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2003

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   Le Comité "Harkis et Vérité" regrette l'approche électoraliste du gouvernement RAFFARIN sur la question des rapatriés

Harkis et Vérité, le 30 décembre 2003

       A l'issue de la réunion du bureau exécutif du Comité "Harkis et Vérité" de fin d'année, il a été arrêté le communiqué dont la teneur suit :

       "Le Comité "Harkis et Vérité" adhère à la déception générale du monde rapatriés. Il regrette que le débat parlementaire sur les rapatriés ait été organisé à la veille d'élections régionales et européennes pour parvenir à de simples effets d'annonce. Deux ans ont été sacrifiés sur l'autel d'une approche électoraliste et politique des problèmes frappants les familles de harkis. La suppression du "Plan Harkis" dans le plus grand secret atteste de l'absence de dialogue et de sincérité du gouvernement actuel envers les familles de harkis.

       Aussi, le Comité "Harkis et Vérité" est attristé de faire le constat qu'en cette fin d'année 2003, les harkis n'ont existé dans l'année de l'Algérie en France qui s'achève que par leur absence. 2004 doit être une année de présence des rapatriés dans les grands débats de notre pays. C'est pourquoi le Comité "Harkis et Vérité" appelle dors et déjà, toutes celles et tous ceux, qui souhaitent faire entendre la voix des rapatriés, à se mobiliser autour de l'Appel pour une Responsabilité Assumée. 2004 doit être l'année des harkis et des rapatriés en général."¢

 

Le débat parlementaire sur les rapatriés débouche sur une promesse: un projet de loi en 2004 

Harkis et Vérité, le 3 décembre 2003

        L'Assemblée Nationale a débattu ce mardi 2 décembre du drame des rapatriés. A l'issue de ce débat parlementaire, il ne restera qu'une promesse gouvernementale de déposer un projet de loi en 2004. Après 41 ans d'attente, les familles de harkis sont invitées à attendre ? La clarté digne d'un débat parlementaire n'a pas été au rendez-vous.

        Face à la gravité de la situation, le président de Comité " Harkis et Vérité" Charles TAMAZOUNT a décidé de convoquer d'urgence le bureau exécutif afin qu'une position solennelle soit arrêtée dans les meilleurs délais.

         Notre rédaction reste mobilisée pour faire la clarté sur les enjeux de ce débat parlementaire.¢

Dossier spécial

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"Actualité de Novembre"

 

Justice : nouvelles plaintes de harkis pour crimes contre l'humanité

PARIS (AFP), le 5 novembre 2003

      Un collectif de harkis a déposé à la mi-octobre une nouvelle plainte contre X pour "crimes contre l'humanité" pour les massacres de harkis, alors que la parution d'un livre sur la guerre d'Algérie et un projet de plainte visant Pierre Messmer ont relancé la polémique sur cette période.

      Cette plainte contre X avec constitution de partie civile a été déposée le 14 octobre au tribunal de grande instance de Paris par vingt harkis ou proches de harkis résidents du Languedoc-Roussillon et du grand Sud-Ouest, a annoncé mercredi à l'AFP leur avocat, Me Alain Bousquet.

      Pourtant, d'autres plaintes similaires n'ont pas pour l'instant abouti, la justice française estimant notamment que les infractions commises pendant cette période en Algérie sont couvertes par une loi d'amnistie du 31 juillet 1968.

      Selon Me Bousquet cette nouvelle plainte, qui vise implicitement "les membres du gouvernement de la IVe et de la Ve République française et autres", en particulier les autorités algériennes, a pour but de "faire bouger les choses". "C'est un débat qui ne fait que commencer. La volonté de ces gens est d'être reconnus. (...) Aujourd'hui, la société française évolue", a-t-il ajouté.

     Selon les plaignants, après les accords d'Evian du 18 mars 1962, la France était, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie du 3 juillet 1962, garante du maintien de l'ordre dans les départements français d'Algérie. Elle devait donc assurer la sécurité des harkis, ces auxiliaires locaux des troupes françaises désarmés à compter du 18 mars.

     Pourtant, des exécutions massives de harkis - jusqu'à 150.000 victimes selon eux, jusqu'à 80.000 d'après l'ancien ministre des Armées Pierre Messmer - attribuées aux partisans du FLN, sont intervenues après le 18 mars. Ces "crimes contre l'humanité", ont été "permis sciemment" par les autorités françaises avancent les plaignants. Cette plainte intervient alors que l'avocat d'autres familles de harkis a annoncé son intention de déposer une plainte visant nommément Pierre Messmer, ministre des Armées du général de Gaulle entre 1960 et 1969 aujourd'hui âgé de 87 ans.

      Mardi, Me Emmanuel Altit a cependant indiqué que ses clients souhaitaient s'accorder un délai de réflexion. La plainte du 14 octobre intervient également alors que la publication le 23 octobre du livre de Georges-Marc Benamou - "Un mensonge français. Retours sur la guerre d'Algérie" - qui soutient que harkis et pied-noirs ont été volontairement sacrifiés a suscité émotion et controverse.

