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Droits des harkis : les juges recadrent le Gouvernement

Harkis et Vérité, le 6 mars 2016

Fin mars 2016, le Gouvernement subira-t-il un nouveau recadrage du Conseil constitutionnel ? Depuis le début de l'année 2016, les juges ont à plusieurs reprises recadré sévèrement l'action du Gouvernement à destation des familles de harkis. Le 16 mars prochain, le Conseil constitionnel examinera en audience publique une nouvelle question prioritaire de consttiutionnalité au sujet du droit pour les personnes concernées de bénéficier des dispositions de la loi n° 64-1330 du 26 décembre 1964 portant prise en charge et revalorisation de droits et avantages sociaux consentis à des Français ayant résidé en Algérie. Les harkis et leurs enfants porteront une nouvellle fois une attention toute particulière à cette important décision de justice à venir.

D'après certaines sources du monde du droit, le Conseil constitutionnel pourrait s'orienter vers une nouvelle censure de la loi au bénéfice des
personnes ayant résidé en Algérie. Ce serait la deuxième censure constitutionnelle en l'espace de quelques semaines que le Gouvernement aurait à encaisser dans le domaine de la législation interessant les français ayant enduré les conséquences dramatiques de la fin de la Guerre d'Algérie.

Déjà, le 19 février dernier, le Conseil constitutionnel avait censuré 
le désormais célébre article 52 de la loi de programmation militaire du 18 décembre 2013 réintroduisant dans le droit français le vieux statut colonial et réligieux des harkis pour barrer la route à près de 10 000 familles de harkis susceptible de pouvoir bénéficier de leurs droits à l'allocation de reconnaissance depuis la décision du Conseil constitutionnel du 4 février 2011 rendue sur requête du Comité Harkis et Vérité.

Enfin, il est un recadrage que le Gouvernement  n'avait pas vu venir. C'est celui que le Conseil d'Etat a infligé au Premier ministre Manuel VALLS. Par un arrêt du 30 décembre 2015, la plus haute juridiction administrative du pays a annulé les principales dispositions du décret n° 2013-834 du 17 septembre 2013 instituant des mesures en faveur des membres des formations supplétives et assimilées ou victimes de la captivité en Algérie et de leurs familles comme illégales et contraires à la légalité républicaine. Pour le Conseil d'Etat, le Gouvernement, sauf à vouloir délibérément violer les lois de la République, ne peut juridiquement utiliser un décret pour déguiser en des mesures spécifiques des mesures de droit commun déjà accessibles aux familles de harkis, comme elles le sont accessibles par ailleurs à tous les citoyens français.

Le Plan d'action annoncé et détaillé par le Premier ministre Manuel VALLS le 25 septembre 2014 reposait essentiellement 
sur les dispositions du décret n° 2013-834 du 17 septembre 2013 instituant des mesures en faveur des membres des formations supplétives et assimilées ou victimes de la captivité en Algérie et de leurs familles. Par son arrêt du 30 décembre 2015, le Conseil d'Etat a mis purement et simplement fin à la mascarade de Plan d'action en faveur des harkis et de leurs enfants détaillé le 25 septembre 2014 par le Premier ministre Manuel VALLS.

Eclairé de tout cela, tout doit donc être repris à zéro. Mais le quinquennat de François HOLLANDE s'achève. Que de temps perdu...




Le Conseil d'Etat en audience publique


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Affaire de mars 2016 :

Décision du Conseil d'Etat renvoyant la
loi n° 64-1330 du 26 décembre 1964 portant prise en charge et revalorisation de droits et avantages sociaux consentis à des Français ayant résidé en Algérie : A lire

Affaire de février 2016 :

Décision du Conseil constitutionnel du 19 février 2016 Allocation de reconnaissance : A lire

Affaire de janvier 2016 :

Décision du Conseil d'Etat rendue sur requête du Comité Harkis et Vérité publiée au Journal officiel du 8 janvier 2016 : A lire

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Profanations :  Le CHV saisit la Justice 

