|
En
visite à Alger, le ministre Dominique
de VILLEPIN aborde la question des harkis
Harkis
et Vérité, le 17 décembre 2002
Le ministre des affaires étrangères français Dominique de Villepin
s'est rendu à Alger le mardi 17 décembre. Le chef de la diplomatie
française a exprimé sa "foi en l'avenir de l'Algérie". Aux
autorités algériennes, Dominique de Villepin a déclaré: "Notre
engagement est clair: nous sommes à vos côtés pour soutenir les
politiques de réforme que vous souhaitez entreprendre. Il s'agit de
construire une relation sereine, par delà les humeurs du moment".
Au cours d'une rencontre de 4 heures avec le Président Bouteflika, le ministre
français a évoqué tous les sujets intéressant les relations
franco-algérienne. Parmi ces sujets, la question des harkis a été
évoquée. Notre rédaction n'a pas de plus amples informations.
Néanmoins, il est à noter que cette évocation des harkis à Alger par
le ministre des affaires étrangères fait suite à une récente interpellation
parlementaire.
En effet, à l'Assemblée Nationale, le 11 décembre dernier, le député
socialiste Alain Néri a
demandé au ministre des affaires étrangères
si, "quarante
ans après la fin officielle des combats en Algérie, dans le cadre de la
politique de coopération franco-algérienne et de réconciliation entre
les peuples français et algérien, il ne lui paraît pas important et
indispensable que les harkis, citoyens français qui avaient fait le choix
de leur avenir dans la France et avaient servi loyalement leur pays,
soient aujourd'hui autorisés à se rendre en Algérie comme tout citoyen
français. Il leur serait ainsi possible de revoir leurs parents, leur
village et de retrouver leurs racines, droit légitime pour tout homme. Il
lui demande donc s'il a l'intention d'intervenir auprès des autorités
algériennes pour que les harkis obtiennent satisfaction et puissent se déplacer
librement.
"¢
La
majorité UMP supprime le rapporteur spécial pour le budget
"harkis"
Harkis
et Vérité, le 5 novembre 2002
La communauté harkie n'aura plus de rapporteur spécial durant le débat budgétaire
relatif au vote de la loi de finances. Telle en a été la
volonté de la majorité UMP du Premier ministre Raffarin. Aucun
responsable de la majorité ne s'est donné la peine d'expliquer cette
suppression. Marc Laffineur restera donc le dernier député à avoir exercé
la fonction de rapporteur spécial du budget rapatriés.
La suppression de ce rapporteur spécial restreint la transparence voulue
par Lionel Jospin dans le cadre de la gestion gouvernementale des crédits votés en
faveur des familles de harkis. Aujourd'hui, l'opacité budgétaire semble
être à l'ordre du jour. Mais pourquoi cette opacité? C'est toute la
question.¢
Coup
de tonnerre :
Smail Boufhal dépose un pourvoi en cassation contre Raymond Barre
Harkis
et Vérité, le 3 novembre 2002
Après l'arrêt de rejet de le Cour d'appel de Rouen dans l'affaire Barre,
le Président de Génération Mémoire Harkie semblait décapité. Mais
c'était sans compter sur la combativité et les convictions de cette
association militante. Monsieur Boufhal, président de Génération
Mémoire Harkie nous a finalement fait part de sa volonté de se pouvoir
en cassation contre l'ancien Premier ministre et nous a demandé de bien
vouloir publier le communiqué suivant :
"Le conseil d’administration de GÉNÉRATIONS MÉMOIRE HARKIS réuni
mercredi 30 octobre 2002 sur convocation de son président a décidé de
former un pourvoi en cassation contre l’arrêt de la Cour d’Appel de
ROUEN qui, le 28 octobre 2002 sur une disposition de procédure très
recherchée a rejeté notre action en diffamation contre Raymond BARRE.
L’Appel interjeté à la Cour d’Appel est frappé de
"prescription" selon les juges d’Appel ; Alors que les
dates d’audience ainsi que les convocations des différentes Parties au
Tribunal, ont été fixées par le Procureur Général du Parquet de Rouen !