      "Ma conscience est tranquille", a déclaré Pierre Messmer mercredi sur Europe 1, ajoutant qu'il avait "des regrets" mais "pas de remords".

       "J'ai su que le FLN ne respectait pas ses engagements, j'ai même à un moment voulu réagir militairement. (...) Le général de Gaulle m'a dit, mais Messmer, vous voulez recommencer la guerre d'Algérie ?", a-t-il ajouté avant de préciser qu'il ne cherchait pas à mettre en cause le général et qu'il assumait pleinement ses responsabilités.¢

AFP

©Le gouvernement présente le budget "Harkis" au Parlement le 29 octobre

Harkis et Vérité, le 20 octobre 2003

         Le 29 octobre, la commission des finances de l'Assemblée Nationale examine les crédits en faveur des familles de harkis présentés par le gouvernement RAFFARIN. Ces crédits seront rapportés par la député UMP du Val de Marne Marie-Anne MONTCHAMP, rapporteur spécial du budget "solidarité".

        La présentation de ce budget aura une résonance toute particulière cette année. Il préfigurera la volonté réel ou irréelle du gouvernement d'être à l'écoute de la communauté harkie. Ce budget est-il en hausse ou en baisse ? La remise d'un rapport sur les rapatriés par le député UMP du Lot et Garonne Michel DIEFENBACHER au Premier Ministre, le 17 septembre dernier, devrait, en principe, conduire à une hausse des crédits pour financer les probables mesures en faveur de la communauté et surtout à destination de la jeunesse harkie qui souffrent de l'actuelle situation économique.

       Or il n'en serait rien. D'après les confidences faites à "Harkis et Vérité" par un parlementaire, "ce budget devrait provoquer des réactions de surprise chez les familles de harkis. Le budget sera dévoilé le 29 octobre, donc patience". Notre rédaction reste mobilisée pour faire part à ses lecteurs de la réalité des crédits destinés à la communauté harkie. Rendez-vous est donc pris pour le jeudi 29 octobre.

        Par ailleurs, la Conférence des présidents de l'Assemblée Nationale s'est réunie pour fixer différentes dates de débats et d'examen de projets de loi. En ce qui concerne les harkis à l'Assemblée, deux dates sont à retenir. Les crédits relatifs aux rapatriés seront discutés en séance publique dans l'hémicycle, le mercredi 5 novembre en fin d'après midi. Ensuite, la Conférence des Présidents a arrêté le principe d'un débat sur les rapatriés pour la première quinzaine du mois de décembre.¢

La Cour de Cassation rend son arrêt sur l'affaire Barre

Harkis et Vérité, le 11 octobre 2003

          Le mardi 14 octobre à 14 heures, la Chambre Criminelle de la Cour de Cassation rendra sa décision sur l'affaire opposant l'association "Génération Mémoire Harkis" à l'ancien Premier Ministre Raymond Barre. Il est reproché à cet homme politique de Droite d'avoir repris à son compte et usé des formules «harkis de JOSPIN » et «harkis de MITTERRAND» leur donnant un sens et une définition de traître pendant l'émission politique «France Europe Express» sur France 3, le 3 décembre 2000. Y a-il eu diffamation envers les harkis? A la Justice de le dire !

         Mais préalablement, des questions de procédure doivent être définitivement tranchées. En appel, Génération Mémoire Harkis a vu sa plainte rejetée par la Cour d'appel de Rouen sur le terrain de la recevabilité juridique de cette action en justice. C'est tout le débat de cassation d'aujourd'hui. Avant de rendre son arrêt mardi, la plus Haute Juridiction judiciaire française a examiné l'affaire lors de son audience publique du 30 septembre dernier. Une délégation de l'association Génération Mémoire Harkie avait fait le voyage pour assister à l'audience au côté de leur avocat.

          Après l'ouverture de l'audience par le Président de la Chambre criminelle, le juge rapporteur a fait l'historique de l'affaire en s'employant à mettre en évidence les moyens juridiques de Cassation. Ensuite, le Procureur Général de la Cour s'est levé pour prendre la parole et rendre son réquisitoire. Après un rappel de l'ensemble du dossier, le représentant du ministère public s'est dit partagé entre la cassation de l'arrêt de la Cour de Rouen et le rejet du pourvoi déposé par l'association de harkis. La cassation ouvrirait "un champ juridictionnel dont nous ne maîtrisons pas les conséquences" pour le Procureur Général. La présente affaire, concernant symboliquement les harkis, pourrait faire jurisprudence! Par contre, la voie du rejet conduirait à une interprétation délicate de la grande loi du 29 juillet 1881 relative à la liberté de la presse. "Visiblement, c'était un Procureur torturé que j'ai vu, "hésitant" entre nous reconnaître notre droit, ou lui-même "brusquer" la loi qu'il venait de citer" nous a déclaré Smail BOUFHAL, président de "Génération Mémoire Harkis".

