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L'actualité harkie, c'est sur harkisetverite.info


 

  En visite à Alger, le ministre Dominique de VILLEPIN aborde la question des harkis 

Harkis et Vérité, le 17 décembre 2002

          Le ministre des affaires étrangères français Dominique de Villepin s'est rendu à Alger le mardi 17 décembre. Le chef de la diplomatie française a exprimé sa "foi en l'avenir de l'Algérie". Aux autorités algériennes, Dominique de Villepin a déclaré: "Notre engagement est clair: nous sommes à vos côtés pour soutenir les politiques de réforme que vous souhaitez entreprendre. Il s'agit de construire une relation sereine, par delà les humeurs du moment".

          Au cours d'une rencontre de 4 heures avec le Président Bouteflika, le ministre français a évoqué tous les sujets intéressant les relations franco-algérienne. Parmi ces sujets, la question des harkis a été évoquée. Notre rédaction n'a pas de plus amples informations. Néanmoins, il est à noter que cette évocation des harkis à Alger par le ministre des affaires étrangères fait suite à une récente interpellation parlementaire. 

          En effet, à l'Assemblée Nationale, le 11 décembre dernier, le député socialiste Alain Néri a demandé au ministre des affaires étrangères si, "quarante ans après la fin officielle des combats en Algérie, dans le cadre de la politique de coopération franco-algérienne et de réconciliation entre les peuples français et algérien, il ne lui paraît pas important et indispensable que les harkis, citoyens français qui avaient fait le choix de leur avenir dans la France et avaient servi loyalement leur pays, soient aujourd'hui autorisés à se rendre en Algérie comme tout citoyen français. Il leur serait ainsi possible de revoir leurs parents, leur village et de retrouver leurs racines, droit légitime pour tout homme. Il lui demande donc s'il a l'intention d'intervenir auprès des autorités algériennes pour que les harkis obtiennent satisfaction et puissent se déplacer librement. "¢

 

La majorité UMP supprime le rapporteur spécial pour le budget "harkis" 

Harkis et Vérité, le 5 novembre 2002

          La communauté harkie n'aura plus de rapporteur spécial durant le débat budgétaire relatif au vote de la loi de finances. Telle en a été la volonté de la majorité UMP du Premier ministre Raffarin. Aucun responsable de la majorité ne s'est donné la peine d'expliquer cette suppression. Marc Laffineur restera donc le dernier député à avoir exercé la fonction de rapporteur spécial du budget rapatriés.

          La suppression de ce rapporteur spécial restreint la transparence voulue par Lionel Jospin dans le cadre de la gestion gouvernementale des crédits votés en faveur des familles de harkis. Aujourd'hui, l'opacité budgétaire semble être à l'ordre du jour. Mais pourquoi cette opacité? C'est toute la question.¢

 

Coup de tonnerre :  Smail Boufhal dépose un pourvoi en cassation contre Raymond Barre 

Harkis et Vérité, le 3 novembre 2002

          Après l'arrêt de rejet de le Cour d'appel de Rouen dans l'affaire Barre, le Président de Génération Mémoire Harkie semblait décapité. Mais c'était sans compter sur la combativité et les convictions de cette association militante. Monsieur Boufhal, président de Génération Mémoire Harkie nous a finalement fait part de sa volonté de se pouvoir en cassation contre l'ancien Premier ministre et nous a demandé de bien vouloir publier le communiqué suivant :

              "Le conseil d’administration de GÉNÉRATIONS MÉMOIRE HARKIS réuni mercredi 30 octobre 2002 sur convocation de son président a décidé de former un pourvoi en cassation contre l’arrêt de la Cour d’Appel de ROUEN qui, le 28 octobre 2002 sur une disposition de procédure très recherchée a rejeté notre action en diffamation contre Raymond BARRE. L’Appel interjeté à la Cour d’Appel est frappé  de "prescription" selon les juges d’Appel ; Alors que les dates d’audience ainsi que les convocations des différentes Parties au Tribunal, ont été fixées par le Procureur Général du Parquet de Rouen !