Pour rappel, l’ancien Premier Ministre a repris à son compte et usé
des formules "harkis de JOSPIN " et "harkis de
MITTERRAND" leur donnant un sens et une définition de traître
pendant l ‘émission "France Europe Express" sur France
3, le 3 décembre 2000. L’intention est sans équivoque avec cette démonstration
"Quand j’entends un certain nombre de Parlementaires, et vous savez
à quel Parti ils appartiennent, parler de traîtres ou de gens qui font
le jeu de Jospin, je pourrais leur demander qui a dévoyé le plus la
Vème République ; et cela depuis la cohabitation dans laquelle ils
se sont vautrés simplement pour partager le pouvoir".
Les anciens Harkis espèrent que la Cour de Cassation les épargnera de
devoir en appeler à la Cour européenne des Droits de l’Homme afin
d’obtenir la condamnation des propos, selon les termes des arrêts de
cette Cour.
GÉNÉRATIONS MÉMOIRE HARKIS poursuivra l’action juridique pour dénoncer
de telles appréciations portées par un ancien Premier Ministre pour
faire véhiculer dans l‘opinion publique une connotation aussi déshonorante
pouvant être reprise en exemple voire teintée de racisme par certains
esprits ignorants ou malveillants. La banalisation de tels propos est très
préjudiciable à l’honneur et à la considération de cette composante
de la Communauté nationale.
Les anciens Harkis fidèles à leur image de loyauté envers la République
mettront tous les moyens légaux en œuvre pour sauvegarder leur honneur
et faire en sorte qu’un haut dignitaire de notre Pays ne puisse demeurer
le triste exemple, qu’en France il est possible de porter atteinte aux
anciens harkis et à leurs descendants impunément, avec l’indulgence de
la Justice.¢
Le Président,
Smaïl BOUFHAL
Le
ministre Mékachéra révèle les orientations de la politique
Raffarin à destination des harkis
Harkis
et Vérité, le 2 novembre 2002
Lors de la séance des questions aux gouvernement du mardi 29 octobre, le
secrétaire d'État aux anciens combattants Hamlaoui Mékachéra a
dévoilé les orientations de la politique du gouvernement Raffarin à
destination des familles de harkis. Cela suite à une question posée par
le député UDF du Nord Francis Vercamer dont la teneur suit :
M. Francis Vercamer : Les harkis, après
l'élection présidentielle, ont repris espoir. Le Président de la République
a annoncé une politique ambitieuse en leur faveur. Le groupe UDF tient à
rappeler son attachement à cette communauté, dont nous savons avec quel
dévouement elle s'est battue pour la France et ses valeurs. Les
harkis sont fortement implantés dans le sud de la France, mais aussi dans
des villes comme Rouen, Roubaix ou Tourcoing. Le
Gouvernement ne doit pas les décevoir. Quelles dispositions entendez-vous
prendre pour répondre à leurs attentes ?
M. Hamlaoui Mékachéra, secrétaire
d'État aux anciens combattants : Cette population mérite en
effet toute notre attention. Nous connaissons les grandes souffrances
endurées par les harkis et les difficultés que rencontrent toujours
certains de leurs enfants. Dès sa
nomination, le Premier ministre a créé une mission interministérielle
aux rapatriés qui relève directement de son autorité. Le président de
cette mission consulte les représentants des harkis ; il soumettra
au Gouvernement des mesures concrètes. Il étudie ainsi l'extension de la
rente viagère - attribuée jusqu'ici sous condition de ressources - mais
aussi des dispositions, principalement en faveur de la deuxième génération,
dans les domaines de l'éducation, de la formation et de l'emploi. Le
Président de la République a reconduit la journée d'hommage, décidée
pour la première fois le 25 septembre 2001. Le Premier ministre, cette
année, l'a présidée en personne aux Invalides.¢
Une
fille de harki nommée au Haut Conseil à l'Intégration
Harkis
et Vérité, le 1er novembre 2002
D'après l'hebdomadaire "Le POINT" du 1er novembre, une
fille de harki a été nommée par Jacques Chirac au sein du Haut Conseil
à l'intégration. Jeannette BOUGRAB, docteur en droit, maître de conférences
à Paris-I est présentée comme une fille de harki native de
Châteauroux.