          Après les réquisitions du Ministère Public, l'avocat de Génération Mémoire Harkis a demandé la parole pour préciser "qu'à cette audience, il ne devait pas être évoqué le fond du dossier, mais uniquement, l'aspect de la prescription". Avocat au Conseil du cabinet parisien "LYON-CAEN Associés", le défenseur de "Génération Mémoire Harkis" reproche au Procureur Général d'avoir examiné les faits de l'affaire dans ses réquisitions alors que la Cour de Cassation doit juger toutes les affaires qui lui sont soumises sous le seul angle du droit sans jamais apprécier les faits. Le Président  de la Chambre Criminelle prend note de cette remarque de l'avocat. Il est 14 h 15, l'affaire est mis en délibéré au mardi 14 octobre 2003.

          "Les harkis attendent sereinement le délibéré. Ce jugement est attendu avec grand intérêt car il mettra en relief l’application du Droit au service de la Justice" a affirmé Smail BOUFHAL après l'audience. Dans un communiqué, le Comité "Harkis et Vérité" "a fait part de son amitié à Smail BOUFHAL en précisant que l'arrêt qui sera rendu mardi est l'aboutissement d'un long combat de procédure dont le Comité se félicite de s'en être fait l'écho". ¢

 

 

De la crise identitaire des harkis et de leurs enfants

Tribune libre Par Ahmed MESSAOUDI

Harkis et Vérité, le 25 septembre 2003

          Les harkis apparaissent au premier abord comme une communauté en quête d'identité et en proie à l'ambivalence d'une situation qui puise sa contradiction dans la guerre d'Algérie. Cette communauté a vu de l'extérieur la construction de discours visant à la définir. Deux d'entre eux se sont opposés et s'opposent encore. Le premier tout à la gloire de la France a fait du harki un soldat de première ligne, fidèle et dévoué capable de défendre l’œuvre civilisatrice et assimilatrice de la métropole. 

          Cependant en perdant la guerre, le harki est devenu aux yeux de la nation française un étranger symbole de son échec. Le second a repris à son compte le triptyque de la seconde guerre mondiale (résistant, envahisseur, collaborateur) et a fait du harki le collaborateur le traître dans une guerre de libération. Ces deux discours ont en commun les faits qu'ils doivent, à l'origine leur existence à des personnes extérieures à la communauté capables de maîtriser l'écrit, les moyens de diffusions et de propagandes. 

          Les harkis pour la plupart paysans, pauvres et illettrés ont perdu la bataille de la mémoire car ils ont été incapables de l'écrire. La construction sociale de la réalité historique s'est faîte sans eux et à leurs détriments. Ils sont devenus pour les uns les témoins embarrassants d'une guerre perdue dont on ne savait pas quoi faire après les accords d'Evian. Pour les autres ils sont devenus les traîtres idéaux et silencieux capables de jouer les intégrateurs négatifs dans le mythe fondateur de la nouvelle nation algérienne. 

          Pour ces raisons et pour d'autres, les harkis ont été réduits au mutisme ou presque. Leur contribution la plus célèbre est celle que l'on voit affichée sur leurs banderoles lors de leurs nombreuses manifestations et grèves de la faim «: LES HARKIS, oubliés de l'histoire". Ils soulignent ainsi une absence, un vide que les discours existants n'ont pas comblé car ils ne répondaient pas à leur réalité. Au cœur de ces contradictions, la nouvelle génération n'a pas eu de modèle identitaire clair et capable de constituer le socle d'une éducation et d'une intégration harmonieuse en France. Ils ont intégré le discours faisant de leurs parents des combattants ayant choisi la France par conviction idéologique bien que chacun d'entre eux voyait bien chez lui que ses parents, illettrés et paysans d'origine rurale ne pouvaient et n'avaient pas choisi une guerre dont les enjeux les dépassaient. De plus au contact d’immigrés dont la proximité socioculturelle les rapprochaient  ils se sont vus traiter de "fils de traître ". Dans chacune de ces positions la nouvelle génération avait du mal à se situer.

          Pour beaucoup la vérité restera un mystère car les parents trop marquer par la guerre ne parleront jamais à leurs enfants d'un passé trop douloureux à évoquer. Les archives et les sources historiques par leurs raretés ne les aideront pas plus à faire la lumière sur leur passé. Incapables de gérer ces contradictions, ils n'ont pas su résister aux sirènes dépravantes de l'assistanat les éloignant encore un peu plus du chemin qui leur permettra de construire pour eux et pour leurs enfants une identité empreinte de dignité. Même si aucune de ces situations n'est enviable, la situation des femmes de harki demeure à mes yeux la plus tragique, celle qui presque caricaturalement dessine et désigne la victime impuissante, méprisée des uns et des autres. Leurs maris lorsqu'ils n'ont pas été tués à la guerre sont morts très tôt après leur arrivée en France. Elles se sont retrouvées seules en terra incognita. 