              Pour rappel, l’ancien Premier Ministre a repris à son compte et usé des formules "harkis de JOSPIN " et "harkis de MITTERRAND" leur donnant un sens et une définition de traître pendant l ‘émission "France Europe Express" sur France 3, le 3 décembre 2000. L’intention est sans équivoque avec cette démonstration "Quand j’entends un certain nombre de Parlementaires, et vous savez à quel Parti ils appartiennent, parler de traîtres ou de gens qui font le jeu de Jospin, je pourrais leur demander qui a dévoyé le plus la Vème République ; et cela depuis la cohabitation dans laquelle ils se sont vautrés simplement pour partager le pouvoir".

               Les anciens Harkis espèrent que la Cour de Cassation les épargnera de devoir en appeler à la Cour européenne des Droits de l’Homme afin d’obtenir la condamnation des propos, selon les termes des arrêts de cette Cour.

               GÉNÉRATIONS MÉMOIRE HARKIS poursuivra l’action juridique pour dénoncer de telles appréciations portées par un ancien Premier Ministre pour faire véhiculer dans l‘opinion publique une connotation aussi déshonorante pouvant être reprise en exemple voire teintée de racisme par certains esprits ignorants ou malveillants. La banalisation de tels propos est très préjudiciable à l’honneur et à la considération de cette composante de la Communauté nationale.

                 Les anciens Harkis fidèles à leur image de loyauté envers la République mettront tous les moyens légaux en œuvre pour sauvegarder leur honneur et faire en sorte qu’un haut dignitaire de notre Pays ne puisse demeurer le triste exemple, qu’en France il est possible de porter atteinte aux anciens harkis et à leurs descendants impunément, avec l’indulgence de la Justice.¢

                                        Le Président,

                                             Smaïl BOUFHAL

 

Le ministre Mékachéra révèle  les orientations de la politique Raffarin à destination des harkis

Harkis et Vérité, le 2 novembre 2002

        Lors de la séance des questions aux gouvernement du mardi 29 octobre, le secrétaire d'État aux anciens combattants Hamlaoui Mékachéra a dévoilé les orientations de la politique du gouvernement Raffarin à destination des familles de harkis. Cela suite à une question posée par le député UDF du Nord Francis Vercamer dont la teneur suit :

M. Francis Vercamer : Les harkis, après l'élection présidentielle, ont repris espoir. Le Président de la République a annoncé une politique ambitieuse en leur faveur. Le groupe UDF tient à rappeler son attachement à cette communauté, dont nous savons avec quel dévouement elle s'est battue pour la France et ses valeurs. Les harkis sont fortement implantés dans le sud de la France, mais aussi dans des villes comme Rouen, Roubaix ou Tourcoing. Le Gouvernement ne doit pas les décevoir. Quelles dispositions entendez-vous prendre pour répondre à leurs attentes ?

M. Hamlaoui Mékachéra, secrétaire d'État aux anciens combattants : Cette population mérite en effet toute notre attention. Nous connaissons les grandes souffrances endurées par les harkis et les difficultés que rencontrent toujours certains de leurs enfants. Dès sa nomination, le Premier ministre a créé une mission interministérielle aux rapatriés qui relève directement de son autorité. Le président de cette mission consulte les représentants des harkis ; il soumettra au Gouvernement des mesures concrètes. Il étudie ainsi l'extension de la rente viagère - attribuée jusqu'ici sous condition de ressources - mais aussi des dispositions, principalement en faveur de la deuxième génération, dans les domaines de l'éducation, de la formation et de l'emploi. Le Président de la République a reconduit la journée d'hommage, décidée pour la première fois le 25 septembre 2001. Le Premier ministre, cette année, l'a présidée en personne aux Invalides.¢

 

  Une fille de harki nommée au Haut Conseil à l'Intégration 

Harkis et Vérité, le 1er novembre 2002

             D'après l'hebdomadaire "Le POINT" du 1er novembre, une fille de harki a été nommée par Jacques Chirac au sein du Haut Conseil à l'intégration. Jeannette BOUGRAB, docteur en droit, maître de conférences à Paris-I est présentée comme une fille de harki native de Châteauroux.