Aussi, cette jeune femme de 29 ans évoque le tragique destin de "ses
grands-parents (...) égorgés par le FLN en 1955 ". Inconnue de
la communauté harkie, Jeannette BOUGRAB pourra peut être, par cette
nomination, faire enfin entrer les enfants de harkis dans la problématique
d'intégration de droit commun que connaît notre République. Elle est
surnommée "Maître en intégration" par l'hebdomadaire "Le
POINT". Bonne chance Jeannette!¢
La
plainte en diffamation contre Raymond Barre est rejetée en
appel
Harkis
et Vérité, le 30 octobre 2002
Le
28 octobre dernier, la Cour d'Appel de Rouen a examiné en appel la
plainte en diffamation de l'association "Génération Mémoire
Harkis" contre l'ancien Premier Ministre Raymond Barre. A la lecture
de l'arrêt d'appel, la plainte de l'association requérante est rejetée
sans examen au fond. Monsieur Barre est relaxé sur la base d'un simple
motif d'irrecevabilité de procédure. L'appel interjeté par
l'association requérante est irrecevable car tardif. Monsieur Boufhal,
président de l'association requérante a fait part de sa colère à la rédaction
du site "Harkis et Vérité" en affirmant que
" la Cour d'Appel a seulement statué sur une exception
d'irrecevabilité avancée par la défense de Raymond BARRE. Cette
exception d'irrecevabilité argumente une prescription de l'audience
en Appel. Il apparaît que la première audience devant la Cour d'Appel
aurait dû avoir lieu dans les trois mois qui ont suivi le Jugement
correctionnel. Et monsieur Boufhal de préciser: " Le Jugement
correctionnel avait eu lieu le 10 octobre 2001 et la première audience
devant la cour d'Appel n'avait eu lieu que le 28 février 2002 soit quatre
mois et demi après ". Le président de Génération Mémoire
Harkie aurait découvert cet incident
de procédure au moment de la lecture de l'arrêt de la Cour d'Appel de
Rouen.
"Avec cette élément de l'arrêt portant sur la prescription,
nous n'avons aucune chance d'aboutir en Cassation" a conclu Smail Boufhal. En conséquence, on ne saura pas pour le
moment, si traiter les harkis de "traîtres" relève du délit
de diffamation. C'est une grande défaite pour la protection des droits de
l'homme, mais une grande action pour la communauté harkie. Ce sont
toujours les actions qui ne sont pas proches du Prince qui agissent pour
le bien de la communauté. Malgré l'échec judiciaire, la plainte de
l'association "Génération Mémoire Harkie" doit être saluée.
A monsieur Boufhal, malgré cette issue judiciaire, on ne peut que lui
dire: "Bravo l'artiste".
En conclusion, la leçon de cette démarche judiciaire se résume en
quelques mots :
La communauté harkie a encore du chemin à faire pour parvenir à la Justice. Les associations qui déposent plainte ne sauraient gagner sans
le soutient actif et financier des membres de la communauté qui ne
cessent de revendiquer justice!!! A méditer pour l'avenir.¢
La
plainte du Comité "Harkis et Vérité" est déclarée recevable
Harkis
et Vérité, le 6 octobre 2002
Lors de la réunion du bureau exécutif du Comité "Harkis et
Vérité" du 6 octobre, le Président Charles Tamazount a annoncé à
ses amis que la plainte déposée au Conseil d'Etat le 19 mars dernier,
symboliquement 40 ans après les Accords d'Evian, a été déclarée
recevable par la plus haute juridiction administrative française. Le
gouvernement a été invité à produire un mémoire en défense pour
s'expliquer.