Harkis et Vérité, le 30 septembre 2015

Depuis le début de l'année 2015, plusieurs actes de vandalisme et Avocatde profanation ont été commis aux quatre coins de la France. En janvier dernier, c'est la salle de prière fréquentée par les familles de harkis de Bitche en Moselle qui a été profanée. En ce mois septembre 2015, c'est la mémoire du drame des harkis qui a été frappée à Roubaix dans le Nord de la France. Et tout récemment à Nevers dans le département de la Nièvre, c'est l'hommage aux harkis du 25 septembre 2015 qui a été visé et frappé.
La répétition de ces actes attentoires à la mémoire du drame des harkis conduit aujourd'hui le Comité Harkis et Vérité à se saisir de cette situation afin d'y apporter la réponse attendue par les famillles de harkis.
A l'issue de son bureau exécutif du 30 septembre 2015, le Comité Harkis et Vérité a donc décidé de saisir la Justice française. Une requête vient d'être déposée devant le procureur de la République de Paris afin qu'une information judiciaire soit ouverte sur l'ensemble de ces actes de vadalisme et de profanation commis à l'égard de la mémoire du drame des harkis depuis le début de l'année.
Comme tous nos concitoyens, les harkis et leurs enfants ont droit à la sécurité et à la vérité sur les auteurs de ces actes contraires aux valeurs de la République.

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Face à l'horreur !

Harkis et Vérité, le 8 janvier 2015

Je suis Charlie

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La Justice reconnaît la responsabilité pleine et entière de l'Etat français dans le drame des harkis