              Aussi, cette jeune femme de 29 ans évoque le tragique destin de "ses grands-parents (...) égorgés par le FLN en 1955 ". Inconnue de la communauté harkie, Jeannette BOUGRAB pourra peut être, par cette nomination, faire enfin entrer les enfants de harkis dans la problématique d'intégration de droit commun que connaît notre République. Elle est surnommée "Maître en intégration" par l'hebdomadaire "Le POINT". Bonne chance Jeannette!¢

 

La plainte en diffamation contre Raymond Barre est rejetée en appel  

Harkis et Vérité, le 30 octobre 2002

        Le 28 octobre dernier, la Cour d'Appel de Rouen a examiné en appel la plainte en diffamation de l'association "Génération Mémoire Harkis" contre l'ancien Premier Ministre Raymond Barre. A la lecture de l'arrêt d'appel, la plainte de l'association requérante est rejetée sans examen au fond. Monsieur Barre est relaxé sur la base d'un simple motif d'irrecevabilité de procédure. L'appel interjeté par l'association requérante est irrecevable car tardif. Monsieur Boufhal, président de l'association requérante a fait part de sa colère à la rédaction du site "Harkis et Vérité" en affirmant que  " la Cour d'Appel a seulement statué sur une exception d'irrecevabilité avancée par la défense de Raymond BARRE. Cette exception d'irrecevabilité argumente une prescription de l'audience en Appel. Il apparaît que la première audience devant la Cour d'Appel aurait dû avoir lieu dans les trois mois qui ont suivi le Jugement correctionnel. Et monsieur Boufhal de préciser: " Le Jugement correctionnel avait eu lieu le 10 octobre 2001 et la première audience devant la cour d'Appel n'avait eu lieu que le 28 février 2002 soit quatre mois et demi après ". Le président de Génération Mémoire Harkie aurait découvert cet incident de procédure au moment de la lecture de l'arrêt de la Cour d'Appel de Rouen.

           "Avec cette élément de l'arrêt portant sur la prescription, nous n'avons aucune chance d'aboutir en Cassation" a conclu Smail Boufhal. En conséquence, on ne saura pas pour le moment, si traiter les harkis de "traîtres" relève du délit de diffamation. C'est une grande défaite pour la protection des droits de l'homme, mais une grande action pour la communauté harkie. Ce sont toujours les actions qui ne sont pas proches du Prince qui agissent pour le bien de la communauté. Malgré l'échec judiciaire, la plainte de l'association "Génération Mémoire Harkie" doit être saluée. A monsieur Boufhal, malgré cette issue judiciaire, on ne peut que lui dire: "Bravo l'artiste".

              En conclusion, la leçon de cette démarche judiciaire se résume en quelques mots : La communauté harkie a encore du chemin à faire pour parvenir à la Justice. Les associations qui déposent plainte ne sauraient gagner sans le soutient actif et financier des membres de la communauté qui ne cessent de revendiquer justice!!! A méditer pour l'avenir.¢

 

La plainte du Comité "Harkis et Vérité" est déclarée recevable

Harkis et Vérité, le 6 octobre 2002

        Lors de la réunion du bureau exécutif du Comité "Harkis et Vérité" du 6 octobre, le Président Charles Tamazount a annoncé à ses amis que la plainte déposée au Conseil d'Etat le 19 mars dernier, symboliquement 40 ans après les Accords d'Evian, a été déclarée recevable par la plus haute juridiction administrative française. Le gouvernement a été invité à produire un mémoire en défense pour s'expliquer.