D'après les informations recueillies par la rédaction de "Harkis et
Vérité", le gouvernement, par l'entremise des services juridiques
du Ministère de l'Intérieur, n'aurait pas réussi à produire des
arguments de défense convaincants pour contrecarrer les prétentions
figurant dans le plainte du Comité. Charles Tamazount nous a déclaré
"être très confiant et optimiste pour la suite. La victoire est à
portée de main". "Enfin, justice nous sera rendu" nous
a-t-il affirmé.
L'affaire devrait arriver en audience publique au Conseil d'État en
début d'année 2003, année qui verra aussi la célébration de l'Année
de l'Algérie en France. Une forte actualité franco-algérienne devrait
être à l'ordre du jour de la nouvelle année. ¢
L'affaire
Barre en appel. Jugement le 28 octobre prochain
Harkis
et Vérité, le 5 octobre 2002.
User du terme "harkis" comme synonyme de "traîtres"
relève de la diffamation? La réponse à cette question sera donnée par
le Cour d'Appel de Rouen le 28 octobre prochain. Cela suite à la plainte
déposée par Génération Mémoire Harkie, il y a un peu plus de un an et
demi.
Le Comité "Harkis et Vérité" salue cette démarche et y
apporte son soutient. Notre ami Smail Bouffal, initiateur de cette
plainte, fera prochainement part ses analyses et opinions à notre
rédaction. Jugement le 28 octobre.¢
La
journée nationale d'hommage 2002 contestée par des représentants de la
communauté harkie
Harkis
et Vérité, le 28 septembre 2002
L'année 2002 aura été un mauvais cru pour la journée nationale d'hommage
aux harkis. Pourtant, cette même année aura vu l'entrée d'un
représentant des harkis au gouvernement. Préparée à la vite,
sans intérêt pour les médias, cette journée n'a pas suscité d'enthousiasme
auprès des représentants associatifs. Enfin, n'ayant pas à faire face
à des échéances électorales proches, Jacques Chirac n'a pas présidé
les cérémonies prévues.
Pour Abdelkrim
Klech, président du Collectif "Justice pour les harkis, "cette
journée d'hommage n'est qu'une mascarade de plus". Pour ce
dernier, la journée nationale d'hommage ne ferait que s'inscrire dans la
continuité de procédés sans consistance. "Des mesurettes, des
commissions de travail successives, des stèles ou des médailles, on n'en
veut pas, parce que ce n'est pas ça qui va nous donner à manger",
déclare Abdelkrim Klech.
Mais pourquoi ce malentendu? Pourquoi ce rendez-vous manqué ? Le relatif échec de
cette journée d'hommage tient essentiellement aux faiblesses que cette
journée d'hommage contenait dès sa création. La revue "Harkis et
Vérité" avait caractérisé ces faiblesses dans un article
d'analyse publié dans le numéro de septembre 2001. Aujourd'hui, ces
faiblesses ne sont plus caractérisées dans un article de presse, elles
éclatent au grand jour.¢
Hamlaoui Mékachéra, un harki ministre
Harkis
et Vérité, le 18 juin 2002.
Hamlaoui
Mékachéra, deuxième Français d'origine maghrébine au gouvernement
PARIS, 18 juin (AFP) - Hamlaoui Mekachera, nommé lundi secrétaire d'État
aux Anciens combattants, est, avec la secrétaire d'État au Développement
durable Tokia Saïfi, la deuxième personnalité issue de l'immigration
maghrébine au gouvernement.
"C'est un signe très positif", a affirmé à l'AFP mardi M.
Mekachera, "c'est une banalisation de la prise de responsabilité par
cette population française d'origine maghrébine".
Le nouveau ministre y voit aussi la preuve "de la capacité à
assumer des responsabilités" dans d'autres domaines que ceux liés
à l'immigration ou l'intégration, puisque Tokia Saïfi est en charge du
développement durable, et M. Mekachera des Anciens combattants.
Au lendemain de la formation de la nouvelle Assemblée, où l'absence de
personnes d'origine immigrée a frappé, Hamlaoui Mekachera, ancien délégué
à l'intégration (en 1995, auprès d'Eric Raoult, ministre de l'Intégration
et de la lutte contre l'exclusion) veut rester optimiste: "cela va
venir, il y a des jeunes qui foncent, qui militent, ce sont eux qui
pousseront les barrières".