          Dans cette position, elles auront peu ou  pas accès aux faibles indemnisations que  leurs maris à coups de manifestations auront réussi à obtenir après la guerre. Une note adressée aux veuves vient cyniquement rappeler qu'elles ne percevront pas d'aide de l'état aux titres de veuves de pensionnés de guerre si leurs maris sont morts avant le 1er janvier 1999 ce qui est le cas pour la majorité d'entre eux. Cette injustice vient s'ajouter à d'autres et ne fait qu'accentuer la détresse de cette communauté. De plus il faut noter avec force la disparité des traitements au niveau de l'indemnisation au sein même de la communauté. Outre la dernière situation évoquée plus haut qui différencie les veuves d'avant et d'après janvier 1999, certains ont bénéficier d'aides alors que d'autres n'en n'ont pas eu. Les raisons sont multiples. Il y a tout d'abord un déficit de communication entre l’administration et cette communauté aggravé par l'illettrisme de cette dernière et l'organisation de la première. On peut noter ensuite l'hétérogénéité des mesures prises à l'égard des harkis qui constitue aujourd'hui un véritable maquis et il est très difficile (impossible n'est pas trop fort) de savoir ce à quoi cette communauté peut prétendre à ce jour. Mais même lorsque l'on a le dossier d'inscription en main encore faut-il pouvoir le remplir, retrouver les pièces justificatives... La tâche n'est pas aisée lorsque l'on ne sait ni lire ni écrire et que l'on ne peut se véhiculer sans déranger quelqu'un.

         D'un point de vue pratique, c'est bien ce maquis administratif qui empoisonne et angoisse le quotidien de cette communauté. Ce problème serait facile à résoudre si l'on s'en donnait la peine. On peut imaginer un secrétariat social de proximité spécifique capable de répondre aux demandes des familles, de les recevoir ,de les aider dans leurs tâches administratives quotidiennes, de les renseigner clairement sur leurs droits ,de remplir leurs courriers... Bien souvent l'administration locale s'en est remis à quelques meneurs locaux qu'elle croyait capable de représenter l'ensemble de la communauté cédant ainsi à la facilité de n'avoir à faire qu'à un interlocuteur susceptible de cristalliser les revendications de l'ensemble de la communauté. Ces derniers, aux yeux des harkis lorsque l'on prend le temps de discuter avec quelques personnes sur le terrain n'ont pas su rassembler l'ensemble des harkis. 

          Il est vrai que les situations disparates et tragiques vécues par les uns et les autres sont difficiles à appréhender à fortiori lorsque l'on est soi-même membre de cette communauté. On a tendance à prendre son cas pour une généralité et à confondre ses intérêts particuliers avec ceux de la communauté. Il aurait été bien plus pertinent pour chacun d'avoir à faire à un agent de l'Etat accessible, disponible et à l'écoute de tous pour garantir une équité de traitement, un véritable service public. Au camp de Bias ou sur le Villeneuvois, pour prendre un exemple que je connais bien, une ou plusieurs personnes pourrait être détachées et tenir une permanence à la mairie. Elles seraient capables de constituer un lieu d'écoute mais aussi un secrétariat et une courroie de transmission pour les élus et les représentants de l'état.

          Malheureusement, ce problème des harkis ne semble pas devoir se régler prochainement. Tel un serpent de mer qui émerge à  chaque fois à l'approche d'échéance électorale, il semble condamné à ressurgir de temps en temps dans nos journaux. ¢

Ahmed MESSAOUDI

 

Les harkis du Nord boycottent la journée d'hommage du 25 septembre 2003

Harkis et Vérité, le 24 septembre 2003

         Pour sa troisième édition, la journée d'hommage aux harkis ne semble pas faire l'unanimité. Dans le département du Nord, les associations de harkis ont annoncé samedi 20 septembre 2003, leur intention de boycotter la Journée d'hommage aux harkis organisée par le gouvernement RAFFARIN. 

         Depuis le lundi 22 septembre, ce qui n'était encore qu'une intention pour les responsables associatifs est devenue une confirmation après une entrevue avec Jean-Pierre Richer, préfet du Nord. A la sortie de la préfecture, les associations ont réaffirmé leur démarche de ne pas participer à cette journée d'hommage aux harkis afin de faire part de leur colère face au gouvernement RAFFARIN. Dans un communiqué commun, les associations nordistes ont déclaré solennellement que "les rapatriés sont las des sempiternelles promesses jamais tenues depuis 1962 par la République française".

         L'année dernière, une colère identique et similaire avait été exprimée par Abdelkrim Klech, président du Collectif  "Justice pour les harkis. "Cette journée d'hommage n'est qu'une mascarade de plus" avait-il déclaré en septembre 2002. Pour ce dernier, la journée nationale d'hommage ne ferait que s'inscrire dans la continuité de procédés sans consistance. "Des mesurettes, des commissions de travail successives, des stèles ou des médailles, on n'en veut pas, parce que ce n'est pas ça qui va nous donner à manger" avait déploré Abdelkrim Klech le 25 septembre 2002.