       D'après les informations recueillies par la rédaction de "Harkis et Vérité", le gouvernement, par l'entremise des services juridiques du Ministère de l'Intérieur, n'aurait pas réussi à produire des arguments de défense convaincants pour contrecarrer les prétentions figurant dans le plainte du Comité. Charles Tamazount nous a déclaré "être très confiant et optimiste pour la suite. La victoire est à portée de main". "Enfin, justice nous sera rendu" nous a-t-il affirmé.

        L'affaire devrait arriver en audience publique au Conseil d'État en début d'année 2003, année qui verra aussi la célébration de l'Année de l'Algérie en France. Une forte actualité franco-algérienne devrait être à l'ordre du jour de la nouvelle année. ¢

 

L'affaire Barre en appel. Jugement le 28 octobre prochain

Harkis et Vérité, le 5 octobre 2002.

      User du terme "harkis" comme synonyme de "traîtres" relève de la diffamation? La réponse à cette question sera donnée par le Cour d'Appel de Rouen le 28 octobre prochain. Cela suite à la plainte déposée par Génération Mémoire Harkie, il y a un peu plus de un an et demi.

      Le Comité "Harkis et Vérité" salue cette démarche et y apporte son soutient. Notre ami Smail Bouffal, initiateur de cette plainte, fera prochainement part ses analyses et opinions à notre rédaction. Jugement le 28 octobre.¢

 

La journée nationale d'hommage 2002 contestée par des représentants de la communauté harkie

Harkis et Vérité, le 28 septembre 2002

        L'année 2002 aura été un mauvais cru pour la journée nationale d'hommage aux harkis. Pourtant, cette même année aura vu l'entrée d'un représentant des harkis au gouvernement. Préparée à la vite, sans intérêt pour les médias, cette journée n'a pas suscité d'enthousiasme auprès des représentants associatifs. Enfin, n'ayant pas à faire face à des échéances électorales proches, Jacques Chirac n'a pas présidé les cérémonies prévues.  

         Pour Abdelkrim Klech, président du Collectif  "Justice pour les harkis, "cette journée d'hommage n'est qu'une mascarade de plus". Pour ce dernier, la journée nationale d'hommage ne ferait que s'inscrire dans la continuité de procédés sans consistance. "Des mesurettes, des commissions de travail successives, des stèles ou des médailles, on n'en veut pas, parce que ce n'est pas ça qui va nous donner à manger", déclare Abdelkrim Klech.

         Mais pourquoi ce malentendu? Pourquoi ce rendez-vous manqué ? Le relatif échec de cette journée d'hommage tient essentiellement aux faiblesses que cette journée d'hommage contenait dès sa création. La revue "Harkis et Vérité" avait caractérisé ces faiblesses dans un article d'analyse publié dans le numéro de septembre 2001. Aujourd'hui, ces faiblesses ne sont plus caractérisées dans un article de presse, elles éclatent au grand jour.¢

 

  Hamlaoui Mékachéra, un harki ministre

Harkis et Vérité, le 18 juin 2002.

Hamlaoui Mékachéra, deuxième Français d'origine maghrébine au gouvernement

PARIS, 18 juin (AFP) - Hamlaoui Mekachera, nommé lundi secrétaire d'État aux Anciens combattants, est, avec la secrétaire d'État au Développement durable Tokia Saïfi, la deuxième personnalité issue de l'immigration maghrébine au gouvernement.

"C'est un signe très positif", a affirmé à l'AFP mardi M. Mekachera, "c'est une banalisation de la prise de responsabilité par cette population française d'origine maghrébine".

Le nouveau ministre y voit aussi la preuve "de la capacité à assumer des responsabilités" dans d'autres domaines que ceux liés à l'immigration ou l'intégration, puisque Tokia Saïfi est en charge du développement durable, et M. Mekachera des Anciens combattants.