Harkis et Vérité, le 13 juillet 2014 

Durant 52 ans, aucune autorité officielle française n'a eu le courage de reconnaître publiquement La justicease64,/9j/4AAQSkZJRgABAQAAAQABAAD/2wCEAAkGBw8PDw8PDxIPDw8PDw0NEA8NDw8NDw8PFBEWFhQRFBQYHDQgGBolHBQUITEiJSktMC4uFx8zODMsNygtLisBCgoKDg0OFxAQFywcHBwsLCwsLCwsLCwsLCwsLCwsLC8sLCwsLCwsLCwsLCwsLCwsLCwsLCwsLCwsLCwsLCwsLP/AABEIAKMA7gMBEQACEQEDEQH/xAAcAAEAAgIDAQAAAAAAAAAAAAADAgQGBwABBQj/xAA/EAACAgEBBQUFBAgEBwAAAAABAgADEQQFEhMhMQYHQVFhInGBkaEIIzKxFFJTYoKSosEVM0JyFyQ1ssLi8P/EABoBAAMBAQEBAAAAAAAAAAAAAAABAgMEBQb/xAAyEQEBAAIBAwIDBwMDBQAAAAAAAQIRAwQhMRJBUWFxBRMiMoGh8LHR8TPB4RQ0QmKR/9oADAMBAAIRAxEAPwDE1SeBt6RAkWwmEiCYrgbtgAMsQB5sQB8zCS3tAQJEExXFsaSCQ2bvhxbCXDhsOcOGw74cNhzhxbDrhx7J1w4bN0a49kia4bGkCkNjSJSPYGa4Ega4wMpDYQKR7JApHsIFI9hBkj2BlZWyQZYwgVj2SBWVsq99UnK0IEi2ZAkWwmEi2bDe2GsuDmhggr9mxcfiI6ZP1nrdFhh6fXPLj58st+n2V9h9pLKSldntUjC9PaRfTzx5S+fpMeTdnbJPHzXHtfDP6GV1DIQynoVOQZ42WNxuspp3S77workhLhwN3w4bJ3w4GqarX0VDNltaj/cCT8BNceHkyupjU3LGeapU9pNExwLVHPHthlH1E1vR80/8UTmwvu9WvdcBlIZT0KkMD8ROayy6s7tJq+EjXEekTXAImuBIGuARNcYQNcewNkjlIZSPY0NkgSBSMDZIwMpAhskrYGyRyhArK2SBWPYZEqTm20IqRWgi1xGmK4g8ntRsc6igitQbVIZOikjxXPxM6uk55x5/iupWXNx+rHt5a/0+zbrLWpRC1q7+8gxkbvX0ns5cmGOPqt7OGY23Wu7lGou0zncL02Dkw5qfcyn+8eWOHJj37wS3G/Bkmzu3LrgaisOPFqjuMPgeR+k4eT7Pxv5Lr6ujHqbPMZVs7b+kvwEtUMf9Fn3bfXrODk6Xlw8zf0b48uGXu9jhTmavK7VKw0WoKtuEVk5HUjoV9M9J0dLr73Hc2z5dzC6aizPodvNczEHudktrvptQi5JqtZUsXw5nAYeonP1XDOXC/GeGvFyXHJtY1T5/b0UDXAImuAQNceyQNcNgbVx7CDJGQ2SGwJkj2Q2SPYGyRkNkjAmSGwNllbA2WOUIMsqUmSqk5dtCKkNmVUi2ExXA9EFcRaeNo9NUu0LWWoKWr3OJnrauGfl4ey6TrzyyvBjLl7+Pl7f0rKYycvj/ACv7X2DRq1xavtAYWxeTr7j4+4zHh6jPiu8b+nsrPjxzndrzb/ZDUaTLr99SMniIDlR+8vh7+k9jg63Dl7Xtl/PDi5ODLDv5jHJ1sWQdn+1eo0hCk8akYHDc8wP3G8PynLz9Lhyz4X4tuPmyw+cZVtztJo9XoL1SzcsKAiqwbrkgg7o8D8JxcPScvFzY2zcb582GeFa1M9dxOoAulBLoB1LoBjzyMRXxTnlvgVnAz1wM++fLW93rOjXHsImuAGa4BBq4yG1cNgTVx7IbJADZIyEyRgbJDYEySpS0Jkj2BMkYGyx7IZWOUaZOiTnaFVIGVa5JlFcAkVwCT0AJPuEU73QYj2c166nauoaty1PDLpnIGSEVjg9Pwj5T0+o47x9NjMp3/wAuTDL1cvbxpm4rnlusgqgGL9oewdGqJsqI09p67q5qf3qOh9R9Z29P1+fH2y/FHPydPjl3nasD2t2L1+nyTUbUHPfo+85eZXqPlPU4+t4uT31fm5MuDPH2Y7idTJ1AOQDsGAbZ7s9e1+letyzNRZugtz+7ZQVGfQ730nifaXHMeSZT3n7u/ps7cdX2Zcap523Sga4wga4AbVx7A2rhsCauOUhNXHshNXACZIy0Jkj2BMkeyEyR7AmSOUhMsYEVlBlSVzm21MtcQKtcQKtcNmHaFZKcMEq1pFIZThlDZDMPUDJ+E04vzeq+3dOV7dvdgmj2X/h1+nupsccTUjTWJYosH6OzD7zeHTy6dfGetnyff4ZYZTxNz6/BwzH7uyy++v0bPFc8PbvTFcNhIVxbCQqi2Hgdo+xel1wLMOFdjldUBnP7y9G/+5zr6frOTh7TvPh/PDLk4cc/q1nt/sDrtJllX9IqHPiUAkgeqdR9Z6/D1/Fydr+G/P8Au4s+DLH5sUKztYuoBsTuh2gBbfpTnNircp8MpyYfIieX9p8e8Zn8HV0uWrY2ga54u3aga49mga4wNq4ALVwAmrjAmrgBMkeyCyRgLJGQmSMtBZIwJljAmWVKQisZMtVJzbbGSuAMtcQMqREFE37wP2KBj/vs5Ae8Kp/ml38PH9f9v+f6J85a+Dw6tPxGrBHsXNZpc+qb75+Of6fl25ZemXXmd/6fz9XPrd+VumU7Py1aFvxY3W/3LyP1E4OSSZXXh0YXcWhXM1JiqASFUA74cQeL2s29Vs7Ttc+DYcrTXnBssxyHuHj6Tp6bp8ufP0+3vWfLyTCbfPF1pdmZvxMzMT5knJ/OfUTtNPLHAMx7qtW1e066wAReltbZ6jCFwQfen1nD9o4TLgtvs36e6zjd5qnzu3ooGuAG1cewJqo9gTVx7Amrj2AvXAwvXGAukCC6R7LQHSUBMsCC6R7ILJKAWWMmYok52x0SFIyVybQZK4gr6EBa3uPRy9/8OAFH8qrNc++cwnt2/uzxs1cvj3ea4avT6WzGCl732AcvZ9s2Hpz5M06MZMuTPH4