Ancien administrateur pendant huit ans, jusqu'en mars, de l'Office
national des anciens combattants (ONAC), Hamlaoui Mekachera est lui-même,
rappelle-t-il, ancien combattant.
Né en 1930 à Souk-Ahras, dans l'est algérien, fils d'officier décédé
des suites de ses blessures de guerre, il a été "enfant de
troupe" à 12 ans et officier d'infanterie de 1958 à 1977, en Algérie
jusqu'à l'indépendance en 1962, puis en France.
S'il a représenté et défendu activement les harkis en tant que président
du Conseil national des Français musulmans créée en 1990, il souligne
qu'il n'est pas harki lui-même.
"Le président de la République a toujours été sensible à la
situation des harkis et je souhaite que leur dossier avance", affirme
Hamlaoui Mekachera, mais "ce n'est pas de mon ressort". C'est
celui, rappelle-t-il, de la "mission interministérielle auprès des
rapatriés", installée le 6 juin par le Premier ministre Jean-Pierre
Raffarin.
AFP
Le
contrat de législature du Parti socialiste pour la communauté
harkie
Harkis
et Vérité, le 28 mai 2002.
Dans le
cadre des élections législatives, le Comité "Harkis et
Vérité" a interrogé les deux principales formations politiques sur
leurs engagements en faveur de la communauté harkie pour les années à
venir. Les dirigeants chiraquiens de l'UMP (Union pour la Majorité
Présidentielle) ont rejeté toutes les propositions que le Comité
souhaitait défendre. En ce qui concerne le Parti Socialiste, les
discussions ont été des plus sérieuses. Un véritable contrat de
législature a pu être élaboré dont la teneur suit:
Contrat
de législature du Parti Socialiste en faveur de la communauté harkie:
Un
travail de justice et de mémoire toujours nécessaire
Voilà près de quarante ans, les accords d'Evian du 19 mars 1962 ont
marqué la fin de ce qu'il est désormais convenu d'appeler la guerre
d'Algérie. Sur cette page sombre de notre histoire récente, nous commençons
seulement à entamer notre devoir de mémoire afin de comprendre,
d’expliquer et réparer ce qui peut l’être encore.
La guerre d’Algérie a constitue une blessure dont les plaies sont
encore très vives dans la société française et les harkis sont au cœur
du malaise que suscite cette époque tragique. Un déni de reconnaissance,
une dignité refusée ont accentué le malaise de ces Français délaissés
par la France comme ils sont rejetés en Algérie. Ce sentiment de ne pas
avoir été compris par la Nation est toujours fortement présent,
quarante ans après. La France n’a pas su mesurer, comprendre et traiter
les drames humains, familiaux, personnels et culturels vécus. Aucune des
politiques d’aide mise en place n’a su prendre en compte l’ensemble
de ces dimensions.
Aujourd’hui, la blessure est triple :
-
Une blessure sociale avec des jeunes qui n'ont pas eu toutes leurs chances
d'insertion, d'intégration, de qualification. Rappelons en effet que le
taux d’échec scolaire et le chômage des harkis et de leurs enfants
sont sans équivalent dans le reste de la population française.
-
Une blessure morale pour ceux dont le dévouement et la confiance ont été
abusés, dont l'histoire a été occultée et qui restent soumis à des
tracasseries administratives pour justifier de leur nationalité française.
Le regard défiant que leur portent encore aujourd'hui des hommes de bonne
volonté, progressistes, mais pour lesquels seuls les tenants de l'indépendance
de l'Algérie ont droit de cité, les empêchent d'assumer au grand jour
leur histoire et de la transmettre à leurs enfants et petits-enfants.