Au lendemain de la formation de la nouvelle Assemblée, où l'absence de personnes d'origine immigrée a frappé, Hamlaoui Mekachera, ancien délégué à l'intégration (en 1995, auprès d'Eric Raoult, ministre de l'Intégration et de la lutte contre l'exclusion) veut rester optimiste: "cela va venir, il y a des jeunes qui foncent, qui militent, ce sont eux qui pousseront les barrières".

Ancien administrateur pendant huit ans, jusqu'en mars, de l'Office national des anciens combattants (ONAC), Hamlaoui Mekachera est lui-même, rappelle-t-il, ancien combattant.

Né en 1930 à Souk-Ahras, dans l'est algérien, fils d'officier décédé des suites de ses blessures de guerre, il a été "enfant de troupe" à 12 ans et officier d'infanterie de 1958 à 1977, en Algérie jusqu'à l'indépendance en 1962, puis en France.

S'il a représenté et défendu activement les harkis en tant que président du Conseil national des Français musulmans créée en 1990, il souligne qu'il n'est pas harki lui-même.

"Le président de la République a toujours été sensible à la situation des harkis et je souhaite que leur dossier avance", affirme Hamlaoui Mekachera, mais "ce n'est pas de mon ressort". C'est celui, rappelle-t-il, de la "mission interministérielle auprès des rapatriés", installée le 6 juin par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

AFP            

 

Le contrat de législature du Parti socialiste pour la communauté harkie 

Harkis et Vérité, le 28 mai 2002.

    Dans le cadre des élections législatives, le Comité "Harkis et Vérité" a interrogé les deux principales formations politiques sur leurs engagements en faveur de la communauté harkie pour les années à venir. Les dirigeants chiraquiens de l'UMP (Union pour la Majorité Présidentielle) ont rejeté toutes les propositions que le Comité souhaitait défendre. En ce qui concerne le Parti Socialiste, les discussions ont été des plus sérieuses. Un véritable contrat de législature a pu être élaboré dont la teneur suit:

Contrat de législature du Parti Socialiste en faveur de la communauté harkie:

Un travail de justice et de mémoire toujours nécessaire

        Voilà près de quarante ans, les accords d'Evian du 19 mars 1962 ont marqué la fin de ce qu'il est désormais convenu d'appeler la guerre d'Algérie. Sur cette page sombre de notre histoire récente, nous commençons seulement à entamer notre devoir de mémoire afin de comprendre, d’expliquer et réparer ce qui peut l’être encore.

        La guerre d’Algérie a constitue une blessure dont les plaies sont encore très vives dans la société française et les harkis sont au cœur du malaise que suscite cette époque tragique. Un déni de reconnaissance, une dignité refusée ont accentué le malaise de ces Français délaissés par la France comme ils sont rejetés en Algérie. Ce sentiment de ne pas avoir été compris par la Nation est toujours fortement présent, quarante ans après. La France n’a pas su mesurer, comprendre et traiter les drames humains, familiaux, personnels et culturels vécus. Aucune des politiques d’aide mise en place n’a su prendre en compte l’ensemble de ces dimensions.

        Aujourd’hui, la blessure est triple :

- Une blessure sociale avec des jeunes qui n'ont pas eu toutes leurs chances d'insertion, d'intégration, de qualification. Rappelons en effet que le taux d’échec scolaire et le chômage des harkis et de leurs enfants sont sans équivalent dans le reste de la population française.

- Une blessure morale pour ceux dont le dévouement et la confiance ont été abusés, dont l'histoire a été occultée et qui restent soumis à des tracasseries administratives pour justifier de leur nationalité française. Le regard défiant que leur portent encore aujourd'hui des hommes de bonne volonté, progressistes, mais pour lesquels seuls les tenants de l'indépendance de l'Algérie ont droit de cité, les empêchent d'assumer au grand jour leur histoire et de la transmettre à leurs enfants et petits-enfants.