        Devant la colère réelle et actuelle des familles de harkis, la préfecture du Nord entend faire "face à leur légitime impatience". Pour apaiser les esprits, le préfet du Nord a rappelé "la volonté du gouvernement d'ouvrir un débat au Parlement avant la fin de l'année". Or la mise en place d'un débat parlementaire ne semble pas être à la mesure du mécontentement ambiant chez les harkis du Nord. "Malgré l'annonce par le gouvernement de l'ouverture d'un débat au parlement pour l'automne 2003, rien n'a été fixé" a protesté Omar CHALBI, président de l'AFRAN (Association nordiste des Français Rapatriés d'Afrique du Nord).

        Les pouvoirs publics apparaissent comme dépourvus d'arguments crédibles pour contenir ce mouvement de colère. La rencontre avec le préfet du Nord s'est résumée à des "renseignements trop flous" sur les "mesures effectives à venir". Les familles de harkis seraient dans le brouillard gouvernemental. 

        Le dernier texte officiel en faveur de la communauté harkie date du plan GUIGOU du 15 mai 2001. Après le gouvernement JOSPIN, plus aucun texte n'est sorti pour venir aider les familles de harkis. La politique de Jean-Pierre RAFFARIN  manque de lisibilité pour les harkis de la France d'en bas. Un débat parlementaire ne fait pas une politique. Mais ce gouvernement a-t-il une politique en faveur des harkis? ¢

 

  Solidarité avec le peuple algérien endeuillé par un terrible tremblement de terre 

Harkis et Vérité, le 24 mai 2003

         Après les inondations de Bab El Oued, voilà que l'Algérie est à nouveau frappée par une catastrophe naturelle. Un tremblement de terre a fait des centaines de morts.

Des algériens face aux gravas  Photo Reuters

        Dans un communiqué, le Comité "Harkis et Vérité" appelle à la solidarité avec le peuple algérien. "Au nom des militants du Comité, je présente nos condoléances aux familles des victimes. Nous partageons la douleur du peuple algérien durant cette terrible épreuve" nous a déclaré le président du Comité "Harkis et Vérité".¢

 

Une motion du Parti Socialiste sur la question des harkis au congrès de DIJON

Harkis et Vérité, le 24 mai 2003

            Dans le cadre des débats du congrès du Parti Socialiste du 16 au 18 mai à Dijon, une motion sur la question des harkis a été déposée. Ce texte a été rédigé à l'initiative de Marie Richard, secrétaire national à la citoyenneté. Il préconise "la mise en place d'une Fondation ou d'un Institut qui permettrait de mettre en œuvre le légitime travail de mémoire et de vérité qui permettra de connaître l’histoire des harkis, afin de rétablir la vérité historique dans toutes ses dimensions et  de faire le bilan de l’action de la France et des carences de la nation à leur égard." Le Parti Socialiste travaillera aussi à l'instauration d'un droit à indemnisation pour ceux qui sont passés par les camps. L'égalité des chances devant l'accès aux responsabilités tant sur le plan politique que professionnel sera également étudiée.

             Ce texte s'inscrit dans la continuité de la politique volontariste de Lionel Jospin à destination de la jeunesse harkie (emplois jeunes, cellules de reclassement, rente viagère, reconnaissance de l'histoire des harkis...). Aussi, le texte de la motion fait référence à cette très belle phrase du premier ministre Lionel JOSPIN adressée aux enfants de harkis: “Par votre histoire, votre pratique du multiculturalisme, votre connaissance du Maghreb, vous êtes le meilleur trait d’union possible pour la paix, la sécurité et le développement économique dans cette grande région du monde ”. Avec le congrès de Dijon, la question harkie est devenue une réalité dans le travail de l'opposition.¢

Texte de la motion du Parti Socialiste 

 

Les nominations au Haut Conseil aux rapatriés déchirent des associations de la communauté harkie

Harkis et Vérité, le 20 mai 2003

         Par décret du 20 décembre 2002, un Haut Conseil aux rapatriés a été créé par Jean-Pierre Raffarin. Cette énième structure aura pour objet d'émettre des avis ou propositions concernant les mesures relatives aux rapatriés. Le travail de cet organe consultatif sera organisé au sein deux sections, l'une pour les rapatriés, l'autre pour les harkis. Des postes de président et de vice-présidents ont été prévus.

          Le 23 février dernier, monsieur Alain Vauthier, administrateur civil et directeur de l'ANIFOM, a été  nommé président de cette instance consultative. Pour assurer sa fonction, monsieur Vauthier sera assisté deux vice-présidents et d'un collège de représentants des familles de harkis et des rapatriés. Le 2 avril, le premier ministre Raffarin a installé ce Haut Conseil aux rapatriés en soulignant qu'il fallait "renouer un dialogue confiant et responsable avec une population qui a consenti d'importants sacrifices et largement contribué au développement de notre pays depuis quarante ans". 