zU/bX7sblZjL83vaUbt1tXmEvU+BDZVsfFf6py5d8Jl+jbG/is/VeFcyaaTFcDSFcAqbY2hTo6X1F7BK0GST1J8FUeJPlNOLjy5cpjjO6M85hN1889sO0dm0tS17AqgG5TXnIrrB/M9TPpum6ecOHpn6vL5M7nd14M3Q5AMm7tv8Aq2i8PvH+P3bcvj0nL1v/AG+f0acP54+hjXPmHq6G1cBoZrgQ2rhsBauMBeuMBdJUoA6RmB0gAukYAyw2QHWUQXWMgssoCZYyZmiTntaHSuTaDpXFsB2mp4W4vJritAI6gOcMw9y7xmnD+bd9u/8AP1Z8l7a+PY2sqBFdQ5B3UED9mntEfQD4xcdvfL4T96M54xnv/sLTViwVKwyGOsDDzGSp8PWa5X0+qz/1/n7M8e8k+rukFRpbG5tWzaSw+e97OT/EqH4x5Tdzx+Pefz/6JdTG/Ds90VzldJBXEW0hXAttD98faJdTq101T71OlBDY/C2oJO8fXAwPnPovs3g+74/Vl5y/o87qOT1ZdvEa8noMHIByAZj3Uaa59q6c1dK997jjIFO6Qw+OcCcfX5Yzgy9Xv4+rThluc0+hSk+ZettBq4AbVxgTJEWgtXABdI9kB64wB0j2AOkrZgdIwB0jCu6QILrKgA6xkFljJm6JOba1hEiB0SBvH7U6faG7Xbs/gtZULc1XKSX3gACpzjIw3X9adPTZcPfHl3q67z5MeaZ9rh7NWanvD2vXc3EFSW1Bq2R9OoKZIJyD48hPax6Hp7j2na/Nxffcm9j0XeXtCoo2NO+5xcb1RA+8YFuh9JWfQ8OUvnvr3+CZy5zVZz2T7aV62nUrrLdFpXuJNS8ZlZXCgAlWGB7Shs73j0nF1HR3jywvHLdf3aYcvqlmXu2Ps28XVV2jB30VsqQQTjngjwzmeVyYejO4/B14Z7xlWwkg9vL7V3WU7P1ttWeLXpdQ6EDJDBDgj3dfhNunxmXLjL42y5Mr6bp8puc8/Hxz5z6t56MA5AOxAPoHuW2IKNmjUFcW6ux7MkYPCX2UX3ci38U+f+0+X1cvp9o7OnmptnxSedp1bQKRHKNkiVsT1xmF64AD1wLQXSMK7pCUAsrjJXdJW1AdI4Fd0jLSu6xgDpK2QWWMmc1pOVayiQB0SBmRICvH7SdjtFtFR+kV+2BhbqjuWr8fEehzOjp+q5OG/hvb4Ofk4sc/LDLe5Okn2NZaF8npRz8ww/KehPtbL3wc16b5vU2L3O6Clw99lurIwRW4WqrPmVXm3zxMuT7U5cprGaE4JPNbD0mkrqRa6kWutBhURQqqPIATzssrld27bTU7RYCxDbqysFSCAwIIIPMEEYIPpHOyb4fIG0ail1qFdwpbYpTpuEMRu/CfXy7kcNVow5AL2xNnPq9TRpqxl77UqGPDePNvcBk/CTnnMMblfY5NvrPQaJKKa6axhKkStfD2VGBPk88/Vlcr7u3HtNGKyF7QZIK2gyRKlGyQXKFkgrYXSBgdIErukCV7EjCvYkcCu6SthXdI5TV3WMK7rGQWWVstM8rScy1hEgZ0WBbMqwRaVUjZ2kCwTamFgnaYWGk7TCSvSm15nabbVOz9LZqrzhEGABzZnPJVA8Tmb8PBeTOYxNy0+SdXe1jvY5y9jNYx82Ykk/WfTyaknwcoYw5AM17nFJ23o8DIHHJ9BwX5/PE5et/0M1YeX00UnzdxdW0SsnRyoFYlSoFYlbGyQXKJlguUTJEuUFiQNXdIyV7EgSvYkArOsoK7rGau6ygrusYAyxwmeos5lrCLGVplWNnaZFhEWkCwRaRVhEWtc/8AFILtj/DX0+5TxxpOMWbi8UkKrbuMbpJA9xzmerPs+Xh9cvfW/kwvJq6bNVZwzFe0ws0mCdtS/aG0NzaXS3K+KKrHWyonG9Y4G44HjjDD4z1Ps/WNs92efhoUz02bqAcgGb9zLkbc0YBwG46t6jgucfMCc/VTfFlFY+X09uzwbg22iVmdxOVArM7iqUbLM7FyjYQVsbLBcomWJcoXWDSUFiwUr2LAlaxIyVrEhKFaxZQVrEjAHWVs1d1jJnyLOdVOixs7TosbO0oEEVNVhEWlCzXHFFr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commises par l'Etat français dans l'abandon, les massacres de harkis et dans les conditions des familles rescapées dans des camps en France. En septembre 2001, le président de la République Jacques CHIRAC s'était contenté de reconnaître que "La France, en quittant le sol algérien, n'a pas su sauver ses enfants". Le 14 avril 2012 à Perpignan, le président de la République Nicolas SARKOZY s'était contenté quant à lui de reconnaître à quelques jours du 1er tours des élections présidentielles une "responsabilité historique" de la France dans l'abandon des harkis. Enfin, le 25 septembre 2012, le président de République François HOLLANDE s'est limité à reconnaître uniquement une vérité : "Il y a cinquante ans, la France a abandonné ses propres soldats, ceux qui lui avaient fait confiance, ceux qui s'étaient placés sous sa protection, ceux qui l'avaient choisie et qui l'avaient servie".