- Une blessure collective pour la France qui n'a pas respecté sa parole envers ceux qu'elle aurait dû protéger, qu'elle a abandonné la vengeance de leurs ennemis ou accueillis avec parcimonie sur son territoire et dont elle a occulté l'histoire depuis. Démonstration nous est faite aujourd'hui avec la demande des enfants de harkis de retrouver histoire, dignité et travail, que les plaies de l'histoire ne peuvent trouver d'apaisement dans l'oubli, qu'au contraire, elles se transmettent de génération en génération. Ainsi, si la législature qui s’est achevée n’a pas oublié les harkis, il reste du chemin à parcourir.

        C’est d’une part sur le terrain de la symbolique que doivent porter les efforts pour faire que les harkis et leur famille se sentent parfaitement intégrés la Nation. La France, parce qu’elle a au cœur les valeurs de la République, doit assumer son histoire et avoir les gestes de reconnaissance qui s’imposent. C’est en ce sens que le Gouvernement de Lionel Jospin a pérennisé la date du 25 septembre pour la " Journée d’hommage national aux harkis " afin d’ancrer dans la mémoire collective le souvenir des forces supplétives qui ont combattu pour la France et dont le choix les a conduit à supporter des sacrifices particuliers individuels et familiaux. Un premier geste symbolique fort avait été effectué le 11 novembre 2000 avec le dépôt d’une gerbe à l’Arc de triomphe par un harki au nom des anciens combattants supplétifs. Car le devoir de mémoire passe par la reconnaissance de la responsabilité de l'État français dans l’abandon de la communauté en 1962. Des gestes symboliques des plus hautes autorités de l'État sont nécessaires, des lieux de mémoire et de recueillement doivent consacrer le souvenir des victimes et en assurer la transmission aux générations à venir. La France a, à l’égard des harkis, une dette d’honneur qu’elle se doit de reconnaître.

        Le Parti socialiste a toujours soutenu le droit à réparation qui est né de ces épreuves. Des mesures concrètes ont été prises dans le domaine économique et social pendant les cinq années de la législature de Lionel Jospin. La majorité de gauche a prolongé de 4 ans l’application de la loi du 11 juin 1994 pour les harkis et leur famille. L’emploi a été inscrit comme priorité de sa politique à l’égard d’une Communauté durement frappée par le chômage. Des cellules de reclassement ont été crées, pour favoriser l’accès l’emploi de la deuxième génération, qui ont assuré un suivi personnalisé, les conventions " emplois " ont été améliorées et des bourses d’insertion ont été mises en place pour faciliter la mobilité géographique et professionnelle de ces demandeurs d’emploi. Les résultats enregistrées au niveau de la réinsertion dans le monde du travail sont cette année en progression de 80 % par rapport aux années précédentes. Parallèlement, le gouvernement s’est attaché à résoudre les situations d’urgence. Le désendettement immobilier des harkis a été accru de façon massive et, depuis la loi de finances 1998, les anciens supplétifs ont  été protégés contre les actions de leurs créanciers par la suspension provisoire des poursuites.

        Dans le prolongement de cette action, afin de permettre aux harkis de disposer de ressources suffisantes et en réparation des préjudices qu’ils ont subis du fait de leur engagement pour la France, le gouvernement a instauré une rente viagère annuelle de 1 372 € (9 000 F.) versée aux harkis ou à leurs veuves ayant de faibles revenus et ayant atteint 60 ans. Pour assurer aux harkis de la première génération des conditions d’habitat satisfaisantes, les aides à l’accession à la propriété et à l’amélioration de l’habitat principal et au désendettement immobilier ont été poursuivies jusqu’au mois de décembre 2002.

        Enfin, un comité national de suivi du plan d'action en faveur des anciens membres des formations supplétives et assimilés ou victimes de la captivité en Algérie et de leurs familles a été mis en place en 2000. Regroupant les représentants des familles et des associations harkies, ce comité a pour objet d'évaluer le plan d'action et d’assurer l’harmonisation du traitement des dossiers dans les préfectures françaises. Aujourd’hui, il est juste d’aborder avec les harkis une nouvelle phase de juste réparation. Le Parti socialiste porte différentes propositions.