-
Une blessure collective pour la France qui n'a pas respecté sa parole
envers ceux qu'elle aurait dû protéger, qu'elle a abandonné la
vengeance de leurs ennemis ou accueillis avec parcimonie sur son
territoire et dont elle a occulté l'histoire depuis. Démonstration nous
est faite aujourd'hui avec la demande des enfants de harkis de retrouver
histoire, dignité et travail, que les plaies de
l'histoire
ne peuvent trouver d'apaisement dans l'oubli, qu'au contraire,
elles se transmettent de génération en génération. Ainsi, si la législature
qui s’est achevée n’a pas oublié les harkis, il reste du chemin à
parcourir.
C’est d’une part sur le terrain de la symbolique que doivent porter
les efforts pour faire que les harkis et leur famille se sentent
parfaitement intégrés la Nation. La France, parce qu’elle a au cœur
les valeurs de la République, doit assumer son histoire et avoir les
gestes de reconnaissance qui s’imposent. C’est en ce sens que le
Gouvernement de Lionel Jospin a pérennisé la date du 25 septembre pour
la " Journée d’hommage national aux harkis " afin d’ancrer
dans la mémoire collective le souvenir des forces supplétives qui ont
combattu pour la France et dont le choix les a conduit à supporter des
sacrifices particuliers individuels et familiaux. Un premier geste
symbolique fort avait été effectué le 11 novembre 2000 avec le dépôt
d’une gerbe à l’Arc de triomphe par un harki au nom des anciens
combattants supplétifs. Car le devoir de mémoire passe par la
reconnaissance de la responsabilité de l'État français dans l’abandon
de la communauté en 1962. Des gestes symboliques des plus hautes autorités
de l'État sont nécessaires, des lieux de mémoire et de recueillement
doivent consacrer le souvenir des victimes et en assurer la transmission
aux générations à venir. La France a, à l’égard des harkis, une
dette d’honneur qu’elle se doit de reconnaître.
Le Parti socialiste a toujours soutenu le droit à réparation qui est né
de ces épreuves.
Des
mesures concrètes ont été prises dans le domaine économique et social
pendant les cinq années de la législature de Lionel Jospin. La majorité
de gauche a prolongé de 4 ans l’application de la loi du 11 juin 1994
pour les harkis et leur famille. L’emploi a été inscrit comme priorité
de sa politique à l’égard d’une Communauté durement frappée par le
chômage. Des cellules de reclassement ont été crées, pour favoriser
l’accès l’emploi de la deuxième génération, qui ont assuré un
suivi personnalisé, les conventions " emplois " ont été améliorées
et des bourses d’insertion ont été mises en place pour faciliter la
mobilité géographique et professionnelle de ces demandeurs d’emploi.
Les résultats
enregistrées au niveau de la réinsertion dans le monde du travail sont
cette année en progression de 80 % par rapport aux années précédentes.
Parallèlement, le gouvernement s’est attaché à résoudre les
situations d’urgence. Le désendettement immobilier des harkis a été
accru de façon massive et, depuis la loi de finances 1998, les anciens
supplétifs ont été protégés contre les actions de leurs créanciers par
la suspension provisoire des poursuites.
Dans le prolongement de cette action, afin de permettre aux harkis de
disposer de ressources suffisantes et en réparation des préjudices
qu’ils ont subis du fait de leur engagement pour la France, le
gouvernement a instauré une rente viagère annuelle de 1 372 € (9 000
F.) versée aux harkis ou à leurs veuves ayant de faibles revenus et
ayant atteint 60 ans.
Pour
assurer aux harkis de la première génération des conditions d’habitat
satisfaisantes, les aides à l’accession à la propriété et à l’amélioration
de l’habitat principal et au désendettement immobilier ont été
poursuivies jusqu’au mois de décembre 2002.
Enfin, un comité national de suivi du plan d'action en faveur des anciens
membres des formations supplétives et assimilés ou victimes de la
captivité en Algérie et de leurs familles a été mis en place en 2000.
Regroupant les représentants des familles et des associations harkies, ce
comité a pour objet d'évaluer le plan d'action et d’assurer
l’harmonisation du traitement des dossiers dans les préfectures françaises.