Au delà de ces discours compassionnelles, point de reconnaissance officielle de la responsabilité de l'Etat français malgré les engagements pris au cours des deux dernières élections présidentielles. En ce qui concerne l'actuel chef de l'Etat, deux ans après son arrivée à l’Elysée et à la veille des commémorations du 14 juillet, François HOLLANDE n’a toujours pas honoré cet engagement à l’égard des familles de harkis. A croire que les harkis et leurs enfants peuvent encore attendre, attendre, attendre encore et toujours...

Le Comité Harkis et Vérité ne pouvait se satisfaire http://p0.storage.canalblog.com/02/00/113362/72020969.jpgde cette situation, un brin humiliante pour l'ensemble des responsables associatifs et pour la communauté harkie en général.

C'est pourquoi, assisté par une équipe d'avocats et sur requête d’un enfant de harki ayant été interné au camp de Bias dans le Lot-et-Garonne durant les années 60 et 70, l'Etat français a été assigné en responsabilité devant la Justice française sur les chefs d'accusation d'abandon des harkis sur le sol algérien à compter du 12 mai 1961, de responsabilité dans les massacres de harkis et de responsabilité fautive dans l'internement des familles de harkis rescapées dans des camps en France.

Sur la base de cette procédure, la Justice française vient de reconnaître officiellement et au nom du peuple français les fautes et la responsabilité de l’Etat français dans l’abandon, les massacres de harkis et les conditions d’accueil des mai  familles de harkis rescapés dans des camps en France.

Par un jugement rendu le 10 juillet 2014 et qui fera date, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a jugé la politique d’abandon des harkis sur le sol algérien initiée à partir du 12 mai 1962 par les gouvernants de l’époque comme constitutive d’une faute qui rend l’Etat français responsable des massacres dont les harkis et leurs familles ont été les victimes : « qu’il est constant que les autorités françaises qui avaient connaissance des massacres et des emprisonnements perpétrés contre les anciens supplétifs dès le cessez le feu n'ont pas pris les dispositions nécessaires qui auraient permis d’éviter totalement ou du moins minorer de manière sensible et significative de tels agissements ; qu'en contribuant ainsi, même indirectement, à rendre effective une telle situation, l’Etat français a commis une faute engageant sa responsabilité ».