        Tout d’abord, une nouvelle étape de la réparation morale doit être abordée. Il s’agit de permettre aux harkis de retourner, s’ils le souhaitent, dans leur pays natal afin de pouvoir rendre hommage à leurs aînés disparus et renouer des liens familiaux. Ils doivent bénéficier de la liberté de circulation dont tout citoyen français dispose. Il s’agit d’affirmer notre volonté d’engager avec le gouvernement algérien des discussions à cet effet. Parallèlement, il est aujourd’hui nécessaire de revoir les décrets Mauroy relatifs à la double nationalité rendus obsolètes par la suppression du service militaire en France et la professionnalisation de nos armées. Il s’agit que les fils de harkis puissent se rendre en Algérie en circulant librement, sans risquer d’être retenus par les autorités algériennes, comme cela arrive trop fréquemment.

        Une nouvelle étape de la revalorisation matérielle doit être engagée. D’abord, par la transformation de la rente viagère servie aux harkis ou  de leur veuve ; elle doit devenir un droit à réparation, libre de toute considération de conditions de ressources et de tout prélèvement fiscal et social. L’instauration d’un droit à indemnisation doit également être étudiée, pour les femmes et les enfants mineurs lors du rapatriement. Des mesures volontaristes doivent étudiées en matière de formation, d’emploi, de logement et d’insertion dans la vie économique dans le cadre des contrats de plan entre l’État et les régions. Enfin, il conviendrait de revenir sur la rupture d’égalité provoquée par l’article 46 de la loi du 15 juillet 1970, et de rendre éligible les mesures d’effacement de l’article 44 de la loi de finances du 31 décembre 1986 aux pupilles de la Nation.

        La réparation, c’est aussi le souvenir des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie. Une date commémorative ne saurait diviser la Nation. Seul le consensus, qui est à rechercher entre les associations d’anciens combattants, de rapatriés et de harkis, légitimera le choix d’une telle date. Ce sont nos valeurs de citoyenneté, de solidarité et de responsabilité que d’assumer tous ensemble cette histoire douloureuse et de retrouver ainsi les conditions d’un destin national collectif.

Marie RICHARD

Secrétaire nationale à la Citoyenneté au Parti Socialiste

Le Comité "Harkis et Vérité" appelle à faire barrage à l'extrême droite le 5 mai prochain

Harkis et Vérité, le 25 avril 2002.

            Le Comité "Harkis et Vérité" est très attaché à la liberté de vote de ses militants. Néanmoins, la situation électorale que connaît notre pays est grave. L'extrême droite est qualifiée pour le second tour de l'élection présidentielle. La communauté harkie est profondément attachée aux valeurs de la République et aux principes qui fondent la démocratie française. En conséquence, il faut faire barrage à l'extrême droite en votant pour le candidat de la République, Jacques Chirac. Il va de l'avenir de la France, notre pays que nous aimons tant.¢  

  Charles TAMAZOUNT     

Jugement en appel de l'affaire Barre

  Harkis et Vérité, le 27 février 2002.

Le jeudi 28 février s'ouvre devant la Cour d'Appel de Rouen l'audience relative à la poursuite en diffamation de l'ancien Premier Ministre Raymond Barre. Il est reproché au député de Droite lyonnais d'avoir utiliser le terme "harkis" comme synonyme de traîtrise au cours de l'émission de "France Europe Expresse" sur France 3. L'association  "Génération Harkie", présidée par Smaïl Boufhal, est à l'initiative de cette plainte en justice pour diffamation contre l'ancien premier ministre Raymond Barre. A l'issue de l'audience de 1ère instance, Raymond Barre avait bénéficié d'une relaxe fondée sur des motifs de pure procédure.  Monsieur Boufhal avait fait appel de la décision et publié le communiqué suivant : 

 

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