets d'annonce. Deux ans ont été sacrifiés sur l'autel d'une approche électoraliste et politique des problèmes frappants les familles de harkis. La suppression du "Plan Harkis" dans le plus grand secret atteste de l'absence de dialogue et de sincérité du gouvernement actuel envers les familles de harkis.

       Aussi, le Comité "Harkis et Vérité" est attristé de faire le constat qu'en cette fin d'année 2003, les harkis n'ont existé dans l'année de l'Algérie en France qui s'achève que par leur absence. 2004 doit être une année de présence des rapatriés dans les grands débats de notre pays. C'est pourquoi le Comité "Harkis et Vérité" appelle dors et déjà, toutes celles et tous ceux, qui souhaitent faire entendre la voix des rapatriés, à se mobiliser autour de l'Appel pour une Responsabilité Assumée. 2004 doit être l'année des harkis et des rapatriés en général."¢

 

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Ce site est dédié à la mémoire des 150 000 harkis massacrés en 1962 après la fin de la Guerre d'Algérie