Aujourd’hui, il est juste d’aborder avec les harkis une nouvelle phase
de juste réparation. Le Parti socialiste porte différentes propositions.
Tout d’abord, une nouvelle étape de la réparation morale doit être
abordée. Il s’agit de permettre aux harkis de retourner, s’ils le
souhaitent, dans leur pays natal afin de pouvoir rendre hommage à leurs aînés
disparus et renouer des liens familiaux. Ils doivent bénéficier de la
liberté de circulation dont tout citoyen français dispose. Il s’agit
d’affirmer notre volonté d’engager avec le gouvernement algérien des
discussions à cet effet. Parallèlement, il est aujourd’hui nécessaire
de revoir les décrets Mauroy relatifs à la double nationalité rendus
obsolètes par la suppression du service militaire en France et la
professionnalisation de nos armées. Il s’agit que les fils de harkis
puissent se rendre en Algérie en circulant librement, sans risquer d’être
retenus par les autorités algériennes, comme cela arrive trop fréquemment.
Une nouvelle étape de la revalorisation matérielle doit être engagée.
D’abord, par la transformation de la rente viagère servie aux harkis ou
de leur veuve ; elle doit devenir un droit à réparation, libre de
toute considération de conditions de ressources et de tout prélèvement
fiscal et social. L’instauration d’un droit à indemnisation doit également
être étudiée, pour les femmes et les enfants mineurs lors du
rapatriement. Des mesures volontaristes doivent étudiées en matière de
formation, d’emploi, de logement et d’insertion dans la vie économique
dans le cadre des contrats de plan entre l’État et les régions. Enfin,
il conviendrait de revenir sur la rupture d’égalité provoquée par
l’article 46 de la loi du 15 juillet 1970, et de rendre éligible les
mesures d’effacement de l’article 44 de la loi de finances du 31 décembre
1986 aux pupilles de la Nation.
La réparation, c’est aussi le souvenir des victimes civiles et
militaires de la guerre d’Algérie. Une date commémorative ne saurait
diviser la Nation. Seul le consensus, qui est à rechercher entre les
associations d’anciens combattants, de rapatriés et de harkis, légitimera
le choix d’une telle date. Ce sont nos valeurs de citoyenneté, de
solidarité et de responsabilité que d’assumer tous ensemble cette
histoire douloureuse et de retrouver ainsi les conditions d’un destin
national collectif.
Marie
RICHARD
Secrétaire
nationale à la Citoyenneté au Parti Socialiste
Le
Comité "Harkis et Vérité" appelle à faire barrage à l'extrême
droite le 5 mai prochain
Harkis
et Vérité, le 25 avril 2002.
Le
Comité "Harkis et Vérité" est très attaché à la liberté de vote
de ses militants. Néanmoins, la situation électorale que connaît notre pays
est grave. L'extrême droite est qualifiée pour le second tour de l'élection
présidentielle. La communauté harkie est profondément attachée aux valeurs
de la République et aux principes qui fondent la démocratie française. En
conséquence, il faut faire barrage à l'extrême droite en votant pour le
candidat de la République, Jacques Chirac. Il va de l'avenir de la France,
notre pays que nous aimons tant.¢
Charles TAMAZOUNT
Jugement
en appel de l'affaire Barre
Harkis
et Vérité, le 27 février 2002.
Le jeudi 28 février s'ouvre devant la
Cour d'Appel de Rouen l'audience relative à la poursuite en diffamation de
l'ancien Premier Ministre Raymond Barre. Il est reproché au député de Droite
lyonnais d'avoir utiliser le terme "harkis" comme synonyme de traîtrise
au cours de l'émission de "France Europe Expresse" sur France 3.
L'association "Génération Harkie", présidée par Smaïl
Boufhal, est à l'initiative de
cette plainte en justice pour diffamation contre l'ancien premier ministre Raymond
Barre. A l'issue de l'audience de 1ère instance, Raymond Barre avait
bénéficié d'une relaxe fondée sur des motifs de pure procédure.
Monsieur Boufhal avait fait appel de la décision et publié le communiqué
suivant :
|