          Après ces belles paroles gouvernementales, ce n'est pas le "dialogue confiant" mais la déchirure associative qui s'est finalement invitée à la table de ce Haut Conseil aux rapatriés. Des protestations de responsables associatifs harkis, parfois virulentes, sont rapidement apparues pour contester cette structure consultative créée par le gouvernement Raffarin. Ces colères associatives ont été récemment transmises à la rédaction de "Harkis et Vérité" pour information.

            La protestation la plus révélatrice du climat ambiant est venue du président de AJIR France. Dans une lettre adressée au Premier ministre et communiquée à la rédaction de "Harkis et Vérité", Mohand Hamoumou, responsable d'AJIR France, affirme que "l’annonce de la composition du Haut Conseil des Rapatriés a cristallisé le mécontentement des harkis. En effet la méthode utilisée pour la désignation des membres et des vice-présidents nous semble particulièrement critiquable. Les Harkis de la « France d’en bas » ont encore une fois le sentiment que les décisions, prises en leur absence, sont imposées sans concertation sérieuse avec les principales associations." 

              Et le président de AJIR France d'ajouter : "La nomination d’office des vice-présidents, plutôt que leur élection par les membres du Conseil, ne milite pas en faveur d’élémentaires règles de transparence et de démocratie, comme si notre communauté était encore immature politiquement, incapable de se choisir ses représentants, toujours sous tutelle." Par ailleurs, Mohand Hamoumou a laissé éclater sa colère en soulignant que "le choix des membres ne respecte pas l’équilibre nécessaire entre les associations nationales, écarte des personnalités « militantes » qui ont beaucoup œuvré pour faire avancer les revendications des harkis et de leurs familles, des universitaires spécialistes de la question harkie... En revanche, certains des membres nommés n’ont pas à ce jour eu de contribution « visible » pour les harkis."

              Dans un tout autre sens et devant la représentation nationale, le secrétaire d'État Hamlaoui Mékachéra s'est félicité de la création de ce Haut Conseil. Il sera "l'outil qui devrait permettre d'étudier et de suivre cette population. Nous disposerons désormais d'évaluations, d'études et de propositions" a-t-il affirmé sous l'acclamation des députés de la majorité UMP. Malgré les apparences, le "dialogue confiant" fabriqué par Raffarin a explosé en vol. La récente création du Haut Conseil aux rapatriés a fini par semer le trouble au sein des responsables associatifs. Les familles de harkis ont-elles été dupées par la droite chiraquienne?

                Si ce Haut Conseil divise plus qu'il ne rassemble, il risque aussi de faire double emploi avec la "commission consultative des rapatriés" instituée par l'arrêté Guigou du 6 février 2001. D'autant plus que l'utilité de cette commission, instaurée par le gouvernement Jospin, a été reconnue par le décret Raffarin du 12 mars 2003 pris pour l'application de la loi du 3 décembre 1982 relative au règlement de certaines situations résultant des événements d'Afrique du Nord, de la guerre d'Indochine ou de la Seconde Guerre mondiale

                Sur le même thème, l'opposition parlementaire réclame plus de transparence dans la gestion des organes consultatifs relatifs rapatriés. Le 21 avril dernier, le député socialiste du Nord Patrick Roy a interrogé le secrétaire d'État aux anciens combattants Hamlaoui Mékachéra en ce sens. "Chargée d'établir un bilan des mesures prises en faveur des rapatriés, la commission consultative des rapatriés doit travailler sur des sujets qui préoccupent non seulement le monde des rapatriés mais aussi des harkis. Cette communauté s'interroge sur les travaux de la commission et notamment sur l'allocation de reconnaissance qui doit se substituer à la rente viagère. La communauté harkie ne semble pas agréer cette substitution" questionne le député socialiste du Nord.¢

      Commission consultative des rapatriés  

Haut Conseil aux rapatriés  

Pour  le gouvernement Raffarin,  l'expulsion d'enfant de harki est d'actualité

Harkis et Vérité, le 18 avril 2003

         Depuis l'arrivée du gouvernement Raffarin, les membres de la communauté harkie ne sont pas à l'abri de mesure d'éloignement du territoire. Cela s'est confirmé une nouvelle fois dans la région de Strasbourg. Mardi 15 avril, le fils de harki Ahmed Haireche dont le père a combattu pour la France en Indochine, a été expulsé vers l'Algérie par décision des pouvoirs publics. Ce dernier a été interpellé quelques jours auparavant chez sa tante où il logeait depuis son arrivée en France, il y a deux ans.

         Face à cette décision, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées mercredi 16 avril, devant la préfecture du Bas Rhin pour protester contre cette expulsion. Pour Mohammed Guerroumi, président de l'association franco-algérienne et leurs amis (AFALA), « il est inacceptable que ce garçon qui a toute sa famille en France, dont le père a été décoré par l'armée française après avoir fait la guerre d'Indochine et la guerre d'Algérie, ne soit pas accueilli par la France ». D'après le journal Les Dernières Nouvelles d'Alsace du 17 avril, le cousin de l'expulsé, en accord avec tous les manifestants qui sont dans la même situation, a affirmé que « les sans-papiers fils de harkis n'ont plus confiance, ils ont peur. Pourquoi ils ne les expulsent pas tout de suite au lieu de les faire espérer pendant deux ans ? ».