Pour ce qui est de la politique d’accueil et d’internement des familles salle audiencede harkis rescapés dans des camps en France, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a souligné avec une terrible clarté la réalité de ce qu’a été cette politique d’internement des harkis en France, notamment au camp de BIAS dans le Lot-et-Garonne. A savoir que pour mener à bien cette politique, l’Etat français a porté atteinte à l’ensemble des droits fondamentaux de l’Homme, et pire encore, les prestations sociales qui devaient revenir aux harkis durant les années 60 et 70 ont été détournées par l’Etat français pour financer le fonctionnement des camps d’internement où les familles de harkis étaient parquées ! « Qu'en outre, l’administration contrôle également le courrier et les colis qui sont ouverts et que si des prestations sociales sont accordées aux familles, elles ne leur sont pas directement versées mais le ministère des rapatriés les réaffecte au financement de dépenses de fonctionnement des camps ; que les conditions de vie difficiles des familles installées au sein des camps ont également eu des conséquences sur l’état physique et moral des personnes » reconnaît le tribunal dans son jugement.

En outre, pour condamner cette politique d’internement dans des camps, les juges se sont placés sur le terrain du droit international, et plus précisément sur le terrain de la Convention européenne des droits de l’Homme et sur le terrain de certaines dispositions de la Constitution de la Vème République pour condamner fermement cette politique des camps comme constituant une atteinte à la dignité de la personne humaine : « que si ces conditions de vie difficiles peuvent trouver une explication sur le court terme en raison de l'arrivée massive de rapatriés alors que les autorités françaises n'avaient pas planifié un tel flux migratoire et les problèmes de sécurité subséquents, une Jammes au camp de Biastelle situation n’a pu se prolonger à moyen et long terme pendant plusieurs années sans considérer qu’il a ainsi été porté atteinte au principe du respect de la dignité humaine garanti notamment par la Déclaration des droits de l'homme et des citoyens et les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que cette situation est également constitutive de fautes engageant la responsabilité de l’Etat dès lors qu’elle révèle un manquement de l’Etat aux droits fondamentaux et libertés fondamentales issus tant des textes de droit interne que de droit international, ce qui est le cas de la liberté individuelle d’aller et venir protégée par les articles 2 et 7 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 et par l’article 66 de la Constitution du 4 octobre 1958, du respect de la vie privée protégé par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et par l’article 9 du code civil, du secret des correspondances actuellement protégé par les articles L 3-2 et L 32-3 du code des postes et des télécommunications électroniques ; qu’au regard des conditions de la scolarité des enfants de harkis dans ces camps, le principe d’égal accès aux services publics de l’enseignement a été également méconnu ».

Pour le Comité Harkis et Vérité, les familles de harkis attendaient depuis très longtemps cette Avocatreconnaissance officielle de la responsabilité de l’Etat français dans l’abandon, les massacres de harkis et dans les conditions d’accueil des rescapés dans des camps en France. Désormais, cette reconnaissance est acquise devant la plus noble de nos institutions, la Justice française.

La Justice a eu le courage de reconnaître, aujourd’hui, ce que les politiques avaient promis de reconnaître hier et avant-hier. Demain, plus personne ne pourra dire que l'Etat français n'est pas responsable de tout le mal qui a été fait aux harkis et à leurs enfants. Les historiens pourront maintenant travailler plus sereinement sur cette page noire de l'Histoire de France.

La bataille pour la reconnaissance étant aujourd’hui gagnée, la bataille pour la réparation et l’indemnisation des enfants de harkis va pouvoir commencer.  

Le 4 juillet dernier, le Président de la République a annoncé à l’Elysée un plan d’action en faveur des familles de harkis. Aujourd’hui, après cette reconnaissance officielle par la Justice de la responsabilité de l’Etat français dans l’abandon, les massacres de harkis et les conditions d’accueil des familles de harkis rescapées des massacres dans des camps en France, le Comité Harkis et Vérité demande désormais du Président de la République François HOLLANDE la préparation, non pas d’un plan d’action, mais d’un plan de réparation qui devra se traduire par un projet de loi d’indemnisation à présenter prochainement au Parlement. 

Le bureau exécutif du Comité Harkis et Vérité

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Remerciements :

Le Comité Harkis et Vérité et l'équipe d'avocats tiennent à remercier Monsieur Mohand SACI et Monsieur Alain FERKI qui ont eu le courage de témoigner devant la Justice française sur ce qu'a été la terrible vie que les harkis et leurs enfants ont enduré durant deux décénnies au camp d'internement de Bias dans le Lot-et-Garonne. 

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Ce site est dédié à la mémoire des 150 000 harkis massacrés en 1962 après la fin de la Guerre d'Algérie