        Une délégation a été reçu par le préfet de Strabourg qui a promis de suivre le dossier. Une demande auprès du ministre des affaires étrangères a été déposée pour que le fils de harki expulsé puisse regagner prochainement le sol français.

         Cette expulsion ne constitue pas un précédent. Récemment, en décembre dernier, en pleine période des fêtes, un harki s'était vu frappé d'une mesure de reconduite à la frontière. L'expulsion de membres de la communauté harkie est d'actualité en France. 

         Pour le gouvernement Raffarin, la fermeté à l'égard de la communauté harkie semblerait être de mise. Un traitement similaire aux célèbres sans papiers tend à s'esquisser dans le cadre de la politique gouvernementale à destination des familles de harkis. Raffarin fabriquerait-il actuellement des sans papiers parmi les harkis!!! ¢

 

Pour le président Christian Bourquin, le camp de Rivesaltes deviendra un lieu de mémoire

Harkis et Vérité, le 10 avril 2003

            Les mots "Rivesaltes" et "Bias" sonnent à l'oreille de chaque membre de la communauté harkie comme le souvenir d'une arrivée et d'une destinée douloureuses en France. Rivesaltes dans les Pyrénées Orientales, ce fut le camp de triage. Tous sont passés par là avant que le gouvernement statue sur le sort de chaque famille de harki. Certains finiront au camp de Bias. Terrible destin!

           Afin de préserver la mémoire de ces destinées, pour le président socialiste du Conseil Général des Pyrénées Orientales Christian Bouquin, l'objectif du département est de faire de l'ancien camp de Rivesaltes un lieu de mémoire. En 27 ans, ce lieu a servi pour parquer des réfugiés espagnols à la fin des années 30, des tziganes et des juifs durant le régime de Vichy et les harkis à la fin du conflit algérien.

           Le site du camp est actuellement la propriété de l'armée. L'État a donné son accord de principe pour que le projet du socialiste Christian Bourquin puisse voir le jour d'ici 2006. "Des études sont en cours pour la vente des 300 hectares. Mais il existe une procédure d'acquisition accélérée qui porte sur 37 hectares, pour y faire d'ici deux ou trois ans un mémorial historique" déclare le président Bourquin.

           Un architecte devrait être désigné prochainement pour mettre sur plan ce futur mémorial. En ce qui concerne l'état actuel du site de Rivesaltes, Christian Bourquin précise que "les baraques sont dans un triste état. Certaines sont classées car il y a à l'intérieur des fresques dessinées par les prisonniers. L'idée va être de transporter toutes ces pièces dans les 37 hectares. Nous envisageons de construire un bâtiment qui servira à la fois de musée, de lieu de travail et de mémoire. Depuis un an, nous travaillons avec un historien spécialiste des camps, Denis Peschanski. Nous avons commencé l'étude de préfiguration du mémorial."

           Dans un courrier adressé au président du Conseil Général des Pyrénées Orientales, le président du Comité "Harkis et Vérité s'est félicité de cette initiative."C'est la première et véritable politique de mémoire qui s'engage avec cette démarche du président Bourquin. Par ailleurs, je regrette qu'un projet similaire ne soit pas à l'ordre du jour de la majorité UMP du département du Lot et Garonne afin que le site du camp de Bias devienne lui aussi, un lieu de mémoire" a déclaré Charles Tamazount.¢

 

Le parlement défend le droit à indemnisation des familles de harkis 

Harkis et Vérité, le 10 janvier 2003

        Le principe d'une véritable indemnisation des familles de harkis semble faire son chemin au sein du parlement français. Au cours de la présente législature, c'est au sein des parlementaires du PS que l'on trouve défendu le principe d'une prochaine indemnisation des familles de harkis. 

        Quelques semaines après l'arrivée du gouvernement Raffarin, le 25 juillet 2002, le sénateur socialiste Jean-Marc Pastor a défendu solennellement au Sénat le principe d'une nécessaire et prochaine indemnisation des familles de harkis. Le Sénateur Jean-Marc Pastor "attire l'attention de Monsieur le Premier ministre sur la situation des harkis, qui ont encore aujourd'hui le sentiment de n'avoir pas été compris par la Nation, compte tenu des conditions de leur rapatriement et de leur réinstallation. Les revendications exprimées par les représentants de la communauté harkis tiennent notamment en une loi cadre assortie d'un programme pluriannuel d'indemnisation des biens spoliés et des biens qui ont dû être abandonnés. II lui demande s'il peut lui apporter des précisions sur le plan évoqué à cet égard par le Président de la République et sur les modalités d'instauration d'un droit à indemnisation."

          Après cette prise de position du sénateur socialiste, un parlementaire UMP a déposé le 15 octobre dernier une proposition de loi à l'Assemblée Nationale. Le député Jean-Pierre Soisson a proposé que le gouvernement réforme l'actuelle législation relative aux harkis en soulignant que "la loi du 16 juillet 1987, puis la loi du 11 juin 1994, ont constitué des avancées importantes pour la communauté harki. Je pense notamment aux mesures concernant le surendettement, l'amélioration de l'habitat ou l'indemnisation des conjoints survivants". Et d'en conclure que "les mécanismes d'indemnisation actuels sont à la fois lacunaires et trop complexes." Le dispositif proposé par Jean-Pierre Soisson et ses amis concernerait les harkis, les enfants de harkis et les petits-enfants de harkis !!!

          Aux harkis, une allocation de 50 400 € (330 600 F) serait allouée et aux enfants de harkis nés avant le 31 décembre 1966, une allocation de 31 000 € (203 340 F) serait créée. Le versement de ces allocations serait étalé sur une période de 5 ans. Pour les enfants et petits-enfants de harkis, nés entre le 1er janvier 1972 et le 31 décembre 1983, ils se verraient accorder, à condition de poursuivre des études supérieures, une "allocation d'encouragement aux études supérieures" de 1 000 € (6 560 F) au début de chaque année universitaire. 

           Cette proposition de loi est des plus généreuses. L'auteur de cette proposition de loi estime le coût de ces mesures à 2 milliards d'€. Verront-elles le jour prochainement? L'actuel gouvernement fera-t-il sienne cette proposition de loi? On peut en douter dans la mesure où le député Soisson lui-même a précisé dans l'exposé des motifs de son texte que cette proposition de loi avait pour but "d'ouvrir le débat qui conduira à l'élaboration de mesures concrètes, pour répondre aux difficultés des harkis". Le débat sur une prochaine indemnisation est désormais ouvert.

(la proposition de loi Soisson)

          Toutefois, il est à noter que le gouvernement semblerait ne pas reprendre à son compte cette généreuse proposition de loi. Le 2 janvier 2003, le gouvernement a répondu à la question du sénateur socialiste Jean-Marc Pastor sur le principe d'une indemnisation des harkis. Le proposition de loi Soisson, déposée 3 mois auparavant à l'Assemblée Nationale, n'a pas été reprise dans l'argumentaire gouvernementale opposé au sénateur socialiste. ¢

(la réponse du gouvernement)

 

Le préfet  du  Var suspend  l'expulsion du harki MADJOUR vers l'Algérie 

Harkis et Vérité, le 3 janvier 2003

         Les harkis sont-ils chez eux en France? Au début de l'affaire MADJOUR, le doute pouvait habiter la réponse à cette question. Depuis le 2 janvier, le doute n'est plus permis. Monsieur MADJOUR restera chez lui en France. Telle est la conséquence heureuse de la décision raisonnable du préfet du Var de suspendre l'expulsion de ce harki vers l'Algérie.

         Le préfecture du Var a annoncé cette décision de "surseoir à l'exécution immédiate de la décision de reconduite à la frontière" afin de permettre à l'avocat de monsieur MADJOUR de compléter son dossier. Présenté comme "un brillant soldat français, de nombreuses fois cités et décorés" par son avocat Henri JURAMY, monsieur MADJOUR a décidé de saisir le médiateur de la République afin que son affaire soit réexaminée et définitivement résolue. Affaire à suivre.¢

 

Dans le Var, un harki menacé d'expulsion vers l'Algérie 

Harkis et Vérité, le 30 décembre 2002

           Le 16 décembre dernier, le préfet du Var a pris un arrêté de reconduite à la frontière à l'encontre d'un harki, Abdelkader MADJOUR. Ce dernier ne serait plus en possession d'un titre de séjour valide. D'après la préfecture du Var, monsieur MADJOUR serait entré en France en 1998 avec un visa de tourisme de 30 jours. Ensuite, si cet ancien supplétif de l'armée française a été titulaire d'une carte d'identité française, cela serait dû à "une erreur de l'administration". Aussi, la préfecture du Var souligne que ce dernier s'est inscrit comme ressortissant algérien au consulat algérien de Nice le 2 février 2002. En conséquence, il a été invité par les services préfectoraux a restitué sa carte d'identité française. 

            Désormais sans titre de séjour, une mesure d'éloignement du territoire français a pu être édictée en vue d'expulser ce harki vers le territoire algérien. Le 24 décembre, le tribunal administratif de Nice a confirmé l'arrêté de reconduite du préfet du Var.

            Convaincu d'être victime "d'un acte arbitraire sans valeur juridique", monsieur MADJOUR, assisté de son avocat maître Henri JURAMY, a décidé de porter plainte pour "abus d'autorité" contre le préfet du Var. Aussi, depuis les fêtes de Noël, avec un collectif varois de harkis, il entame une grève de la fin devant le monument aux morts de Toulon.¢

 

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  Ce site est dédié à la mémoire des 150 000 harkis massacrés en 1962 après la fin de la Guerre d'Algérie